Selon le Japan Daily News, citant des sources proches du dossier, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi aurait exprimé la semaine dernière lors d’une rencontre avec le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, ses préoccupations concernant une hausse supplémentaire des taux d’intérêt. Après la fuite de cette information, le yen s’est affaibli face au dollar et à l’euro. Si cela s’avère exact, la position récente de Takaichi contre une nouvelle hausse des taux pourrait compliquer le calendrier de la Banque du Japon, qui était auparavant attendu pour une nouvelle augmentation en mars ou avril.
(Contexte : La faiblesse du yen touche la ligne rouge de l’inflation : la Banque du Japon pourrait être contrainte d’augmenter les taux plus tôt que prévu)
(Informations complémentaires : La course contre la montre pour la hausse des taux de la Banque du Japon, le marché crypto pourrait-il répéter le scénario de baisse ?)
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Selon le Japan Daily News, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi aurait clairement exprimé ses préoccupations concernant une hausse supplémentaire des taux lors de sa rencontre avec le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, la semaine dernière. C’est la première fois depuis sa prise de fonction qu’elle aurait exercé une pression informelle sur la banque centrale pour ralentir la politique de resserrement.
La réponse de Kazuo Ueda à cette réunion a été plutôt prudente. Il a indiqué que la rencontre de la semaine dernière portait principalement sur une discussion générale de la situation économique et financière, et a souligné que la Première ministre n’avait pas formulé de demandes concrètes concernant la politique monétaire.
De son côté, Sanae Takaichi a évité de commenter les détails de la rencontre, se contentant de dire qu’elle souhaitait que la Banque du Japon collabore étroitement avec le gouvernement pour atteindre l’objectif d’inflation de 2 %, tout en assurant une croissance salariale. Cependant, si le rapport du Japan Daily News est exact, l’attitude de Takaichi contre la hausse des taux pourrait compliquer la coordination entre la BOJ et le nouveau gouvernement.
Après la fuite, le yen a chuté face au dollar et à l’euro. Le marché interprète cela comme une indication que si la Première ministre s’oppose publiquement ou en privé à une hausse des taux, la BOJ pourrait être contrainte de repousser son calendrier d’assouplissement monétaire sous pression politique.
Ce rendez-vous est particulièrement sensible — le marché anticipait déjà, en raison de la faiblesse persistante du yen qui augmente le coût de la vie, que la BOJ pourrait relever ses taux dès mars ou avril. La Banque du Japon a récemment augmenté son taux de référence à 0,75 % en décembre dernier, atteignant ainsi son niveau le plus élevé en 30 ans.
Pour les investisseurs en cryptomonnaies, la décision de la Banque du Japon sur les taux influence toujours la tendance des actifs à risque à l’échelle mondiale. Depuis 2024, chaque hausse inattendue des taux par la BOJ a été accompagnée d’une chute de plus de 20 % du Bitcoin, principalement en raison de l’effet de clôture des positions de carry trade en yen — lorsque le yen s’apprécie et que l’écart de taux se réduit, de nombreux investissements financés en yen à faible coût dans des actifs à haut risque sont contraints d’être liquidés.
Si Takaichi exerce réellement une influence en coulisses pour freiner le rythme de hausse des taux de la BOJ, la pression de resserrement de la liquidité mondiale pourrait s’atténuer à court terme, ce qui serait une bonne nouvelle pour les actifs risqués. Mais à moyen et long terme, la dépréciation continue du yen pourrait accentuer la pression inflationniste intérieure au Japon, forçant finalement la BOJ à accélérer ses hausses de taux, ce qui pourrait provoquer des chocs plus violents sur le marché.
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