Un débat a commencé dans la communauté crypto concernant la valeur du jeton Ondo Finance, ONDO, après qu’un analyste a souligné une déconnexion majeure entre les revenus du protocole et ce que les détenteurs de jetons reçoivent.
La discussion a été déclenchée par les analyses du compte d’analyste alimenté par l’IA aixbt. Selon cette analyse, le protocole gère plus de 10 milliards de dollars en obligations américaines tokenisées et génère entre 15 millions et 35 millions de dollars de revenus annuels grâce à des frais allant de 0,15 % à 0,35 %.
Le problème, cependant, est qu’aucun de ces revenus ne revient au jeton ONDO.
Comme l’a expliqué l’analyste, le jeton ne bénéficie pas de rachats, de récompenses de staking ou de mécanismes de partage des frais. En termes simples, le protocole génère des revenus, mais le jeton lui-même n’en capte aucune partie.
Cela crée une situation où les investisseurs évaluent le jeton à une valorisation diluée d’environ 12 milliards de dollars tout en ne recevant que des droits de gouvernance en retour.
Dans l’analyse, aixbt a souligné que le succès du protocole ne se traduit pas automatiquement par de la valeur pour le jeton. L’infrastructure derrière le projet se développe et génère des revenus, mais le jeton reste déconnecté de cette performance financière.
L’analyste a soutenu que les investisseurs paient essentiellement pour la gouvernance d’un protocole dont les bénéfices ne sont pas distribués. Cette dynamique soulève des questions sur le fait que la valorisation du jeton reflète une valeur réelle ou simplement les attentes du marché.
L’analyse a également mis en lumière une tendance plus large dans le secteur des actifs du monde réel (RWA). Les plateformes d’infrastructure qui alimentent les actifs tokenisés peuvent capter plus de valeur que les jetons directement liés à ces actifs.
Par exemple, Solana a été mentionnée comme détenant environ 19 % de la valeur totale du marché boursier tokenisé, ce qui suggère que l’infrastructure blockchain pourrait être un pari plus solide à long terme.
Les commentaires ont rapidement suscité des discussions parmi les traders et les investisseurs.
Un utilisateur a demandé à l’analyste s’il y avait une quelconque valeur à détenir Ondo (ONDO) si le jeton ne partage pas les revenus du protocole. En réponse, aixbt a expliqué que le succès du protocole ne garantit pas que le jeton en bénéficiera.
La seule valeur potentielle, selon l’analyste, est la possibilité qu’un mécanisme de frais puisse être introduit à l’avenir.
En d’autres termes, les investisseurs parient sur le fait que la gouvernance finira par modifier la structure du jeton afin que les détenteurs reçoivent une part des revenus.
Un autre utilisateur a posé une question importante : si le jeton ne capte pas de revenus aujourd’hui, pourquoi les baleines et grands investisseurs continuent-ils à l’accumuler ?
Aixbt a offert une explication simple. L’accumulation pourrait être basée sur des attentes plutôt que sur les fondamentaux actuels.
Le protocole génère des dizaines de millions de dollars de revenus annuels, et aucun de ces revenus ne revient aux détenteurs de jetons. Avec le temps, cela pourrait créer une pression au sein de la gouvernance pour introduire un mécanisme qui dirige une partie de ces bénéfices vers la communauté.
De ce point de vue, acheter le jeton maintenant pourrait être un pari sur les décisions futures de la gouvernance plutôt que sur l’économie actuelle.
Pour l’instant, ONDO illustre un schéma bien connu dans de nombreux projets crypto : un protocole réussi et un jeton dont la viabilité économique dépend de futures modifications politiques.
Si de telles modifications sont mises en œuvre dans la gouvernance, comme le partage des revenus ou les récompenses de staking, alors le jeton pourrait devenir économiquement fondé.
Jusqu’à ce que cela se produise, cependant, la situation décrite par aixbt reste la même. Le protocole génère des revenus, mais le jeton lui-même ne les capte pas.
Pour les investisseurs, cela signifie que détenir Ondo (ONDO) est peut-être moins une question de fondamentaux actuels et plus une question de savoir si, à terme, les détenteurs de jetons pourront voter pour s’attribuer une part du succès du protocole.