Monero ne disparaîtra pas. Malgré son retrait des grandes plateformes comme Binance et Coinbase, la cryptomonnaie axée sur la confidentialité conserve sa place.
Un nouveau rapport de la société d’analyse blockchain TRM Labs montre que l’activité sur la chaîne de XMR est restée supérieure aux niveaux d’avant 2022 tout au long de 2024 et en 2025. L’utilisation ne s’est pas contractée. Au contraire, cela raconte l’histoire d’une monnaie avec une base d’utilisateurs obstinée et engagée.
Perdre l’accès à l’infrastructure des échanges traditionnels nuirait à la plupart des actifs. Pour Monero, l’impact a été limité.
TRM Labs a noté que 73 plateformes ont délisté XMR en 2025 seulement. Binance, Coinbase, Kraken, OKX, Huobi et Bitstamp l’ont toutes retiré ou restreint. Pourtant, les volumes de transactions en 2024 et 2025 sont restés nettement supérieurs à ceux de la période 2020–2021.
Selon TRM Labs, cela indique une demande spécifique. Les utilisateurs encore présents sur Monero ne sont pas des traders occasionnels cherchant des fluctuations de prix. Ce sont des personnes qui veulent la confidentialité et acceptent la friction que cela implique, avec moins de points d’entrée, une liquidité plus faible et une volatilité plus élevée.
La volatilité réalisée de Monero sur les 30 derniers jours était environ deux fois et demie supérieure à celle de Bitcoin et ETH, a noté TRM Labs.
Malgré les délistages et la pression réglementaire, l’activité XMR sur Monero reste au-dessus des niveaux d’avant 2022.
Principales conclusions de notre dernière recherche :
🔺 48 % des nouveaux marchés darknet en 2025 sont exclusivement en XMR
🔺 La majorité des paiements de rançon se font encore en BTC — la liquidité compte
🔺 14–15 % de… pic.twitter.com/BYPJMrLaJN— TRM Labs (@trmlabs) 16 février 2026
Les acteurs du ransomware veulent Monero. C’est clair. TRM Labs a confirmé que ces groupes continuent d’exprimer une préférence pour les paiements en XMR, et certains offrent même des rabais pour l’obtenir. Mais le comportement réel montre une autre réalité.
La majorité écrasante des règlements de rançon se fait encore en Bitcoin. Pourquoi ? La liquidité. Le Bitcoin est plus facile à acquérir, à déplacer et à convertir à grande échelle. Même s’il est beaucoup plus traçable, il l’emporte en praticité.
TRM Labs a souligné cette tension centrale : préférence pour la confidentialité versus utilisabilité dans le monde réel. Dans la finance illicite, c’est souvent l’utilisabilité qui l’emporte.
Les opérateurs de marchés darknet y prêtent attention. TRM Labs a découvert que 48 % des nouveaux marchés darknet lancés en 2025 supportent uniquement Monero. C’est une forte augmentation par rapport aux années précédentes. Ce changement est particulièrement visible dans les marchés occidentaux.
Les opérateurs semblent répondre directement à l’amélioration des capacités de traçage sur Bitcoin et les stablecoins.
Les stablecoins, a noté TRM Labs, sont de plus en plus soumis à des contrôles d’émetteurs et à des mesures de conformité. L’activité sur la chaîne de Bitcoin est plus traçable que jamais.
Dans ce contexte, Monero comble un vide évident. Sa part croissante dans l’adoption des marchés darknet exclusivement en XMR indique que la demande pour une véritable confidentialité financière n’a pas disparu.
La cryptographie de Monero reste intacte. TRM Labs a été clair à ce sujet. Mais ses chercheurs ont signalé quelque chose à surveiller au niveau du réseau.
Lors de l’analyse du trafic, TRM Labs a observé un comportement inattendu dans le réseau peer-to-peer de Monero qui ne correspondait pas aux attentes du protocole standard.
En collaboration avec des chercheurs académiques externes, TRM Labs a découvert que 14 à 15 % des pairs du réseau Monero présentent un comportement non standard. Ces écarts concernent le relais, le timing des messages et la concentration de l’infrastructure.
Les résultats, disponibles sous forme de prépublication sur arXiv, suggèrent que la dynamique réelle du réseau peut influencer les hypothèses de confidentialité, même lorsque la cryptographie sur la chaîne reste solide.
TRM Labs a conclu que, bien que la confidentialité au niveau du protocole de Monero soit forte, la façon dont le réseau est exploité au quotidien a aussi son importance.