Le prix du Bitcoin tente à nouveau de dépasser la barre des 70 000 dollars à la fin février 2026. Selon les données de Gate, au 27 février 2026, le Bitcoin s’échange à 67 300 dollars, en baisse de 1,35 % sur 24 heures, et affiche une baisse de 3,18 % sur la dernière semaine. Bien que le prix ait rebondi depuis ses creux précédents, tentant de retrouver la zone psychologique des 70 000 dollars, les signaux du marché dérivé indiquent une réalité bien différente derrière cette apparente euphorie. La prime à terme reste faible, tandis que le marché des options continue d’afficher une forte demande de couverture, montrant que les traders professionnels ne sont pas dupes de cette reprise et cherchent plutôt à se couvrir contre une éventuelle chute. Cet article analysera en profondeur cette divergence de marché, en s’appuyant sur les données et l’analyse des sentiments, pour comprendre les raisons structurelles de la faiblesse de la hausse actuelle du Bitcoin.
La froideur du marché malgré la reprise : les données dérivées révèlent la vérité
La semaine dernière, le Bitcoin a connu une forte reprise en V. Après avoir touché un creux à 62 500 dollars le 24 février, les acheteurs ont rapidement repris le contrôle, testant à nouveau la résistance des 70 000 dollars le 26 février. Cependant, cette correction n’a pas suscité l’enthousiasme habituel sur le marché des dérivés.
L’indicateur clé de l’appétit pour l’effet de levier chez les traders professionnels — la prime annualisée à deux mois sur les contrats à terme Bitcoin — est actuellement d’environ 2 %. Ce niveau est nettement inférieur à la ligne de démarcation entre marché haussier et baissier fixée à 5 %. En général, lorsque la prime à terme dépasse 5-10 %, cela traduit un optimisme du marché, avec des traders prêts à payer une prime plus élevée pour leurs positions. À l’inverse, si la prime reste en dessous de 5 %, cela indique une demande faible et une méfiance persistante quant à une hausse durable.
Il est important de noter qu’après la chute du Bitcoin en dessous du support de 85 000 dollars le 31 janvier — un niveau qu’il maintenait depuis plus de neuf mois —, cette prime à terme n’a cessé de diminuer, n’ayant jamais retrouvé le seuil neutre. Cela montre que le profil de risque global du marché a changé de manière structurelle, et pas seulement en réaction à des fluctuations à court terme.
La priorité à la couverture dans le marché des options : la peur persiste
En cohérence avec le marché à terme, le marché des options affiche également une attitude prudente. L’indicateur delta skew, qui mesure la différence de coût entre options put et call sur 30 jours, montre que les options put restent plus chères que les options call.
Au 27 février, la valeur du skew est d’environ 14 %, ce qui signifie que couvrir une baisse coûte bien plus cher que de parier sur une hausse. En marché neutre ou optimiste, cet indicateur oscille généralement entre -6 % et +6 %. Bien que ce chiffre ait reculé par rapport au pic de panique de cette semaine à 28 %, il reste élevé dans le contexte où le prix a déjà dépassé 67 000 dollars. La lecture est claire : les acteurs du marché privilégient la protection contre la chute plutôt que la recherche de profits.
Faits :
Le prix du Bitcoin rebondit de 62 500 dollars vers 70 000 dollars.
La prime à terme à deux mois sur le Bitcoin est de 2 %, en dessous du seuil neutre de 5 %.
La delta skew des options sur 30 jours est de 14 %, avec une prime importante pour les puts.
Analyse :
La faiblesse prolongée de la prime à terme combinée à un skew élevé des options traduit une prudence marquée du marché. Il ne s’agit pas seulement de fluctuations à court terme, mais d’un changement structurel dans l’appétit au risque.
Qui alimente l’anxiété ?
Face à la divergence entre la hausse du prix et les signaux des dérivés, diverses théories circulent pour expliquer la faiblesse du Bitcoin, suscitant de vives discussions dans la communauté.
Hypothèse 1 : Une vente ou une position short massive d’un acteur unique
Certains avancent que la pression à la baisse pourrait venir d’un grand acteur ou d’un fonds quantitatif. Par exemple, des rumeurs évoquent un rôle de Jane Street, une société de trading quantitatif. Ces spéculations sont alimentées par le fait que cette société détient de grandes quantités de Bitcoin via des ETF spot et des actions de sociétés minières. Cependant, des analystes soulignent qu’il s’agit probablement d’une stratégie Delta neutre, consistant à détenir du spot tout en shortant des contrats à terme pour couvrir le risque, plutôt que d’un simple pari à la baisse.
Hypothèse 2 : La menace de l’informatique quantique sur la sécurité du réseau
Une autre source d’inquiétude vient d’un niveau macroéconomique. Certains stratégistes craignent que la puissance de calcul des ordinateurs quantiques ne menace la sécurité cryptographique à long terme de Bitcoin, poussant certains investisseurs à retirer leurs avoirs. Cela a alimenté des discussions dans la communauté technique, avec la proposition BIP-360 pour anticiper la transition vers une cryptographie résistante aux quantiques. Cependant, relier cette menace à une baisse immédiate du prix paraît peu cohérent, cette problématique étant encore à un stade de recherche.
Hypothèse 3 : Un recul généralisé de l’appétit pour le risque macroéconomique
Une explication plus plausible est celle d’un changement de contexte macroéconomique. Récemment, des géants de la tech en bourse ont publié de bons résultats, mais leurs cours ont chuté, ce qui indique que les investisseurs préfèrent prendre leurs profits ou éviter le risque dans l’environnement actuel. Cette aversion au risque globale explique pourquoi le Bitcoin ne parvient pas à attirer de nouveaux fonds, même face à des nouvelles positives.
Faits :
Les positions de Jane Street ont été rendues publiques.
La communauté des développeurs a soumis le BIP-360 pour la cryptographie post-quantique.
Les actions technologiques américaines ont reculé après leurs résultats.
Analyse :
Accuser Jane Street de manipulation sans preuve concrète est une spéculation infondée.
La menace quantique est une thématique à long terme, peu susceptible d’avoir un impact immédiat sur le prix.
Hypothèse :
Le recul de l’appétit pour le risque macroéconomique constitue le contexte le plus cohérent pour expliquer la faiblesse du Bitcoin.
Évolutions possibles : comment la prudence pourrait influencer la suite ?
Face à cette contradiction entre la hausse des prix et la prudence du marché, plusieurs scénarios peuvent se dessiner :
Scénario 1 : La prudence est un faux signal, le prix dépasse
Si les données macroéconomiques s’améliorent ou si les actifs risqués rebondissent, la prime à terme actuellement faible pourrait rapidement se rétablir. Un dépassement durable des 72 000 dollars pourrait déclencher un rebond des positions longues sur options, inversant le skew et entraînant une dynamique haussière.
Scénario 2 : La prudence perdure, marché en range
C’est la voie la plus cohérente avec les données actuelles. La prime à terme et le skew resteront dans une zone pessimiste, empêchant une forte hausse au-delà de 75 000 dollars. Le marché devra attendre un nouveau catalyseur pour sortir de cette phase d’incertitude.
Scénario 3 : La peur s’intensifie, nouveau plongeon
En cas de dégradation macroéconomique ou si la prudence se transforme en panique, les niveaux de support actuels pourraient céder. La faiblesse du marché à la baisse pourrait entraîner une chute rapide vers 60 000 dollars ou moins, avec un effet auto-renforçant via le skew élevé, qui sert de protection contre la baisse.
Conclusion
La tentative du Bitcoin d’atteindre 70 000 dollars se heurte à une réalité complexe : la résilience du marché spot ne se traduit pas par une confiance équivalente dans les dérivés. La prime à terme faible et la demande de couverture dans les options illustrent une divergence d’intérêts au sein des acteurs professionnels. Ce n’est pas un simple bruit de marché, mais le reflet d’un changement profond dans la structure du marché, sous l’effet de risques macroéconomiques, de narratifs technologiques et de la lutte pour le contrôle des positions. Les investisseurs doivent surveiller de près ces indicateurs avancés, souvent plus révélateurs que le prix au comptant, car ils trahissent plus tôt et plus fidèlement les intentions des « smart money ». Avant que cette prudence ne se dissipe, toute tentative de hausse pourrait être confrontée à des résistances répétées.
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Le Bitcoin atteint 70 000 dollars, mais pourquoi le marché à terme et les options affichent-ils un feu orange de « prudence » ?
Le prix du Bitcoin tente à nouveau de dépasser la barre des 70 000 dollars à la fin février 2026. Selon les données de Gate, au 27 février 2026, le Bitcoin s’échange à 67 300 dollars, en baisse de 1,35 % sur 24 heures, et affiche une baisse de 3,18 % sur la dernière semaine. Bien que le prix ait rebondi depuis ses creux précédents, tentant de retrouver la zone psychologique des 70 000 dollars, les signaux du marché dérivé indiquent une réalité bien différente derrière cette apparente euphorie. La prime à terme reste faible, tandis que le marché des options continue d’afficher une forte demande de couverture, montrant que les traders professionnels ne sont pas dupes de cette reprise et cherchent plutôt à se couvrir contre une éventuelle chute. Cet article analysera en profondeur cette divergence de marché, en s’appuyant sur les données et l’analyse des sentiments, pour comprendre les raisons structurelles de la faiblesse de la hausse actuelle du Bitcoin.
La froideur du marché malgré la reprise : les données dérivées révèlent la vérité
La semaine dernière, le Bitcoin a connu une forte reprise en V. Après avoir touché un creux à 62 500 dollars le 24 février, les acheteurs ont rapidement repris le contrôle, testant à nouveau la résistance des 70 000 dollars le 26 février. Cependant, cette correction n’a pas suscité l’enthousiasme habituel sur le marché des dérivés.
L’indicateur clé de l’appétit pour l’effet de levier chez les traders professionnels — la prime annualisée à deux mois sur les contrats à terme Bitcoin — est actuellement d’environ 2 %. Ce niveau est nettement inférieur à la ligne de démarcation entre marché haussier et baissier fixée à 5 %. En général, lorsque la prime à terme dépasse 5-10 %, cela traduit un optimisme du marché, avec des traders prêts à payer une prime plus élevée pour leurs positions. À l’inverse, si la prime reste en dessous de 5 %, cela indique une demande faible et une méfiance persistante quant à une hausse durable.
Il est important de noter qu’après la chute du Bitcoin en dessous du support de 85 000 dollars le 31 janvier — un niveau qu’il maintenait depuis plus de neuf mois —, cette prime à terme n’a cessé de diminuer, n’ayant jamais retrouvé le seuil neutre. Cela montre que le profil de risque global du marché a changé de manière structurelle, et pas seulement en réaction à des fluctuations à court terme.
La priorité à la couverture dans le marché des options : la peur persiste
En cohérence avec le marché à terme, le marché des options affiche également une attitude prudente. L’indicateur delta skew, qui mesure la différence de coût entre options put et call sur 30 jours, montre que les options put restent plus chères que les options call.
Au 27 février, la valeur du skew est d’environ 14 %, ce qui signifie que couvrir une baisse coûte bien plus cher que de parier sur une hausse. En marché neutre ou optimiste, cet indicateur oscille généralement entre -6 % et +6 %. Bien que ce chiffre ait reculé par rapport au pic de panique de cette semaine à 28 %, il reste élevé dans le contexte où le prix a déjà dépassé 67 000 dollars. La lecture est claire : les acteurs du marché privilégient la protection contre la chute plutôt que la recherche de profits.
Faits :
Analyse :
La faiblesse prolongée de la prime à terme combinée à un skew élevé des options traduit une prudence marquée du marché. Il ne s’agit pas seulement de fluctuations à court terme, mais d’un changement structurel dans l’appétit au risque.
Qui alimente l’anxiété ?
Face à la divergence entre la hausse du prix et les signaux des dérivés, diverses théories circulent pour expliquer la faiblesse du Bitcoin, suscitant de vives discussions dans la communauté.
Hypothèse 1 : Une vente ou une position short massive d’un acteur unique
Certains avancent que la pression à la baisse pourrait venir d’un grand acteur ou d’un fonds quantitatif. Par exemple, des rumeurs évoquent un rôle de Jane Street, une société de trading quantitatif. Ces spéculations sont alimentées par le fait que cette société détient de grandes quantités de Bitcoin via des ETF spot et des actions de sociétés minières. Cependant, des analystes soulignent qu’il s’agit probablement d’une stratégie Delta neutre, consistant à détenir du spot tout en shortant des contrats à terme pour couvrir le risque, plutôt que d’un simple pari à la baisse.
Hypothèse 2 : La menace de l’informatique quantique sur la sécurité du réseau
Une autre source d’inquiétude vient d’un niveau macroéconomique. Certains stratégistes craignent que la puissance de calcul des ordinateurs quantiques ne menace la sécurité cryptographique à long terme de Bitcoin, poussant certains investisseurs à retirer leurs avoirs. Cela a alimenté des discussions dans la communauté technique, avec la proposition BIP-360 pour anticiper la transition vers une cryptographie résistante aux quantiques. Cependant, relier cette menace à une baisse immédiate du prix paraît peu cohérent, cette problématique étant encore à un stade de recherche.
Hypothèse 3 : Un recul généralisé de l’appétit pour le risque macroéconomique
Une explication plus plausible est celle d’un changement de contexte macroéconomique. Récemment, des géants de la tech en bourse ont publié de bons résultats, mais leurs cours ont chuté, ce qui indique que les investisseurs préfèrent prendre leurs profits ou éviter le risque dans l’environnement actuel. Cette aversion au risque globale explique pourquoi le Bitcoin ne parvient pas à attirer de nouveaux fonds, même face à des nouvelles positives.
Faits :
Analyse :
Hypothèse :
Le recul de l’appétit pour le risque macroéconomique constitue le contexte le plus cohérent pour expliquer la faiblesse du Bitcoin.
Évolutions possibles : comment la prudence pourrait influencer la suite ?
Face à cette contradiction entre la hausse des prix et la prudence du marché, plusieurs scénarios peuvent se dessiner :
Scénario 1 : La prudence est un faux signal, le prix dépasse
Si les données macroéconomiques s’améliorent ou si les actifs risqués rebondissent, la prime à terme actuellement faible pourrait rapidement se rétablir. Un dépassement durable des 72 000 dollars pourrait déclencher un rebond des positions longues sur options, inversant le skew et entraînant une dynamique haussière.
Scénario 2 : La prudence perdure, marché en range
C’est la voie la plus cohérente avec les données actuelles. La prime à terme et le skew resteront dans une zone pessimiste, empêchant une forte hausse au-delà de 75 000 dollars. Le marché devra attendre un nouveau catalyseur pour sortir de cette phase d’incertitude.
Scénario 3 : La peur s’intensifie, nouveau plongeon
En cas de dégradation macroéconomique ou si la prudence se transforme en panique, les niveaux de support actuels pourraient céder. La faiblesse du marché à la baisse pourrait entraîner une chute rapide vers 60 000 dollars ou moins, avec un effet auto-renforçant via le skew élevé, qui sert de protection contre la baisse.
Conclusion
La tentative du Bitcoin d’atteindre 70 000 dollars se heurte à une réalité complexe : la résilience du marché spot ne se traduit pas par une confiance équivalente dans les dérivés. La prime à terme faible et la demande de couverture dans les options illustrent une divergence d’intérêts au sein des acteurs professionnels. Ce n’est pas un simple bruit de marché, mais le reflet d’un changement profond dans la structure du marché, sous l’effet de risques macroéconomiques, de narratifs technologiques et de la lutte pour le contrôle des positions. Les investisseurs doivent surveiller de près ces indicateurs avancés, souvent plus révélateurs que le prix au comptant, car ils trahissent plus tôt et plus fidèlement les intentions des « smart money ». Avant que cette prudence ne se dissipe, toute tentative de hausse pourrait être confrontée à des résistances répétées.