Comment le secteur de l'assurance doit-il faire face aux risques extrêmes

robot
Création du résumé en cours

AI · Les risques de guerre peuvent-ils bouleverser la logique actuarielle de l’industrie de l’assurance ?

Les conflits géopolitiques secouent les marchés financiers mondiaux, et l’industrie de l’assurance doit faire face à des risques extrêmes. Récemment, la situation au Moyen-Orient est restée tendue, ce qui a conduit les compagnies d’assurance et de réassurance internationales à ajuster leurs couvertures contre la guerre, avec des suspensions, des retraits et des hausses de primes dans des zones à haut risque comme le détroit d’Hormuz. La guerre et l’assurance semblent appartenir à des domaines totalement différents, sécurité et finance, mais elles sont en réalité profondément liées.

La logique centrale de l’assurance repose sur la loi des grands nombres, permettant de mutualiser et de lisser les pertes grâce à des risques aléatoires mesurables, diversifiables et contreparties. La guerre brise cette logique : le risque devient imprévisible, non quantifiable, et la perte individuelle se transforme en impact systémique. L’exposition au risque de guerre est comme un trou noir, rendant l’assurance commerciale difficile à supporter. En tant qu’amortisseur et stabilisateur de l’économie, il faut élaborer des stratégies pour faire face à ces risques extrêmes. Repenser le système de protection contre ces risques est à la fois une question de développement sectoriel et de sécurité économique.

Dans les polices d’assurance classiques, qu’il s’agisse d’assurance vie ou d’assurance des biens, les risques extrêmes liés à la guerre ou aux conflits militaires sont généralement exclus. Cela ne traduit pas un manque de responsabilité de l’industrie, mais résulte des limites imposées par les modèles actuariels, la contrainte de capital et les règles de solvabilité. En cas de conflit, des risques tels que la destruction de navires, la perte de cargaisons, le gel d’actifs ou l’interruption d’activité peuvent exploser simultanément, dépassant la capacité d’absorption d’une seule compagnie. La chaîne de réassurance se contracte rapidement, ce qui peut entraîner une interruption de la couverture.

En réalité, l’impact de la guerre sur l’assurance dépasse la simple augmentation des primes à court terme. D’abord, plus le conflit dure, plus la capacité d’assurance régionale se réduit. La réassurance, qui couvre le risque de guerre, joue un rôle clé : lorsque le risque géopolitique dépasse un certain seuil, les réassureurs resserrent leurs limites et augmentent les prix, obligeant les assureurs directs à réduire leur exposition, entraînant un cercle vicieux de « rupture de la réassurance – arrêt de l’assurance directe ». Ensuite, la guerre exerce une pression simultanée sur les actifs et les passifs des compagnies d’assurance : volatilité des marchés financiers, fluctuations des taux de change, dépréciation des actifs, tout en faisant face à des demandes d’indemnisation potentielles, ce qui complique la gestion de la solvabilité. Enfin, la confiance dans les produits d’assurance liés à la guerre est mise à rude épreuve : la définition des responsabilités, la reconnaissance des causes de pertes, la rapidité des indemnisations peuvent susciter des controverses, et en cas de sinistre majeur, cela met à l’épreuve la résilience des contrats et la régulation.

Cependant, l’industrie de l’assurance ne reste pas passive face à la guerre. Elle construit un cadre en trois niveaux pour faire face à ces risques extrêmes. Le premier consiste en une tarification précise et une gestion dynamique : les assureurs capables d’évaluer en temps réel les risques, d’ajuster leurs listes régionales ou d’assurer séparément certains voyages, tentent de transformer autant que possible ces risques incontrôlables en risques quantifiables, en recherchant un équilibre entre protection et sécurité. Le deuxième niveau repose sur la coopération en réassurance et en coassurance : en s’appuyant sur un réseau mondial de réassureurs, il s’agit de disperser les risques importants et de renforcer la capacité globale du secteur à supporter ces risques. Le troisième niveau concerne l’assurance politique et la couverture publique : pour les domaines non couverts par l’assurance commerciale traditionnelle, des mécanismes comme l’assurance-crédit à l’exportation ou les mécanismes de garantie contre les risques nationaux jouent un rôle de filet de sécurité, protégeant les chaînes industrielles clés et les actifs à l’étranger.

Pour l’industrie d’assurance chinoise, cette crise offre des enseignements profonds. La Chine possède des actifs à l’étranger, des routes maritimes et des projets d’ingénierie répartis dans le monde entier, ce qui accroît son exposition aux risques géopolitiques. D’une part, il est crucial d’accélérer la mise en place d’un système de tarification et de gestion des risques de guerre, en renforçant la capacité actuarielle, la souscription et l’indemnisation en scénarios extrêmes, sans suivre aveuglément la tendance à suspendre les couvertures ou à accepter des risques hors de capacité. D’autre part, il faut renforcer l’assurance-crédit à l’exportation, étendre la couverture pour les projets énergétiques, les ressources naturelles et les voies logistiques clés à l’étranger, et améliorer la capacité de diversification des risques. Par ailleurs, il est essentiel d’intégrer la gestion régulière des risques liés à la guerre et aux risques politiques dans la stratégie globale, afin d’éviter des pertes majeures.

La guerre peut constituer une limite pour l’assurance commerciale, mais ne doit pas être une fin en soi pour la protection des risques. Plus le système économique devient complexe, plus l’industrie de l’assurance doit préserver ses marges de sécurité ; face à la montée des risques géopolitiques, il est nécessaire d’utiliser des outils financiers pour renforcer la résilience. L’industrie doit respecter ses règles commerciales et sa solvabilité, tout en prenant ses responsabilités et en innovant dans l’offre. Grâce à la synergie entre protection commerciale, soutien politique et coopération internationale, elle peut assurer la sécurité des chaînes d’approvisionnement, des industries et des flux financiers mondiaux.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire
Aucun commentaire
  • Épingler