La ligne First Brands suggère l'exposition cachée des banques

NEW YORK, 9 mars (Reuters Breakingviews) - Les problèmes de cafards ont tendance à s’étendre plus loin qu’ils n’apparaissent au premier abord. Le patron de JPMorgan, Jamie Dimon, a comparé les explosions de crédit de haut profil à ces insectes sournois, laissant entendre que des problèmes plus profonds se cachent. Et maintenant, six mois après la chute du détaillant de pièces automobiles fortement endetté First Brands, la banque régionale Western ‌Alliance (WAL.N) a révélé une perte de 126 millions de dollars liée à ce désordre. Elle n’a jamais prêté directement à First Brands, mais plutôt à un fonds géré par des financiers de Wall Street chez Jefferies (JEF.N). C’est l’une des nombreuses petites banques qui s’engouffrent dans le monde trouble de la finance de l’ombre.

La faillite surprise de First Brands l’année dernière a envoyé une onde de choc sur les marchés du crédit. Les procureurs fédéraux ont allégué qu’elle avait pledgé ses actifs à plusieurs reprises pour garantir des emprunts de plusieurs milliards, principalement auprès de prêteurs non bancaires. Ce n’était pas un cas isolé, le gouvernement ayant également inculpé le fondateur de Tricolor, un prêteur auto subprime, pour des faits similaires. Par ailleurs, Jefferies a également prêté à Market Financial Solutions, un prêteur immobilier en difficulté.

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Western Alliance affirme qu’il s’agit d’une violation délibérée du contrat, déclarant que Jefferies a cessé de payer les 126 millions de dollars restant sur des prêts à des véhicules à but spécial qui détenaient les comptes clients de First Brands. Jefferies a indiqué lundi que ces prêts sont sans recours, sans garantie de paiement de la part des sociétés mères des véhicules, et que la plainte est sans fondement.

Quoi qu’il en soit, les actions de Western Alliance et de Jefferies ont chuté respectivement de 11 % et 14 % depuis jeudi. Les analystes de Morgan Stanley ont dégradé leur recommandation sur les actions de Jefferies, citant le litige.

Western Alliance est une petite banque, avec une valeur de marché d’environ 8 milliards de dollars. Pourtant, de nombreuses institutions de taille similaire ont été entraînées dans le flot de prêts à des entreprises peu régulées que la Réserve fédérale qualifie de « institutions financières non dépositaires ». Les prêts à ces banques de l’ombre ont atteint 1,9 trillion de dollars, en hausse de 180 % par rapport à 680 milliards en 2021, selon les données de la Fed. Cette croissance suit l’essor vertigineux du crédit privé et du prêt adossé à des actifs, qui ont de plus en plus remplacé les banques traditionnelles depuis la crise financière de 2008. Offrir un levier est une façon de récupérer une part de l’action.

La question est de savoir combien de risque cela représente. Les fonds propres des banques servent de tampon absorbant les pertes, en cas de défaillance massive des prêts. Pourtant, 40 prêteurs américains, avec un total combiné de 4,7 trillions de dollars d’actifs, ont désormais prêté l’équivalent de plus de 100 % de leur capital propre total aux banques de l’ombre, contre 29 banques détenant 1,1 trillion de dollars il y a deux ans, selon les données de KBRA Financial Intelligence. La majorité des emprunteurs sont à jour dans leurs paiements, et une grande partie de l’activité concerne le marché hypothécaire, qui bénéficie d’un soutien gouvernemental efficace. Pourtant, le territoire où les cafards peuvent proliférer s’élargit.

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Contexte

  • Western Alliance a déposé le 6 mars une plainte pour récupérer 126 millions de dollars que la banque de Phoenix affirme appartenir à Point Bonita, un fonds de crédit privé géré par une division de la banque d’investissement Jefferies. La perte est liée à un prêt que le fonds de crédit a accordé à First Brands, un fabricant de pièces automobiles en faillite. Point Bonita avait à son tour emprunté de l’argent à Western Alliance pour financer ses investissements.
  • Jefferies a déclaré lundi que les prêts de Western Alliance étaient sans recours, et qu’elle prévoit de contester la plainte.

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Édition par Jonathan Guilford ; Production par Maya Nandhini

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