La flambée des prix du pétrole = une Fed hawkish ? Bank of America : le marché pourrait mal interpréter, le scénario de 2022 est difficile à répéter

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La hausse des prix du pétrole ne signifie pas nécessairement un tournant hawkish de la Fed, avertit Bank of America Merrill Lynch, qui souligne que le marché interprète à tort la réaction de la politique de la Fed.

Depuis l’éclatement du conflit en Iran, le rendement du bon du Trésor américain à 2 ans a augmenté en tandem avec le prix du pétrole, le marché intégrant un choc d’offre comme un signal de resserrement monétaire.

Selon le bulletin de marché matinal publié par Bank of America Merrill Lynch le 10 mars, cette logique présente une faille fondamentale : le choc d’offre menace simultanément les deux missions de la Fed, rendant l’incertitude quant à la trajectoire politique plus grande dans deux directions opposées, plutôt qu’un biais unilatéral hawkish.

Aditya Bhave, économiste de la Fed américaine chez BofA Merrill Lynch, indique que le contexte macroéconomique actuel est radicalement différent de celui de 2022 — marché du travail plutôt mou, inflation modérée, soutien fiscal limité. Si le choc du prix du pétrole perdure, la réaction de la Fed sera plus probablement dovish, plutôt que de suivre la voie agressive de hausse des taux en 2022.

Le marché intègre directement la hausse des prix du pétrole comme un signal hawkish

Depuis l’éclatement du conflit en Iran, le rendement du bon du Trésor américain à 2 ans et le prix du pétrole brut WTI évoluent très étroitement, la logique implicite étant : la hausse du prix du pétrole augmente les anticipations d’inflation, forçant la Fed à maintenir des taux élevés ou à relancer la hausse des taux. La seule exception se produit le vendredi suivant la publication de données faibles sur l’emploi non agricole en février, où le rendement s’écarte brièvement de la tendance du prix du pétrole.

BofA Merrill Lynch estime que cette méthode de tarification ignore la double nature du choc d’offre. En augmentant l’inflation, le choc d’offre freine aussi la croissance économique et l’emploi, exerçant une pression contradictoire sur la double mission de la Fed — stabilité des prix et plein emploi.

Cette tension épaissit à la fois la queue de la distribution des probabilités : la probabilité de prolonger la pause dans la hausse des taux augmente, le risque de hausse reste présent, mais le risque de baisse drastique des taux n’est pas non plus à négliger.

Pourquoi le scénario de 2022 est difficile à reproduire

BofA Merrill Lynch insiste sur le fait que la prémisse d’un risque de politique hawkish (c’est-à-dire que la Fed devienne hawkish suite à la hausse des prix du pétrole) repose sur une demande économique suffisamment forte pour supporter le choc d’offre sans ralentissement marqué, permettant à la Fed de se concentrer sur l’inflation. En 2022, lors du déclenchement du conflit russo-ukrainien, cette condition était remplie : taux de chômage inférieur à 4 %, inflation PCE de base supérieure à 5 %, création mensuelle d’environ 500 000 emplois non agricoles, et des consommateurs disposant de liquidités issues des aides COVID-19.

L’environnement actuel contraste fortement. BofA Merrill Lynch souligne que le marché du travail est plutôt mou, l’inflation modérée à légèrement élevée, et le soutien fiscal limité. Dans ce contexte, si le choc du prix du pétrole perdure, la Fed sera plus susceptible d’adopter une posture dovish plutôt que de resserrer la politique comme le prédisent les marchés.

L’incertitude politique s’étend dans les deux directions

L’analyse centrale de BofA Merrill Lynch est que la hausse du prix du pétrole “épaissit la queue de la distribution des politiques”, plutôt que de déplacer la probabilité vers un scénario hawkish. Concrètement, cela augmente la probabilité de prolonger la pause dans la hausse des taux, tout en maintenant un risque de hausse, mais si le choc d’offre continue de freiner la croissance, le risque d’une baisse profonde des taux augmente également.

Les fondamentaux macroéconomiques actuels déterminent une sensibilité de la Fed à l’égard du choc du prix du pétrole bien différente de celle de 2022. Si le marché continue d’utiliser l’ancien scénario pour tarifer, il risque de faire une erreur de direction.

Au niveau des données macroéconomiques, BofA Merrill Lynch a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB du premier trimestre, passant de 3,3 % à 2,9 % en taux annualisé ajusté en saison, principalement en raison de la faiblesse des ventes au détail de janvier et de l’emploi non agricole de février, tous deux inférieurs aux attentes. La mesure de la consommation personnelle a été revue de 2,2 % à 1,8 %, et l’investissement résidentiel de 1,5 % à 1,0 %.

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