L'interruption des exportations de GNL du Qatar est la plus longue depuis 2008, l'Asie et l'Europe lancent une « guerre pour le gaz »

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La liquéfaction de gaz naturel à Ras Laffan au Qatar a été à l’arrêt pendant cinq jours consécutifs, établissant le record de la plus longue interruption depuis au moins 2008, ce qui déclenche une crise mondiale d’approvisionnement en GNL qui redessine les schémas commerciaux — les navires initialement destinés à l’Europe font demi-tour vers l’Asie, lançant une bataille intercontinentale pour l’achat.

Les répercussions du conflit au Moyen-Orient se propagent rapidement aux marchés mondiaux de l’énergie. Selon les données de suivi des navires de Bloomberg, depuis le début du conflit, au moins huit navires de GNL prévus pour l’Europe ont changé de route pour l’Asie, et cette tendance s’accélère récemment. Par ailleurs, une petite installation d’exportation de GNL à Abu Dhabi est également incapable d’expédier, créant un déficit combiné d’environ 20 % de l’offre mondiale de GNL. Les prix du gaz dans les deux principaux marchés de consommation, l’Europe et l’Asie, ont connu une forte hausse au cours de la dernière semaine, alimentant des inquiétudes inflationnistes et économiques.

Sous la pression multiple, la prévision largement répandue d’une surabondance de GNL en 2026 semble désormais compromise. Florence Schmit, stratégiste en énergie chez Reinhard & Söhne, déclare :

“Même avec une augmentation de l’offre américaine, le marché fait face à une pénurie. La timeline de l’excès de GNL a été repoussée d’une année entière.”

Cinq jours sans exportation, record historique de suspension

Selon l’analyse des données de suivi des navires de Bloomberg, aucun navire plein de pétrole n’a quitté la plateforme de Ras Laffan pendant cinq jours, une situation inédite depuis 2008. Depuis l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, aucun navire de GNL n’a traversé le détroit d’Ormuz.

L’origine de cette suspension est une attaque de drones iraniens contre l’installation la semaine dernière. Après la mise à l’arrêt de Ras Laffan, bien que des stocks aient été utilisés pour charger plusieurs cargaisons, la dernière cargaison a quitté le port vendredi dernier, et aucune autre exportation n’a été enregistrée depuis.

Selon une estimation de Bloomberg basée sur les données de production 2025, chaque jour d’interruption entraîne la disparition effective d’environ trois lots de GNL qatari du marché. La majorité de l’offre du Qatar est destinée aux importateurs asiatiques, qui cherchent des sources alternatives ou réduisent directement leurs approvisionnements pour les usines d’engrais, les clients industriels, etc.

Changement de route des navires, concurrence limitée sur le marché spot

La compétition pour les sources de GNL mondiales commence à modifier la distribution physique. Selon les données de suivi des navires de Bloomberg, au moins huit navires initialement destinés à l’Europe ont changé de route pour l’Asie, avec une intensification récente.

L’Europe fait face à une pression urgente — après un hiver de consommation, ses stocks de gaz ont fortement diminué, et il est crucial de reconstituer ses réserves avant l’été. En Asie, plusieurs régions s’attendent à des températures supérieures à la normale, ce qui maintiendra la demande en électricité et la consommation de gaz naturel à un niveau élevé dans les mois à venir.

Les données de Bloomberg New Energy Finance indiquent qu’en semaine dernière, les importations mondiales de GNL ont atteint 8 millions de tonnes, en baisse de 26 % par rapport à la semaine précédente ; la même période, l’offre de GNL a diminué de 16 %. Les acheteurs en Inde, au Bangladesh et en Thaïlande se tournent vers le marché spot pour reconstituer leurs stocks, mais certains appels d’offres pour des livraisons en mars (y compris ceux de l’Inde) ont été annulés en raison de la rareté des vendeurs et des prix élevés.

Mathieu Utting, analyste chez Rystad Energy, avertit : “Si cette situation perdure plusieurs mois, jusqu’au cœur de l’été, il n’y aura plus suffisamment de sources alternatives de GNL pour répondre à la demande mondiale.” Il souligne que deux autres grands fournisseurs de GNL — les États-Unis et l’Australie — fonctionnent presque à pleine capacité, avec peu de marge pour augmenter leur utilisation.

Les prévisions d’excédent s’effondrent, Morgan Stanley et autres révisent à la baisse

L’impact de l’interruption sur l’équilibre offre-demande du marché commence à être réévalué par les principales institutions. Devin McDermott, analyste chez Morgan Stanley, indique dans une note : “La banque prévoyait auparavant un excédent de 6 à 8 millions de tonnes de GNL cette année, mais si la suspension du Qatar dure plus d’un mois, le marché se dirigera rapidement vers une pénurie.”

Florence Schmit, de Rabobank, donne un calendrier plus précis : chaque semaine de suspension de la capacité du Qatar réduit d’environ 1,5 million de tonnes le surplus prévu. À ce rythme, le marché pourrait passer d’un excédent à une pénurie en environ cinq semaines. Par ailleurs, la décision du Qatar de retarder le lancement d’un important projet d’expansion exercera une pression supplémentaire sur l’offre en 2026.

Capacité supplémentaire limitée aux États-Unis, nouvelles capacités difficiles à déployer à court terme

En tant que plus grand exportateur mondial de GNL, la capacité des États-Unis à combler rapidement le vide est incertaine. Bien que plusieurs nouveaux projets soient en cours, leur mise en service sera progressive, rendant difficile une substitution efficace à court terme.

Le projet Golden Pass au Texas, joint-venture entre Qatar Petroleum et ExxonMobil, est presque terminé mais pas encore en production. La capacité de Cheniere Energy à Corpus Christi continue d’être étendue, tandis que Venture Global progresse sur le projet Plaquemines en Louisiane et construit un troisième site, CP2.

Ces nouvelles capacités sont à moyen et long terme, et ne peuvent pas soutenir le marché spot en forte contraction. La hausse des coûts d’achat spot met sous pression la trésorerie des marchés émergents, et si la suspension se prolonge, le risque de pénurie locale s’accroît.

Avertissements et clauses de non-responsabilité

Le marché comporte des risques, l’investissement doit être prudent. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnel et ne prend pas en compte les objectifs, la situation financière ou les besoins spécifiques de chaque utilisateur. Les utilisateurs doivent juger si les opinions, points de vue ou conclusions présentés ici leur conviennent. En suivant ces recommandations, ils en assument l’entière responsabilité.

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