Si vous creusez un étang en montagne sans y mettre de poissons, y aura-t-il des poissons après dix ans ?

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Nous allons d’abord donner la réponse : oui, il y en aura, et pas besoin d’attendre très longtemps. Si le sol ne s’assèche pas complètement, le plus tôt, dans un an, il y aura des poissons. Après quelques années, non seulement il y aura des poissons, mais aussi diverses micro-organismes, plantes aquatiques, formant finalement un petit écosystème complet.

Alors, si l’on creuse artificiellement un étang en montagne, d’où viennent les poissons ? Est-ce vraiment comme le disent les anciens, que « graines d’herbe millénaires, œufs de poisson millénaires » ?

Avant de commencer, il faut d’abord dissiper une idée largement répandue : « graines d’herbe millénaires, œufs de poisson millénaires ». Cela signifie que les œufs de poisson ont une vitalité très forte, pouvant rester en dormance dans la terre pendant des dizaines de milliers d’années, et éclore dès qu’ils rencontrent de l’eau. C’est aussi l’une des explications préférées de nombreux anciens pour justifier la présence de poissons dans les étangs creusés artificiellement.

Mais cette idée est totalement fausse. Car, en réalité, les œufs de poisson sont très fragiles. Ils ne possèdent pas une coque dure comme celle des œufs d’oiseaux, mais seulement une membrane douce. La fonction principale de cette membrane est de permettre à l’eau et à l’oxygène de circuler librement. En effet, les œufs de poisson ont aussi besoin de respirer, et doivent le faire dans l’eau.

Que se passe-t-il si l’on sort les œufs de poisson pour les laisser sécher sur le rivage ? Un scientifique a mené une expérience : exposer directement les œufs à l’air. Résultat : tous morts en 15 minutes. Oui, 15 minutes. Pas besoin d’attendre des millénaires, même un quart d’heure ne peut pas tenir.

Et si on les maintient humides ? Par exemple, en les enveloppant dans des plantes aquatiques humides ou dans de la terre humide ? Les scientifiques ont découvert que, sur un matériau humide, environ 20 % des œufs peuvent survivre après une heure. Gardez bien ce chiffre en mémoire, nous y reviendrons.

Donc, l’idée que « les œufs de poisson peuvent vivre mille ans » est une pure rumeur. Mais alors, d’où viennent les poissons dans l’étang ? Ne vous inquiétez pas, la suite.

Aucune créature ne peut apparaître de nulle part. Puisque les poissons ne viennent pas du sol, ils doivent avoir été « transportés ». Et dans la nature, le plus puissant « transporteur » est en réalité l’oiseau aquatique.

Déjà au XIXe siècle, Darwin s’intéressait à ce phénomène. Il avait plongé le pied d’un canard dans un aquarium pour observer si les larves de mollusques d’eau douce pouvaient s’y fixer. Il a découvert que ces petites créatures pouvaient non seulement s’accrocher solidement aux pattes du canard, mais aussi survivre 12 à 20 heures dans un environnement humide. Darwin en a déduit : en cette période, un canard peut voler sur 600 à 700 kilomètres, et peut très bien transporter des organismes aquatiques vers n’importe quel étang isolé.

Et cette hypothèse a été confirmée plus d’un siècle plus tard.

Première preuve : plumes et pattes

Déjà en 1925, des chercheurs allemands ont découvert que certains œufs de poissons (comme ceux du brochet ou de la perche) sont adhésifs, pouvant se coller fermement aux plumes ou aux pattes des oiseaux aquatiques.

Bien que la probabilité ne soit pas très élevée, des dizaines de millions d’oiseaux migrateurs parcourent chaque année de nombreux habitats aquatiques. Ce réseau de transport « involontaire » est d’une ampleur considérable. Bien souvent, ils transportent des œufs de poissons pondus sur des plantes aquatiques ou des débris flottants.

Deuxième preuve : le tube digestif

Si la fixation sur les plumes et les pattes est une opération courante, la découverte suivante est encore plus étonnante : les œufs de poisson peuvent non seulement adhérer aux oiseaux, mais aussi être ingérés, puis en sortir vivants !

En 2020, une équipe de scientifiques a mené une expérience audacieuse. Ils ont donné à des canards colverts une dose de œufs fertilisés de carpe et de gardon (environ 500 œufs par canard), puis ont collecté leurs excréments. Résultat : dans les fèces, ils ont retrouvé des œufs de poisson vivants ! Environ 0,2 % des œufs ingérés ont survécu à la digestion, et ont continué à nager après incubation.

Ce taux peut sembler faible, mais faisons un calcul : une carpe peut pondre jusqu’à 1,5 million d’œufs en une seule fois. Si un canard en mange quelques milliers, même avec un taux de survie de 0,2 %, cela donne plusieurs jeunes poissons. Et avec des millions de canards sauvages volant chaque jour entre différents habitats aquatiques, le transport naturel devient évident.

Dans la montagne, creuser un petit étang, pour un oiseau, c’est comme une « étape de repos ». Aujourd’hui, un oiseau y dépose quelques œufs, demain un autre en transporte, et en quelques années, il n’est pas surprenant que l’étang contienne des poissons.

De plus, une étude publiée en 2023 dans Biological Bulletin a renforcé cette hypothèse. En étudiant plusieurs lacs artificiels nouvellement créés, interdits d’accès au public et sans introduction humaine de poissons, ils ont trouvé que plus de 80 % de ces lacs contenaient la même espèce de poisson — le perche européenne.

Les chercheurs ont constaté que la saison de ponte du perche coïncidait avec la période où les oiseaux aquatiques étaient nombreux. De plus, leurs œufs adhésifs, pondus dans des eaux peu profondes, étaient facilement accessibles aux oiseaux. La génétique a montré que les populations de perches dans différents lacs étaient reliées par un flux génétique cohérent, correspondant à la distance parcourue en une journée par les oiseaux.

Ainsi, le fil de la preuve est parfaitement bouclé : les oiseaux aquatiques sont le principal vecteur de l’apparition de poissons dans ces étangs.

Première cause : pluies torrentielles et inondations

Si l’étang est proche d’une rivière, une grosse pluie peut faire déborder la rivière, créant un passage temporaire d’eau. Certains poissons peuvent alors migrer avec le courant. Cette méthode ne fonctionne que pour des étangs proches.

Deuxième cause : tornades

Cela peut sembler tiré d’un film, mais c’est une réalité. Aux États-Unis, en Australie, aux Philippines, on a déjà enregistré des phénomènes de « poissons tombant du ciel ». Le principe est simple : lors du passage d’une tornade sur une surface d’eau, celle-ci aspire l’eau et les poissons, qui sont ensuite projetés dans l’air, puis retombent ailleurs. La plupart des poissons meurent dans cette chute, mais quelques chanceux peuvent tomber dans un étang.

Troisième cause : migration terrestre des poissons

Bien que la majorité des poissons meurent rapidement hors de l’eau, certains, comme la blackfish (poisson noir), peuvent respirer directement dans l’air. Cela leur donne une capacité limitée à se déplacer sur la terre ferme, surtout si l’humidité est élevée. Ils peuvent grimper sur de longues distances, mais cette capacité est limitée, et nécessite que l’étang soit proche d’autres eaux naturelles.

Enfin, il y a l’intervention humaine : depuis toujours, certains relâchent des poissons pour la chance ou la tradition. Aujourd’hui, avec la raréfaction des ressources aquatiques et la surpêche, certains choisissent de relâcher des poissons dans des étangs en montagne.

Selon une étude de 2025 menée par des chercheurs européens, ils ont examiné 123 étangs nouvellement creusés, sans introduction artificielle de poissons. Résultat : plus de 58,5 % contenaient des poissons. Dans 40 % des cas, les poissons étaient présents dès la première année — c’est-à-dire, en moins d’un an après la création.

De plus, l’âge de l’étang n’était pas corrélé à la présence de poissons. Certains vieux étangs n’en avaient pas, tandis que des jeunes en avaient rapidement. Cela montre que l’apparition de poissons est aléatoire, dépendant de leur présence ou non sur la trajectoire des oiseaux.

Les chercheurs ont aussi constaté que plus un étang est proche d’un lieu habité, plus il est susceptible d’avoir des poissons. Cela peut sembler contre-intuitif, car la faune sauvage évite généralement les zones humaines, mais en réalité, la présence humaine favorise la concentration d’oiseaux aquatiques, qui sont plus nombreux près des zones habitées, en raison de la disponibilité de points d’eau artificiels, étangs d’élevage, etc.

Les poissons les plus courants dans ces étangs sont la mouche de blé et la carpe (notamment la carpe argentée). Leur forte capacité de reproduction, leur adaptabilité, leur nombre d’œufs élevé, et leur large distribution expliquent leur présence fréquente.

Les poissons qui apparaissent dans ces étangs en montagne ne viennent pas de nulle part. Ils sont principalement apportés par les oiseaux, qui, par leurs mouvements involontaires, jouent un rôle de transporteurs naturels. Grâce à cette capacité, ils ont permis à ces poissons de coloniser de nombreux habitats aquatiques, devenant ainsi de véritables « maîtres » de ces eaux.

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