Les nouvelles réglementations anti-blanchiment mettent en avant la prévention du Turkestan oriental, les actifs virtuels étant intégrés dans le champ de la réglementation

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En janvier 2026, la Banque populaire de Chine, en collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère de la Sécurité publique et sept autres départements, a officiellement publié le « Règlement sur la gestion des mesures spéciales de prévention du blanchiment d’argent ». Ce nouveau règlement, adopté lors de la réunion du Conseil d’administration de la Banque centrale le 17 novembre 2025, entrera en vigueur le 16 février 2026. En tant que document complémentaire important à la « Loi anti-blanchiment d’argent (révision 2024) », il définit pour la première fois, de manière systématique, le champ d’application, les normes d’exécution et la répartition des responsabilités des mesures spéciales de prévention du blanchiment d’argent, via une gestion par liste et un contrôle tout au long du processus. Il renforce ainsi le système de prévention contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, tout en posant des défis sans précédent pour la conformité des institutions financières et des organismes non financiers spécifiques.

Système de “Liste noire” anti-blanchiment clairement établi : trois mécanismes pour une prévention efficace

L’innovation centrale de ce nouveau règlement est la création pour la première fois d’un système de “Liste noire” anti-blanchiment. Cette liste est établie et maintenue conjointement par trois entités à l’échelle nationale, avec un mécanisme 3+1 : le Groupe de direction de la lutte contre le terrorisme, le Ministère des Affaires étrangères, la Banque populaire de Chine, et la Banque centrale en coordination avec d’autres autorités concernées.

Premièrement, le Bureau du Groupe de direction de la lutte contre le terrorisme est le principal canal pour publier la liste des activités terroristes. Les listes d’organisations et de personnes terroristes publiées chaque année se divisent principalement en deux catégories : d’une part, les groupes séparatistes comme le Mouvement islamique du Turkestan oriental et leurs membres ; d’autre part, d’autres organisations terroristes et leurs membres. Parmi celles-ci, les listes de sanctions publiées par le Ministère de la Sécurité publique en mars 2003, avril 2008 et mai 2012, concernant quatre organisations et 25 individus, sont particulièrement sensibles. Ces listes étant considérées comme des informations sensibles, elles ne sont généralement pas accessibles au public. Les institutions et individus concernés doivent suivre les annonces officielles du Bureau du Groupe de direction de la lutte contre le terrorisme.

Deuxièmement, le Ministère des Affaires étrangères joue un rôle particulier dans ce système, en remplissant ses obligations internationales conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Par exemple, la notification publiée le 7 octobre 2025, concernant la mise à jour des listes de personnes sanctionnées par le Comité de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’État islamique et Al-Qaïda, illustre cette coopération. Le ministère publie également des notifications relatives à l’application des résolutions du Conseil de sécurité concernant la Corée (résolutions 1695, 1718, 2397) ou l’Iran (résolution 2402), qui relèvent du champ de la nouvelle réglementation anti-blanchiment.

Enfin, la Banque populaire de Chine, seule ou en coordination avec d’autres autorités, établit ou reconnaît des listes d’organisations et de personnes présentant un risque élevé de blanchiment d’argent ou dont l’absence de mesures pourrait entraîner des conséquences graves. Ces listes se divisent en deux catégories : d’une part, la liste noire internationale, notamment issue du Groupe d’action financière (GAFI), accessible via leur site sous la rubrique “Publications” > “Jurisdictions à haut risque et autres surveillées” ; d’autre part, la liste noire nationale, disponible dans la rubrique “Lutte contre le blanchiment d’argent” du site de la Banque centrale, sous “Alerte de risque et sanctions financières”.

Pour les banques, les établissements de paiement et autres institutions financières, la gestion de ces trois types de listes est devenue une opération courante. Le nouveau règlement précise davantage leur statut juridique et leurs exigences spécifiques.

Comment consulter et réagir face aux listes terroristes du Turkestan oriental et autres

Les institutions financières et les entreprises doivent savoir comment accéder précisément aux listes relatives aux organisations terroristes comme celles du Turkestan oriental. La méthode diffère selon le type de liste.

Pour les listes publiées par le Bureau du Groupe de direction de la lutte contre le terrorisme, il faut suivre les annonces officielles pour mettre à jour régulièrement la base de données interne. Ces listes, comprenant notamment le Mouvement islamique du Turkestan oriental, sont cruciales pour la lutte contre le blanchiment.

Pour celles relatives aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, il faut consulter régulièrement le site de l’ONU pour obtenir les informations les plus récentes, puis croiser ces données avec celles publiées par la Banque centrale pour assurer leur cohérence et exhaustivité.

Concernant la liste maintenue par la Banque centrale, il est nécessaire d’établir un mécanisme de vérification périodique pour que les partenaires restent en “liste blanche”.

La liste noire n’est pas une fin en soi : trois voies de recours possibles

Si une entité est inscrite par erreur ou de manière injustifiée sur une liste noire anti-blanchiment, il existe des voies de recours. L’article 9 du nouveau règlement prévoit des procédures spécifiques, mais leur application diffère selon la liste concernée.

Pour la liste publiée par le Groupe de direction de la lutte contre le terrorisme, la personne concernée peut demander une révision conformément à la « Loi sur la lutte contre le terrorisme » en s’adressant au bureau compétent. Cependant, étant donné la sensibilité de ces listes, notamment celles concernant le Turkestan oriental, la probabilité de succès est très faible, et il est généralement difficile d’obtenir un retrait par des moyens classiques. Pour les listes de sanctions de l’ONU, le retrait dépend des résolutions du Conseil de sécurité, et ne peut être décidé unilatéralement par la Chine.

Pour la liste publiée par le Ministère des Affaires étrangères, la personne peut soumettre une demande de retrait selon la procédure officielle. Là aussi, le taux de réussite est faible, nécessitant des preuves solides de non-participation à des activités terroristes.

Concernant la liste établie par la Banque centrale ou en coordination avec d’autres départements, les recours sont plus favorables. La personne ou l’entité peut demander un réexamen administratif auprès de l’autorité qui a établi la liste, puis, en cas de rejet, saisir le tribunal administratif. Avec l’aide d’un avocat, en rassemblant des preuves objectives, il est possible d’engager une procédure judiciaire pour tenter d’obtenir la suppression des mesures restrictives.

Portée de la nouvelle réglementation : conformité pour tous, des institutions aux individus

Le « Règlement sur la gestion des mesures spéciales de prévention du blanchiment d’argent » constitue une clarification supplémentaire de l’article 40 de la « Loi anti-blanchiment d’argent (révision 2024) ». Cet article stipule que « toute unité ou personne doit, conformément aux exigences des autorités nationales, prendre des mesures spéciales de prévention du blanchiment d’argent pour les personnes ou entités listées ». Cela couvre donc les institutions financières, les organismes non financiers spécifiques, les entreprises et les individus.

Pour les particuliers, il est conseillé de ne pas prêter leur carte d’identité ou leur compte bancaire. Si une autre personne utilise leur identité pour ouvrir un compte ou effectuer des opérations de blanchiment, ils risquent d’être inscrits sur la liste noire, ce qui limitera la gestion de leurs biens légitimes. Bien que l’article 4 insiste sur la protection des droits des tiers de bonne foi, prouver cette bonne foi peut demander beaucoup de temps et d’efforts.

Pour les entreprises, notamment celles impliquées dans le commerce transfrontalier ou les transactions importantes, il est essentiel d’établir un système de vérification des partenaires. Il faut consulter régulièrement les listes publiques, et en cas d’inscription d’un partenaire, suspendre immédiatement toute opération et en informer les autorités. Sinon, l’entreprise pourrait être considérée comme liée à une entité nécessitant des mesures restrictives.

En cas d’inscription sur une liste de restriction, la première démarche recommandée est de consulter un avocat spécialisé, de clarifier la catégorie de la liste, de coopérer avec les autorités, d’éviter toute utilisation ou transfert d’actifs personnels, et de rassembler des preuves de transactions légitimes pour tenter de faire lever la mesure.

Renforcement de la régulation des crypto-monnaies : les actifs numériques ne sont plus hors-la-loi

L’article 29 du nouveau règlement précise que les fonds incluent toutes formes de propriété sous forme électronique ou numérique. Cela signifie que les crypto-monnaies sont désormais intégrées dans le cadre réglementaire anti-blanchiment. Il est dangereux de penser qu’elles peuvent échapper à la surveillance.

Les actifs cryptographiques sont également soumis à des mesures spéciales anti-blanchiment. La détention de crypto-monnaies par un particulier impliqué dans des activités de blanchiment peut entraîner leur gel ou leur confiscation. La crypto-monnaie n’est pas une “barrière” à la criminalité ; au contraire, en raison de leur anonymat et de leur nature transfrontalière, elles sont devenues une cible prioritaire pour la régulation anti-blanchiment.

Nouvelles orientations pour le développement de la conformité à l’avenir

Avec la clarification progressive des mesures spéciales de prévention, le champ d’application des listes noires devient plus précis. La tendance réglementaire future s’oriente vers une surveillance en profondeur et une transparence accrue des transactions.

Les institutions financières doivent rapidement améliorer leurs mécanismes de vérification anti-blanchiment, établir une connexion en temps réel avec la base de données des listes noires, et coopérer activement avec les autorités pour appliquer des mesures spéciales. Les entreprises et les particuliers doivent respecter la législation, faire preuve de prudence dans le choix de leurs partenaires, gérer leurs comptes avec soin, et prévenir toute utilisation frauduleuse de leurs comptes personnels.

Dans un contexte de réglementation en constante évolution, assurer une conformité opérationnelle et une gestion des risques intégrée est essentiel pour garantir la stabilité et la santé du marché, constituant une responsabilité commune de tous les acteurs.

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