Il existe de nombreux pays à monnaie faible dans le monde qui font face à d’importants défis économiques. Leur devise se déprécie continuellement en raison de divers facteurs, allant de l’inflation incontrôlable, aux conflits politiques, à la manque de diversification économique, jusqu’aux sanctions internationales et aux investissements étrangers limités. Dans cet article, nous expliquerons les raisons économiques derrière la dépréciation de ces monnaies et analyserons comment ces événements affectent le système financier mondial.
Première rangée de monnaies avec les taux de change les plus faibles
Monnaie
Pays
Taux de change par USD
Livre libanaise (LBP)
Liban
89 751,22
Rial iranien (IRR)
Iran
42 112,50
Dong vietnamien (VND)
Vietnam
26 040
Kip laotien (LAK)
Laos
21 625,82
Roupie indonésienne (IDR)
Indonésie
16 275
Sum ouzbek (UZS)
Ouzbékistan
12 798,70
Franc guinéen (GNF)
Guinée
8 667,50
Guarani paraguayen (PYG)
Paraguay
7 996,67
Ariary malgache (MGA)
Madagascar
4 467,50
Franc burundais (BIF)
Burundi
2 977,00
Livre libanaise - Quand un pays voit sa monnaie sortir du système financier
Le Liban traverse une crise économique parmi les plus graves de son histoire récente. La livre libanaise (LBP), qui était stable sous un peg avec le dollar américain pendant plusieurs décennies, est devenue la monnaie la plus dépréciée sur le marché mondial depuis 2019. Le pays est plongé dans une inflation à trois chiffres, la pauvreté augmente rapidement, et le système bancaire est en crise.
La situation est devenue si grave que le gouvernement libanais a fait défaut en 2020, la livre ayant perdu 90 % de sa valeur sur le marché parallèle. La crise ne résulte pas uniquement de facteurs économiques, mais aussi d’instabilités politiques prolongées et de tensions géopolitiques. La pandémie de COVID-19 et l’explosion du port de Beyrouth en 2020 ont aggravé la situation. Aujourd’hui, le Liban est un exemple emblématique de pays à monnaie très faible.
Rial iranien - Conséquences des sanctions et des tensions
L’histoire du rial iranien (IRR) remonte au XIXe siècle, lorsque l’Iran était encore connu sous le nom de Perse. La révolution islamique de 1979 a entraîné un changement radical du système économique et politique, faisant de l’Iran un pays à monnaie dévaluée.
Le rial a été fortement affecté par les sanctions économiques internationales imposées à l’Iran, notamment concernant le programme nucléaire, ainsi que par la guerre Iran-Irak (1980-1988). La sortie du marché mondial a réduit l’économie nationale, qui est devenue dépendante des exportations de pétrole. La chute des prix du pétrole a directement endommagé l’économie iranienne. L’instabilité politique et la mauvaise gestion ont également fait grimper l’inflation, faisant du pays un exemple clair de monnaie dévaluée en Asie. Aujourd’hui, le taux de change est d’environ 42 112 rials pour 1 dollar.
Dong vietnamien - Une dépréciation avantageuse
L’histoire du dong vietnamien (VND) est aussi complexe que celle de la politique vietnamienne. Après la fin de la guerre du Vietnam en 1975, le dong est devenu la monnaie nationale du Vietnam. Au début, il a dû lutter contre une forte inflation et des réformes économiques fréquentes. Depuis les années 2000, avec l’ouverture économique du Vietnam, le dong s’est stabilisé.
Ce qui est intéressant, c’est que le dong déprécié a souvent été bénéfique pour l’économie vietnamienne. La faiblesse de la monnaie rend les exportations vietnamiennes plus compétitives à l’étranger, ce qui stimule la croissance. Le Vietnam maintient un régime de flottement contrôlé pour soutenir ses exportations. Bien que cette stratégie puisse poser problème à long terme, elle a permis au Vietnam de devenir un centre de production majeur en Asie.
Kip laotien - Le manque de développement déprécie la monnaie
Le Laos est l’un des pays dont le développement économique est le plus lent en Asie du Sud-Est. Le kip (LAK), en circulation depuis 1952, s’est déprécié en ligne avec la faiblesse de l’économie nationale. Le pays dépend principalement de l’agriculture et de l’exportation de ressources naturelles.
Le risque vient du manque de diversification économique, des faibles investissements étrangers, et d’un secteur industriel peu développé. Après la crise du COVID-19, le kip subit une forte inflation et des défis économiques persistants. Le Laos illustre un pays dont la monnaie doit être réévaluée pour attirer davantage d’investissements étrangers.
Roupie indonésienne - La vulnérabilité d’un marché émergent
L’Indonésie, avec la quatrième population mondiale et la plus grande économie d’Asie du Sud-Est, voit sa monnaie, la rupiah (IDR), rester faible. En tant que marché émergent, la rupiah est sensible aux fluctuations du sentiment des investisseurs mondiaux. Lorsqu’ils recherchent des actifs sûrs, la rupiah peut rapidement se déprécier.
L’Indonésie dépend fortement des exportations de matières premières, ce qui lie directement le taux de change à leurs prix. La banque centrale doit parfois intervenir pour stabiliser la monnaie. Ces facteurs illustrent les défis structurels d’un pays à monnaie faible.
Autres monnaies dans le top 10
Sum ouzbek (UZS)
L’Ouzbékistan, anciennement partie de l’Union soviétique, a adopté le sum après son indépendance en 1991. La forte intervention du gouvernement, le manque de libéralisation économique, et la dépendance aux ressources naturelles ont maintenu la monnaie sous-évaluée. Bien que des réformes aient été lancées dans les années 2010, la dépréciation persiste.
Franc guinéen (GNF)
La Guinée, riche en minéraux, souffre d’instabilités politiques, de corruption et d’un manque d’infrastructures. Le franc guinéen reste faible, reflet des difficultés économiques du pays, qui peine à transformer ses ressources en prospérité.
Guarani paraguayen (PYG)
Le Paraguay, petit et peu intégré dans le marché mondial, dépend fortement de l’exportation de produits agricoles, notamment le soja. La faible diversification économique maintient le guarani à un niveau déprécié, avec des défis structurels persistants.
Ariary malgache (MGA) et franc burundais (BIF)
Madagascar et le Burundi illustrent des pays parmi les plus pauvres du monde, avec des économies dépendantes de subsistance, une inflation élevée, et une instabilité politique chronique. Le MGA et le BIF sont faibles, en lutte pour la survie économique.
Facteurs déterminants du taux de change dans les pays à monnaie faible
Les taux de change ne se forment pas naturellement. Plusieurs facteurs expliquent la faiblesse de ces monnaies :
Taux d’intérêt élevés : attirent les investissements étrangers, augmentant la demande pour la monnaie locale et la valorisant. À l’inverse, des taux faibles n’attirent pas de capitaux étrangers.
Inflation : une inflation faible renforce la monnaie, car le pouvoir d’achat augmente. Une inflation élevée déprécie la monnaie, freinant l’investissement.
Balance des paiements : un déficit commercial indique que le pays importe plus qu’il n’exporte, nécessitant des investissements étrangers, ce qui peut déprécier la monnaie locale.
Instabilité politique et conflits : créent de l’incertitude, dissuadant les investisseurs et réduisant la demande pour la monnaie nationale.
Conclusion
Que ce soit le livre libanais, le rial iranien ou le franc burundais, chaque pays à monnaie faible fait face à des pressions diverses, qu’elles soient économiques, politiques ou liées à la gestion gouvernementale. Comprendre les raisons qui motivent la dépréciation de ces monnaies est essentiel non seulement pour les investisseurs, mais aussi pour saisir les relations entre institutions, politique et finance à l’échelle mondiale. Ces monnaies faibles doivent lutter pour atteindre la stabilité économique et réévaluer leur valeur dans un avenir proche.
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Les 10 monnaies les plus dépréciées en 2025
Il existe de nombreux pays à monnaie faible dans le monde qui font face à d’importants défis économiques. Leur devise se déprécie continuellement en raison de divers facteurs, allant de l’inflation incontrôlable, aux conflits politiques, à la manque de diversification économique, jusqu’aux sanctions internationales et aux investissements étrangers limités. Dans cet article, nous expliquerons les raisons économiques derrière la dépréciation de ces monnaies et analyserons comment ces événements affectent le système financier mondial.
Première rangée de monnaies avec les taux de change les plus faibles
Livre libanaise - Quand un pays voit sa monnaie sortir du système financier
Le Liban traverse une crise économique parmi les plus graves de son histoire récente. La livre libanaise (LBP), qui était stable sous un peg avec le dollar américain pendant plusieurs décennies, est devenue la monnaie la plus dépréciée sur le marché mondial depuis 2019. Le pays est plongé dans une inflation à trois chiffres, la pauvreté augmente rapidement, et le système bancaire est en crise.
La situation est devenue si grave que le gouvernement libanais a fait défaut en 2020, la livre ayant perdu 90 % de sa valeur sur le marché parallèle. La crise ne résulte pas uniquement de facteurs économiques, mais aussi d’instabilités politiques prolongées et de tensions géopolitiques. La pandémie de COVID-19 et l’explosion du port de Beyrouth en 2020 ont aggravé la situation. Aujourd’hui, le Liban est un exemple emblématique de pays à monnaie très faible.
Rial iranien - Conséquences des sanctions et des tensions
L’histoire du rial iranien (IRR) remonte au XIXe siècle, lorsque l’Iran était encore connu sous le nom de Perse. La révolution islamique de 1979 a entraîné un changement radical du système économique et politique, faisant de l’Iran un pays à monnaie dévaluée.
Le rial a été fortement affecté par les sanctions économiques internationales imposées à l’Iran, notamment concernant le programme nucléaire, ainsi que par la guerre Iran-Irak (1980-1988). La sortie du marché mondial a réduit l’économie nationale, qui est devenue dépendante des exportations de pétrole. La chute des prix du pétrole a directement endommagé l’économie iranienne. L’instabilité politique et la mauvaise gestion ont également fait grimper l’inflation, faisant du pays un exemple clair de monnaie dévaluée en Asie. Aujourd’hui, le taux de change est d’environ 42 112 rials pour 1 dollar.
Dong vietnamien - Une dépréciation avantageuse
L’histoire du dong vietnamien (VND) est aussi complexe que celle de la politique vietnamienne. Après la fin de la guerre du Vietnam en 1975, le dong est devenu la monnaie nationale du Vietnam. Au début, il a dû lutter contre une forte inflation et des réformes économiques fréquentes. Depuis les années 2000, avec l’ouverture économique du Vietnam, le dong s’est stabilisé.
Ce qui est intéressant, c’est que le dong déprécié a souvent été bénéfique pour l’économie vietnamienne. La faiblesse de la monnaie rend les exportations vietnamiennes plus compétitives à l’étranger, ce qui stimule la croissance. Le Vietnam maintient un régime de flottement contrôlé pour soutenir ses exportations. Bien que cette stratégie puisse poser problème à long terme, elle a permis au Vietnam de devenir un centre de production majeur en Asie.
Kip laotien - Le manque de développement déprécie la monnaie
Le Laos est l’un des pays dont le développement économique est le plus lent en Asie du Sud-Est. Le kip (LAK), en circulation depuis 1952, s’est déprécié en ligne avec la faiblesse de l’économie nationale. Le pays dépend principalement de l’agriculture et de l’exportation de ressources naturelles.
Le risque vient du manque de diversification économique, des faibles investissements étrangers, et d’un secteur industriel peu développé. Après la crise du COVID-19, le kip subit une forte inflation et des défis économiques persistants. Le Laos illustre un pays dont la monnaie doit être réévaluée pour attirer davantage d’investissements étrangers.
Roupie indonésienne - La vulnérabilité d’un marché émergent
L’Indonésie, avec la quatrième population mondiale et la plus grande économie d’Asie du Sud-Est, voit sa monnaie, la rupiah (IDR), rester faible. En tant que marché émergent, la rupiah est sensible aux fluctuations du sentiment des investisseurs mondiaux. Lorsqu’ils recherchent des actifs sûrs, la rupiah peut rapidement se déprécier.
L’Indonésie dépend fortement des exportations de matières premières, ce qui lie directement le taux de change à leurs prix. La banque centrale doit parfois intervenir pour stabiliser la monnaie. Ces facteurs illustrent les défis structurels d’un pays à monnaie faible.
Autres monnaies dans le top 10
Sum ouzbek (UZS)
L’Ouzbékistan, anciennement partie de l’Union soviétique, a adopté le sum après son indépendance en 1991. La forte intervention du gouvernement, le manque de libéralisation économique, et la dépendance aux ressources naturelles ont maintenu la monnaie sous-évaluée. Bien que des réformes aient été lancées dans les années 2010, la dépréciation persiste.
Franc guinéen (GNF)
La Guinée, riche en minéraux, souffre d’instabilités politiques, de corruption et d’un manque d’infrastructures. Le franc guinéen reste faible, reflet des difficultés économiques du pays, qui peine à transformer ses ressources en prospérité.
Guarani paraguayen (PYG)
Le Paraguay, petit et peu intégré dans le marché mondial, dépend fortement de l’exportation de produits agricoles, notamment le soja. La faible diversification économique maintient le guarani à un niveau déprécié, avec des défis structurels persistants.
Ariary malgache (MGA) et franc burundais (BIF)
Madagascar et le Burundi illustrent des pays parmi les plus pauvres du monde, avec des économies dépendantes de subsistance, une inflation élevée, et une instabilité politique chronique. Le MGA et le BIF sont faibles, en lutte pour la survie économique.
Facteurs déterminants du taux de change dans les pays à monnaie faible
Les taux de change ne se forment pas naturellement. Plusieurs facteurs expliquent la faiblesse de ces monnaies :
Conclusion
Que ce soit le livre libanais, le rial iranien ou le franc burundais, chaque pays à monnaie faible fait face à des pressions diverses, qu’elles soient économiques, politiques ou liées à la gestion gouvernementale. Comprendre les raisons qui motivent la dépréciation de ces monnaies est essentiel non seulement pour les investisseurs, mais aussi pour saisir les relations entre institutions, politique et finance à l’échelle mondiale. Ces monnaies faibles doivent lutter pour atteindre la stabilité économique et réévaluer leur valeur dans un avenir proche.