L’idée est séduisante : gagner 50 millions d’euros par jour grâce au minage de bitcoin. Mais cette somme totale est répartie entre des milliers de mineurs dans le monde entier. La question centrale pour chaque intéressé est : combien puis-je personnellement gagner par jour ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord et dépend de facteurs techniques, économiques et géographiques.
Pour le minage de bitcoin par jour, il ne s’agit pas seulement de puissance de calcul technique, mais d’un système finement équilibré d’incitations, de coûts et de concurrence. Ce guide révèle comment fonctionne réellement le minage et quels revenus journaliers sont réalistes.
Le processus derrière le revenu quotidien du minage de bitcoin
La base du minage de bitcoin est un système de validation décentralisé. Des ordinateurs résolvent des énigmes cryptographiques complexes pour confirmer de nouvelles transactions et ajouter de nouveaux blocs à la blockchain. Sans ce processus, il n’y aurait pas de réseau Bitcoin, pas de sécurité des transactions, pas de décentralisation.
La blockchain fonctionne comme un registre numérique, stocké simultanément sur des milliers d’ordinateurs dans le monde. Chacun de ces ordinateurs (appelé un nœud) détient une copie identique. Pour que ces copies restent synchronisées, un mécanisme de consensus est nécessaire – et c’est précisément ici que joue le rôle central le minage.
Les mineurs collectent des transactions, les regroupent en blocs et sécurisent ces blocs par des calculs mathématiques intensifs. Seul celui qui résout en premier une énigme mathématique peut ajouter le nouveau bloc. En échange, les mineurs qui réussissent reçoivent une récompense – c’est l’incitation économique qui maintient le minage en vie.
Proof of Work : la base technique du revenu du minage
Ce système s’appelle Proof of Work (PoW). Il garantit que personne ne peut manipuler le réseau sans déployer d’énormes ressources financières et énergétiques. L’élégance réside dans l’asymétrie : résoudre l’énigme est extrêmement difficile et coûteux, mais vérifier la solution est trivial.
Le concept mathématique central est le hash – une fonction cryptographique (SHA-256) qui, à partir de données d’entrée quelconques, produit une « empreinte » unique. Les mineurs doivent trouver une valeur spécifique (le nonce) qui, combinée aux données de transaction, génère un hash commençant par un certain nombre de zéros.
Ce n’est pas un jeu de devinettes intelligent. C’est une force brute : des millions de tentatives par seconde. Plus la puissance de calcul disponible est grande, plus vite la solution est trouvée. Le réseau ajuste la difficulté (Mining Difficulty) tous les 2 016 blocs – environ toutes les deux semaines – pour garantir que les nouveaux blocs soient générés en moyenne toutes les 10 minutes.
Avec un nombre croissant de mineurs, la difficulté doit augmenter pour maintenir ce rythme de 10 minutes. En janvier 2025, la puissance totale du réseau avait déjà dépassé 800 exahashes par seconde (EH/s), contre moins de 2 EH/s en 2016, une croissance exponentielle.
Récompenses de bloc : comment les mineurs gagnent-ils des bitcoins chaque jour ?
Lorsqu’un mineur « mine » avec succès un bloc, il reçoit une récompense en deux parties :
1. Bitcoins nouvellement créés : c’est la composante principale. À chaque bloc, de nouveaux bitcoins entrent en circulation.
2. Frais de transaction : en plus, le mineur perçoit tous les frais payés par les utilisateurs pour prioriser leurs transactions.
Le montant de la récompense de bloc suit un schéma programmé : elle est divisée par deux tous les quatre ans lors d’un événement appelé Halving.
Historique du Halving et prochains événements :
Bloc Genesis (3 janvier 2009) : 50 BTC par bloc
Premier Halving (28 novembre 2012, bloc 210 000) : 25 BTC
Deuxième Halving (9 juillet 2016, bloc 420 000) : 12,5 BTC
Troisième Halving (11 mai 2020, bloc 630 000) : 6,25 BTC
Ce processus de réduction est délibéré. Il limite la quantité totale de bitcoins en circulation à 21 millions. C’est un mécanisme de rareté, une protection contre l’inflation.
Cela signifie aussi : plus le temps passe, moins de nouveaux bitcoins sont créés par bloc. Les revenus des mineurs issus des récompenses de bloc diminuent continuellement. Avec la hausse du prix du bitcoin, cela peut rester rentable, mais si le prix stagne ou baisse, le minage devient de plus en plus difficilement rentable.
Calcul pratique : minage de bitcoin par jour en France
Pour comprendre combien on peut gagner chaque jour, il faut faire un calcul précis. Prenons un scénario réaliste pour la France :
Matériel : Antminer S19 Pro
Hashrate : au moins 110 TH/s
Consommation électrique : 3 250 W
Coût d’achat : 2 000–5 000 USD
Prix de l’électricité : 28,27 centimes d’euro par kWh (légèrement inférieur à la moyenne française)
Prix du bitcoin : 100 000 EUR (valeur de référence)
Calcul journalier :
Consommation électrique quotidienne : 3 250 W × 24 h = 78 kWh
C’est une réalité décevante. Avec un seul ASIC haut de gamme, on ne gagne que 0,15 euro par jour en France, après avoir déjà dépensé plus de 2 000 € en matériel. À cela s’ajoutent des coûts pour la refroidissement, la maintenance, l’infrastructure, non inclus ici.
Même si le prix du bitcoin monte à 120 000 €, le gain journalier ne serait que d’environ 0,30 €. À 80 000 €, ce serait une perte.
Pourquoi les pools de minage : le modèle de revenu collectif
Dans ces conditions, un mineur individuel a peu de chances de réussir seul. C’est pourquoi des pools de minage se sont formés – des regroupements de nombreux mineurs qui mettent en commun leur puissance de calcul.
Le principe est simple : plus un pool a de puissance, plus il trouve de blocs fréquemment. La récompense est ensuite répartie proportionnellement à la puissance de calcul apportée par chaque membre.
Exemples de grands pools :
F2Pool : l’un des plus grands, propose des paiements PPS (Pay-Per-Share) avec 2,5 % de frais
Slush Pool : également reconnu, pour ses modèles d’échange équitables
Dans un pool, le mineur reçoit des paiements plus réguliers (quotidiens ou hebdomadaires) plutôt que d’attendre des semaines, mais après déduction des frais du pool. Avec 2,5 % de frais, notre exemple de profit journalier passerait de 0,15 € à environ 0,146 €.
Cloud mining : une alternative, ses chances et ses risques
Une autre option est le cloud mining – louer de la puissance de calcul dans de grands centres, sans acheter ni exploiter de matériel. Cela peut paraître attrayant, mais il faut faire preuve de prudence.
Le processus de gain reste le même : on reçoit une part des blocs trouvés par la puissance louée. Le fournisseur couvre les coûts d’électricité, de refroidissement et de maintenance.
La réalité : les marges sont faibles. Après déduction de tous les coûts, il ne reste souvent que peu ou rien. Il existe aussi un risque accru d’arnaques : de nombreux fournisseurs de cloud mining ont disparu après avoir encaissé des paiements.
Rentabilité du minage : réalités géographiques
La rentabilité quotidienne dépend fortement du prix de l’électricité. La France, avec ses 28+ centimes d’euro par kWh, est peu rentable pour le minage.
À l’inverse, dans d’autres régions, c’est différent :
Koweït : ~0,03 USD/kWh
Venezuela, Ouzbékistan, Soudan : très faibles coûts d’électricité
Islande : géothermie très bon marché
Chine : longtemps le centre du minage (avant régulations)
En Koweït, avec le même matériel et un bitcoin à 100 000 EUR, le calcul serait :
Une différence fondamentale. Avec plusieurs appareils et des coûts d’électricité faibles, le minage peut devenir très rentable dans ces régions. Mais cela nécessite un capital important : plusieurs machines, refroidissement professionnel, gestion du site.
La réalité énergétique du minage de bitcoin
À titre de rappel : un seul bitcoin consomme environ 266 000 kWh d’énergie. C’est la consommation annuelle d’une maison individuelle.
L’ensemble du réseau Bitcoin consomme chaque année entre 100 et 120 TWh, voire jusqu’à 170 TWh selon certaines estimations. Pour comparaison, l’Allemagne consomme environ 450 TWh par an.
Une distinction importante : environ un tiers à 40 % de l’électricité utilisée pour le minage provient de sources renouvelables. Le solaire et l’éolien sont de plus en plus combinés avec des activités de minage, notamment pour répondre à des exigences réglementaires.
Conclusion : la perspective réaliste du minage de bitcoin par jour
Les chiffres impressionnants – 50 millions d’euros par jour – sont exacts, mais trompeurs pour l’individu. Ils concernent des millions de mineurs, de grandes fermes et des pools.
La réponse à « Combien peut-on gagner par jour en minant du bitcoin ? » varie selon la région :
En France : avec du matériel seul, presque rien ou des pertes marginales
Dans les régions à faible coût d’énergie : avec plusieurs appareils et une configuration professionnelle, 20 à 100+ EUR par jour par machine
À grande échelle : le minage devient une activité commerciale, pas un hobby
Le minage de bitcoin est passé du hobby sur ordinateur personnel (2009–2014) à une activité industrialisée. Pour miner de façon rentable aujourd’hui, il faut des compétences, du capital et des avantages géographiques. Sinon, les pools de minage ou le cloud mining (avec prudence) sont de meilleures options – ou il vaut mieux investir directement dans le bitcoin plutôt que de le miner.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Minage de Bitcoin : Combien gagne-t-on réellement par jour ?
L’idée est séduisante : gagner 50 millions d’euros par jour grâce au minage de bitcoin. Mais cette somme totale est répartie entre des milliers de mineurs dans le monde entier. La question centrale pour chaque intéressé est : combien puis-je personnellement gagner par jour ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord et dépend de facteurs techniques, économiques et géographiques.
Pour le minage de bitcoin par jour, il ne s’agit pas seulement de puissance de calcul technique, mais d’un système finement équilibré d’incitations, de coûts et de concurrence. Ce guide révèle comment fonctionne réellement le minage et quels revenus journaliers sont réalistes.
Le processus derrière le revenu quotidien du minage de bitcoin
La base du minage de bitcoin est un système de validation décentralisé. Des ordinateurs résolvent des énigmes cryptographiques complexes pour confirmer de nouvelles transactions et ajouter de nouveaux blocs à la blockchain. Sans ce processus, il n’y aurait pas de réseau Bitcoin, pas de sécurité des transactions, pas de décentralisation.
La blockchain fonctionne comme un registre numérique, stocké simultanément sur des milliers d’ordinateurs dans le monde. Chacun de ces ordinateurs (appelé un nœud) détient une copie identique. Pour que ces copies restent synchronisées, un mécanisme de consensus est nécessaire – et c’est précisément ici que joue le rôle central le minage.
Les mineurs collectent des transactions, les regroupent en blocs et sécurisent ces blocs par des calculs mathématiques intensifs. Seul celui qui résout en premier une énigme mathématique peut ajouter le nouveau bloc. En échange, les mineurs qui réussissent reçoivent une récompense – c’est l’incitation économique qui maintient le minage en vie.
Proof of Work : la base technique du revenu du minage
Ce système s’appelle Proof of Work (PoW). Il garantit que personne ne peut manipuler le réseau sans déployer d’énormes ressources financières et énergétiques. L’élégance réside dans l’asymétrie : résoudre l’énigme est extrêmement difficile et coûteux, mais vérifier la solution est trivial.
Le concept mathématique central est le hash – une fonction cryptographique (SHA-256) qui, à partir de données d’entrée quelconques, produit une « empreinte » unique. Les mineurs doivent trouver une valeur spécifique (le nonce) qui, combinée aux données de transaction, génère un hash commençant par un certain nombre de zéros.
Ce n’est pas un jeu de devinettes intelligent. C’est une force brute : des millions de tentatives par seconde. Plus la puissance de calcul disponible est grande, plus vite la solution est trouvée. Le réseau ajuste la difficulté (Mining Difficulty) tous les 2 016 blocs – environ toutes les deux semaines – pour garantir que les nouveaux blocs soient générés en moyenne toutes les 10 minutes.
Avec un nombre croissant de mineurs, la difficulté doit augmenter pour maintenir ce rythme de 10 minutes. En janvier 2025, la puissance totale du réseau avait déjà dépassé 800 exahashes par seconde (EH/s), contre moins de 2 EH/s en 2016, une croissance exponentielle.
Récompenses de bloc : comment les mineurs gagnent-ils des bitcoins chaque jour ?
Lorsqu’un mineur « mine » avec succès un bloc, il reçoit une récompense en deux parties :
1. Bitcoins nouvellement créés : c’est la composante principale. À chaque bloc, de nouveaux bitcoins entrent en circulation.
2. Frais de transaction : en plus, le mineur perçoit tous les frais payés par les utilisateurs pour prioriser leurs transactions.
Le montant de la récompense de bloc suit un schéma programmé : elle est divisée par deux tous les quatre ans lors d’un événement appelé Halving.
Historique du Halving et prochains événements :
Ce processus de réduction est délibéré. Il limite la quantité totale de bitcoins en circulation à 21 millions. C’est un mécanisme de rareté, une protection contre l’inflation.
Cela signifie aussi : plus le temps passe, moins de nouveaux bitcoins sont créés par bloc. Les revenus des mineurs issus des récompenses de bloc diminuent continuellement. Avec la hausse du prix du bitcoin, cela peut rester rentable, mais si le prix stagne ou baisse, le minage devient de plus en plus difficilement rentable.
Calcul pratique : minage de bitcoin par jour en France
Pour comprendre combien on peut gagner chaque jour, il faut faire un calcul précis. Prenons un scénario réaliste pour la France :
Matériel : Antminer S19 Pro
Prix de l’électricité : 28,27 centimes d’euro par kWh (légèrement inférieur à la moyenne française) Prix du bitcoin : 100 000 EUR (valeur de référence)
Calcul journalier :
C’est une réalité décevante. Avec un seul ASIC haut de gamme, on ne gagne que 0,15 euro par jour en France, après avoir déjà dépensé plus de 2 000 € en matériel. À cela s’ajoutent des coûts pour la refroidissement, la maintenance, l’infrastructure, non inclus ici.
Même si le prix du bitcoin monte à 120 000 €, le gain journalier ne serait que d’environ 0,30 €. À 80 000 €, ce serait une perte.
Pourquoi les pools de minage : le modèle de revenu collectif
Dans ces conditions, un mineur individuel a peu de chances de réussir seul. C’est pourquoi des pools de minage se sont formés – des regroupements de nombreux mineurs qui mettent en commun leur puissance de calcul.
Le principe est simple : plus un pool a de puissance, plus il trouve de blocs fréquemment. La récompense est ensuite répartie proportionnellement à la puissance de calcul apportée par chaque membre.
Exemples de grands pools :
Dans un pool, le mineur reçoit des paiements plus réguliers (quotidiens ou hebdomadaires) plutôt que d’attendre des semaines, mais après déduction des frais du pool. Avec 2,5 % de frais, notre exemple de profit journalier passerait de 0,15 € à environ 0,146 €.
Cloud mining : une alternative, ses chances et ses risques
Une autre option est le cloud mining – louer de la puissance de calcul dans de grands centres, sans acheter ni exploiter de matériel. Cela peut paraître attrayant, mais il faut faire preuve de prudence.
Le processus de gain reste le même : on reçoit une part des blocs trouvés par la puissance louée. Le fournisseur couvre les coûts d’électricité, de refroidissement et de maintenance.
La réalité : les marges sont faibles. Après déduction de tous les coûts, il ne reste souvent que peu ou rien. Il existe aussi un risque accru d’arnaques : de nombreux fournisseurs de cloud mining ont disparu après avoir encaissé des paiements.
Rentabilité du minage : réalités géographiques
La rentabilité quotidienne dépend fortement du prix de l’électricité. La France, avec ses 28+ centimes d’euro par kWh, est peu rentable pour le minage.
À l’inverse, dans d’autres régions, c’est différent :
En Koweït, avec le même matériel et un bitcoin à 100 000 EUR, le calcul serait :
Une différence fondamentale. Avec plusieurs appareils et des coûts d’électricité faibles, le minage peut devenir très rentable dans ces régions. Mais cela nécessite un capital important : plusieurs machines, refroidissement professionnel, gestion du site.
La réalité énergétique du minage de bitcoin
À titre de rappel : un seul bitcoin consomme environ 266 000 kWh d’énergie. C’est la consommation annuelle d’une maison individuelle.
L’ensemble du réseau Bitcoin consomme chaque année entre 100 et 120 TWh, voire jusqu’à 170 TWh selon certaines estimations. Pour comparaison, l’Allemagne consomme environ 450 TWh par an.
Une distinction importante : environ un tiers à 40 % de l’électricité utilisée pour le minage provient de sources renouvelables. Le solaire et l’éolien sont de plus en plus combinés avec des activités de minage, notamment pour répondre à des exigences réglementaires.
Conclusion : la perspective réaliste du minage de bitcoin par jour
Les chiffres impressionnants – 50 millions d’euros par jour – sont exacts, mais trompeurs pour l’individu. Ils concernent des millions de mineurs, de grandes fermes et des pools.
La réponse à « Combien peut-on gagner par jour en minant du bitcoin ? » varie selon la région :
Le minage de bitcoin est passé du hobby sur ordinateur personnel (2009–2014) à une activité industrialisée. Pour miner de façon rentable aujourd’hui, il faut des compétences, du capital et des avantages géographiques. Sinon, les pools de minage ou le cloud mining (avec prudence) sont de meilleures options – ou il vaut mieux investir directement dans le bitcoin plutôt que de le miner.