L’industrie manufacturière mondiale de 2025 ne suit pas le scénario « conflit commercial = récession industrielle ». JPMorgan a décomposé la résilience de cette année en plusieurs pistes : la production industrielle mondiale (IP) a rebondi après la stagnation de 2022-2024, et lors des phases de tensions commerciales les plus intenses, le secteur des biens a même surpassé les services.
Selon des sources de Chase, Joseph Lupton, de l’équipe de recherche économique mondiale de JPMorgan, indique dans un rapport du 24 que la performance industrielle de 2025 « brise la relation historique étroite avec le PIB ». C’est la principale explication de cette « anomalie » : pourquoi la croissance ne s’effondre pas, pourquoi les stocks ne s’effondrent pas, et ce n’est pas seulement grâce à la technologie.
Ils attribuent cette situation à trois variables : d’abord, la demande est principalement soutenue par les dépenses en capital (notamment l’investissement en équipements), ensuite, la vague d’IA a effectivement stimulé la production technologique, mais surtout, le secteur non technologique est repassé en croissance positive après deux années de contraction, enfin, les stocks, qui étaient un « poids » sont devenus « plus maigres », laissant de la marge pour la croissance future.
En regardant vers l’avenir, le rapport n’est pas trop radical : dans un contexte où la demande finale reste stable, les stocks faibles et la demande pourrait continuer à se diffuser, la production industrielle mondiale pourrait encore croître de 2 à 3 % en taux annuel dans les prochains mois. Mais le risque est aussi « bilatéral » — un retour à un rythme plus soutenu de la technologie, ou une stagnation du marché du travail limitant la consommation, pourraient faire retomber la croissance ; les changements juridiques liés aux droits de douane sont considérés comme peu susceptibles de modifier la ligne directrice du « conflit commercial » américain.
Le taux de 2,4 % en 2025 ne s’est pas réalisé d’un seul coup : un premier trimestre très fort, mais pas de « gueule de bois » ensuite
Le rapport donne une référence chiffrée pour 2025 : une croissance de 2,4 % en glissement annuel selon le calcul 4Q/4Q. Sur cette base, 1,6 point de pourcentage s’est concentré entre février et mars, ce qui équivaut à une croissance annualisée de 9,4 %, et le rapport relie cette accélération à l’inquiétude concernant les conflits commerciaux mondiaux, qui aurait provoqué une production et des achats anticipés.
Ce qui est encore plus remarquable, c’est que JPMorgan anticipait que cette « stimulation courte » entraînerait un ralentissement dans la seconde moitié de 2025, mais le résultat a été inverse : la croissance a effectivement ralenti, mais s’est maintenue à 1,7 % en taux annualisé. Le rapport explique que cette partie « qui n’a pas chuté » est en partie due à un changement dans le rythme des stocks — la baisse des stocks s’est progressivement ralentie en 2025, ce qui a soutenu la production.
L’IA est évidente, mais 2025 ressemble davantage à une « reprise hors technologie » : de -0,8 % à +1,2 %
Le secteur technologique reste très fort. Selon le rapport, en excluant la Chine, la production technologique mondiale en 2025 progresse de 9,1 % en glissement annuel, contre 4,7 % en 2024, soutenue par l’engouement pour l’IA et les investissements des hyperscalers (clouds massifs).
Mais le rapport insiste : après plusieurs années de force, la technologie seule ne peut expliquer la transition de 2025, passant du « ralentissement 2022-2024 » à une « nouvelle accélération ». La variable clé est le retour à une croissance positive du secteur non technologique — hors Chine, la production non technologique mondiale en 2025 affiche +1,2 %, contre -0,8 % les deux années précédentes. Ce n’est pas une lecture de forte conjoncture, mais ce changement de direction suffit à redéfinir la question de l’expansion du cycle industriel.
Les marchés développés ne doivent pas leur reprise aux voitures : après un rebond au premier trimestre, ils stagnent, avec une structure plus proche d’une « réparation multi-sectorielle »
Au niveau régional, le rapport considère que la reprise de la fabrication dans les économies avancées (DM) est une ligne directrice pour 2025 : après une contraction de 1,4 % en 2024, la croissance en 2025 serait de +1,4 %. Les améliorations les plus marquantes concernent les États-Unis et la zone euro : en deux ans jusqu’au 4Q 2024, la production manufacturière a reculé à un taux annualisé de -0,9 % pour les États-Unis et -2,9 % pour la zone euro ; en 2025, ils réalisent respectivement +1,7 % et +1,8 %.
Le rapport ne nie pas que la croissance soit concentrée au premier trimestre, puis se stabilise, mais insiste aussi : les inquiétudes du marché sur un « décalage avant correction » ne se sont pas concrétisées.
Au niveau sectoriel, l’automobile n’est pas le moteur de cette réparation. Le rapport mentionne que dans les marchés avancés, la performance automobile est plutôt stagnante, et que les États-Unis restent faibles dans ce secteur (liée aux impacts du conflit commercial). Mais la reprise est plus large que « technologie + pharma » : en dehors de la tech et de la pharma, l’aéronautique et la mécanique s’améliorent aussi ; dans la zone euro, les industries mécaniques et automobiles, qui étaient faibles en 2024, rebondissent. Selon le rapport, sur 20 grandes catégories d’IP manufacturière, 14 s’améliorent en 2025 par rapport à 2024 aux États-Unis, et 9 sur 11 en zone euro.
Les marchés émergents : pas en retard, mais « forte concentration en Asie = technologie forte », et cette force est inégale
Le rapport adopte une vision plus « différenciée » pour les marchés émergents (EM) : la production de biens EM affiche encore +3,8 % en glissement annuel (contre +4,6 % en 2024), principalement portée par l’Asie, dont la vigueur est fortement concentrée dans la tech.
Parmi les économies listées, Singapour (+25 %) se distingue par une forte croissance de la production technologique, qui occupe une part plus importante dans la fabrication ; elle a aussi été affectée par la production pharmaceutique anticipée en fin d’année. À l’inverse, dans les régions où la croissance technologique est plus faible et où la part du non technologique est plus grande, 2025 n’est pas « brillante » : la production manufacturière en Corée et en Thaïlande, selon le calcul 4Q/4Q, est même en contraction, ce que le rapport relie aux effets du conflit commercial.
La demande en capital : l’investissement en équipements soutient le non technologique, mais la structure reste floue
Le rapport considère que la « demande finale en hausse » constitue la base de la reprise industrielle, avec en tête l’investissement en capital (capex). En 2025, l’investissement mondial en équipements progresse de 6,5 % en glissement annuel au troisième trimestre, soit la croissance la plus rapide depuis trois ans ; leur indicateur de capex actuel montre environ 4,4 % en taux annualisé pour le dernier trimestre, avec un rythme mensuel d’environ 6 %.
Un point souvent oublié : cette hausse de l’investissement en équipements ne se limite pas aux États-Unis. Selon leur suivi, en excluant la Chine et les États-Unis, la croissance de l’investissement en équipements au premier trimestre 2025 s’élève à 5,9 %, contre 3,6 % en 2024.
Mais le rapport reconnaît aussi que la visibilité est limitée : la reprise du secteur non technologique pourrait venir davantage d’un capex hors États-Unis ou d’un changement dans les stocks de biens non technologiques, difficile à distinguer avec précision. Au moins aux États-Unis, la croissance du capex en 2025 est principalement tirée par la tech, les autres catégories étant plus dispersées ; toutefois, à la fin de l’année, les commandes et expéditions de biens durables montrent déjà des signes d’un « détechnologisation » plus marqué, perçue comme un signal précoce d’une diffusion de la demande.
Les stocks, qui étaient un « poids » deviennent « plus maigres » : le risque à la hausse vient d’ici
Les stocks sont un « moteur » récurrent dans le rapport. Au début de 2025, la demande finale (notamment le capex) a fortement rebondi, dépassant parfois la production, ce qui a ralenti la croissance des stocks ; puis la production a rapidement rattrapé, et à mi-année, la contribution des stocks à la croissance manufacturière est devenue légèrement positive. Le rapport estime qu’à la fin de 2025, le poids des stocks en tant que frein est en grande partie éliminé, voire que leur niveau est plutôt « lean ».
C’est aussi une des raisons pour lesquelles ils adoptent une vision « bilatérale » des risques futurs : si la demande se maintient à son niveau actuel, des stocks faibles pourraient obliger à des reconstitutions supplémentaires, créant ainsi une marge de croissance au-delà de la simple demande.
Les changements juridiques liés aux droits de douane ont peu d’impact : la ligne du « conflit commercial » demeure
Le rapport évoque la récente décision de la Cour suprême américaine d’annuler la taxe douanière IEEPA, ce qui semble favorable, mais la conclusion de JPMorgan est : cela ressemble davantage à une contrainte sur l’arsenal politique, plutôt qu’à un changement de position commerciale. En effet, le gouvernement a ensuite annoncé une taxe de 15 % sous la section 122, avec plusieurs exemptions, ce qui limite l’impact sur le taux effectif de taxation et ne devrait pas perturber la confiance commerciale en cours de reprise.
Les prochains mois : une fenêtre de croissance annualisée de 2-3 %, avec deux risques « liés à la technologie et à l’emploi »
Dans un contexte de « stocks faibles + demande finale soutenue + diffusion potentielle de la demande », le rapport prévoit que la production industrielle mondiale pourrait continuer à croître de 2 à 3 % en taux annuel dans les prochains mois.
Mais il identifie aussi deux risques à la baisse : d’une part, un ralentissement plus durable de la croissance technologique, et d’autre part, une stagnation du marché du travail qui pourrait freiner la demande de consommation et de biens de consommation. La ligne de base du rapport suppose que la prudence des entreprises s’atténuera, que l’embauche repartira, et que la consommation pourra alors prendre le relais dans une expansion plus « revenu-dépendante » ; si cette étape ne se produit pas, la structure « industrie plus forte que services » en 2025 pourrait à nouveau se réduire.
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Une reprise étrange de l'industrie mondiale en 2025
L’industrie manufacturière mondiale de 2025 ne suit pas le scénario « conflit commercial = récession industrielle ». JPMorgan a décomposé la résilience de cette année en plusieurs pistes : la production industrielle mondiale (IP) a rebondi après la stagnation de 2022-2024, et lors des phases de tensions commerciales les plus intenses, le secteur des biens a même surpassé les services.
Selon des sources de Chase, Joseph Lupton, de l’équipe de recherche économique mondiale de JPMorgan, indique dans un rapport du 24 que la performance industrielle de 2025 « brise la relation historique étroite avec le PIB ». C’est la principale explication de cette « anomalie » : pourquoi la croissance ne s’effondre pas, pourquoi les stocks ne s’effondrent pas, et ce n’est pas seulement grâce à la technologie.
Ils attribuent cette situation à trois variables : d’abord, la demande est principalement soutenue par les dépenses en capital (notamment l’investissement en équipements), ensuite, la vague d’IA a effectivement stimulé la production technologique, mais surtout, le secteur non technologique est repassé en croissance positive après deux années de contraction, enfin, les stocks, qui étaient un « poids » sont devenus « plus maigres », laissant de la marge pour la croissance future.
En regardant vers l’avenir, le rapport n’est pas trop radical : dans un contexte où la demande finale reste stable, les stocks faibles et la demande pourrait continuer à se diffuser, la production industrielle mondiale pourrait encore croître de 2 à 3 % en taux annuel dans les prochains mois. Mais le risque est aussi « bilatéral » — un retour à un rythme plus soutenu de la technologie, ou une stagnation du marché du travail limitant la consommation, pourraient faire retomber la croissance ; les changements juridiques liés aux droits de douane sont considérés comme peu susceptibles de modifier la ligne directrice du « conflit commercial » américain.
Le taux de 2,4 % en 2025 ne s’est pas réalisé d’un seul coup : un premier trimestre très fort, mais pas de « gueule de bois » ensuite
Le rapport donne une référence chiffrée pour 2025 : une croissance de 2,4 % en glissement annuel selon le calcul 4Q/4Q. Sur cette base, 1,6 point de pourcentage s’est concentré entre février et mars, ce qui équivaut à une croissance annualisée de 9,4 %, et le rapport relie cette accélération à l’inquiétude concernant les conflits commerciaux mondiaux, qui aurait provoqué une production et des achats anticipés.
Ce qui est encore plus remarquable, c’est que JPMorgan anticipait que cette « stimulation courte » entraînerait un ralentissement dans la seconde moitié de 2025, mais le résultat a été inverse : la croissance a effectivement ralenti, mais s’est maintenue à 1,7 % en taux annualisé. Le rapport explique que cette partie « qui n’a pas chuté » est en partie due à un changement dans le rythme des stocks — la baisse des stocks s’est progressivement ralentie en 2025, ce qui a soutenu la production.
L’IA est évidente, mais 2025 ressemble davantage à une « reprise hors technologie » : de -0,8 % à +1,2 %
Le secteur technologique reste très fort. Selon le rapport, en excluant la Chine, la production technologique mondiale en 2025 progresse de 9,1 % en glissement annuel, contre 4,7 % en 2024, soutenue par l’engouement pour l’IA et les investissements des hyperscalers (clouds massifs).
Mais le rapport insiste : après plusieurs années de force, la technologie seule ne peut expliquer la transition de 2025, passant du « ralentissement 2022-2024 » à une « nouvelle accélération ». La variable clé est le retour à une croissance positive du secteur non technologique — hors Chine, la production non technologique mondiale en 2025 affiche +1,2 %, contre -0,8 % les deux années précédentes. Ce n’est pas une lecture de forte conjoncture, mais ce changement de direction suffit à redéfinir la question de l’expansion du cycle industriel.
Les marchés développés ne doivent pas leur reprise aux voitures : après un rebond au premier trimestre, ils stagnent, avec une structure plus proche d’une « réparation multi-sectorielle »
Au niveau régional, le rapport considère que la reprise de la fabrication dans les économies avancées (DM) est une ligne directrice pour 2025 : après une contraction de 1,4 % en 2024, la croissance en 2025 serait de +1,4 %. Les améliorations les plus marquantes concernent les États-Unis et la zone euro : en deux ans jusqu’au 4Q 2024, la production manufacturière a reculé à un taux annualisé de -0,9 % pour les États-Unis et -2,9 % pour la zone euro ; en 2025, ils réalisent respectivement +1,7 % et +1,8 %.
Le rapport ne nie pas que la croissance soit concentrée au premier trimestre, puis se stabilise, mais insiste aussi : les inquiétudes du marché sur un « décalage avant correction » ne se sont pas concrétisées.
Au niveau sectoriel, l’automobile n’est pas le moteur de cette réparation. Le rapport mentionne que dans les marchés avancés, la performance automobile est plutôt stagnante, et que les États-Unis restent faibles dans ce secteur (liée aux impacts du conflit commercial). Mais la reprise est plus large que « technologie + pharma » : en dehors de la tech et de la pharma, l’aéronautique et la mécanique s’améliorent aussi ; dans la zone euro, les industries mécaniques et automobiles, qui étaient faibles en 2024, rebondissent. Selon le rapport, sur 20 grandes catégories d’IP manufacturière, 14 s’améliorent en 2025 par rapport à 2024 aux États-Unis, et 9 sur 11 en zone euro.
Les marchés émergents : pas en retard, mais « forte concentration en Asie = technologie forte », et cette force est inégale
Le rapport adopte une vision plus « différenciée » pour les marchés émergents (EM) : la production de biens EM affiche encore +3,8 % en glissement annuel (contre +4,6 % en 2024), principalement portée par l’Asie, dont la vigueur est fortement concentrée dans la tech.
Parmi les économies listées, Singapour (+25 %) se distingue par une forte croissance de la production technologique, qui occupe une part plus importante dans la fabrication ; elle a aussi été affectée par la production pharmaceutique anticipée en fin d’année. À l’inverse, dans les régions où la croissance technologique est plus faible et où la part du non technologique est plus grande, 2025 n’est pas « brillante » : la production manufacturière en Corée et en Thaïlande, selon le calcul 4Q/4Q, est même en contraction, ce que le rapport relie aux effets du conflit commercial.
La demande en capital : l’investissement en équipements soutient le non technologique, mais la structure reste floue
Le rapport considère que la « demande finale en hausse » constitue la base de la reprise industrielle, avec en tête l’investissement en capital (capex). En 2025, l’investissement mondial en équipements progresse de 6,5 % en glissement annuel au troisième trimestre, soit la croissance la plus rapide depuis trois ans ; leur indicateur de capex actuel montre environ 4,4 % en taux annualisé pour le dernier trimestre, avec un rythme mensuel d’environ 6 %.
Un point souvent oublié : cette hausse de l’investissement en équipements ne se limite pas aux États-Unis. Selon leur suivi, en excluant la Chine et les États-Unis, la croissance de l’investissement en équipements au premier trimestre 2025 s’élève à 5,9 %, contre 3,6 % en 2024.
Mais le rapport reconnaît aussi que la visibilité est limitée : la reprise du secteur non technologique pourrait venir davantage d’un capex hors États-Unis ou d’un changement dans les stocks de biens non technologiques, difficile à distinguer avec précision. Au moins aux États-Unis, la croissance du capex en 2025 est principalement tirée par la tech, les autres catégories étant plus dispersées ; toutefois, à la fin de l’année, les commandes et expéditions de biens durables montrent déjà des signes d’un « détechnologisation » plus marqué, perçue comme un signal précoce d’une diffusion de la demande.
Les stocks, qui étaient un « poids » deviennent « plus maigres » : le risque à la hausse vient d’ici
Les stocks sont un « moteur » récurrent dans le rapport. Au début de 2025, la demande finale (notamment le capex) a fortement rebondi, dépassant parfois la production, ce qui a ralenti la croissance des stocks ; puis la production a rapidement rattrapé, et à mi-année, la contribution des stocks à la croissance manufacturière est devenue légèrement positive. Le rapport estime qu’à la fin de 2025, le poids des stocks en tant que frein est en grande partie éliminé, voire que leur niveau est plutôt « lean ».
C’est aussi une des raisons pour lesquelles ils adoptent une vision « bilatérale » des risques futurs : si la demande se maintient à son niveau actuel, des stocks faibles pourraient obliger à des reconstitutions supplémentaires, créant ainsi une marge de croissance au-delà de la simple demande.
Les changements juridiques liés aux droits de douane ont peu d’impact : la ligne du « conflit commercial » demeure
Le rapport évoque la récente décision de la Cour suprême américaine d’annuler la taxe douanière IEEPA, ce qui semble favorable, mais la conclusion de JPMorgan est : cela ressemble davantage à une contrainte sur l’arsenal politique, plutôt qu’à un changement de position commerciale. En effet, le gouvernement a ensuite annoncé une taxe de 15 % sous la section 122, avec plusieurs exemptions, ce qui limite l’impact sur le taux effectif de taxation et ne devrait pas perturber la confiance commerciale en cours de reprise.
Les prochains mois : une fenêtre de croissance annualisée de 2-3 %, avec deux risques « liés à la technologie et à l’emploi »
Dans un contexte de « stocks faibles + demande finale soutenue + diffusion potentielle de la demande », le rapport prévoit que la production industrielle mondiale pourrait continuer à croître de 2 à 3 % en taux annuel dans les prochains mois.
Mais il identifie aussi deux risques à la baisse : d’une part, un ralentissement plus durable de la croissance technologique, et d’autre part, une stagnation du marché du travail qui pourrait freiner la demande de consommation et de biens de consommation. La ligne de base du rapport suppose que la prudence des entreprises s’atténuera, que l’embauche repartira, et que la consommation pourra alors prendre le relais dans une expansion plus « revenu-dépendante » ; si cette étape ne se produit pas, la structure « industrie plus forte que services » en 2025 pourrait à nouveau se réduire.