Amortissement (Depreciation) en anglais : Guide pour les entrepreneurs

Dans le domaine de la comptabilité et de la finance, le terme depreciation (amortissement) est un concept fondamental que tous les dirigeants et investisseurs doivent comprendre. La plupart des entreprises possèdent de nombreux actifs immobilisés, tels que des équipements, des véhicules ou des bâtiments. Ces actifs voient leur valeur diminuer avec le temps, et la comptabilisation de l’amortissement est la méthode systématique pour refléter cette perte de valeur. Comprendre l’amortissement ne vous aide pas seulement à mieux lire les états financiers, mais influence également la prise de décision fiscale et la planification financière de l’entreprise.

Qu’est-ce que l’amortissement ? Définition comptable

L’amortissement désigne la répartition du coût d’un actif immobilisé sur sa durée d’utilisation. Chaque année, l’entreprise enregistre une charge d’amortissement dans le compte de résultat, représentant la perte de valeur de l’actif cette année-là.

Il est important de distinguer deux significations principales de l’amortissement : d’une part, la valeur de l’actif qui diminue naturellement avec le temps, comme une voiture achetée à 100 000 € qui perd de la valeur après deux ans d’usage ; d’autre part, la comptabilisation de cette dépréciation, qui consiste à répartir le coût initial sur la durée estimée d’utilisation. Par exemple, si une voiture est censée durer 5 ans, son coût sera amorti sur ces 5 années.

Le calcul de l’amortissement n’est pas arbitraire, mais repose sur des estimations de la durée de vie utile de l’actif. En général, une voiture a une durée de vie d’environ 5 ans, un ordinateur 3-5 ans, un bâtiment 30-50 ans, et une machine selon sa nature. Ces chiffres comportent une part de conjecture, mais une conjecture raisonnable.

Pourquoi l’amortissement est-il important pour l’analyse de l’EBIT et de l’EBITDA ?

Les investisseurs et analystes financiers utilisent souvent deux indicateurs : EBIT (résultat avant intérêts et impôts) et EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciations) pour comparer la performance des entreprises. La différence principale réside dans la prise en compte de l’amortissement.

EBIT (Earnings Before Interest and Taxes) est calculé en soustrayant les coûts, y compris l’amortissement, du chiffre d’affaires. Lorsqu’une entreprise possède beaucoup d’actifs immobilisés, ses charges d’amortissement sont importantes, ce qui peut faire apparaître un EBIT plus faible comparé à une entreprise avec peu d’actifs.

EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) revient à ajouter l’amortissement à l’EBIT, ce qui reflète la capacité de l’entreprise à générer des bénéfices avant la dépréciation des actifs. Il donne une image plus claire de la performance opérationnelle de base, indépendamment des politiques d’investissement.

Par exemple, deux entreprises, A et B, ont un chiffre d’affaires de 1 million d’euros, avec des coûts additionnels de 200 000 €. L’entreprise A possède beaucoup d’actifs amortissables, avec une charge d’amortissement de 100 000 € par an, tandis que B en a peu, avec 20 000 €. L’EBIT de A sera inférieur à celui de B, mais leurs EBITDA seront proches. C’est pourquoi certains investisseurs préfèrent utiliser l’EBITDA pour comparer la performance opérationnelle.

Quels actifs peuvent faire l’objet d’un amortissement ?

Tous les actifs ne peuvent pas être amortis selon la législation fiscale. La réglementation impose quatre conditions pour qu’un actif soit amortissable :

  1. L’actif doit appartenir à l’entreprise, acheté ou acquis par tout moyen.
  2. Il doit être utilisé dans le cadre de l’activité générant des revenus : machines de production, véhicules de transport, bâtiments loués, etc.
  3. La durée d’utilisation doit pouvoir être estimée de façon raisonnable, pas pour des actifs sans durée de vie définie.
  4. La durée d’utilisation doit dépasser un an ; les actifs dont la durée est inférieure ou égale à un an ne peuvent pas être amortis.

Les actifs amortissables incluent : véhicules (voitures, camions), machines industrielles, bureaux, mobilier, ordinateurs et équipements IT, outils de production, et même certains actifs incorporels comme brevets, licences ou parts de contrats, qui relèvent de l’amortissement (amortissement intangible).

À l’inverse, certains actifs ne peuvent pas faire l’objet d’un amortissement : terrains (qui ne se déprécient pas), collections (œuvres d’art, pièces rares), investissements financiers (actions, obligations), biens personnels (voitures personnelles, résidence principale), ou tout actif dont la durée d’utilisation est inférieure à un an.

Quatre principales méthodes de calcul de l’amortissement

L’entreprise peut choisir parmi plusieurs méthodes pour calculer l’amortissement, chacune ayant ses particularités.

1. La méthode linéaire (Straight-line)

C’est la méthode la plus simple et la plus couramment utilisée. Elle consiste à répartir uniformément le coût de l’actif sur sa durée de vie. Par exemple, pour un équipement acheté 100 000 € et amorti sur 5 ans, l’amortissement annuel sera de 20 000 € (100 000 ÷ 5).

Avantages : simplicité de calcul, constance des charges chaque année, facilité de planification.
Inconvénients : ne reflète pas forcément la dépréciation réelle, qui peut être plus importante en début de vie, ni l’augmentation des coûts d’entretien avec l’âge.

2. La méthode de l’amortissement dégressif (Double-declining balance)

Elle accélère l’amortissement en chargeant davantage en début de vie. Par exemple, avec un taux de 20 % (100 % ÷ 5 ans), la méthode dégressive double ce taux à 40 %. L’amortissement est calculé sur la valeur comptable résiduelle chaque année.

Avantages : meilleure représentation de la dépréciation réelle pour certains actifs, avantage fiscal en début d’année.
Inconvénients : calcul plus complexe, moins intuitif, moins adapté à certains actifs.

3. La méthode dégressive (Declining balance)

Similaire à la précédente, mais avec un taux choisi librement, par exemple 1,5 fois le taux linéaire. Elle offre une flexibilité pour ajuster l’amortissement selon la nature de l’actif.

4. La méthode par unités de production (Units of production)

Elle ne tient pas compte du temps, mais de l’usage réel. L’amortissement dépend du nombre d’unités produites ou d’heures d’utilisation. Par exemple, si une machine est estimée produire 1 million d’unités pour un coût de 100 000 €, l’amortissement par unité sera de 0,10 €.

Avantages : très réaliste pour certains actifs liés à la production.
Inconvénients : nécessite un suivi précis de l’utilisation, et des estimations fiables du volume total.

La différence entre amortissement et amortissement intangible

Outre l’amortissement, la comptabilité utilise aussi le terme amortization (amortissement intangible), qui est similaire mais distincte.

L’amortissement concerne la répartition du coût d’actifs incorporels ou de dettes sur leur durée d’utilisation. Par exemple, l’achat d’un logiciel à 60 000 € avec une durée d’utilisation estimée de 6 ans entraînera un amortissement annuel de 10 000 €. Pour un prêt, l’amortissement correspond au remboursement du capital, incluant intérêts.

La différence principale est que l’amortissement s’applique aux actifs tangibles (bâtiments, machines, véhicules), tandis que l’amortissement (ou dépréciation) concerne les actifs incorporels (brevets, marques, logiciels) ou les dettes.

Une autre distinction : l’amortissement peut utiliser plusieurs méthodes, alors que l’amortissement intangible privilégie souvent la méthode linéaire, car ces actifs ne se déprécient pas par l’usage comme les actifs physiques.

Les deux concepts sont essentiels pour le calcul de l’EBIT, et tous deux sont ajoutés de nouveau dans le calcul de l’EBITDA.

Application de l’amortissement dans la prise de décision

Le choix de la méthode d’amortissement n’est pas anodin : il a des implications fiscales, comptables et stratégiques.

Pour réduire la charge fiscale en début d’année lors d’investissements importants, la méthode dégressive est souvent privilégiée. Pour une présentation financière stable et simple, la méthode linéaire est préférée.

Les petites entreprises, avec des systèmes comptables limités, optent souvent pour la méthode linéaire. Les grandes entreprises, avec des besoins précis, peuvent recourir à la méthode par unités de production pour mieux refléter l’usage réel.

Lors de la comparaison entre sociétés, il est important de vérifier la méthode d’amortissement utilisée, car cela influence le résultat net et l’EBIT. L’utilisation de l’EBITDA permet d’atténuer ces différences pour une comparaison plus équitable.

Résumé : amortissement, amortissement intangible et gestion des actifs

L’amortissement est un outil comptable clé pour évaluer la valeur des actifs immobilisés de façon systématique. Choisir la bonne méthode d’amortissement permet d’optimiser la fiscalité, la gestion budgétaire et la présentation financière.

Comprendre la différence entre amortissement (pour les actifs tangibles) et amortissement intangible (pour les actifs incorporels) facilite la lecture des états financiers, l’analyse de l’EBIT et de l’EBITDA, et permet une prise de décision éclairée en matière d’investissement et de planification financière.

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