L’analyse des tendances du marché américain peut sembler complexe, mais en maîtrisant le bon cadre d’analyse, tout investisseur ordinaire peut y déceler des opportunités. Les mouvements du marché ne sont pas aléatoires : ils sont pilotés par la rentabilité des entreprises, l’environnement de liquidité, les signaux techniques et l’état d’esprit du marché. Pour juger précisément de la tendance, il faut apprendre à observer le même marché sous différents angles, comme utiliser des rayons X, l’infrarouge ou l’œil nu pour inspecter une maison : chaque dimension révèle des secrets différents.
Comprendre rapidement la tendance du marché américain : la nature du marché à travers les cycles haussiers et baissiers
Beaucoup de débutants, lorsqu’ils découvrent le marché américain, sont confus face aux concepts de « marché haussier » et « marché baissier ». En réalité, c’est simple : un marché haussier correspond à une période de hausse continue, soutenue généralement par des fondamentaux économiques solides ; un marché baissier est une tendance à la baisse, souvent liée à des anticipations ou des réalités de récession.
La croissance à long terme du marché américain s’explique par la création continue de valeur par les entreprises américaines. Au cours des dix dernières années, les trois principaux indices américains ont largement surpassé les autres marchés mondiaux. Voici quelques chiffres : le NASDAQ Composite affiche un rendement cumulé de 361,68 %, le S&P 500 de 228,89 %, et le Dow Jones de 169,89 %. En comparaison, le Nikkei 225 n’affiche que 158,46 %, le FTSE 100 57,76 %, et l’indice Hang Seng chute à 19,17 %.
Pourquoi le marché américain est-il si performant ? Une raison clé est que la Bourse de New York et le NASDAQ regroupent les plus grandes entreprises mondiales. Outre les géants technologiques locaux, elles attirent aussi des sociétés de classe mondiale comme Nestlé, Sony ou BHP. Cela fait du marché américain un centre névralgique du capital mondial, dont les mouvements influencent les marchés du monde entier.
À court terme, la tendance du marché américain n’est pas seulement influencée par la rentabilité des entreprises, mais aussi par la liquidité. Une phrase de la Fed peut souvent faire plus bouger le marché qu’un rapport trimestriel. C’est pourquoi une maxime de Wall Street dit : « Ne jamais se battre contre la Fed. »
Décomposer la tendance par secteur : 11 secteurs et leurs opportunités d’investissement
Le S&P 500 se divise en 11 secteurs principaux, chacun ayant une sensibilité différente au cycle économique, ce qui détermine leur performance à différentes périodes. Savoir analyser le marché américain par secteur revient à maîtriser la moitié de la clé de l’investissement.
Technologies — actions de croissance à forte volatilité
Les actions technologiques sont le secteur le plus lourd du S&P 500 et aussi celui qui attire le plus l’attention des investisseurs. Ces entreprises sont dites « d’horizon long » : leur croissance des bénéfices prend souvent plusieurs années à se concrétiser, ce qui justifie une prime de valorisation importante. Cependant, cette caractéristique rend aussi les actions technologiques très sensibles aux taux d’intérêt. Lorsqu’une hausse des taux par la Fed réduit l’attractivité des bénéfices futurs, ces actions en pâtissent en premier.
Par exemple, en 2022, après une hausse agressive des taux, le fonds ARK Innovation, symbole de la « nouvelle économie », a chuté de plus de 50 %. Cela montre que, malgré une tendance haussière à long terme, la volatilité à court terme peut faire sortir les investisseurs.
Banques — indicateurs avancés de l’économie
Les banques sont très sensibles au cycle économique. Le meilleur moment pour investir dans la finance est lors de la reprise après une récession, car le risque de créances douteuses est alors faible et l’écart de taux commence à s’élargir. À l’inverse, le pire moment pour acheter des banques est juste avant ou pendant une récession, quand les prêts non performants augmentent.
Parmi les acteurs clés : JPMorgan, Citigroup, Morgan Stanley.
Consommation discrétionnaire — indicateur de l’état de l’économie
Ce secteur comprend la vente au détail, la restauration, le tourisme, l’automobile, etc. Il est souvent le premier à souffrir en période de récession. Mais il existe une nuance : des entreprises comme McDonald’s, qui produisent des biens de consommation courante à prix abordable, résistent mieux, car en période difficile, les consommateurs se tournent vers des options moins chères. Il faut donc analyser chaque entreprise en détail, plutôt que de juger globalement.
Santé — bouclier défensif
Indispensable en toute circonstance, le secteur de la santé est considéré comme une valeur refuge. Lors des paniques, les flux vers la santé augmentent ; lors des marchés optimistes, l’argent se déplace vers la tech ou d’autres secteurs à forte croissance. La régulation des prix des médicaments est un risque principal. Parmi les entreprises représentatives : Merck, Lilly, Pfizer.
Le regard historique : les trois grands moteurs de la hausse et de la baisse du marché américain
Si l’analyse sectorielle est une coupe transversale, l’analyse historique est une plongée dans le temps. L’histoire du marché américain sur plus d’un siècle montre que chaque grande hausse ou baisse suit un scénario récurrent.
Les trois moteurs de la hausse
Premier moteur : les bénéfices des entreprises et la confiance du marché. En 2018-2019, la réforme fiscale américaine a permis aux grandes entreprises du S&P 500 d’augmenter leurs profits de plus de 25 %, posant les bases du marché haussier. Mais ce n’est pas seulement la rentabilité qui compte. En 2020-2021, pendant la pandémie, beaucoup d’entreprises ont vu leurs bénéfices fluctuer, mais la Fed a maintenu des taux proches de zéro et lancé des mesures de relance massives. La confiance des investisseurs a alors fait exploser le PER du S&P 500, passant de 18 à plus de 24, ce qui correspond à une « expansion des valorisations ».
Deuxième moteur : une liquidité abondante. La plus longue période de marché haussier s’est déroulée entre 2009 et 2015, avec trois rounds de quantitative easing injectant plus de 3,5 trillions de dollars. Malgré une croissance modérée, le marché a connu une hausse spectaculaire. En 2020, la Fed a encore élargi son bilan de 3 trillions en deux mois, provoquant un rebond en V.
Troisième moteur : l’innovation technologique et l’espoir d’un avenir meilleur. La bulle Internet de 1995-2000, où moins de 20 % de la population utilisait Internet, a permis au Nasdaq de multiplier par plus de 5 ses valeurs, simplement sur la foi dans le futur. Aujourd’hui, la vague d’IA est similaire : de nombreuses entreprises liées à l’IA n’ont pas encore de bénéfices, mais leurs valorisations s’envolent, alimentant une prime d’évaluation.
Les trois grands facteurs de la baisse
Premier facteur : les inquiétudes liées à une récession. Le marché anticipe généralement la récession de 6 à 9 mois. En octobre 2007, le marché atteignait un sommet historique, alors que les indicateurs économiques n’étaient pas encore mauvais. Quand la récession est confirmée, c’est le « double coup » : les bénéfices des entreprises diminuent, et le PER se contracte, entraînant une chute brutale. La crise financière de 2008 en est un exemple : le bénéfice du S&P 500 a chuté de 40 %, et le PER est passé de 17 à 10.
Deuxième facteur : l’éclatement de la bulle de valorisation. En 2000, lors de la bulle Internet, le PER du Nasdaq dépassait 100. Deux ans plus tard, l’indice a chuté de plus de 65 %. Ce phénomène est accentué lors des cycles de hausse des taux, car la hausse des coûts de financement pèse sur les valeurs à forte croissance.
Troisième facteur : le resserrement de la liquidité. En fin 2018, la Fed a augmenté ses taux et réduit son bilan, provoquant une chute de 15 % du S&P 500 en trois mois. L’expérience montre que lorsque la vitesse de hausse des taux dépasse les attentes du marché, la volatilité s’accroît.
Analyse fondamentale : rapports financiers, bénéfices et politiques pour comprendre la dynamique du marché américain
Après avoir compris la logique historique, il faut apprendre à analyser le contexte actuel. L’analyse fondamentale est une loupe pour voir la vérité des entreprises et de l’économie.
Rapports financiers : ne se limitent pas aux chiffres
Les données comptables sont importantes, mais il faut aussi comprendre l’histoire qu’elles racontent. Surveiller la croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices, puis les comparer aux attentes du marché et aux concurrents. En 2023, lors de la saison des résultats, les géants de la tech ont vu leurs actions grimper grâce à des revenus cloud supérieurs aux prévisions ; à l’inverse, les détaillants traditionnels ont souffert de la hausse des coûts, ce qui a freiné leurs profits.
Attention cependant : les prévisions des dirigeants ont souvent plus d’impact que les résultats actuels. Même si une entreprise a respecté ses bénéfices, si la direction indique des perspectives faibles pour le trimestre ou l’année suivante, le marché peut corriger. Les investisseurs intelligents écoutent donc attentivement les réponses des dirigeants lors des questions des analystes pour jauger leur résilience face aux défis.
En période de taux élevés, la stabilité des flux de trésorerie libres et la solidité de la structure d’endettement sont cruciales. En phase de reprise, l’attention se porte sur la façon dont les entreprises allouent leurs capitaux pour soutenir la croissance.
Bénéfices et valorisation : un équilibre essentiel
La croissance des bénéfices reste le moteur principal du marché, mais le prix que les investisseurs sont prêts à payer (PER) est tout aussi déterminant. Il faut comparer le PER moyen du S&P 500 actuel à celui de périodes similaires passées. Sur le long terme, le prix suit la croissance des bénéfices, mais prévoir la tendance à court terme à partir du PER seul est peu fiable.
Par exemple, en 2022, la majorité du temps, le PER du marché américain était élevé, jusqu’à ce que la Fed augmente fortement ses taux, ramenant le PER à sa moyenne historique.
Politique de la Fed : la main invisible du marché
« Ne pas se battre contre la Fed » est une maxime bien connue. Comprendre pourquoi est essentiel. Quand la Fed baisse les taux ou « imprime » de la monnaie, le marché monte souvent ; à l’inverse, la hausse des taux ou le resserrement monétaire provoque des baisses. En 2022, la politique agressive de hausse des taux et de réduction du bilan a clairement pesé sur la performance boursière.
La liquidité est le canal principal par lequel la politique de la Fed influence le marché. Une liquidité abondante pousse les prix à la hausse, une liquidité resserrée provoque des ventes. Lorsqu’elle dépasse les attentes, la volatilité s’intensifie.
La lecture technique : maîtriser les indicateurs pour anticiper la tendance
Si l’analyse fondamentale regarde la valeur intrinsèque, l’analyse technique s’intéresse à la psychologie du marché. Apprendre à utiliser les outils techniques permet d’optimiser ses entrées et sorties.
Croisements de moyennes mobiles : signaux de direction
Les moyennes mobiles sont comme le « coût moyen » du prix d’une action. Lorsqu’une moyenne courte (ex. 20 jours) croise à la hausse une moyenne longue (ex. 50 jours), c’est un « croisement doré » annonciateur d’une hausse. À l’inverse, un croisement baissier (« death cross ») indique une tendance à la baisse.
Exemples : Tesla en juillet 2024 a formé un golden cross, avec +100 % en cinq mois. Netflix, entre fin 2021 et début 2022, a vu ses moyennes 20, 50, 200 jours se croiser à la baisse, entraînant une chute de plus de 70 %.
Attention : ces indicateurs sont en retard et peuvent échouer en tendance très forte.
RSI : indicateur de surachat / survente
Le RSI (Relative Strength Index) mesure si une action est surachetée (>70) ou survendue (<30). Par exemple, Apple en mars 2024 a eu un RSI inférieur à 30, puis a rebondi fortement, gagnant plus de 40 % en un an. C’est un signal efficace en tendance normale.
Mais en tendance très forte, comme Nvidia en 2024, le RSI peut rester en zone haute sans que la hausse ne s’arrête, ce qui limite sa fiabilité.
Volume : confirmation des ruptures
Une règle d’or : « Lorsqu’un prix casse une résistance ou un support, le volume doit confirmer. » Par exemple, Nvidia en mai 2023 a dépassé un sommet avec un volume 79 % supérieur à la moyenne, validant la cassure. À l’inverse, Amazon en septembre 2022 a tenté une cassure sans volume, ce qui indique une faiblesse du mouvement.
Le volume, c’est le carburant du mouvement : sans lui, une cassure peut être fausse.
Formations graphiques : la visualisation du sentiment
Les figures comme l’épaule-tête-épaule, le tasse-ventre, le drapeau ou le triangle ascendant aident à anticiper la direction. Par exemple, Meta a formé une tête-épaule en 2021-2022, dont la rupture du support a entraîné une chute de 25 %. Microsoft, entre 2022 et 2023, a construit un « tasse-ventre » avec une baisse de 32 %, puis une reprise de 45 % après cassure.
Attention : ces figures doivent être confirmées par d’autres indicateurs pour éviter les faux signaux.
L’état d’esprit du marché : le rôle du VIX et des indicateurs de peur
Enfin, la psychologie du marché influence fortement la tendance. Même si les fondamentaux et la technique sont favorables, une peur extrême ou une euphorie peuvent inverser la tendance.
VIX : l’indicateur de la peur
Le VIX, ou « indice de volatilité », est le baromètre de la peur sur Wall Street. Il reflète la prévision de volatilité sur 30 jours. Un VIX élevé indique une peur généralisée, un VIX faible une relative sérénité.
Indice de peur et de cupidité de CNN
Cet indice combine plusieurs facteurs : dynamique des prix, ratio options put/call, prime de risque des obligations junk, largeur du marché. Un score élevé indique la cupidité, un risque accru ; un score extrême traduit la peur, souvent au fond du marché, comme en octobre 2022.
Sentiment des analystes : Investors Intelligence
Ce rapport synthétise l’opinion de plus de 100 analystes et conseillers. Lorsqu’ils sont tous optimistes ou pessimistes, c’est souvent un signe de retournement imminent. La règle d’or : quand tout le monde pense pareil, il faut se méfier.
Limites des indicateurs de sentiment : en raison de la tendance haussière de long terme, ces indicateurs sont surtout utiles à court terme. Lorsqu’ils atteignent des extrêmes, leur lecture est particulièrement pertinente.
Conseils pratiques : combiner les quatre dimensions
Une analyse efficace du marché américain ne repose pas sur un seul angle, mais sur l’intégration de l’analyse sectorielle, historique, fondamentale et technique. Un bon investisseur renforcera ses décisions en fonction des phases économiques.
En période de déclin, privilégier les secteurs défensifs et les valorisations ; lorsque les signaux techniques sont clairs, les suivre avec modération ; face à une extrême euphorie ou panique, adopter une attitude contrariante peut offrir des opportunités.
Maîtriser ces quatre dimensions vous donne la base pour comprendre la tendance du marché américain. Ainsi, face aux fluctuations, vous pourrez analyser sereinement la logique derrière, plutôt que de suivre aveuglément.
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Analyse du mouvement du marché boursier américain : quatre perspectives pour saisir précisément les opportunités du marché
L’analyse des tendances du marché américain peut sembler complexe, mais en maîtrisant le bon cadre d’analyse, tout investisseur ordinaire peut y déceler des opportunités. Les mouvements du marché ne sont pas aléatoires : ils sont pilotés par la rentabilité des entreprises, l’environnement de liquidité, les signaux techniques et l’état d’esprit du marché. Pour juger précisément de la tendance, il faut apprendre à observer le même marché sous différents angles, comme utiliser des rayons X, l’infrarouge ou l’œil nu pour inspecter une maison : chaque dimension révèle des secrets différents.
Comprendre rapidement la tendance du marché américain : la nature du marché à travers les cycles haussiers et baissiers
Beaucoup de débutants, lorsqu’ils découvrent le marché américain, sont confus face aux concepts de « marché haussier » et « marché baissier ». En réalité, c’est simple : un marché haussier correspond à une période de hausse continue, soutenue généralement par des fondamentaux économiques solides ; un marché baissier est une tendance à la baisse, souvent liée à des anticipations ou des réalités de récession.
La croissance à long terme du marché américain s’explique par la création continue de valeur par les entreprises américaines. Au cours des dix dernières années, les trois principaux indices américains ont largement surpassé les autres marchés mondiaux. Voici quelques chiffres : le NASDAQ Composite affiche un rendement cumulé de 361,68 %, le S&P 500 de 228,89 %, et le Dow Jones de 169,89 %. En comparaison, le Nikkei 225 n’affiche que 158,46 %, le FTSE 100 57,76 %, et l’indice Hang Seng chute à 19,17 %.
Pourquoi le marché américain est-il si performant ? Une raison clé est que la Bourse de New York et le NASDAQ regroupent les plus grandes entreprises mondiales. Outre les géants technologiques locaux, elles attirent aussi des sociétés de classe mondiale comme Nestlé, Sony ou BHP. Cela fait du marché américain un centre névralgique du capital mondial, dont les mouvements influencent les marchés du monde entier.
À court terme, la tendance du marché américain n’est pas seulement influencée par la rentabilité des entreprises, mais aussi par la liquidité. Une phrase de la Fed peut souvent faire plus bouger le marché qu’un rapport trimestriel. C’est pourquoi une maxime de Wall Street dit : « Ne jamais se battre contre la Fed. »
Décomposer la tendance par secteur : 11 secteurs et leurs opportunités d’investissement
Le S&P 500 se divise en 11 secteurs principaux, chacun ayant une sensibilité différente au cycle économique, ce qui détermine leur performance à différentes périodes. Savoir analyser le marché américain par secteur revient à maîtriser la moitié de la clé de l’investissement.
Technologies — actions de croissance à forte volatilité
Les actions technologiques sont le secteur le plus lourd du S&P 500 et aussi celui qui attire le plus l’attention des investisseurs. Ces entreprises sont dites « d’horizon long » : leur croissance des bénéfices prend souvent plusieurs années à se concrétiser, ce qui justifie une prime de valorisation importante. Cependant, cette caractéristique rend aussi les actions technologiques très sensibles aux taux d’intérêt. Lorsqu’une hausse des taux par la Fed réduit l’attractivité des bénéfices futurs, ces actions en pâtissent en premier.
Par exemple, en 2022, après une hausse agressive des taux, le fonds ARK Innovation, symbole de la « nouvelle économie », a chuté de plus de 50 %. Cela montre que, malgré une tendance haussière à long terme, la volatilité à court terme peut faire sortir les investisseurs.
Banques — indicateurs avancés de l’économie
Les banques sont très sensibles au cycle économique. Le meilleur moment pour investir dans la finance est lors de la reprise après une récession, car le risque de créances douteuses est alors faible et l’écart de taux commence à s’élargir. À l’inverse, le pire moment pour acheter des banques est juste avant ou pendant une récession, quand les prêts non performants augmentent.
Parmi les acteurs clés : JPMorgan, Citigroup, Morgan Stanley.
Consommation discrétionnaire — indicateur de l’état de l’économie
Ce secteur comprend la vente au détail, la restauration, le tourisme, l’automobile, etc. Il est souvent le premier à souffrir en période de récession. Mais il existe une nuance : des entreprises comme McDonald’s, qui produisent des biens de consommation courante à prix abordable, résistent mieux, car en période difficile, les consommateurs se tournent vers des options moins chères. Il faut donc analyser chaque entreprise en détail, plutôt que de juger globalement.
Santé — bouclier défensif
Indispensable en toute circonstance, le secteur de la santé est considéré comme une valeur refuge. Lors des paniques, les flux vers la santé augmentent ; lors des marchés optimistes, l’argent se déplace vers la tech ou d’autres secteurs à forte croissance. La régulation des prix des médicaments est un risque principal. Parmi les entreprises représentatives : Merck, Lilly, Pfizer.
Le regard historique : les trois grands moteurs de la hausse et de la baisse du marché américain
Si l’analyse sectorielle est une coupe transversale, l’analyse historique est une plongée dans le temps. L’histoire du marché américain sur plus d’un siècle montre que chaque grande hausse ou baisse suit un scénario récurrent.
Les trois moteurs de la hausse
Premier moteur : les bénéfices des entreprises et la confiance du marché. En 2018-2019, la réforme fiscale américaine a permis aux grandes entreprises du S&P 500 d’augmenter leurs profits de plus de 25 %, posant les bases du marché haussier. Mais ce n’est pas seulement la rentabilité qui compte. En 2020-2021, pendant la pandémie, beaucoup d’entreprises ont vu leurs bénéfices fluctuer, mais la Fed a maintenu des taux proches de zéro et lancé des mesures de relance massives. La confiance des investisseurs a alors fait exploser le PER du S&P 500, passant de 18 à plus de 24, ce qui correspond à une « expansion des valorisations ».
Deuxième moteur : une liquidité abondante. La plus longue période de marché haussier s’est déroulée entre 2009 et 2015, avec trois rounds de quantitative easing injectant plus de 3,5 trillions de dollars. Malgré une croissance modérée, le marché a connu une hausse spectaculaire. En 2020, la Fed a encore élargi son bilan de 3 trillions en deux mois, provoquant un rebond en V.
Troisième moteur : l’innovation technologique et l’espoir d’un avenir meilleur. La bulle Internet de 1995-2000, où moins de 20 % de la population utilisait Internet, a permis au Nasdaq de multiplier par plus de 5 ses valeurs, simplement sur la foi dans le futur. Aujourd’hui, la vague d’IA est similaire : de nombreuses entreprises liées à l’IA n’ont pas encore de bénéfices, mais leurs valorisations s’envolent, alimentant une prime d’évaluation.
Les trois grands facteurs de la baisse
Premier facteur : les inquiétudes liées à une récession. Le marché anticipe généralement la récession de 6 à 9 mois. En octobre 2007, le marché atteignait un sommet historique, alors que les indicateurs économiques n’étaient pas encore mauvais. Quand la récession est confirmée, c’est le « double coup » : les bénéfices des entreprises diminuent, et le PER se contracte, entraînant une chute brutale. La crise financière de 2008 en est un exemple : le bénéfice du S&P 500 a chuté de 40 %, et le PER est passé de 17 à 10.
Deuxième facteur : l’éclatement de la bulle de valorisation. En 2000, lors de la bulle Internet, le PER du Nasdaq dépassait 100. Deux ans plus tard, l’indice a chuté de plus de 65 %. Ce phénomène est accentué lors des cycles de hausse des taux, car la hausse des coûts de financement pèse sur les valeurs à forte croissance.
Troisième facteur : le resserrement de la liquidité. En fin 2018, la Fed a augmenté ses taux et réduit son bilan, provoquant une chute de 15 % du S&P 500 en trois mois. L’expérience montre que lorsque la vitesse de hausse des taux dépasse les attentes du marché, la volatilité s’accroît.
Analyse fondamentale : rapports financiers, bénéfices et politiques pour comprendre la dynamique du marché américain
Après avoir compris la logique historique, il faut apprendre à analyser le contexte actuel. L’analyse fondamentale est une loupe pour voir la vérité des entreprises et de l’économie.
Rapports financiers : ne se limitent pas aux chiffres
Les données comptables sont importantes, mais il faut aussi comprendre l’histoire qu’elles racontent. Surveiller la croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices, puis les comparer aux attentes du marché et aux concurrents. En 2023, lors de la saison des résultats, les géants de la tech ont vu leurs actions grimper grâce à des revenus cloud supérieurs aux prévisions ; à l’inverse, les détaillants traditionnels ont souffert de la hausse des coûts, ce qui a freiné leurs profits.
Attention cependant : les prévisions des dirigeants ont souvent plus d’impact que les résultats actuels. Même si une entreprise a respecté ses bénéfices, si la direction indique des perspectives faibles pour le trimestre ou l’année suivante, le marché peut corriger. Les investisseurs intelligents écoutent donc attentivement les réponses des dirigeants lors des questions des analystes pour jauger leur résilience face aux défis.
En période de taux élevés, la stabilité des flux de trésorerie libres et la solidité de la structure d’endettement sont cruciales. En phase de reprise, l’attention se porte sur la façon dont les entreprises allouent leurs capitaux pour soutenir la croissance.
Bénéfices et valorisation : un équilibre essentiel
La croissance des bénéfices reste le moteur principal du marché, mais le prix que les investisseurs sont prêts à payer (PER) est tout aussi déterminant. Il faut comparer le PER moyen du S&P 500 actuel à celui de périodes similaires passées. Sur le long terme, le prix suit la croissance des bénéfices, mais prévoir la tendance à court terme à partir du PER seul est peu fiable.
Par exemple, en 2022, la majorité du temps, le PER du marché américain était élevé, jusqu’à ce que la Fed augmente fortement ses taux, ramenant le PER à sa moyenne historique.
Politique de la Fed : la main invisible du marché
« Ne pas se battre contre la Fed » est une maxime bien connue. Comprendre pourquoi est essentiel. Quand la Fed baisse les taux ou « imprime » de la monnaie, le marché monte souvent ; à l’inverse, la hausse des taux ou le resserrement monétaire provoque des baisses. En 2022, la politique agressive de hausse des taux et de réduction du bilan a clairement pesé sur la performance boursière.
La liquidité est le canal principal par lequel la politique de la Fed influence le marché. Une liquidité abondante pousse les prix à la hausse, une liquidité resserrée provoque des ventes. Lorsqu’elle dépasse les attentes, la volatilité s’intensifie.
La lecture technique : maîtriser les indicateurs pour anticiper la tendance
Si l’analyse fondamentale regarde la valeur intrinsèque, l’analyse technique s’intéresse à la psychologie du marché. Apprendre à utiliser les outils techniques permet d’optimiser ses entrées et sorties.
Croisements de moyennes mobiles : signaux de direction
Les moyennes mobiles sont comme le « coût moyen » du prix d’une action. Lorsqu’une moyenne courte (ex. 20 jours) croise à la hausse une moyenne longue (ex. 50 jours), c’est un « croisement doré » annonciateur d’une hausse. À l’inverse, un croisement baissier (« death cross ») indique une tendance à la baisse.
Exemples : Tesla en juillet 2024 a formé un golden cross, avec +100 % en cinq mois. Netflix, entre fin 2021 et début 2022, a vu ses moyennes 20, 50, 200 jours se croiser à la baisse, entraînant une chute de plus de 70 %.
Attention : ces indicateurs sont en retard et peuvent échouer en tendance très forte.
RSI : indicateur de surachat / survente
Le RSI (Relative Strength Index) mesure si une action est surachetée (>70) ou survendue (<30). Par exemple, Apple en mars 2024 a eu un RSI inférieur à 30, puis a rebondi fortement, gagnant plus de 40 % en un an. C’est un signal efficace en tendance normale.
Mais en tendance très forte, comme Nvidia en 2024, le RSI peut rester en zone haute sans que la hausse ne s’arrête, ce qui limite sa fiabilité.
Volume : confirmation des ruptures
Une règle d’or : « Lorsqu’un prix casse une résistance ou un support, le volume doit confirmer. » Par exemple, Nvidia en mai 2023 a dépassé un sommet avec un volume 79 % supérieur à la moyenne, validant la cassure. À l’inverse, Amazon en septembre 2022 a tenté une cassure sans volume, ce qui indique une faiblesse du mouvement.
Le volume, c’est le carburant du mouvement : sans lui, une cassure peut être fausse.
Formations graphiques : la visualisation du sentiment
Les figures comme l’épaule-tête-épaule, le tasse-ventre, le drapeau ou le triangle ascendant aident à anticiper la direction. Par exemple, Meta a formé une tête-épaule en 2021-2022, dont la rupture du support a entraîné une chute de 25 %. Microsoft, entre 2022 et 2023, a construit un « tasse-ventre » avec une baisse de 32 %, puis une reprise de 45 % après cassure.
Attention : ces figures doivent être confirmées par d’autres indicateurs pour éviter les faux signaux.
L’état d’esprit du marché : le rôle du VIX et des indicateurs de peur
Enfin, la psychologie du marché influence fortement la tendance. Même si les fondamentaux et la technique sont favorables, une peur extrême ou une euphorie peuvent inverser la tendance.
VIX : l’indicateur de la peur
Le VIX, ou « indice de volatilité », est le baromètre de la peur sur Wall Street. Il reflète la prévision de volatilité sur 30 jours. Un VIX élevé indique une peur généralisée, un VIX faible une relative sérénité.
Indice de peur et de cupidité de CNN
Cet indice combine plusieurs facteurs : dynamique des prix, ratio options put/call, prime de risque des obligations junk, largeur du marché. Un score élevé indique la cupidité, un risque accru ; un score extrême traduit la peur, souvent au fond du marché, comme en octobre 2022.
Sentiment des analystes : Investors Intelligence
Ce rapport synthétise l’opinion de plus de 100 analystes et conseillers. Lorsqu’ils sont tous optimistes ou pessimistes, c’est souvent un signe de retournement imminent. La règle d’or : quand tout le monde pense pareil, il faut se méfier.
D’autres outils : NAAIM, CBOE put/call ratio, sondages AAII.
Limites des indicateurs de sentiment : en raison de la tendance haussière de long terme, ces indicateurs sont surtout utiles à court terme. Lorsqu’ils atteignent des extrêmes, leur lecture est particulièrement pertinente.
Conseils pratiques : combiner les quatre dimensions
Une analyse efficace du marché américain ne repose pas sur un seul angle, mais sur l’intégration de l’analyse sectorielle, historique, fondamentale et technique. Un bon investisseur renforcera ses décisions en fonction des phases économiques.
En période de déclin, privilégier les secteurs défensifs et les valorisations ; lorsque les signaux techniques sont clairs, les suivre avec modération ; face à une extrême euphorie ou panique, adopter une attitude contrariante peut offrir des opportunités.
Maîtriser ces quatre dimensions vous donne la base pour comprendre la tendance du marché américain. Ainsi, face aux fluctuations, vous pourrez analyser sereinement la logique derrière, plutôt que de suivre aveuglément.