En 2026, la tendance du yen continue de peser sur les marchés financiers mondiaux. Depuis sa chute en dessous du seuil clé de 159 fin 2022, jusqu’à sa fluctuation en février à des niveaux élevés, les investisseurs se demandent : le yen va-t-il encore continuer à baisser ? Derrière cette « crise du yen », quels sont les facteurs qui la propulsent ? Cet article analysera en profondeur les principaux moteurs de la tendance du yen et offrira des conseils pratiques aux investisseurs taiwanais.
Pourquoi le yen continue-t-il de se déprécier ? Analyse des cinq facteurs clés
La faiblesse du yen au cours de la dernière année n’est pas le fruit du hasard. En examinant de près ses causes, on constate au moins cinq facteurs structurels qui agissent simultanément :
Premier, l’« étau mortel » de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon
C’est le moteur le plus direct. Bien que la Banque du Japon ait lancé un cycle de hausse des taux en 2025, l’ampleur de cette hausse est bien inférieure aux attentes du marché. En décembre dernier, la BCE a porté ses taux à 0,75 %, toujours bien en dessous du corridor de 5,25 % à 5,5 % de la Fed. Ce différentiel massif incite à l’arbitrage : les investisseurs empruntent du yen à faible coût pour investir en dollars à rendement élevé, exerçant une pression continue à la vente du yen. Tant que cet écart de taux persiste, le yen aura du mal à se renforcer.
Deuxième, les inquiétudes liées à l’expansion budgétaire du Japon
Depuis la nomination de Fumio Kishida en octobre 2025, le gouvernement a poursuivi la politique économique « Abe » en lançant d’importants plans de relance fiscale. Si cela stimule la croissance à court terme, à long terme, l’augmentation de la dette publique et du déficit suscite des inquiétudes quant à la soutenabilité des finances japonaises. Ces craintes sont intégrées dans le taux de change, contribuant à affaiblir le yen.
Troisième, un environnement mondial favorable à l’arbitrage en raison de la préférence pour le risque
Dans un contexte de stabilité économique mondiale et de marchés boursiers performants, les investisseurs ont tendance à emprunter des devises à faible taux pour faire de l’arbitrage. Le yen, en tant que « devise refuge à faible taux », est souvent choisi comme outil de financement. Tant que le sentiment de risque global ne s’inverse pas, le yen sera facilement vendu.
Quatrième, la faiblesse des fondamentaux économiques japonais
La consommation intérieure faible, la croissance du PIB modérée, et l’inflation importée qui fait grimper les prix indiquent que la Banque du Japon doit faire preuve de prudence dans sa politique de hausse des taux. Même en relevant ses taux, elle ne peut que le faire modestement. La BOJ ne souhaite pas freiner la reprise fragile de l’économie par une politique trop restrictive, ce qui donne une impression d’« une banque centrale peu hawkish » sur le marché.
Cinquième, la solidité du dollar américain
L’économie américaine reste relativement robuste, renforcée par la politique de dollar fort de l’administration Trump (tarifs douaniers, etc.) et par une inflation persistante. La Fed a laissé entendre qu’elle pourrait ralentir le cycle de baisse des taux. Dans ce contexte, l’attractivité du dollar continue de croître, exerçant une pression naturelle à la dépréciation du yen.
Le tournant de la politique de la Banque du Japon : un moment clé
Pour comprendre la tendance du yen, il faut revenir sur les grands changements de la politique monétaire japonaise :
Le tournant historique de mars 2024
La Banque du Japon a mis fin à sa politique de taux négatifs, en relevant son taux directeur de -0,1 % à 0-0,1 %. C’est la première hausse depuis 2007, marquant la fin d’une ère. Cependant, la réaction du marché est inattendue : le yen ne s’est pas renforcé, mais a continué de se déprécier face à l’écart de taux accru, montrant que la simple hausse des taux ne suffit pas à inverser la tendance longue du yen.
L’impact inattendu de juillet 2024
En juillet, la BOJ a annoncé une hausse de 15 points de base à 0,25 %, dépassant les attentes du marché (10 points). Sur le court terme, le yen a progressé pendant quatre jours, mais cela a déclenché une réaction en chaîne : la fermeture massive de positions d’arbitrage en yen, provoquant une forte turbulence sur les marchés financiers mondiaux. L’indice Nikkei a chuté de 12,4 % le 5 août, dans ce qui est appelé le « lundi noir ». Cet épisode montre que la force de l’appréciation du yen est limitée, et qu’un déclenchement de clôture de positions peut entraîner une volatilité accrue.
Le grand ajustement de janvier 2025
La BOJ a porté ses taux de 0,25 % à 0,5 %, la plus forte hausse en une seule fois depuis 2007. Cette hausse est soutenue par une inflation annuelle de 3,2 % en mars et une croissance salariale de 2,7 %. Malgré cette action claire, elle n’a pas suffi à inverser la tendance du yen : le dollar/yen est passé d’environ 158 au début de l’année à environ 150, atteignant un plus bas annuel de 140,876 en avril.
Le statu quo de septembre à novembre 2025
La BOJ a maintenu ses taux à 0,5 % pendant plusieurs mois, ce qui a vu le yen continuer de se déprécier, le dollar/yen repassant au-dessus de 150, reflétant un manque de confiance dans la capacité de la banque centrale à agir.
La seconde hausse de décembre 2025
La BOJ a augmenté ses taux de 0,25 point à 0,75 %, un niveau inédit depuis près de 30 ans. La décision est soutenue par une inflation de 3,2 % en mars et une croissance des salaires de 2,7 %. La banque indique qu’elle poursuivra la hausse si l’économie et l’inflation évoluent comme prévu. Pourtant, la réaction du marché reste froide : le yen ne s’est pas renforcé, et a même commencé à baisser à nouveau.
Divergences des prévisions : le yen a-t-il encore de la marge pour baisser ?
Le 23 janvier 2026, la BOJ a décidé de maintenir ses taux à 0,75 %. La décision, peu hawkish, est perçue comme insuffisante pour inverser la faiblesse du yen. Trois grandes banques d’investissement ont publié leurs prévisions :
Citigroup, avec la thèse du « taux réel négatif »
Selon Hoshino Akira, responsable du marché japonais chez Citi, la faiblesse du yen provient principalement de taux réels négatifs. Quand le taux nominal est inférieur à l’inflation, le pouvoir d’achat réel diminue, incitant à vendre du yen. Citi estime qu’à moins que la BOJ ne remonte ses taux nominaux pour éliminer ces taux réels négatifs, la tendance baissière du yen perdurera.
JPMorgan, la prévision la plus pessimiste
Junya Tanase, stratégiste FX de JPMorgan Japon, prévoit que le dollar/yen pourrait atteindre 164 d’ici la fin 2026. Selon lui, les fondamentaux du yen restent fragiles, et la reprise économique ne s’améliorera pas fondamentalement dans la nouvelle année. La hausse des taux dans d’autres grandes économies, combinée à l’effet limité des politiques de la BOJ, pourrait même rendre la tendance baissière du yen plus prononcée.
BNP Paribas, la prévision d’un « plateau supérieur »
Parisha Saimbi, stratégiste FX pour l’Asie émergente chez BNP Paribas, anticipe une baisse du yen vers 160 d’ici fin 2026. Elle pense que l’environnement macro mondial reste favorable au risque, soutenant ainsi l’arbitrage. La résilience de la demande d’arbitrage, la prudence des banques centrales, et une Fed plus hawkish que prévu devraient maintenir le dollar/yen dans une fourchette haute.
Malgré ces divergences, tous s’accordent sur un point : à court terme, le yen devrait continuer à subir une pression à la baisse.
Quatre indicateurs clés pour suivre la tendance du yen
Pour les investisseurs souhaitant anticiper la direction future du yen, voici quatre indicateurs à surveiller de près :
1. Indice des prix à la consommation (CPI)
L’inflation influence directement la marge de manœuvre de la banque centrale. La Japon reste parmi les rares pays à afficher une inflation encore faible. Si l’inflation remonte, la justification d’une hausse des taux s’accroît, ce qui pourrait soutenir le yen. À l’inverse, si l’inflation baisse, la nécessité de relever les taux diminue, ce qui pourrait peser sur la devise.
2. Données de croissance économique (PIB et PMI)
Le PIB et l’indice des gestionnaires de achats (PMI) reflètent la santé économique. Des chiffres solides donnent plus d’espace à la BOJ pour relever ses taux, favorisant le yen. En cas de ralentissement, la banque centrale privilégiera une politique accommodante, ce qui déprécie le yen. La croissance japonaise reste relativement stable, mais des risques de baisse subsistent.
3. La politique de la banque centrale et les déclarations du gouverneur
Les déclarations de Haruhiko Kuroda, gouverneur de la BOJ, peuvent provoquer des mouvements de marché. Ses commentaires sur la trajectoire future des taux ou la conjoncture économique seront des déclencheurs à court terme. Le marché reste en attente d’éventuelles accélérations de la hausse des taux.
4. La situation mondiale et le sentiment de risque
Les politiques de la Fed, la tendance des marchés boursiers mondiaux, et les événements géopolitiques influencent le yen. En période de risque accru, l’arbitrage se développe, et le yen est vendu. Lorsqu’un sentiment de risque s’inverse, le yen, en tant que refuge, retrouve de l’intérêt. Par exemple, l’escalade du conflit au Moyen-Orient a entraîné une hausse temporaire du yen.
Comment les investisseurs peuvent-ils réagir ?
Face à cette complexité, les investisseurs taiwanais peuvent adopter plusieurs stratégies :
Pour ceux ayant des besoins de consommation
Si vous prévoyez un voyage, des achats ou des études au Japon, il est conseillé de répartir vos investissements. Le yen pourrait encore baisser à court terme, mais il n’est pas nécessaire d’attendre le point bas parfait. Une approche par tranches permet d’amortir le coût moyen et de profiter d’éventuelles rebonds.
Pour les traders en devises
Pour tirer profit de la tendance du yen, il faut surveiller attentivement les quatre indicateurs. Une remontée de l’inflation, des déclarations hawkish de la BOJ, ou un changement de sentiment global peuvent offrir des opportunités de rebond. La gestion des risques est essentielle, car la clôture de positions peut entraîner une forte volatilité à court terme.
Pour les investisseurs prudents
Il est conseillé d’observer et d’attendre. La tendance du yen reste incertaine, et une volatilité prolongée est possible dans les trois à six prochains mois. Mieux vaut attendre des signaux plus clairs avant de prendre position.
Conclusion : quand le yen mettra-t-il fin à sa tendance baissière ?
Malgré la limitation à court terme par l’écart de taux et la lenteur du changement de politique de la BOJ, à long terme, le yen finira par retrouver un niveau raisonnable, mettant fin à sa dépréciation prolongée. Cela dépend de trois conditions simultanées : une accélération du resserrement monétaire de la BOJ, un ralentissement de l’économie américaine entraînant une baisse des taux de la Fed, et un retournement du sentiment de risque mondial vers la recherche de sécurité.
Actuellement, ces conditions ne sont pas toutes réunies, ce qui explique la lutte persistante du yen. Cependant, les investisseurs ne doivent pas abandonner leur attention : chaque réunion de la banque centrale, chaque donnée économique peut changer la donne. Il est conseillé d’évaluer sa situation financière et sa tolérance au risque, et de consulter des professionnels pour élaborer une stratégie adaptée.
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Tendance du yen japonais en 2026 : de la chute en dessous de 159 à quand le retournement ?
En 2026, la tendance du yen continue de peser sur les marchés financiers mondiaux. Depuis sa chute en dessous du seuil clé de 159 fin 2022, jusqu’à sa fluctuation en février à des niveaux élevés, les investisseurs se demandent : le yen va-t-il encore continuer à baisser ? Derrière cette « crise du yen », quels sont les facteurs qui la propulsent ? Cet article analysera en profondeur les principaux moteurs de la tendance du yen et offrira des conseils pratiques aux investisseurs taiwanais.
Pourquoi le yen continue-t-il de se déprécier ? Analyse des cinq facteurs clés
La faiblesse du yen au cours de la dernière année n’est pas le fruit du hasard. En examinant de près ses causes, on constate au moins cinq facteurs structurels qui agissent simultanément :
Premier, l’« étau mortel » de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon
C’est le moteur le plus direct. Bien que la Banque du Japon ait lancé un cycle de hausse des taux en 2025, l’ampleur de cette hausse est bien inférieure aux attentes du marché. En décembre dernier, la BCE a porté ses taux à 0,75 %, toujours bien en dessous du corridor de 5,25 % à 5,5 % de la Fed. Ce différentiel massif incite à l’arbitrage : les investisseurs empruntent du yen à faible coût pour investir en dollars à rendement élevé, exerçant une pression continue à la vente du yen. Tant que cet écart de taux persiste, le yen aura du mal à se renforcer.
Deuxième, les inquiétudes liées à l’expansion budgétaire du Japon
Depuis la nomination de Fumio Kishida en octobre 2025, le gouvernement a poursuivi la politique économique « Abe » en lançant d’importants plans de relance fiscale. Si cela stimule la croissance à court terme, à long terme, l’augmentation de la dette publique et du déficit suscite des inquiétudes quant à la soutenabilité des finances japonaises. Ces craintes sont intégrées dans le taux de change, contribuant à affaiblir le yen.
Troisième, un environnement mondial favorable à l’arbitrage en raison de la préférence pour le risque
Dans un contexte de stabilité économique mondiale et de marchés boursiers performants, les investisseurs ont tendance à emprunter des devises à faible taux pour faire de l’arbitrage. Le yen, en tant que « devise refuge à faible taux », est souvent choisi comme outil de financement. Tant que le sentiment de risque global ne s’inverse pas, le yen sera facilement vendu.
Quatrième, la faiblesse des fondamentaux économiques japonais
La consommation intérieure faible, la croissance du PIB modérée, et l’inflation importée qui fait grimper les prix indiquent que la Banque du Japon doit faire preuve de prudence dans sa politique de hausse des taux. Même en relevant ses taux, elle ne peut que le faire modestement. La BOJ ne souhaite pas freiner la reprise fragile de l’économie par une politique trop restrictive, ce qui donne une impression d’« une banque centrale peu hawkish » sur le marché.
Cinquième, la solidité du dollar américain
L’économie américaine reste relativement robuste, renforcée par la politique de dollar fort de l’administration Trump (tarifs douaniers, etc.) et par une inflation persistante. La Fed a laissé entendre qu’elle pourrait ralentir le cycle de baisse des taux. Dans ce contexte, l’attractivité du dollar continue de croître, exerçant une pression naturelle à la dépréciation du yen.
Le tournant de la politique de la Banque du Japon : un moment clé
Pour comprendre la tendance du yen, il faut revenir sur les grands changements de la politique monétaire japonaise :
Le tournant historique de mars 2024
La Banque du Japon a mis fin à sa politique de taux négatifs, en relevant son taux directeur de -0,1 % à 0-0,1 %. C’est la première hausse depuis 2007, marquant la fin d’une ère. Cependant, la réaction du marché est inattendue : le yen ne s’est pas renforcé, mais a continué de se déprécier face à l’écart de taux accru, montrant que la simple hausse des taux ne suffit pas à inverser la tendance longue du yen.
L’impact inattendu de juillet 2024
En juillet, la BOJ a annoncé une hausse de 15 points de base à 0,25 %, dépassant les attentes du marché (10 points). Sur le court terme, le yen a progressé pendant quatre jours, mais cela a déclenché une réaction en chaîne : la fermeture massive de positions d’arbitrage en yen, provoquant une forte turbulence sur les marchés financiers mondiaux. L’indice Nikkei a chuté de 12,4 % le 5 août, dans ce qui est appelé le « lundi noir ». Cet épisode montre que la force de l’appréciation du yen est limitée, et qu’un déclenchement de clôture de positions peut entraîner une volatilité accrue.
Le grand ajustement de janvier 2025
La BOJ a porté ses taux de 0,25 % à 0,5 %, la plus forte hausse en une seule fois depuis 2007. Cette hausse est soutenue par une inflation annuelle de 3,2 % en mars et une croissance salariale de 2,7 %. Malgré cette action claire, elle n’a pas suffi à inverser la tendance du yen : le dollar/yen est passé d’environ 158 au début de l’année à environ 150, atteignant un plus bas annuel de 140,876 en avril.
Le statu quo de septembre à novembre 2025
La BOJ a maintenu ses taux à 0,5 % pendant plusieurs mois, ce qui a vu le yen continuer de se déprécier, le dollar/yen repassant au-dessus de 150, reflétant un manque de confiance dans la capacité de la banque centrale à agir.
La seconde hausse de décembre 2025
La BOJ a augmenté ses taux de 0,25 point à 0,75 %, un niveau inédit depuis près de 30 ans. La décision est soutenue par une inflation de 3,2 % en mars et une croissance des salaires de 2,7 %. La banque indique qu’elle poursuivra la hausse si l’économie et l’inflation évoluent comme prévu. Pourtant, la réaction du marché reste froide : le yen ne s’est pas renforcé, et a même commencé à baisser à nouveau.
Divergences des prévisions : le yen a-t-il encore de la marge pour baisser ?
Le 23 janvier 2026, la BOJ a décidé de maintenir ses taux à 0,75 %. La décision, peu hawkish, est perçue comme insuffisante pour inverser la faiblesse du yen. Trois grandes banques d’investissement ont publié leurs prévisions :
Citigroup, avec la thèse du « taux réel négatif »
Selon Hoshino Akira, responsable du marché japonais chez Citi, la faiblesse du yen provient principalement de taux réels négatifs. Quand le taux nominal est inférieur à l’inflation, le pouvoir d’achat réel diminue, incitant à vendre du yen. Citi estime qu’à moins que la BOJ ne remonte ses taux nominaux pour éliminer ces taux réels négatifs, la tendance baissière du yen perdurera.
JPMorgan, la prévision la plus pessimiste
Junya Tanase, stratégiste FX de JPMorgan Japon, prévoit que le dollar/yen pourrait atteindre 164 d’ici la fin 2026. Selon lui, les fondamentaux du yen restent fragiles, et la reprise économique ne s’améliorera pas fondamentalement dans la nouvelle année. La hausse des taux dans d’autres grandes économies, combinée à l’effet limité des politiques de la BOJ, pourrait même rendre la tendance baissière du yen plus prononcée.
BNP Paribas, la prévision d’un « plateau supérieur »
Parisha Saimbi, stratégiste FX pour l’Asie émergente chez BNP Paribas, anticipe une baisse du yen vers 160 d’ici fin 2026. Elle pense que l’environnement macro mondial reste favorable au risque, soutenant ainsi l’arbitrage. La résilience de la demande d’arbitrage, la prudence des banques centrales, et une Fed plus hawkish que prévu devraient maintenir le dollar/yen dans une fourchette haute.
Malgré ces divergences, tous s’accordent sur un point : à court terme, le yen devrait continuer à subir une pression à la baisse.
Quatre indicateurs clés pour suivre la tendance du yen
Pour les investisseurs souhaitant anticiper la direction future du yen, voici quatre indicateurs à surveiller de près :
1. Indice des prix à la consommation (CPI)
L’inflation influence directement la marge de manœuvre de la banque centrale. La Japon reste parmi les rares pays à afficher une inflation encore faible. Si l’inflation remonte, la justification d’une hausse des taux s’accroît, ce qui pourrait soutenir le yen. À l’inverse, si l’inflation baisse, la nécessité de relever les taux diminue, ce qui pourrait peser sur la devise.
2. Données de croissance économique (PIB et PMI)
Le PIB et l’indice des gestionnaires de achats (PMI) reflètent la santé économique. Des chiffres solides donnent plus d’espace à la BOJ pour relever ses taux, favorisant le yen. En cas de ralentissement, la banque centrale privilégiera une politique accommodante, ce qui déprécie le yen. La croissance japonaise reste relativement stable, mais des risques de baisse subsistent.
3. La politique de la banque centrale et les déclarations du gouverneur
Les déclarations de Haruhiko Kuroda, gouverneur de la BOJ, peuvent provoquer des mouvements de marché. Ses commentaires sur la trajectoire future des taux ou la conjoncture économique seront des déclencheurs à court terme. Le marché reste en attente d’éventuelles accélérations de la hausse des taux.
4. La situation mondiale et le sentiment de risque
Les politiques de la Fed, la tendance des marchés boursiers mondiaux, et les événements géopolitiques influencent le yen. En période de risque accru, l’arbitrage se développe, et le yen est vendu. Lorsqu’un sentiment de risque s’inverse, le yen, en tant que refuge, retrouve de l’intérêt. Par exemple, l’escalade du conflit au Moyen-Orient a entraîné une hausse temporaire du yen.
Comment les investisseurs peuvent-ils réagir ?
Face à cette complexité, les investisseurs taiwanais peuvent adopter plusieurs stratégies :
Pour ceux ayant des besoins de consommation
Si vous prévoyez un voyage, des achats ou des études au Japon, il est conseillé de répartir vos investissements. Le yen pourrait encore baisser à court terme, mais il n’est pas nécessaire d’attendre le point bas parfait. Une approche par tranches permet d’amortir le coût moyen et de profiter d’éventuelles rebonds.
Pour les traders en devises
Pour tirer profit de la tendance du yen, il faut surveiller attentivement les quatre indicateurs. Une remontée de l’inflation, des déclarations hawkish de la BOJ, ou un changement de sentiment global peuvent offrir des opportunités de rebond. La gestion des risques est essentielle, car la clôture de positions peut entraîner une forte volatilité à court terme.
Pour les investisseurs prudents
Il est conseillé d’observer et d’attendre. La tendance du yen reste incertaine, et une volatilité prolongée est possible dans les trois à six prochains mois. Mieux vaut attendre des signaux plus clairs avant de prendre position.
Conclusion : quand le yen mettra-t-il fin à sa tendance baissière ?
Malgré la limitation à court terme par l’écart de taux et la lenteur du changement de politique de la BOJ, à long terme, le yen finira par retrouver un niveau raisonnable, mettant fin à sa dépréciation prolongée. Cela dépend de trois conditions simultanées : une accélération du resserrement monétaire de la BOJ, un ralentissement de l’économie américaine entraînant une baisse des taux de la Fed, et un retournement du sentiment de risque mondial vers la recherche de sécurité.
Actuellement, ces conditions ne sont pas toutes réunies, ce qui explique la lutte persistante du yen. Cependant, les investisseurs ne doivent pas abandonner leur attention : chaque réunion de la banque centrale, chaque donnée économique peut changer la donne. Il est conseillé d’évaluer sa situation financière et sa tolérance au risque, et de consulter des professionnels pour élaborer une stratégie adaptée.