Depuis la fin janvier, le taux de change du yen japonais a connu une forte appréciation. Le dollar américain est passé en dessous du seuil clé de 154 yen, ce qui laisse entrevoir des signes d’une coordination de politiques entre plusieurs pays. Le 23 janvier, la Federal Reserve de New York a pris l’initiative de contacter les principales institutions financières pour s’enquérir des cotations du dollar face au yen, un geste immédiatement interprété par le marché comme un signal fort que les États-Unis pourraient coopérer avec le Japon pour intervenir sur le marché des changes. Cette fluctuation d’environ 3400 yen reflète une véritable collaboration entre les décideurs politiques du Pacifique.
Intervention politique transnationale : du Plaza Accord de 1985 à aujourd’hui
Les interventions coordonnées sur le marché des changes entre plusieurs pays sont rares. Depuis la signature du Plaza Accord en 1985, seulement six interventions de ce type ont été enregistrées dans le monde. Ces actions ont généralement été déclenchées par des chocs économiques majeurs, comme la crise financière asiatique de 1997, le tremblement de terre de l’est du Japon en 2011, ou encore des collaborations internationales impliquant plusieurs devises, telles que l’Accord du Louvre de 1987.
Pourquoi cette situation actuelle a-t-elle déclenché une telle coordination politique rare ? La réponse réside dans l’évolution de la situation politique et économique du Japon. Le 23 janvier, la Première ministre Sanae Takaichi a annoncé la dissolution de la Chambre des représentants et la tenue d’élections anticipées, dont les résultats seront connus le 8 février. Son engagement en faveur d’une politique de réduction d’impôts à grande échelle a suscité des inquiétudes chez les investisseurs internationaux quant à la soutenabilité des finances japonaises, ce qui a conduit à un record historique pour le rendement des obligations d’État japonaises à long terme. Ce développement a secoué l’ensemble du marché.
Intentions politiques et impact sur le marché : la sortie accélérée des vendeurs à découvert sur le yen
L’économiste Krishna Guha d’Evercore ISI analyse : « Dans le contexte actuel, l’intervention sur le marché des changes par les États-Unis est une option politique raisonnable. L’objectif commun est d’éviter un affaiblissement excessif du yen, tout en stabilisant indirectement le marché obligataire japonais par la stabilité du taux de change. » Il ajoute que même en l’absence d’intervention concrète, ces signaux politiques suffisent à inciter les investisseurs vendeurs à découvert sur le yen à accélérer la clôture de leurs positions.
Cela explique pourquoi le yen s’est apprécié si rapidement à court terme. Les vendeurs à découvert font face à une double pression : d’une part, l’attente d’une intervention politique, et d’autre part, la nécessité de limiter leurs pertes par des ordres de clôture techniques. Le niveau d’environ 3400 yen constitue un point clé pour cette correction.
Divergences d’opinions sur la tendance future
Les opinions divergent quant à la direction que prendra le yen. Brent Donnelly, trader senior chez Spectra Markets, pense que le ministère japonais des Finances est le plus susceptible d’intervenir concrètement. Il évoque la faible probabilité que le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis parviennent à un accord pour que le yen ou le won s’apprécient trop, afin de stabiliser les taux de change. Sur cette base, il prévoit une poursuite de la tendance baissière du dollar face au yen.
Kiyoshi Inoguchi, stratégiste senior chez Resona Holdings, partage cette vision, estimant que la tendance de dépréciation continue du yen pourrait s’interrompre temporairement. Il indique que l’attention du marché se portera désormais sur une fourchette de fluctuation du dollar face au yen entre 150 et 155, cette zone étant devenue un nouveau niveau de support clé.
Cependant, Goldman Sachs reste prudent. La banque souligne que, sauf si la Banque du Japon adopte une politique monétaire plus hawkish ou lance un programme d’assouplissement quantitatif pour stabiliser le marché obligataire, le yen et les obligations japonaises continueront probablement à subir une pression à la baisse. Cela suggère que l’intervention politique à court terme pourrait n’être qu’un pansement, et que des solutions à long terme nécessiteront des actions supplémentaires des autorités.
La fluctuation du yen autour de 3400 yen reflète une forte préoccupation des décideurs mondiaux quant à la stabilité économique du Japon, tout en annonçant une possible nouvelle phase de politiques sur le marché des changes.
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Le taux de change du yen japonais dépasse la barre des 3400, des signaux d'intervention politique entre le Japon et les États-Unis apparaissent
Depuis la fin janvier, le taux de change du yen japonais a connu une forte appréciation. Le dollar américain est passé en dessous du seuil clé de 154 yen, ce qui laisse entrevoir des signes d’une coordination de politiques entre plusieurs pays. Le 23 janvier, la Federal Reserve de New York a pris l’initiative de contacter les principales institutions financières pour s’enquérir des cotations du dollar face au yen, un geste immédiatement interprété par le marché comme un signal fort que les États-Unis pourraient coopérer avec le Japon pour intervenir sur le marché des changes. Cette fluctuation d’environ 3400 yen reflète une véritable collaboration entre les décideurs politiques du Pacifique.
Intervention politique transnationale : du Plaza Accord de 1985 à aujourd’hui
Les interventions coordonnées sur le marché des changes entre plusieurs pays sont rares. Depuis la signature du Plaza Accord en 1985, seulement six interventions de ce type ont été enregistrées dans le monde. Ces actions ont généralement été déclenchées par des chocs économiques majeurs, comme la crise financière asiatique de 1997, le tremblement de terre de l’est du Japon en 2011, ou encore des collaborations internationales impliquant plusieurs devises, telles que l’Accord du Louvre de 1987.
Pourquoi cette situation actuelle a-t-elle déclenché une telle coordination politique rare ? La réponse réside dans l’évolution de la situation politique et économique du Japon. Le 23 janvier, la Première ministre Sanae Takaichi a annoncé la dissolution de la Chambre des représentants et la tenue d’élections anticipées, dont les résultats seront connus le 8 février. Son engagement en faveur d’une politique de réduction d’impôts à grande échelle a suscité des inquiétudes chez les investisseurs internationaux quant à la soutenabilité des finances japonaises, ce qui a conduit à un record historique pour le rendement des obligations d’État japonaises à long terme. Ce développement a secoué l’ensemble du marché.
Intentions politiques et impact sur le marché : la sortie accélérée des vendeurs à découvert sur le yen
L’économiste Krishna Guha d’Evercore ISI analyse : « Dans le contexte actuel, l’intervention sur le marché des changes par les États-Unis est une option politique raisonnable. L’objectif commun est d’éviter un affaiblissement excessif du yen, tout en stabilisant indirectement le marché obligataire japonais par la stabilité du taux de change. » Il ajoute que même en l’absence d’intervention concrète, ces signaux politiques suffisent à inciter les investisseurs vendeurs à découvert sur le yen à accélérer la clôture de leurs positions.
Cela explique pourquoi le yen s’est apprécié si rapidement à court terme. Les vendeurs à découvert font face à une double pression : d’une part, l’attente d’une intervention politique, et d’autre part, la nécessité de limiter leurs pertes par des ordres de clôture techniques. Le niveau d’environ 3400 yen constitue un point clé pour cette correction.
Divergences d’opinions sur la tendance future
Les opinions divergent quant à la direction que prendra le yen. Brent Donnelly, trader senior chez Spectra Markets, pense que le ministère japonais des Finances est le plus susceptible d’intervenir concrètement. Il évoque la faible probabilité que le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis parviennent à un accord pour que le yen ou le won s’apprécient trop, afin de stabiliser les taux de change. Sur cette base, il prévoit une poursuite de la tendance baissière du dollar face au yen.
Kiyoshi Inoguchi, stratégiste senior chez Resona Holdings, partage cette vision, estimant que la tendance de dépréciation continue du yen pourrait s’interrompre temporairement. Il indique que l’attention du marché se portera désormais sur une fourchette de fluctuation du dollar face au yen entre 150 et 155, cette zone étant devenue un nouveau niveau de support clé.
Cependant, Goldman Sachs reste prudent. La banque souligne que, sauf si la Banque du Japon adopte une politique monétaire plus hawkish ou lance un programme d’assouplissement quantitatif pour stabiliser le marché obligataire, le yen et les obligations japonaises continueront probablement à subir une pression à la baisse. Cela suggère que l’intervention politique à court terme pourrait n’être qu’un pansement, et que des solutions à long terme nécessiteront des actions supplémentaires des autorités.
La fluctuation du yen autour de 3400 yen reflète une forte préoccupation des décideurs mondiaux quant à la stabilité économique du Japon, tout en annonçant une possible nouvelle phase de politiques sur le marché des changes.