Les graphiques du prix de l’or sur 10 ans montrent qu’au cours de plus d’un demi-siècle, l’or a traversé plusieurs cycles complets de hausse et de correction, derrière lesquels se cachent des logiques économiques et politiques profondes. Depuis 1971, lorsque le dollar s’est détaché de l’étalon-or, l’or a été témoin de l’évolution du système monétaire mondial, des crises économiques et des rotations des politiques des banques centrales. La caractéristique de ces cycles d’environ 10 ans est essentielle pour comprendre la trajectoire de l’or par les investisseurs.
Que révèlent les graphiques de l’or sur 55 ans ? La trajectoire de 35 à 5100 dollars
Les graphiques de l’or illustrent une réévaluation massive des actifs. Le 15 août 1971, le président américain Nixon annonce la rupture du lien entre dollar et or, mettant fin au régime de change fixe d’après-guerre, et l’or entre dans l’ère de la fixation de prix en marché libre.
Au cours de ces 55 années, le prix de l’or est passé de 35 dollars l’once à plus de 5100 dollars début 2026. Cela représente une augmentation de plus de 145 fois. La performance des deux dernières années est particulièrement remarquable — passant d’environ 2000 dollars début 2024 à plus de 5100 dollars actuellement, avec une hausse cumulée de plus de 150 %, surpassant largement la plupart des classes d’actifs traditionnelles.
Cependant, cette courbe ascendante n’a pas été sans turbulences. Chaque grande fluctuation sur le graphique de l’or correspond à un tournant géopolitique, une modification de la politique monétaire ou une secousse sur les marchés financiers. En analysant l’histoire, on peut identifier trois cycles majeurs d’environ dix ans, chacun avec ses moteurs et logiques propres.
Analyse des caractéristiques communes et des différences entre trois cycles haussiers décennaux
● Premier cycle (1971-1980) : de la crise monétaire à la fièvre inflationniste, +24 fois
1971 marque une étape décisive pour le marché de l’or moderne. La rupture du lien dollar-or entraîne une chute brutale de la confiance dans le dollar — après tout, la monnaie papier autrefois convertible en or devient une monnaie légale pure, suscitant des craintes qu’elle ne devienne qu’un simple papier. Cette crise de confiance stimule directement la demande d’or.
Le prix international de l’or passe rapidement de 35 à 850 dollars l’once. Ce premier mouvement haussier est principalement dû à la méfiance mondiale envers le nouveau système monétaire.
Ensuite, la crise pétrolière de 1973, la révolution iranienne de 1979 et l’invasion soviétique de l’Afghanistan ont renforcé l’attrait de l’or comme valeur refuge. La période est marquée par une inflation élevée, des anticipations de dévaluation monétaire, et un afflux massif de capitaux vers les métaux précieux.
La fin de ce cycle est symbolisée par la politique agressive de hausse des taux de la Fed sous la présidence de Volcker — en 1980, les taux d’intérêt américains dépassent 20 %, l’inflation est maîtrisée, mais le prix de l’or s’effondre de plus de 80 %. Pendant les 20 années suivantes, l’or reste dans une phase de stagnation prolongée, oscillant entre 200 et 300 dollars, sans générer de rendement pour les investisseurs.
● Deuxième cycle (2001-2011) : crise financière et ère de la politique monétaire accommodante, +7,6 fois
Au début du 21e siècle, après l’éclatement de la bulle Internet en 2001, l’or repart à la hausse, passant de 250 dollars à un sommet historique de 1921 dollars en septembre 2011 — une hausse de plus de 700 % sur une décennie.
Ce cycle est alimenté par une série de réactions en chaîne : l’attentat du 11 septembre 2001 relance l’évaluation des risques géopolitiques, la guerre contre le terrorisme s’intensifie, et pour financer ces opérations, le gouvernement américain baisse ses taux et émet massivement de la dette, alimentant la bulle immobilière. Quand la hausse des prix immobiliers devient inquiétante, la Fed relève ses taux, ce qui aboutit à la crise financière de 2008.
Pour sauver le système, la Fed lance le Quantitative Easing (QE), qui sert de tremplin à une hausse de l’or durant une dizaine d’années. Lors de la crise de la zone euro en 2011, le sommet de 1921 dollars est atteint, marquant le point culminant de cette tendance haussière.
La fin de ce cycle est signalée par l’intervention conjointe de l’UE et des aides internationales, puis par la fin du QE en 2011, refroidissant les anticipations d’inflation. L’or entre dans une phase baissière de 8 ans, avec une chute de plus de 45 %. La règle est confirmée : lorsque les banques centrales inversent leur politique accommodante et amorcent un resserrement, le cycle haussier de l’or touche à sa fin.
● Troisième cycle (2019 à aujourd’hui) : achat massif par les banques centrales et risques géopolitiques, +300 %+
Partant de 1200 dollars en 2019, le graphique de l’or a tracé une courbe d’ascension spectaculaire sur près de sept ans, dépassant aujourd’hui la barre des 5000 dollars.
Ce cycle est alimenté par une complexité accrue : dédollarisation mondiale, nouvelle vague de QE aux États-Unis en 2020, conflit russo-ukrainien en 2022, tensions au Moyen-Orient en 2023, etc., qui donnent une impulsion continue à l’or.
En 2024-2025, la dynamique est particulièrement forte : incertitudes sur la politique économique américaine, banques centrales qui accumulent massivement de l’or, tensions au Moyen-Orient, tensions commerciales dues aux tarifs américains, volatilité accrue des marchés actions, faiblesse persistante du dollar — tous ces facteurs se combinent pour pousser le prix de l’or à de nouveaux records.
Il est important de noter que ce cycle se distingue par une difficulté accrue à resserrer la politique monétaire. Avec des dettes publiques à des niveaux historiques, les banques centrales ne peuvent plus simplement relever les taux pour maîtriser l’inflation. Cela pourrait conduire à une période prolongée de consolidation autour de niveaux élevés, plutôt qu’à une correction nette. La fin réelle du cycle pourrait attendre la mise en place d’un nouveau système de crédit mondial ou la réaffirmation d’une confiance renouvelée dans les monnaies nationales.
Pourquoi le graphique de l’or oscille-t-il souvent à des niveaux élevés ? Analyse du contexte actuel
Chaque tournant sur le graphique de l’or reflète un signal économique ou politique profond. Selon la logique historique, les déclencheurs des cycles haussiers de l’or sont toujours les mêmes : crise de confiance + politique monétaire accommodante.
1971 : effondrement de la confiance dans le dollar, premier cycle haussier
2001 : baisse des taux pour relancer l’économie, deuxième cycle
Après 2019 : dédollarisation, risques géopolitiques, déclenchement du troisième cycle
Chaque cycle comporte généralement trois phases : une accumulation lente au début, une accélération sous l’effet de la crise, puis une surchauffe alimentée par la spéculation. La durée moyenne d’un cycle complet est de 8 à 10 ans, avec des gains allant de 7 à 24 fois.
En cours de route, le prix de l’or connaît des corrections de 20 à 30 %, mais tant que les niveaux de support clés ne sont pas cassés, la tendance haussière peut continuer.
Cependant, la situation actuelle présente de nouvelles caractéristiques. La dette publique élevée limite considérablement l’espace de manœuvre des banques centrales, rendant un resserrement brutal difficile. Dans ce contexte, l’or pourrait osciller pendant plusieurs années au-dessus de 5000 dollars, dans une phase de consolidation prolongée. La véritable fin du cycle ne surviendra que lorsque le système monétaire mondial sera réformé ou que la confiance dans les monnaies nationales sera totalement renouvelée.
Stratégie d’investissement pour la décennie de l’or : saisir chaque étape
L’or est-il un bon investissement ? La réponse dépend de l’horizon temporel.
Sur 55 ans, l’or a augmenté d’environ 120 fois. Pendant ce temps, le Dow Jones est passé d’environ 900 à 46 000 points, soit une multiplication par 51. Sur le long terme, le rendement de l’or n’est pas inférieur à celui des actions. Surtout, ces deux dernières années, l’or a bondi de 2000 à plus de 5000 dollars, avec une hausse de plus de 150 %, dépassant la plupart des autres classes d’actifs.
Mais il y a un piège fatal : la hausse de l’or n’a jamais été régulière. Entre 1980 et 2000, l’or a stagné entre 200 et 300 dollars, obligeant les investisseurs à supporter 20 ans de marché latéral et de coût d’opportunité.
Combien de temps peut-on attendre dans la vie ?
Ainsi, l’or est un excellent outil d’investissement, mais sa meilleure utilisation est la gestion de positions cycliques plutôt que la détention à long terme pure. Les marchés haussiers sont souvent liés à des crises macroéconomiques (inflation, conflits géopolitiques, politiques monétaires expansives), tandis que les marchés baissiers peuvent durer longtemps et être faibles. Si vous parvenez à repérer précisément les points de retournement, vous pouvez réaliser d’importants gains ; sinon, vous risquez de rester inactif pendant des années.
Une autre leçon vient du coût de production de l’or. En tant que ressource naturelle, le coût d’extraction augmente avec le temps. Cela signifie que même après une correction, les prix historiquement bas tendent à remonter, rendant la crainte de “l’or devenu sans valeur” infondée. Comprendre cette règle permet d’éviter des ventes précipitées inutiles.
Comparaison avec actions et obligations : comment choisir son investissement en or ?
Les mécanismes de rendement de l’or, des actions et des obligations diffèrent radicalement, ce qui influence la difficulté et le potentiel de rendement :
L’or génère des gains via la variation de prix, sans intérêts, rendant le timing crucial
Les obligations offrent un rendement fixe, nécessitant d’augmenter la position pour plus de revenus, tout en suivant la politique monétaire
Les actions dépendent de la croissance des entreprises, nécessitant une sélection de qualité et une détention à long terme
En termes de difficulté d’investissement : obligations sont les plus simples, l’or est intermédiaire, et les actions sont les plus complexes.
Mais en termes de rendement, sur 50 ans, l’or a souvent surpassé, alors que sur 30 ans, les actions ont été plus performantes. Cela suggère une règle de base : les actions en période de croissance économique, l’or en période de récession.
La stratégie la plus prudente consiste à ajuster la répartition entre actions, obligations et or selon votre tolérance au risque et vos objectifs. En période de croissance, les actions profitent de la hausse des bénéfices ; en période de crise, l’or et les obligations, en tant que valeurs refuges, prennent le relais.
Le marché étant imprévisible, il est essentiel de diversifier : détenir un portefeuille équilibré permet de réduire les risques liés aux événements géopolitiques ou économiques, comme la guerre russo-ukrainienne, l’inflation ou la hausse des taux.
Panorama des outils d’investissement selon les cycles
Pour naviguer efficacement dans différents cycles de l’or, il faut connaître les outils disponibles :
1. Or physique et certificats
L’achat direct d’or physique (lingots, pièces) offre une certaine confidentialité et peut servir de bijou, mais la liquidité est limitée. Les certificats d’or, qui représentent une détention d’or en banque, facilitent la gestion, mais ne versent pas d’intérêts, et les écarts entre prix d’achat et de vente sont importants. Long terme, ils conviennent pour une détention.
2. ETF et contrats à terme
Les ETF or offrent une meilleure liquidité et une gestion simplifiée, correspondant à une quantité d’or physique, mais avec des frais de gestion. En cas de marché stable, leur valeur peut diminuer lentement.
Pour le trading à court terme, les contrats à terme et CFD sont plus adaptés. Ils offrent :
Effet de levier, permettant de multiplier les gains (ou pertes)
Faibles coûts de marge
Flexibilité (T+0), entrées et sorties rapides
Possibilité de faire du short
Avec un petit capital (par exemple 50 dollars), on peut ouvrir une position CFD sur XAUUSD. Si l’on anticipe une hausse, on achète ; si l’on prévoit une baisse, on vend. La rapidité d’exécution (moins d’une centaine de millisecondes) et le suivi en temps réel facilitent la gestion.
3. Choix selon le cycle
Long terme : or physique ou ETF
Moyen terme : contrats à terme
Court terme : CFD, pour profiter des fluctuations
Perspectives pour la prochaine décennie
L’histoire de 50 ans de l’or montre qu’il n’a jamais été un simple actif à acheter et à conserver. Chaque cycle haussier est lié à une crise ou un bouleversement du système économique mondial, chaque correction à une politique monétaire ou une crise atténuée.
Dans le contexte actuel — dettes publiques élevées, tensions géopolitiques, diversification du système monétaire — la performance future de l’or dépendra fortement des choix politiques et de la confiance du marché dans le crédit mondial. Si les banques centrales ne peuvent plus resserrer brutalement, l’or pourrait rester longtemps à des niveaux élevés, en consolidation.
Comprendre ces cycles est essentiel pour saisir les opportunités d’investissement. Que vous soyez un investisseur à long terme ou un trader de cycles, l’histoire de l’or offre des enseignements précieux pour agir avec discernement.
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Graphique de tendance de l'or sur 10 ans : révélations, régularités des marchés haussiers historiques et enseignements pour l'investissement
Les graphiques du prix de l’or sur 10 ans montrent qu’au cours de plus d’un demi-siècle, l’or a traversé plusieurs cycles complets de hausse et de correction, derrière lesquels se cachent des logiques économiques et politiques profondes. Depuis 1971, lorsque le dollar s’est détaché de l’étalon-or, l’or a été témoin de l’évolution du système monétaire mondial, des crises économiques et des rotations des politiques des banques centrales. La caractéristique de ces cycles d’environ 10 ans est essentielle pour comprendre la trajectoire de l’or par les investisseurs.
Que révèlent les graphiques de l’or sur 55 ans ? La trajectoire de 35 à 5100 dollars
Les graphiques de l’or illustrent une réévaluation massive des actifs. Le 15 août 1971, le président américain Nixon annonce la rupture du lien entre dollar et or, mettant fin au régime de change fixe d’après-guerre, et l’or entre dans l’ère de la fixation de prix en marché libre.
Au cours de ces 55 années, le prix de l’or est passé de 35 dollars l’once à plus de 5100 dollars début 2026. Cela représente une augmentation de plus de 145 fois. La performance des deux dernières années est particulièrement remarquable — passant d’environ 2000 dollars début 2024 à plus de 5100 dollars actuellement, avec une hausse cumulée de plus de 150 %, surpassant largement la plupart des classes d’actifs traditionnelles.
Cependant, cette courbe ascendante n’a pas été sans turbulences. Chaque grande fluctuation sur le graphique de l’or correspond à un tournant géopolitique, une modification de la politique monétaire ou une secousse sur les marchés financiers. En analysant l’histoire, on peut identifier trois cycles majeurs d’environ dix ans, chacun avec ses moteurs et logiques propres.
Analyse des caractéristiques communes et des différences entre trois cycles haussiers décennaux
● Premier cycle (1971-1980) : de la crise monétaire à la fièvre inflationniste, +24 fois
1971 marque une étape décisive pour le marché de l’or moderne. La rupture du lien dollar-or entraîne une chute brutale de la confiance dans le dollar — après tout, la monnaie papier autrefois convertible en or devient une monnaie légale pure, suscitant des craintes qu’elle ne devienne qu’un simple papier. Cette crise de confiance stimule directement la demande d’or.
Le prix international de l’or passe rapidement de 35 à 850 dollars l’once. Ce premier mouvement haussier est principalement dû à la méfiance mondiale envers le nouveau système monétaire.
Ensuite, la crise pétrolière de 1973, la révolution iranienne de 1979 et l’invasion soviétique de l’Afghanistan ont renforcé l’attrait de l’or comme valeur refuge. La période est marquée par une inflation élevée, des anticipations de dévaluation monétaire, et un afflux massif de capitaux vers les métaux précieux.
La fin de ce cycle est symbolisée par la politique agressive de hausse des taux de la Fed sous la présidence de Volcker — en 1980, les taux d’intérêt américains dépassent 20 %, l’inflation est maîtrisée, mais le prix de l’or s’effondre de plus de 80 %. Pendant les 20 années suivantes, l’or reste dans une phase de stagnation prolongée, oscillant entre 200 et 300 dollars, sans générer de rendement pour les investisseurs.
● Deuxième cycle (2001-2011) : crise financière et ère de la politique monétaire accommodante, +7,6 fois
Au début du 21e siècle, après l’éclatement de la bulle Internet en 2001, l’or repart à la hausse, passant de 250 dollars à un sommet historique de 1921 dollars en septembre 2011 — une hausse de plus de 700 % sur une décennie.
Ce cycle est alimenté par une série de réactions en chaîne : l’attentat du 11 septembre 2001 relance l’évaluation des risques géopolitiques, la guerre contre le terrorisme s’intensifie, et pour financer ces opérations, le gouvernement américain baisse ses taux et émet massivement de la dette, alimentant la bulle immobilière. Quand la hausse des prix immobiliers devient inquiétante, la Fed relève ses taux, ce qui aboutit à la crise financière de 2008.
Pour sauver le système, la Fed lance le Quantitative Easing (QE), qui sert de tremplin à une hausse de l’or durant une dizaine d’années. Lors de la crise de la zone euro en 2011, le sommet de 1921 dollars est atteint, marquant le point culminant de cette tendance haussière.
La fin de ce cycle est signalée par l’intervention conjointe de l’UE et des aides internationales, puis par la fin du QE en 2011, refroidissant les anticipations d’inflation. L’or entre dans une phase baissière de 8 ans, avec une chute de plus de 45 %. La règle est confirmée : lorsque les banques centrales inversent leur politique accommodante et amorcent un resserrement, le cycle haussier de l’or touche à sa fin.
● Troisième cycle (2019 à aujourd’hui) : achat massif par les banques centrales et risques géopolitiques, +300 %+
Partant de 1200 dollars en 2019, le graphique de l’or a tracé une courbe d’ascension spectaculaire sur près de sept ans, dépassant aujourd’hui la barre des 5000 dollars.
Ce cycle est alimenté par une complexité accrue : dédollarisation mondiale, nouvelle vague de QE aux États-Unis en 2020, conflit russo-ukrainien en 2022, tensions au Moyen-Orient en 2023, etc., qui donnent une impulsion continue à l’or.
En 2024-2025, la dynamique est particulièrement forte : incertitudes sur la politique économique américaine, banques centrales qui accumulent massivement de l’or, tensions au Moyen-Orient, tensions commerciales dues aux tarifs américains, volatilité accrue des marchés actions, faiblesse persistante du dollar — tous ces facteurs se combinent pour pousser le prix de l’or à de nouveaux records.
Il est important de noter que ce cycle se distingue par une difficulté accrue à resserrer la politique monétaire. Avec des dettes publiques à des niveaux historiques, les banques centrales ne peuvent plus simplement relever les taux pour maîtriser l’inflation. Cela pourrait conduire à une période prolongée de consolidation autour de niveaux élevés, plutôt qu’à une correction nette. La fin réelle du cycle pourrait attendre la mise en place d’un nouveau système de crédit mondial ou la réaffirmation d’une confiance renouvelée dans les monnaies nationales.
Pourquoi le graphique de l’or oscille-t-il souvent à des niveaux élevés ? Analyse du contexte actuel
Chaque tournant sur le graphique de l’or reflète un signal économique ou politique profond. Selon la logique historique, les déclencheurs des cycles haussiers de l’or sont toujours les mêmes : crise de confiance + politique monétaire accommodante.
Chaque cycle comporte généralement trois phases : une accumulation lente au début, une accélération sous l’effet de la crise, puis une surchauffe alimentée par la spéculation. La durée moyenne d’un cycle complet est de 8 à 10 ans, avec des gains allant de 7 à 24 fois.
En cours de route, le prix de l’or connaît des corrections de 20 à 30 %, mais tant que les niveaux de support clés ne sont pas cassés, la tendance haussière peut continuer.
Cependant, la situation actuelle présente de nouvelles caractéristiques. La dette publique élevée limite considérablement l’espace de manœuvre des banques centrales, rendant un resserrement brutal difficile. Dans ce contexte, l’or pourrait osciller pendant plusieurs années au-dessus de 5000 dollars, dans une phase de consolidation prolongée. La véritable fin du cycle ne surviendra que lorsque le système monétaire mondial sera réformé ou que la confiance dans les monnaies nationales sera totalement renouvelée.
Stratégie d’investissement pour la décennie de l’or : saisir chaque étape
L’or est-il un bon investissement ? La réponse dépend de l’horizon temporel.
Sur 55 ans, l’or a augmenté d’environ 120 fois. Pendant ce temps, le Dow Jones est passé d’environ 900 à 46 000 points, soit une multiplication par 51. Sur le long terme, le rendement de l’or n’est pas inférieur à celui des actions. Surtout, ces deux dernières années, l’or a bondi de 2000 à plus de 5000 dollars, avec une hausse de plus de 150 %, dépassant la plupart des autres classes d’actifs.
Mais il y a un piège fatal : la hausse de l’or n’a jamais été régulière. Entre 1980 et 2000, l’or a stagné entre 200 et 300 dollars, obligeant les investisseurs à supporter 20 ans de marché latéral et de coût d’opportunité.
Combien de temps peut-on attendre dans la vie ?
Ainsi, l’or est un excellent outil d’investissement, mais sa meilleure utilisation est la gestion de positions cycliques plutôt que la détention à long terme pure. Les marchés haussiers sont souvent liés à des crises macroéconomiques (inflation, conflits géopolitiques, politiques monétaires expansives), tandis que les marchés baissiers peuvent durer longtemps et être faibles. Si vous parvenez à repérer précisément les points de retournement, vous pouvez réaliser d’importants gains ; sinon, vous risquez de rester inactif pendant des années.
Une autre leçon vient du coût de production de l’or. En tant que ressource naturelle, le coût d’extraction augmente avec le temps. Cela signifie que même après une correction, les prix historiquement bas tendent à remonter, rendant la crainte de “l’or devenu sans valeur” infondée. Comprendre cette règle permet d’éviter des ventes précipitées inutiles.
Comparaison avec actions et obligations : comment choisir son investissement en or ?
Les mécanismes de rendement de l’or, des actions et des obligations diffèrent radicalement, ce qui influence la difficulté et le potentiel de rendement :
En termes de difficulté d’investissement : obligations sont les plus simples, l’or est intermédiaire, et les actions sont les plus complexes.
Mais en termes de rendement, sur 50 ans, l’or a souvent surpassé, alors que sur 30 ans, les actions ont été plus performantes. Cela suggère une règle de base : les actions en période de croissance économique, l’or en période de récession.
La stratégie la plus prudente consiste à ajuster la répartition entre actions, obligations et or selon votre tolérance au risque et vos objectifs. En période de croissance, les actions profitent de la hausse des bénéfices ; en période de crise, l’or et les obligations, en tant que valeurs refuges, prennent le relais.
Le marché étant imprévisible, il est essentiel de diversifier : détenir un portefeuille équilibré permet de réduire les risques liés aux événements géopolitiques ou économiques, comme la guerre russo-ukrainienne, l’inflation ou la hausse des taux.
Panorama des outils d’investissement selon les cycles
Pour naviguer efficacement dans différents cycles de l’or, il faut connaître les outils disponibles :
1. Or physique et certificats
L’achat direct d’or physique (lingots, pièces) offre une certaine confidentialité et peut servir de bijou, mais la liquidité est limitée. Les certificats d’or, qui représentent une détention d’or en banque, facilitent la gestion, mais ne versent pas d’intérêts, et les écarts entre prix d’achat et de vente sont importants. Long terme, ils conviennent pour une détention.
2. ETF et contrats à terme
Les ETF or offrent une meilleure liquidité et une gestion simplifiée, correspondant à une quantité d’or physique, mais avec des frais de gestion. En cas de marché stable, leur valeur peut diminuer lentement.
Pour le trading à court terme, les contrats à terme et CFD sont plus adaptés. Ils offrent :
Avec un petit capital (par exemple 50 dollars), on peut ouvrir une position CFD sur XAUUSD. Si l’on anticipe une hausse, on achète ; si l’on prévoit une baisse, on vend. La rapidité d’exécution (moins d’une centaine de millisecondes) et le suivi en temps réel facilitent la gestion.
3. Choix selon le cycle
Perspectives pour la prochaine décennie
L’histoire de 50 ans de l’or montre qu’il n’a jamais été un simple actif à acheter et à conserver. Chaque cycle haussier est lié à une crise ou un bouleversement du système économique mondial, chaque correction à une politique monétaire ou une crise atténuée.
Dans le contexte actuel — dettes publiques élevées, tensions géopolitiques, diversification du système monétaire — la performance future de l’or dépendra fortement des choix politiques et de la confiance du marché dans le crédit mondial. Si les banques centrales ne peuvent plus resserrer brutalement, l’or pourrait rester longtemps à des niveaux élevés, en consolidation.
Comprendre ces cycles est essentiel pour saisir les opportunités d’investissement. Que vous soyez un investisseur à long terme ou un trader de cycles, l’histoire de l’or offre des enseignements précieux pour agir avec discernement.