Le yen va-t-il continuer à baisser ? Analyse de la tendance du taux de change en 2026 et des opportunités d'investissement

Le problème le plus préoccupant sur le marché est : Le yen va-t-il encore baisser ? Depuis 2026, le taux de change du yen face au dollar américain continue de s’affaiblir, atteignant un minimum de 159,454. Qu’est-ce que cette tendance reflète ? Le yen a-t-il une chance de se stabiliser ou de remonter ? Ces questions concernent directement les décisions de trading des investisseurs.

Situation actuelle : pourquoi le yen reste-t-il sous pression ?

En 2026, la performance du yen face au dollar est décevante. Le 14 janvier, le dollar face au yen a franchi un seuil clé sur le marché forex européen et américain, atteignant brièvement 159,454 yen pour 1 dollar. Bien que le ministre japonais des Finances, Shōzō Aso, et le responsable financier, Kanda Makoto, aient multiplié les déclarations pour freiner la dépréciation du yen, et que la Première ministre Sanae Sato ait annoncé qu’elle prendrait “toutes les mesures nécessaires” face à la volatilité excessive, ces signaux politiques semblent avoir peu d’effet.

Il est notable qu’après ces déclarations conjointes, le yen a brièvement rebondi. Le 23 janvier, le marché a connu la plus forte hausse journalière en près de six mois, avec le taux USD/JPY passant de 159,225 à 155,741. Cependant, le 26 janvier, le yen s’est redressé vers 154, puis le 27 janvier, il a de nouveau chuté, montrant une force de rebond insuffisante. On suppose généralement que des interventions de la part des autorités japonaises et américaines ont eu lieu, mais cela n’a pas suffi à inverser la tendance globale de dépréciation du yen.

À ce jour, le dollar face au yen reste élevé, le marché considérant 160 yen comme un seuil psychologique clé — c’est aussi le niveau déclencheur de plusieurs interventions de la Banque du Japon en 2024. La faiblesse du yen résulte en réalité d’une série de facteurs systémiques combinés.

Différentiel de taux d’intérêt et arbitrage : les causes profondes de la dépréciation du yen

La première raison de la faiblesse persistante du yen est que l’écart de taux d’intérêt entre le Japon et les États-Unis demeure élevé et difficile à réduire rapidement. Bien que la Banque du Japon ait commencé à relever ses taux en 2025, ses taux restent bien inférieurs à ceux des États-Unis. Ce différentiel important attire de nombreux arbitrages : les investisseurs empruntent en yen à faible coût pour acheter des actifs en dollars à rendement élevé, ce qui exerce une pression de vente sur le yen plus forte que la demande d’achat.

De plus, le marché anticipe prudemment la poursuite de la hausse des taux par la Banque du Japon. La majorité prévoit que la banque centrale japonaise ne pourra atteindre un taux proche de 1 % qu’à la mi-2026 ou plus tard. En revanche, l’économie américaine reste relativement robuste, avec une inflation persistante, et les attentes d’une baisse rapide des taux de la Fed sont faibles. Cela maintient l’écart de taux élevé sur une longue période, alimentant la dépréciation du yen.

Le second facteur provient de la politique budgétaire du nouveau gouvernement japonais. La Première ministre Sato poursuit la stratégie “Abenomics”, en lançant de vastes mesures de relance pour stimuler l’économie et atténuer la pression inflationniste. Cela entraîne une augmentation de l’endettement public et du déficit, ce qui accroît les inquiétudes du marché quant aux risques fiscaux du Japon, renforçant la pression à la baisse sur le yen.

Troisièmement, l’économie américaine reste relativement solide, avec une inflation toujours élevée, soutenue par la politique de dollar fort et de tarifs douaniers du gouvernement Trump. L’indice du dollar est ainsi soutenu. En tant que monnaie à faible rendement, le yen est plus facilement vendu dans un environnement de recherche de risque. Bien que le yen ait connu une brève appréciation au premier semestre 2025 en raison des anticipations de hausse des taux par la BoJ, la tendance s’est inversée dans la seconde moitié, le dollar reprenant le dessus, faisant grimper le USD/JPY de 140-150 à plus de 155-157.

Quatrièmement, les fondamentaux économiques du Japon sont relativement faibles. La consommation intérieure est faible, le PIB connaît parfois des contractions, et l’inflation importée fait grimper les prix. Bien que les salaires aient augmenté, le pouvoir d’achat réel reste sous pression. La Banque du Japon reste donc prudente sur la hausse des taux, craignant de freiner la reprise économique, ce qui ralentit la normalisation monétaire et maintient la faiblesse du yen.

La politique de la banque centrale : une action suffisante ?

L’analyse des ajustements de la politique monétaire de la BoJ est essentielle. Le 19 mars 2024, la BoJ a pris une décision historique en mettant fin à 17 ans de taux d’intérêt négatifs, en relevant le taux directeur de -0,1 % à 0-0,1 %. La réaction du marché aurait pu être positive, mais en réalité, le yen a continué de se déprécier face à l’écart de dette japonaise-américaine qui s’est creusé.

Le 31 juillet 2024, la BoJ a encore augmenté ses taux de 15 points de base à 0,25 %, dépassant largement les attentes du marché (10 points de base). Après une chute initiale, le yen a rebondi fortement pendant quatre jours, mais cette hausse a été rapidement neutralisée par la liquidation massive des positions d’arbitrage en yen, provoquant même une forte chute des marchés mondiaux — le Nikkei a perdu jusqu’à 12,4 % le 5 août.

En 2025, la situation évolue encore. Le 24 janvier, la BoJ a décidé de relever fortement son taux de référence de 0,25 % à 0,5 %, la plus forte hausse en une seule fois depuis 2007. Cette décision marque la fin de l’ère de politique monétaire ultra-accommodante, soutenue par une inflation de 3,2 % en glissement annuel en mars et par la hausse de 2,7 % des salaires lors des négociations salariales d’automne 2024.

Depuis, la banque centrale a maintenu ses taux inchangés lors de six réunions successives (de janvier à fin octobre), à 0,5 %. Ironie du sort, le yen continue de s’affaiblir, le USD/JPY dépassant la barre des 150. Ce n’est que le 19 décembre que la BoJ a de nouveau relevé ses taux de 0,25 point à 0,75 %, atteignant ainsi le niveau le plus haut depuis environ 30 ans, marquant une seconde hausse dans l’année.

Ces mesures montrent que les signaux hawkish de la banque centrale restent insuffisants pour inverser la tendance de faiblesse du yen. L’analyste de Citi, Hideo Hoshino, déclare : “La faiblesse du yen est due à des taux d’intérêt réels négatifs.” Les rendements des obligations japonaises restent inférieurs à l’inflation, créant un environnement de taux réels négatifs. Si la banque centrale veut inverser la tendance, “il n’y a pas d’autre choix que de s’attaquer à ce problème.”

La perception des institutions mondiales sur l’avenir du yen

Les grandes banques d’investissement mondiales ont des prévisions très divergentes. JPMorgan, par exemple, prévoit que le yen pourrait atteindre 164 d’ici la fin 2026, en étant très pessimiste. Selon eux, la faiblesse structurelle du yen ne s’améliorera pas fondamentalement l’année prochaine. La montée des taux dans d’autres grandes économies limitera l’efficacité de la politique monétaire de la BoJ, voire pourrait rendre la situation encore plus défavorable au yen.

De leur côté, Parisha Saimbi, stratégiste en devises et taux pour l’Asie émergente à la BNP Paribas, prévoit que le USD/JPY pourrait descendre à 160 d’ici la fin 2026. Elle estime que le contexte macroéconomique mondial en 2024 restera favorable au risque, ce qui soutiendra la poursuite des arbitrages. La prudence de la BoJ, la possible posture plus hawkish de la Fed que prévu, et la poursuite de la demande d’arbitrage maintiendront le dollar fort face au yen.

Ces deux grandes banques partagent un consensus : le yen pourrait rester sous pression en 2026, avec un USD/JPY oscillant entre 160 et 164, ce qui indique que le yen aura du mal à se retourner à court terme.

Le yen va-t-il encore baisser ? Les facteurs clés pour juger

Pour prévoir la tendance future du yen, les investisseurs doivent surveiller plusieurs variables :

Premièrement, le rythme de hausse des taux par la BoJ. Le taux actuel est de 0,75 %, et les attentes du marché restent prudentes. La décision du 23 janvier 2026 a maintenu le taux inchangé, renforçant l’attentisme. La BoJ a laissé entendre qu’elle pourrait continuer à relever ses taux, mais le rythme précis reste à confirmer. Une accélération de la hausse soutiendrait le yen ; une pause prolongée continuerait de peser.

Deuxièmement, la vitesse de réduction de l’écart de taux entre le Japon et les États-Unis. Si la Fed réduit ses taux plus rapidement en raison d’un ralentissement économique ou d’une inflation qui baisse, la contraction de l’écart de taux favoriserait le yen. À l’inverse, si la Fed maintient une politique de baisse des taux plus lente ou si l’économie américaine reste robuste, le dollar pourrait continuer de renforcer, limitant la reprise du yen.

Troisièmement, l’humeur globale du marché. En tant que monnaie à faible rendement, le yen est souvent vendu lors d’un appétit pour le risque élevé, notamment si les marchés boursiers, comme le Nasdaq, connaissent une correction ou si des tensions commerciales ou géopolitiques surgissent. La liquidation des positions d’arbitrage pourrait alors faire monter rapidement le yen. En revanche, une stabilité mondiale soutiendrait la fuite des capitaux hors du yen.

Quatrièmement, les données économiques japonaises. La surveillance du CPI de base, du PIB, du PMI est essentielle. Si l’inflation continue de dépasser les attentes, la BoJ pourrait accélérer la hausse des taux. Si la croissance ralentit, la banque centrale pourrait maintenir une politique accommodante, ce qui continuerait de peser sur le yen.

La possibilité d’un retour à long terme du yen

Bien que le yen fasse face à de multiples pressions à court terme, à plus long terme, il finira par retrouver son niveau naturel, mettant fin à la tendance de dépréciation continue. Aucun currency ne peut se dévaluer indéfiniment : des niveaux extrêmes finissent toujours par provoquer une correction du marché.

Une fois que le marché aura intégré une nouvelle trajectoire de hausse des taux par la BoJ, ou si l’économie américaine montre des signes clairs de ralentissement, ou encore si l’aversion au risque mondiale change, le yen pourrait rebondir. Historiquement, le yen possède une forte caractéristique de valeur refuge : en période de crise ou de tensions géopolitiques, les investisseurs achètent du yen pour se couvrir. Par exemple, après l’escalade du conflit au Moyen-Orient, le yen a brièvement fortement apprécié face aux autres devises.

Pour les investisseurs touristiques ou ceux souhaitant profiter du marché des changes, il peut être judicieux de constituer progressivement des positions en yen. Ceux qui cherchent à faire des profits via le trading doivent analyser ces multiples facteurs, adapter leur stratégie à leur situation financière et à leur tolérance au risque, et consulter si nécessaire des professionnels pour gérer leur exposition.

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