L'avenir des actions de transport maritime : du creux du cycle à l'ère de la revalorisation

robot
Création du résumé en cours

L’industrie maritime joue un rôle clé dans l’économie mondiale, chaque navire reliant les chaînes d’approvisionnement à travers le monde. Cependant, l’avenir des actions dans le secteur du transport maritime est confronté à un tournant majeur, contrastant fortement avec ses périodes de prospérité passées. C’est le moment crucial de réévaluer le secteur, de comprendre les opportunités et les risques futurs liés aux actions maritimes.

Point d’inflexion du marché en 2024 : du surévalué à la rationalité

Après une reprise exceptionnelle post-COVID, les actions maritimes connaissent aujourd’hui une profonde correction. La trajectoire de la plus grande compagnie maritime mondiale, Maersk (code OTC AMKBY), illustre bien cette tendance : son cours a chuté de son sommet début 2022, avec une perte de plus de 60 % de sa capitalisation. La même histoire se répète avec le géant allemand Hapag-Lloyd AG (code OTC HPGLY), dont la valeur a diminué d’environ 70 % par rapport à son sommet de fin 2022.

La cause fondamentale de cette inversion réside dans la détérioration rapide des performances financières. Par exemple, Maersk a atteint un pic de revenus trimestriels de 22,767 milliards de dollars au milieu de 2022, avant de commencer une baisse continue. Au deuxième trimestre 2023, ses revenus sont tombés en dessous de 13 milliards de dollars, soit moins de 60 % de leur sommet d’il y a deux ans. Plus alarmant encore, la rentabilité s’est effondrée — le bénéfice net trimestriel est passé de 8,879 milliards de dollars à 1,453 milliard de dollars au deuxième trimestre 2023, soit une chute de 83 %.

Cette forte baisse des résultats se traduit directement par une pression persistante sur le cours des actions. La question est de savoir si le secteur pourra rebondir, ce qui dépendra de la profondeur réelle de cette correction, c’est-à-dire si elle atteindra le vrai creux du cycle.

Qui peut traverser le cycle : la différenciation des grands acteurs mondiaux

Bien que toutes les entreprises maritimes soient affectées par le cycle macroéconomique, leur résilience varie considérablement. Actuellement, les principales sociétés cotées avec une valeur d’investissement incluent :

Les leaders internationaux : Maersk (code OTC AMKBY) et Hapag-Lloyd AG (code OTC HPGLY), respectivement les premier et deuxième plus grands transporteurs maritimes mondiaux. Fondée en 1904, Maersk opère dans 130 pays, avec une valeur transportée annuelle de 675 milliards de dollars et 76 000 employés. Hapag-Lloyd, desservant 600 ports dans le monde, dispose d’une capacité de 1 801 738 EVP (équivalent vingt pieds). Leur envergure leur permet de mieux absorber les coûts en période de faiblesse du secteur, leur conférant une résistance relative.

Les acteurs régionaux en Asie-Pacifique : Orient Overseas (code OTC OROVY), fondée en 1947, possède plus de 150 navires et une capacité de plus de 10 millions de tonnes, étant l’une des sept plus grandes compagnies maritimes mondiales. Bien qu’acquise en 2017 par China COSCO Shipping Corporation pour 6,3 milliards de dollars, elle conserve son statut de société cotée indépendante, offrant une fenêtre d’accès à la zone Asie-Pacifique.

Les acteurs locaux taïwanais : Evergreen (code stock 2603) et Yang Ming (code stock 2609) sont deux piliers de l’industrie maritime taïwanaise. Evergreen possède plus de 200 porte-conteneurs, avec une capacité de 1 668 555 EVP, principalement sur des routes reliant l’Extrême-Orient à l’Amérique, l’hémisphère sud, l’Europe du Nord et la Méditerranée orientale ; Yang Ming, opérant dans 170 ports à travers le monde, dessert plus de 70 pays avec une capacité de 705 614 EVP.

Au 1er mai 2024, la capitalisation de ces entreprises s’établit approximativement à : Maersk 2,282 milliards USD, Hapag-Lloyd 2,706 milliards USD, Orient Overseas 1,016 milliard USD, Evergreen 36,508 milliards USD, Yang Ming 17,6 milliards USD. La différence de taille influence directement leur capacité à résister aux risques.

Les moteurs futurs du secteur maritime : cinq facteurs déterminants

L’évolution des actions maritimes est influencée par plusieurs forces. D’abord, la reprise macroéconomique. La Réserve fédérale américaine a porté ses taux directeurs à 5,50 %, un sommet historique, pour freiner l’inflation, ce qui a freiné l’expansion économique américaine et ralenti la croissance mondiale. Avec la normalisation progressive des données inflationnistes, le changement de politique de la Fed pourrait offrir un répit à l’économie mondiale, stimulant le commerce mondial et favorisant la performance future des actions maritimes.

Ensuite, la reconfiguration géoéconomique des chaînes d’approvisionnement. La montée des tensions sino-américaines et le dépeçage volontaire des économies occidentales avec la Chine modifient profondément la géographie commerciale mondiale. Les États-Unis déplacent leurs chaînes d’approvisionnement vers le Mexique et d’autres régions proches, ce qui impacte directement les entreprises dépendantes des routes trans-Extrême-Orient-Amérique. Les compagnies comme Evergreen et Yang Ming, principalement axées sur ces routes, verront leur croissance limitée, tandis que celles avec une couverture plus équilibrée, comme Maersk, seront moins affectées.

Les fluctuations du prix du pétrole constituent un troisième facteur clé. La guerre russo-ukrainienne et la détérioration de la situation au Moyen-Orient créent de l’incertitude sur le marché pétrolier international. La hausse des prix du pétrole augmente directement les coûts de carburant pour les compagnies maritimes, comprimant leurs marges.

Les réglementations environnementales deviennent un enjeu de plus en plus crucial. L’Organisation maritime internationale (OMI) fixe des objectifs de réduction des émissions de carbone, exigeant des investissements dans des carburants verts et des navires écologiques. Cette tendance crée une dynamique de différenciation : les grandes entreprises, grâce à leur taille et leur capacité financière, peuvent plus facilement moderniser leur flotte à moindre coût, obtenant ainsi un avantage concurrentiel. Par conséquent, Maersk et Hapag-Lloyd, avec leurs flottes importantes, pourraient bénéficier de cette vague écologique.

Enfin, la nature cyclique du secteur. Les données historiques montrent que le secteur maritime traverse des cycles complets tous les quelques années. La reprise du commerce mondial après 2010 a entraîné une forte hausse des actions, tandis que la surcapacité en 2015-2016 a provoqué un marché morose. La crise du COVID en 2020 a durement frappé le secteur, mais la reprise qui a suivi a été très vigoureuse. La correction actuelle pourrait-elle marquer le point de départ d’un nouveau cycle haussier ? La question reste ouverte.

Facteur Impact positif Impact négatif
Politique de la Fed Reprise économique, demande accrue /
Déglobalisation des chaînes Augmentation de la demande sur routes occidentales Pression sur routes reliant l’Extrême-Orient à l’Amérique
Prix du pétrole / Hausse des coûts opérationnels
Réglementations écologiques Avantage pour les grands acteurs Coûts de conformité accrus pour les PME
Cycles sectoriels Opportunités de creux Risques de sommet

Stratégies d’investissement : comment positionner le secteur maritime

Face à ces multiples influences, les investisseurs devraient adopter une approche prudente :

Privilégier les grands leaders. Les sociétés avec une capitalisation supérieure à 10 milliards de dollars disposent d’une meilleure capacité à maîtriser leurs coûts et à se financer, ce qui leur confère une meilleure survie en période de cycle bas. Les PME sont souvent les premières à souffrir des fluctuations macroéconomiques.

Analyser la structure d’âge de la flotte. Des navires plus récents sont plus efficaces en termes de consommation de carburant et de conformité réglementaire, ce qui réduit les coûts futurs et les risques réglementaires.

Surveiller la diversification des routes. Les entreprises dépendant fortement d’une seule route sont plus vulnérables aux changements de la chaîne d’approvisionnement. Les sociétés avec une couverture équilibrée des routes mondiales présentent une meilleure résilience.

Se méfier des actions fortement exposées aux routes Extrême-Orient-Amérique. En contexte de tensions géopolitiques accrues et de reconfiguration des chaînes, ces actions risquent davantage de voir leurs performances diminuer.

Adopter une gestion stratégique des entrées et sorties. En tant que secteur cyclique, il est conseillé de constituer des positions par étapes lors des creux, puis de prendre des profits lors des sommets, plutôt que de conserver une position à long terme.

Conclusion : attendre le bon moment, sélectionner avec soin

Les perspectives du secteur maritime sont étroitement liées à ses cycles. La correction actuelle, passant d’une surévaluation à une rationalisation, offre aux investisseurs avisés des opportunités de positionnement.

Les investisseurs souhaitant s’exposer à ce secteur doivent bien comprendre sa nature cyclique, suivre de près l’évolution de l’économie mondiale, la géopolitique et les prix de l’énergie. La réussite dépendra de leur capacité à choisir le bon moment et la bonne entreprise. Prioriser les acteurs de grande taille, avec une couverture équilibrée et une flotte jeune, augmentera considérablement leurs chances de succès.

Dans ce contexte de correction, la patience, la sélection rigoureuse des actifs et une stratégie d’entrée progressive sont les meilleures approches pour faire face à l’incertitude du secteur maritime.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
0/400
Aucun commentaire
  • Épingler

Trader les cryptos partout et à tout moment
qrCode
Scan pour télécharger Gate app
Communauté
Français (Afrique)
  • 简体中文
  • English
  • Tiếng Việt
  • 繁體中文
  • Español
  • Русский
  • Français (Afrique)
  • Português (Portugal)
  • Bahasa Indonesia
  • 日本語
  • بالعربية
  • Українська
  • Português (Brasil)