L’actuelle tendance haussière de l’or n’est pas simplement alimentée par des baisses de taux, l’inflation ou des risques géopolitiques, mais par une demande de couverture à long terme déclenchée par les fissures du système de crédit mondial. Pour anticiper la future trajectoire de l’or, il faut comprendre en profondeur la logique structurelle sous-jacente — il ne s’agit pas d’une simple prévision de prix, mais d’une compréhension systémique des déséquilibres économiques mondiaux.
De moins de 2000 dollars début 2024 à plus de 5000 dollars début 2026, l’or a enregistré une hausse cumulée de plus de 150 %, atteignant ses niveaux les plus élevés en près de 30 ans. Pendant cette montée, banques centrales, institutions et particuliers ont tous accru leurs positions, mais leurs motivations diffèrent radicalement. Les particuliers recherchent une protection contre le risque, les institutions ciblent des opportunités structurelles, et les banques centrales accumulent des réserves stratégiques. Comprendre la logique de ces acteurs est la clé pour saisir la trajectoire future de l’or.
Pourquoi le monde entier achète-t-il de l’or ? Décryptage de la logique profonde
Ce cycle haussier de l’or n’est pas uniquement motivé par l’inflation ou la panique, mais par un ou plusieurs facteurs structurels à long terme capables de remettre en question la crédibilité des principales monnaies. Lorsque le marché anticipe que ces facteurs seront résolus ou significativement atténués, la prime monétaire de l’or diminue, mettant fin au marché haussier. Actuellement, ces facteurs persistent, voire s’intensifient.
Selon Reuters et Bloomberg, la hausse de l’or en 2024-2025 dépasse 30 %, ce qui en fait la performance la plus forte en près de 30 ans (devant 31 % en 2007 et 29 % en 2010). En 2026, après plusieurs records historiques, le prix de l’or au comptant se stabilise au-dessus de 5150 dollars l’once, maintenant une tendance forte.
Ce n’est pas une coïncidence. Pour comprendre la trajectoire de l’or, il faut connaître les cinq forces structurelles qui la conduisent.
Les cinq piliers structurels du marché de l’or en 2026
Premier : La protection commerciale continue de s’intensifier, l’incertitude politique persiste
Les politiques tarifaires et les tensions commerciales ont été le déclencheur direct de la hausse de l’or en 2025. Les mesures tarifaires successives ont accru l’incertitude du marché, renforçant la demande de sécurité et faisant monter le prix de l’or. L’expérience historique (ex : guerre commerciale USA-Chine en 2018) montre que durant ces périodes, le prix de l’or peut connaître des impulsions à court terme de 5 à 10 %.
En 2026, cet effet n’a pas disparu. Les frictions commerciales régionales persistent, et la volatilité des politiques commerciales continue de hanter le marché, restant un facteur clé de soutien à la hausse.
Deuxième : La crise de confiance dans le dollar, les flux mondiaux vers les actifs tangibles
Lorsque la confiance dans le dollar faiblit, l’or, en tant qu’actif libellé en dollars, en bénéficie en tant que refuge. Entre 2025 et 2026, le déficit fiscal américain s’accroît, les débats sur la limite de la dette se multiplient, et la tendance à la dédollarisation s’accélère, entraînant des flux de capitaux hors des actifs en dollars vers des actifs physiques.
Ce phénomène n’est pas passager, mais une transformation structurelle à long terme. La méfiance croissante des banques centrales envers les réserves en dollars se traduit directement par une accélération des achats d’or.
Troisième : La baisse des taux de la Fed, réduisant le coût de détention de l’or
Une baisse des taux par la Fed affaiblit le dollar, tout en réduisant le coût d’opportunité de l’or, rendant cet actif sans rendement plus attractif. Si la croissance économique reste faible, le cycle de baisse des taux pourrait s’accélérer, créant un effet positif sur le prix de l’or.
Historiquement, chaque cycle de baisse des taux a été suivi d’une forte hausse du prix de l’or (ex : 2008-2011, 2020-2022). En 2026, la réduction de taux prévue (1-2 fois) sera limitée mais suffisante pour soutenir la tendance.
Fait intéressant, parfois l’annonce d’une baisse de taux provoque une chute du prix de l’or, souvent parce que le marché a déjà anticipé cette baisse ou que la Fed adopte une posture hawkish. Sur le terrain, suivre la probabilité de baisse via l’outil CME FedWatch est une méthode efficace pour prévoir la tendance à court terme : une probabilité en hausse favorise la hausse du prix, une baisse de cette probabilité peut entraîner un recul.
Quatrième : Les risques géopolitiques toujours présents, la demande de sécurité reste élevée
Le conflit Russie-Ukraine perdure, les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, et la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales maintient une forte demande de sécurité. Ces événements géopolitiques provoquent souvent des impulsions haussières sur l’or. En 2026, ces risques ne se sont pas atténués, mais se sont amplifiés par la complexité du contexte mondial.
Cinquième : La consolidation des achats d’or par les banques centrales, un consensus stratégique
Selon le WGC (World Gold Council), en 2025, les banques centrales ont acheté plus de 1200 tonnes d’or, leur quatrième année consécutive de dépassement du millier de tonnes. Plus important encore, dans leur rapport sur les réserves en or, 76 % des banques centrales interrogées indiquent qu’elles prévoient d’augmenter modérément ou significativement leur proportion d’or dans leurs réserves dans les cinq prochaines années, tout en anticipant une baisse de leur part en dollars.
Ce n’est pas un mouvement ponctuel, mais une transformation structurelle. L’achat d’or par les banques centrales traduit une défiance à long terme vis-à-vis du système dollar, une tendance qui ne disparaîtra pas en 2026.
Au-delà des politiques et des risques, qu’est-ce qui pousse encore le prix de l’or ?
Outre ces cinq forces structurelles, la hausse de l’or est aussi alimentée par le changement d’état d’esprit du marché et la liquidité.
Le niveau élevé d’endettement mondial limite l’espace de manœuvre des politiques
En 2025, la dette mondiale atteint 307 000 milliards de dollars (source : FMI). Ce niveau élevé limite la capacité des banques centrales à relever les taux, favorise une politique monétaire accommodante, et réduit les taux réels, renforçant indirectement l’attractivité de l’or. C’est une contrainte à long terme, mais aussi un support durable pour le métal précieux.
Les risques concentrés sur les marchés actions, la demande de couverture augmente
Les marchés boursiers sont à des niveaux records, avec peu de leaders, ce qui accroît le risque de concentration. Bien que cela n’implique pas forcément un krach imminent, une déception pourrait entraîner des conséquences disproportionnées. De nombreux investisseurs institutionnels et patrimoniaux détiennent de l’or pour diversifier et sécuriser leur portefeuille.
L’engouement médiatique et l’émotion collective
Les médias et les réseaux sociaux alimentent la spéculation et la peur, provoquant des flux massifs vers l’or à court terme, alimentant la hausse continue. Une partie de cette demande est réelle, une autre amplifiée par l’émotion.
L’émergence d’outils de trading flexibles
Les investisseurs ne se contentent plus d’un simple achat et détention, mais cherchent à ajuster leur position en temps réel, avec des instruments comme XAU/USD. Ces outils permettent une gestion plus dynamique, augmentant la liquidité et la réactivité du marché, mais aussi la volatilité.
Quelles stratégies pour différents profils d’investisseurs ?
Après avoir compris la dynamique, la question est : faut-il entrer maintenant ? La réponse dépend de votre profil et de votre tolérance au risque.
Pour les traders à court terme — profiter de la volatilité
Les traders expérimentés peuvent tirer parti des fluctuations pour réaliser des gains. La liquidité étant forte, il est plus facile d’identifier la direction à court terme, surtout lors de mouvements violents. La patience et la maîtrise des outils comme le calendrier économique (pour suivre les données américaines) sont essentielles.
Pour ceux qui veulent détenir de l’or physique à long terme — accepter la volatilité
L’achat d’or physique à long terme est une stratégie de conservation de valeur, mais il faut être prêt à supporter des fluctuations importantes. La tendance est haussière, mais la volatilité moyenne annuelle de 19,4 % doit être prise en compte, tout comme la possibilité de fluctuations extrêmes.
Pour une allocation dans un portefeuille — diversification
L’or peut faire partie d’un portefeuille, mais il ne faut pas en faire la majorité. La volatilité de l’or est comparable à celle des actions, donc une diversification est recommandée. L’or doit être une composante complémentaire, pas la pièce maîtresse.
Pour maximiser les gains — stratégie combinée long/short
Une approche avancée consiste à détenir une position longue tout en profitant des fluctuations à court terme, notamment autour des annonces économiques américaines. Cela demande expérience et gestion rigoureuse du risque.
Trois conseils clés pour gérer le risque :
Ne sous-estimez pas la volatilité : la volatilité annuelle moyenne de l’or est de 19,4 %, contre 14,7 % pour le S&P 500. La différence est significative.
Les cycles de l’or sont longs : en tant qu’outil de conservation, il faut envisager des horizons de plus de 10 ans. La valeur peut doubler ou être divisée par deux en cette période.
Les coûts de transaction sont importants : pour l’or physique, ils oscillent généralement entre 5 et 20 %, ce qui grève la rentabilité.
Prévisions des institutions et perspectives après 2026
En 2026, la majorité des analystes restent optimistes. Après la clôture des données de janvier, le prix spot de l’or se maintient au-dessus de 5150-5200 dollars l’once, sans signe de faiblesse. La tendance haussière, alimentée par les mêmes facteurs structurels, devrait se poursuivre.
Prévisions principales :
Prix moyen en 2026 : entre 5200 et 5600 dollars l’once (plusieurs institutions ont relevé leurs estimations)
Objectif de fin d’année : généralement entre 5400 et 5800 dollars, avec des prévisions optimistes allant jusqu’à 6500 dollars
Scénarios extrêmes : en cas de tensions géopolitiques accrues ou de forte dépréciation du dollar, certains, comme la Société Générale, envisagent un dépassement de 6500 dollars
Prévisions des grandes banques (février 2026) :
Goldman Sachs : hausse de l’objectif de fin d’année de 5400 à 5700 dollars, soutenue par l’achat continu des banques centrales et la baisse des rendements réels
JPMorgan : prévoit 5550 dollars au T4, soutenu par les flux ETF et la demande de sécurité
Citi : moyenne de 5800 dollars dans la seconde moitié, avec un potentiel jusqu’à 6200 dollars en cas de récession ou d’inflation élevée
UBS : objectif plus conservateur de 5300 dollars, mais admet que la baisse des taux pourrait faire monter le prix
World Gold Council / LBMA : prévision annuelle moyenne d’environ 5450 dollars, en hausse significative par rapport à 2025
Clés pour anticiper la trajectoire de l’or
La dynamique de l’or ne dépend pas d’un seul événement ou politique, mais de l’état d’équilibre global de l’économie mondiale. La poursuite des achats par les banques centrales depuis 2022 témoigne d’un doute profond sur le système dollar.
L’inflation persistante, la pression sur la dette et les tensions géopolitiques continueront en 2026, maintenant le fond du marché haussier à un niveau élevé, avec peu de risques de correction profonde.
Mais attention : la hausse de l’or n’est jamais linéaire. En 2025, une correction de 10-15 % a été provoquée par des ajustements de la politique de la Fed. En 2026, si les taux réels rebondissent ou si la crise s’atténue, des fluctuations importantes sont à prévoir. L’essentiel n’est pas de prévoir chaque mouvement, mais d’établir un système de surveillance efficace, évitant de suivre aveuglément l’actualité.
En définitive, anticiper la trajectoire de l’or revient à : comprendre les facteurs moteurs, évaluer sa propre tolérance au risque, et choisir une méthode d’engagement adaptée. L’or ne disparaîtra pas, les opportunités non plus, mais la sagesse dans la sélection déterminera votre équilibre entre gains et risques.
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Les cinq principales forces et opportunités d'investissement dans la tendance future de l'or
L’actuelle tendance haussière de l’or n’est pas simplement alimentée par des baisses de taux, l’inflation ou des risques géopolitiques, mais par une demande de couverture à long terme déclenchée par les fissures du système de crédit mondial. Pour anticiper la future trajectoire de l’or, il faut comprendre en profondeur la logique structurelle sous-jacente — il ne s’agit pas d’une simple prévision de prix, mais d’une compréhension systémique des déséquilibres économiques mondiaux.
De moins de 2000 dollars début 2024 à plus de 5000 dollars début 2026, l’or a enregistré une hausse cumulée de plus de 150 %, atteignant ses niveaux les plus élevés en près de 30 ans. Pendant cette montée, banques centrales, institutions et particuliers ont tous accru leurs positions, mais leurs motivations diffèrent radicalement. Les particuliers recherchent une protection contre le risque, les institutions ciblent des opportunités structurelles, et les banques centrales accumulent des réserves stratégiques. Comprendre la logique de ces acteurs est la clé pour saisir la trajectoire future de l’or.
Pourquoi le monde entier achète-t-il de l’or ? Décryptage de la logique profonde
Ce cycle haussier de l’or n’est pas uniquement motivé par l’inflation ou la panique, mais par un ou plusieurs facteurs structurels à long terme capables de remettre en question la crédibilité des principales monnaies. Lorsque le marché anticipe que ces facteurs seront résolus ou significativement atténués, la prime monétaire de l’or diminue, mettant fin au marché haussier. Actuellement, ces facteurs persistent, voire s’intensifient.
Selon Reuters et Bloomberg, la hausse de l’or en 2024-2025 dépasse 30 %, ce qui en fait la performance la plus forte en près de 30 ans (devant 31 % en 2007 et 29 % en 2010). En 2026, après plusieurs records historiques, le prix de l’or au comptant se stabilise au-dessus de 5150 dollars l’once, maintenant une tendance forte.
Ce n’est pas une coïncidence. Pour comprendre la trajectoire de l’or, il faut connaître les cinq forces structurelles qui la conduisent.
Les cinq piliers structurels du marché de l’or en 2026
Premier : La protection commerciale continue de s’intensifier, l’incertitude politique persiste
Les politiques tarifaires et les tensions commerciales ont été le déclencheur direct de la hausse de l’or en 2025. Les mesures tarifaires successives ont accru l’incertitude du marché, renforçant la demande de sécurité et faisant monter le prix de l’or. L’expérience historique (ex : guerre commerciale USA-Chine en 2018) montre que durant ces périodes, le prix de l’or peut connaître des impulsions à court terme de 5 à 10 %.
En 2026, cet effet n’a pas disparu. Les frictions commerciales régionales persistent, et la volatilité des politiques commerciales continue de hanter le marché, restant un facteur clé de soutien à la hausse.
Deuxième : La crise de confiance dans le dollar, les flux mondiaux vers les actifs tangibles
Lorsque la confiance dans le dollar faiblit, l’or, en tant qu’actif libellé en dollars, en bénéficie en tant que refuge. Entre 2025 et 2026, le déficit fiscal américain s’accroît, les débats sur la limite de la dette se multiplient, et la tendance à la dédollarisation s’accélère, entraînant des flux de capitaux hors des actifs en dollars vers des actifs physiques.
Ce phénomène n’est pas passager, mais une transformation structurelle à long terme. La méfiance croissante des banques centrales envers les réserves en dollars se traduit directement par une accélération des achats d’or.
Troisième : La baisse des taux de la Fed, réduisant le coût de détention de l’or
Une baisse des taux par la Fed affaiblit le dollar, tout en réduisant le coût d’opportunité de l’or, rendant cet actif sans rendement plus attractif. Si la croissance économique reste faible, le cycle de baisse des taux pourrait s’accélérer, créant un effet positif sur le prix de l’or.
Historiquement, chaque cycle de baisse des taux a été suivi d’une forte hausse du prix de l’or (ex : 2008-2011, 2020-2022). En 2026, la réduction de taux prévue (1-2 fois) sera limitée mais suffisante pour soutenir la tendance.
Fait intéressant, parfois l’annonce d’une baisse de taux provoque une chute du prix de l’or, souvent parce que le marché a déjà anticipé cette baisse ou que la Fed adopte une posture hawkish. Sur le terrain, suivre la probabilité de baisse via l’outil CME FedWatch est une méthode efficace pour prévoir la tendance à court terme : une probabilité en hausse favorise la hausse du prix, une baisse de cette probabilité peut entraîner un recul.
Quatrième : Les risques géopolitiques toujours présents, la demande de sécurité reste élevée
Le conflit Russie-Ukraine perdure, les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, et la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales maintient une forte demande de sécurité. Ces événements géopolitiques provoquent souvent des impulsions haussières sur l’or. En 2026, ces risques ne se sont pas atténués, mais se sont amplifiés par la complexité du contexte mondial.
Cinquième : La consolidation des achats d’or par les banques centrales, un consensus stratégique
Selon le WGC (World Gold Council), en 2025, les banques centrales ont acheté plus de 1200 tonnes d’or, leur quatrième année consécutive de dépassement du millier de tonnes. Plus important encore, dans leur rapport sur les réserves en or, 76 % des banques centrales interrogées indiquent qu’elles prévoient d’augmenter modérément ou significativement leur proportion d’or dans leurs réserves dans les cinq prochaines années, tout en anticipant une baisse de leur part en dollars.
Ce n’est pas un mouvement ponctuel, mais une transformation structurelle. L’achat d’or par les banques centrales traduit une défiance à long terme vis-à-vis du système dollar, une tendance qui ne disparaîtra pas en 2026.
Au-delà des politiques et des risques, qu’est-ce qui pousse encore le prix de l’or ?
Outre ces cinq forces structurelles, la hausse de l’or est aussi alimentée par le changement d’état d’esprit du marché et la liquidité.
Le niveau élevé d’endettement mondial limite l’espace de manœuvre des politiques
En 2025, la dette mondiale atteint 307 000 milliards de dollars (source : FMI). Ce niveau élevé limite la capacité des banques centrales à relever les taux, favorise une politique monétaire accommodante, et réduit les taux réels, renforçant indirectement l’attractivité de l’or. C’est une contrainte à long terme, mais aussi un support durable pour le métal précieux.
Les risques concentrés sur les marchés actions, la demande de couverture augmente
Les marchés boursiers sont à des niveaux records, avec peu de leaders, ce qui accroît le risque de concentration. Bien que cela n’implique pas forcément un krach imminent, une déception pourrait entraîner des conséquences disproportionnées. De nombreux investisseurs institutionnels et patrimoniaux détiennent de l’or pour diversifier et sécuriser leur portefeuille.
L’engouement médiatique et l’émotion collective
Les médias et les réseaux sociaux alimentent la spéculation et la peur, provoquant des flux massifs vers l’or à court terme, alimentant la hausse continue. Une partie de cette demande est réelle, une autre amplifiée par l’émotion.
L’émergence d’outils de trading flexibles
Les investisseurs ne se contentent plus d’un simple achat et détention, mais cherchent à ajuster leur position en temps réel, avec des instruments comme XAU/USD. Ces outils permettent une gestion plus dynamique, augmentant la liquidité et la réactivité du marché, mais aussi la volatilité.
Quelles stratégies pour différents profils d’investisseurs ?
Après avoir compris la dynamique, la question est : faut-il entrer maintenant ? La réponse dépend de votre profil et de votre tolérance au risque.
Pour les traders à court terme — profiter de la volatilité
Les traders expérimentés peuvent tirer parti des fluctuations pour réaliser des gains. La liquidité étant forte, il est plus facile d’identifier la direction à court terme, surtout lors de mouvements violents. La patience et la maîtrise des outils comme le calendrier économique (pour suivre les données américaines) sont essentielles.
Pour ceux qui veulent détenir de l’or physique à long terme — accepter la volatilité
L’achat d’or physique à long terme est une stratégie de conservation de valeur, mais il faut être prêt à supporter des fluctuations importantes. La tendance est haussière, mais la volatilité moyenne annuelle de 19,4 % doit être prise en compte, tout comme la possibilité de fluctuations extrêmes.
Pour une allocation dans un portefeuille — diversification
L’or peut faire partie d’un portefeuille, mais il ne faut pas en faire la majorité. La volatilité de l’or est comparable à celle des actions, donc une diversification est recommandée. L’or doit être une composante complémentaire, pas la pièce maîtresse.
Pour maximiser les gains — stratégie combinée long/short
Une approche avancée consiste à détenir une position longue tout en profitant des fluctuations à court terme, notamment autour des annonces économiques américaines. Cela demande expérience et gestion rigoureuse du risque.
Trois conseils clés pour gérer le risque :
Ne sous-estimez pas la volatilité : la volatilité annuelle moyenne de l’or est de 19,4 %, contre 14,7 % pour le S&P 500. La différence est significative.
Les cycles de l’or sont longs : en tant qu’outil de conservation, il faut envisager des horizons de plus de 10 ans. La valeur peut doubler ou être divisée par deux en cette période.
Les coûts de transaction sont importants : pour l’or physique, ils oscillent généralement entre 5 et 20 %, ce qui grève la rentabilité.
Prévisions des institutions et perspectives après 2026
En 2026, la majorité des analystes restent optimistes. Après la clôture des données de janvier, le prix spot de l’or se maintient au-dessus de 5150-5200 dollars l’once, sans signe de faiblesse. La tendance haussière, alimentée par les mêmes facteurs structurels, devrait se poursuivre.
Prévisions principales :
Prix moyen en 2026 : entre 5200 et 5600 dollars l’once (plusieurs institutions ont relevé leurs estimations)
Objectif de fin d’année : généralement entre 5400 et 5800 dollars, avec des prévisions optimistes allant jusqu’à 6500 dollars
Scénarios extrêmes : en cas de tensions géopolitiques accrues ou de forte dépréciation du dollar, certains, comme la Société Générale, envisagent un dépassement de 6500 dollars
Prévisions des grandes banques (février 2026) :
Goldman Sachs : hausse de l’objectif de fin d’année de 5400 à 5700 dollars, soutenue par l’achat continu des banques centrales et la baisse des rendements réels
JPMorgan : prévoit 5550 dollars au T4, soutenu par les flux ETF et la demande de sécurité
Citi : moyenne de 5800 dollars dans la seconde moitié, avec un potentiel jusqu’à 6200 dollars en cas de récession ou d’inflation élevée
UBS : objectif plus conservateur de 5300 dollars, mais admet que la baisse des taux pourrait faire monter le prix
World Gold Council / LBMA : prévision annuelle moyenne d’environ 5450 dollars, en hausse significative par rapport à 2025
Clés pour anticiper la trajectoire de l’or
La dynamique de l’or ne dépend pas d’un seul événement ou politique, mais de l’état d’équilibre global de l’économie mondiale. La poursuite des achats par les banques centrales depuis 2022 témoigne d’un doute profond sur le système dollar.
L’inflation persistante, la pression sur la dette et les tensions géopolitiques continueront en 2026, maintenant le fond du marché haussier à un niveau élevé, avec peu de risques de correction profonde.
Mais attention : la hausse de l’or n’est jamais linéaire. En 2025, une correction de 10-15 % a été provoquée par des ajustements de la politique de la Fed. En 2026, si les taux réels rebondissent ou si la crise s’atténue, des fluctuations importantes sont à prévoir. L’essentiel n’est pas de prévoir chaque mouvement, mais d’établir un système de surveillance efficace, évitant de suivre aveuglément l’actualité.
En définitive, anticiper la trajectoire de l’or revient à : comprendre les facteurs moteurs, évaluer sa propre tolérance au risque, et choisir une méthode d’engagement adaptée. L’or ne disparaîtra pas, les opportunités non plus, mais la sagesse dans la sélection déterminera votre équilibre entre gains et risques.