Après une inversion en V en 2025, le yen japonais continue de faire face à une pression à la baisse en 2026, ce qui suscite l’attention des investisseurs quant à son évolution. Le taux de change USD/JPY a brièvement dépassé la barre des 159, avant de se redresser après des déclarations des autorités japonaises, mais la reprise reste limitée. Quelles en sont les raisons ? Y a-t-il encore un potentiel de baisse pour le yen cette année ? Cet article vous propose une analyse détaillée.
Pourquoi le yen continue-t-il de subir une pression ? Trois forces expliquent la tendance
L’expansion de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon, moteur principal
La dépréciation du yen s’explique principalement par l’écart de taux d’intérêt entre les deux pays. Bien que la Banque du Japon ait augmenté ses taux à deux reprises en 2025, portant le taux directeur de 0,5 % à 0,75 %, cela reste bien en dessous du taux des fonds fédéraux américains. Cet écart important attire les investisseurs qui empruntent en yen à faible coût pour investir en dollars, recherchant des rendements plus élevés, ce qui crée une pression de vente continue sur le yen via des opérations d’arbitrage.
De plus, le marché reste prudent quant à la vitesse de la prochaine hausse des taux par la Banque du Japon. Même si le taux de 0,75 % atteint un sommet de près de 30 ans, les investisseurs anticipent un ralentissement du rythme de hausse, ce qui affaiblit encore davantage l’attractivité du yen.
La force relative du dollar
Au début de 2026, l’indice dollar affiche une forte performance, soutenu par la résilience de l’économie américaine, une inflation persistante et peu de perspectives de baisse des taux par la Fed. En revanche, en tant que monnaie à faible rendement, le yen subit naturellement une pression de vente dans un environnement de préférence au risque. Bien que les autorités japonaises aient répété leur vigilance face aux fluctuations du taux de change et évoqué une possible intervention, ces déclarations ne provoquent que des fluctuations à court terme, sans changer fondamentalement la tendance.
Les contraintes des fondamentaux économiques japonais
L’économie japonaise souffre d’une consommation intérieure faible, d’une croissance instable et d’une inflation importée qui maintient les prix à la hausse. Malgré des plans de relance budgétaire massifs, l’accroissement de la dette publique suscite des inquiétudes sur la stabilité fiscale. Ces fondamentaux limitent la marge de manœuvre de la Banque du Japon pour relever ses taux : un resserrement excessif pourrait nuire à la reprise économique. La banque adopte donc une posture prudente, ce qui perpétue la faiblesse du yen.
La difficulté de la Banque du Japon à relever ses taux : le 0,75 % peut-il inverser la tendance ?
Le 23 janvier 2026, la Banque du Japon a annoncé, comme prévu, maintenir son taux directeur à 0,75 %. Après cette décision, le yen s’est encore affaibli face au dollar, atteignant brièvement 158,61 JPY pour 1 USD, le seuil de 160 étant considéré comme une étape psychologique clé.
Le dilemme de la banque centrale est le suivant : augmenter les taux trop rapidement pourrait nuire à l’économie, mais une hausse insuffisante ne suffit pas à stopper la dépréciation du yen. Selon le responsable de la stratégie de change de JPMorgan au Japon, pour inverser la tendance, la Banque du Japon doit « résoudre le problème des taux d’intérêt réels négatifs, sans autre choix » — ce qui implique que le taux nominal doit dépasser le taux d’inflation. Or, à l’heure actuelle, le Japon est encore loin de cet objectif.
La politique de la Banque du Japon en 2026 tend vers une normalisation progressive, mais à un rythme lent. Si la croissance économique et l’inflation évoluent comme prévu, la banque pourrait relever ses taux modestement d’ici le milieu ou la fin de l’année, sans adopter de mesures radicales.
Divergences dans les prévisions des institutions : combien le yen peut-il encore baisser ?
Les principales banques d’investissement mondiales offrent des prévisions divergentes pour l’évolution du yen, reflétant la complexité des perspectives pour le Japon.
Morgan Stanley, pessimiste
Le responsable de la stratégie de change de Morgan Stanley au Japon estime que la situation est très critique, prédisant que le USD/JPY pourrait atteindre 164 d’ici la fin 2026. Il souligne que les fondamentaux du yen restent faibles, sans perspective de réelle amélioration, et que la hausse des taux dans d’autres grandes économies limite l’efficacité de la politique monétaire de la BoJ. La conjoncture cyclique pourrait même aggraver la faiblesse du yen.
BNP Paribas, prévision médiane
Le stratégiste de BNP Paribas pour les devises émergentes en Asie prévoit que le USD/JPY pourrait descendre à 160 d’ici la fin 2026, estimant que l’environnement macro mondial reste favorable au risque et que l’arbitrage continue d’attirer les investisseurs. La prudence de la BoJ et une Fed plus hawkish que prévu devraient soutenir la force du dollar.
Consensus du marché
Malgré ces divergences, la majorité des institutions s’accorde à penser que le yen ne disposera pas d’une forte reprise en 2026. La fourchette de 160-164 JPY pour la fin d’année constitue une cible principale, laissant une possibilité de nouvelle baisse, mais avec un rythme probablement plus modéré.
Signaux clés à surveiller pour les investisseurs
Pour ceux qui envisagent d’investir dans le yen ou de voyager au Japon, voici les facteurs à suivre de près :
Les orientations de la Fed
Une décélération de la croissance américaine ou une baisse significative de l’inflation pourrait accélérer la baisse des taux de la Fed, réduisant l’écart de taux avec le Japon et favorisant une appréciation du yen. À l’inverse, une économie américaine robuste maintiendra la force du dollar.
Les déclarations et décisions de la Banque du Japon
Les commentaires du gouverneur Ueda sont scrutés de près. Il faut suivre ses discours sur la politique monétaire, la croissance, l’inflation, car ils peuvent provoquer des mouvements à court terme du yen.
L’évolution du risque global
Les opérations d’arbitrage sont très sensibles à l’humeur du marché. En cas de correction des marchés actions ou obligataires, les investisseurs pourraient désengager leurs positions d’arbitrage, entraînant une forte appréciation du yen. Par exemple, une chute des marchés américains liée à des tensions commerciales peut renforcer le yen.
Les indicateurs économiques et l’inflation
Les données sur l’IPC, le PIB ou le PMI japonais sont à suivre attentivement. Une surprise positive de l’économie ou une inflation persistante pourrait justifier une hausse des taux par la BoJ, renforçant le yen. À l’inverse, une faiblesse prolongée continuerait de peser sur la devise.
Conseils d’investissement et précautions
Malgré la pression à la baisse à court terme, le yen devrait, à long terme, revenir à ses niveaux fondamentaux. Voici quelques recommandations :
Pour les consommateurs
Acheter le yen par tranches lors des baisses pour préparer des dépenses au Japon (voyages, shopping), afin d’éviter un achat unique à un taux défavorable.
Pour les traders en devises
Évaluer soigneusement leur tolérance au risque et leur situation financière. Se fixer des stops stricts, en tenant compte de la volatilité potentielle, notamment lors des opérations d’arbitrage, comme celles qui ont provoqué des turbulences en juillet 2024 lors de la hausse des taux.
Pour les investisseurs à long terme
Comprendre que la faiblesse du yen est liée à des facteurs structurels (écart de taux, croissance, inflation). La volatilité à court terme ne doit pas dissuader d’une allocation modérée en yen pour diversifier le portefeuille et profiter de gains en devises multiples.
En résumé
En 2026, le yen reste sous pression en raison de l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon, de la force du dollar et des fondamentaux économiques japonais. La Banque du Japon a commencé à relever ses taux, mais à un rythme prudent, tandis que la Fed maintient des taux élevés. Ce contexte rend difficile une inversion rapide de la tendance à la dépréciation du yen à court terme. Les prévisions de fin d’année (160-164) reflètent cette attente de poursuite de la faiblesse.
Cependant, la dynamique de dépréciation s’atténue, et l’ère du yen fortement affaibli semble derrière nous. À mesure que le marché digère ces politiques et ces données, le yen pourrait se stabiliser progressivement. Les investisseurs doivent rester vigilants, suivre l’évolution des discours des banques centrales, des indicateurs économiques et de l’humeur des marchés mondiaux, et ajuster leur stratégie en conséquence. Une compréhension claire des risques et une approche flexible sont essentielles pour naviguer dans la volatilité du yen.
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Perspectives du taux de change du yen japonais en 2026 : la lutte entre la politique de la banque centrale et la force du dollar américain
Après une inversion en V en 2025, le yen japonais continue de faire face à une pression à la baisse en 2026, ce qui suscite l’attention des investisseurs quant à son évolution. Le taux de change USD/JPY a brièvement dépassé la barre des 159, avant de se redresser après des déclarations des autorités japonaises, mais la reprise reste limitée. Quelles en sont les raisons ? Y a-t-il encore un potentiel de baisse pour le yen cette année ? Cet article vous propose une analyse détaillée.
Pourquoi le yen continue-t-il de subir une pression ? Trois forces expliquent la tendance
L’expansion de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon, moteur principal
La dépréciation du yen s’explique principalement par l’écart de taux d’intérêt entre les deux pays. Bien que la Banque du Japon ait augmenté ses taux à deux reprises en 2025, portant le taux directeur de 0,5 % à 0,75 %, cela reste bien en dessous du taux des fonds fédéraux américains. Cet écart important attire les investisseurs qui empruntent en yen à faible coût pour investir en dollars, recherchant des rendements plus élevés, ce qui crée une pression de vente continue sur le yen via des opérations d’arbitrage.
De plus, le marché reste prudent quant à la vitesse de la prochaine hausse des taux par la Banque du Japon. Même si le taux de 0,75 % atteint un sommet de près de 30 ans, les investisseurs anticipent un ralentissement du rythme de hausse, ce qui affaiblit encore davantage l’attractivité du yen.
La force relative du dollar
Au début de 2026, l’indice dollar affiche une forte performance, soutenu par la résilience de l’économie américaine, une inflation persistante et peu de perspectives de baisse des taux par la Fed. En revanche, en tant que monnaie à faible rendement, le yen subit naturellement une pression de vente dans un environnement de préférence au risque. Bien que les autorités japonaises aient répété leur vigilance face aux fluctuations du taux de change et évoqué une possible intervention, ces déclarations ne provoquent que des fluctuations à court terme, sans changer fondamentalement la tendance.
Les contraintes des fondamentaux économiques japonais
L’économie japonaise souffre d’une consommation intérieure faible, d’une croissance instable et d’une inflation importée qui maintient les prix à la hausse. Malgré des plans de relance budgétaire massifs, l’accroissement de la dette publique suscite des inquiétudes sur la stabilité fiscale. Ces fondamentaux limitent la marge de manœuvre de la Banque du Japon pour relever ses taux : un resserrement excessif pourrait nuire à la reprise économique. La banque adopte donc une posture prudente, ce qui perpétue la faiblesse du yen.
La difficulté de la Banque du Japon à relever ses taux : le 0,75 % peut-il inverser la tendance ?
Le 23 janvier 2026, la Banque du Japon a annoncé, comme prévu, maintenir son taux directeur à 0,75 %. Après cette décision, le yen s’est encore affaibli face au dollar, atteignant brièvement 158,61 JPY pour 1 USD, le seuil de 160 étant considéré comme une étape psychologique clé.
Le dilemme de la banque centrale est le suivant : augmenter les taux trop rapidement pourrait nuire à l’économie, mais une hausse insuffisante ne suffit pas à stopper la dépréciation du yen. Selon le responsable de la stratégie de change de JPMorgan au Japon, pour inverser la tendance, la Banque du Japon doit « résoudre le problème des taux d’intérêt réels négatifs, sans autre choix » — ce qui implique que le taux nominal doit dépasser le taux d’inflation. Or, à l’heure actuelle, le Japon est encore loin de cet objectif.
La politique de la Banque du Japon en 2026 tend vers une normalisation progressive, mais à un rythme lent. Si la croissance économique et l’inflation évoluent comme prévu, la banque pourrait relever ses taux modestement d’ici le milieu ou la fin de l’année, sans adopter de mesures radicales.
Divergences dans les prévisions des institutions : combien le yen peut-il encore baisser ?
Les principales banques d’investissement mondiales offrent des prévisions divergentes pour l’évolution du yen, reflétant la complexité des perspectives pour le Japon.
Morgan Stanley, pessimiste
Le responsable de la stratégie de change de Morgan Stanley au Japon estime que la situation est très critique, prédisant que le USD/JPY pourrait atteindre 164 d’ici la fin 2026. Il souligne que les fondamentaux du yen restent faibles, sans perspective de réelle amélioration, et que la hausse des taux dans d’autres grandes économies limite l’efficacité de la politique monétaire de la BoJ. La conjoncture cyclique pourrait même aggraver la faiblesse du yen.
BNP Paribas, prévision médiane
Le stratégiste de BNP Paribas pour les devises émergentes en Asie prévoit que le USD/JPY pourrait descendre à 160 d’ici la fin 2026, estimant que l’environnement macro mondial reste favorable au risque et que l’arbitrage continue d’attirer les investisseurs. La prudence de la BoJ et une Fed plus hawkish que prévu devraient soutenir la force du dollar.
Consensus du marché
Malgré ces divergences, la majorité des institutions s’accorde à penser que le yen ne disposera pas d’une forte reprise en 2026. La fourchette de 160-164 JPY pour la fin d’année constitue une cible principale, laissant une possibilité de nouvelle baisse, mais avec un rythme probablement plus modéré.
Signaux clés à surveiller pour les investisseurs
Pour ceux qui envisagent d’investir dans le yen ou de voyager au Japon, voici les facteurs à suivre de près :
Les orientations de la Fed
Une décélération de la croissance américaine ou une baisse significative de l’inflation pourrait accélérer la baisse des taux de la Fed, réduisant l’écart de taux avec le Japon et favorisant une appréciation du yen. À l’inverse, une économie américaine robuste maintiendra la force du dollar.
Les déclarations et décisions de la Banque du Japon
Les commentaires du gouverneur Ueda sont scrutés de près. Il faut suivre ses discours sur la politique monétaire, la croissance, l’inflation, car ils peuvent provoquer des mouvements à court terme du yen.
L’évolution du risque global
Les opérations d’arbitrage sont très sensibles à l’humeur du marché. En cas de correction des marchés actions ou obligataires, les investisseurs pourraient désengager leurs positions d’arbitrage, entraînant une forte appréciation du yen. Par exemple, une chute des marchés américains liée à des tensions commerciales peut renforcer le yen.
Les indicateurs économiques et l’inflation
Les données sur l’IPC, le PIB ou le PMI japonais sont à suivre attentivement. Une surprise positive de l’économie ou une inflation persistante pourrait justifier une hausse des taux par la BoJ, renforçant le yen. À l’inverse, une faiblesse prolongée continuerait de peser sur la devise.
Conseils d’investissement et précautions
Malgré la pression à la baisse à court terme, le yen devrait, à long terme, revenir à ses niveaux fondamentaux. Voici quelques recommandations :
Pour les consommateurs
Acheter le yen par tranches lors des baisses pour préparer des dépenses au Japon (voyages, shopping), afin d’éviter un achat unique à un taux défavorable.
Pour les traders en devises
Évaluer soigneusement leur tolérance au risque et leur situation financière. Se fixer des stops stricts, en tenant compte de la volatilité potentielle, notamment lors des opérations d’arbitrage, comme celles qui ont provoqué des turbulences en juillet 2024 lors de la hausse des taux.
Pour les investisseurs à long terme
Comprendre que la faiblesse du yen est liée à des facteurs structurels (écart de taux, croissance, inflation). La volatilité à court terme ne doit pas dissuader d’une allocation modérée en yen pour diversifier le portefeuille et profiter de gains en devises multiples.
En résumé
En 2026, le yen reste sous pression en raison de l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon, de la force du dollar et des fondamentaux économiques japonais. La Banque du Japon a commencé à relever ses taux, mais à un rythme prudent, tandis que la Fed maintient des taux élevés. Ce contexte rend difficile une inversion rapide de la tendance à la dépréciation du yen à court terme. Les prévisions de fin d’année (160-164) reflètent cette attente de poursuite de la faiblesse.
Cependant, la dynamique de dépréciation s’atténue, et l’ère du yen fortement affaibli semble derrière nous. À mesure que le marché digère ces politiques et ces données, le yen pourrait se stabiliser progressivement. Les investisseurs doivent rester vigilants, suivre l’évolution des discours des banques centrales, des indicateurs économiques et de l’humeur des marchés mondiaux, et ajuster leur stratégie en conséquence. Une compréhension claire des risques et une approche flexible sont essentielles pour naviguer dans la volatilité du yen.