Perspectives sur l'évolution du taux de change euro en 20 ans pour saisir les opportunités d'investissement : comment trois tournants ont remodelé le paysage du marché
L’euro, en tant que deuxième réserve mondiale après le dollar américain, est en circulation depuis plus de 20 ans, ayant traversé plusieurs cycles économiques. De la volatilité extrême lors de la crise financière de 2008, aux impacts persistants de la crise de la dette souveraine européenne, puis aux chocs récents liés à la guerre russo-ukrainienne et à la crise énergétique, la trajectoire de l’euro reflète les fluctuations de l’économie mondiale. Cet article analysera l’évolution de la tendance de l’euro à travers trois points de basculement clés, afin d’offrir une référence pour les investissements des cinq prochaines années.
La première décennie : d’une longue chute après la crise financière à la crise de la dette souveraine
Le sommet historique de juillet 2008 — le point culminant de la tendance de l’euro
En juillet 2008, le taux de change euro/dollar atteignait un sommet historique de 1,6038. À cette époque, la crise des prêts subprimes aux États-Unis éclatait pleinement, provoquant une forte turbulence sur les marchés financiers mondiaux.
Pourquoi le sommet coïncide-t-il avec la crise ? À cette période, l’économie européenne était relativement stable, et les investisseurs étaient optimistes quant aux perspectives économiques de la zone euro, ce qui a entraîné un afflux de capitaux vers l’euro. Cependant, ce pic marquait en réalité le point critique avant la tempête.
Comment la crise a-t-elle balayé la zone euro :
L’impact de la crise financière sur l’euro a été bien plus profond que ce que l’on pensait. D’abord, le système bancaire européen était largement exposé aux dérivés de prêts subprimes américains, avec des actifs de grandes banques transnationales fortement dévalués, ce qui a rapidement rompu la chaîne de crédit. Ensuite, la confiance mondiale s’est effondrée, les banques ont resserré leur crédit, rendant le financement des entreprises et des consommateurs en zone euro difficile, ce qui a freiné la croissance économique.
Pour faire face, la BCE a lancé à l’automne 2008 une politique historique de baisse des taux et de quantitative easing. Si ces mesures ont stabilisé les marchés, elles ont aussi exercé une pression à la baisse sur l’euro — un environnement de faibles taux attirant les capitaux vers les États-Unis pour des rendements plus élevés.
Une menace plus profonde venait de l’intérieur de l’Europe. Après la crise, les déficits publics ont explosé, la dette souveraine s’est rapidement accumulée. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie ont connu des crises de dette souveraine successives, ce qui a commencé à éroder la confiance dans la pérennité de l’euro. La tendance de l’euro est alors entrée dans une phase de dépréciation prolongée.
La deuxième décennie : inversion du creux et recherche d’un nouvel équilibre
Le point bas de janvier 2017 — la fin d’une baisse de près de dix ans
Après près de neuf ans de déclin continu, le taux de change euro/dollar a atteint 1,034 en janvier 2017, son niveau le plus bas depuis le début du siècle. Par rapport au sommet de 2008, l’euro s’était déprécié de plus de 35 %.
Mais c’est justement ce point bas qui marque une étape cruciale.
Premièrement, la menace de la crise de la dette souveraine s’était largement atténuée. La Grèce, après plusieurs plans de sauvetage, avait retrouvé une capacité de financement ; l’Espagne, le Portugal montraient des signes de reprise. La politique accommodante de la BCE commençait à porter ses fruits — l’indice PMI manufacturier dépassait 55, le taux de chômage dans la zone euro était retombé sous 10 %, et les indicateurs économiques s’amélioraient globalement.
Deuxièmement, l’incertitude politique s’était apaisée. En début 2017, le Brexit était lancé, mais les deux parties cherchaient un accord, ce qui a réduit la crainte d’un Brexit désordonné. Par ailleurs, la France et l’Allemagne s’apprêtaient à tenir des élections majeures, avec une majorité pro-européenne attendue, renforçant la confiance dans la zone euro.
Plus important encore, l’arrivée du nouveau gouvernement américain a accru l’incertitude politique, poussant une partie des capitaux vers des actifs perçus comme plus sûrs, notamment l’euro.
Le sommet de février 2018 — un rebond temporaire
En février 2018, l’euro/dollar atteignait 1,2556, un sommet de près de trois ans, traduisant un regain de confiance dans l’économie européenne.
Mais cette hausse a été de courte durée. Les raisons :
Changement de politique aux États-Unis : la Fed a accéléré la hausse des taux en 2018, renforçant le dollar, ce qui a exercé une pression à la baisse sur l’euro.
Ralentissement de la croissance en Europe : après un pic à 3,1 % au T4 2017, la croissance a commencé à ralentir, le PMI manufacturier a reculé de ses niveaux élevés, traduisant une perte de dynamisme.
Risques politiques : la formation du gouvernement populiste en Italie, avec le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord, a suscité des inquiétudes sur la stabilité fiscale de l’Italie, troisième économie de la zone euro, ce qui a pesé sur la confiance des investisseurs.
Depuis, l’euro a entamé une phase de consolidation.
La nouvelle faiblesse de septembre 2022 — choc énergétique et guerre russo-ukrainienne
En septembre 2022, l’euro/dollar a chuté à 0,9536, un plus bas de 20 ans. Ce déclin a été provoqué par des facteurs très différents.
Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’approvisionnement énergétique de l’Europe a été gravement perturbé. Les prix du gaz naturel et du pétrole ont explosé, atteignant des sommets historiques, ce qui a lourdement pesé sur l’industrie et le coût de la vie. La crise énergétique a directement alimenté l’inflation, forçant la BCE à faire face à un dilemme : relever les taux pour maîtriser l’inflation, au risque de plonger l’économie dans la récession, ou ne pas relever et laisser l’inflation s’envoler.
Le marché a renforcé ses positions de précaution, les capitaux se sont massivement tournés vers le dollar, considéré comme refuge.
Mais une lueur d’espoir est apparue :
En juillet et septembre 2022, la BCE a relevé ses taux, mettant fin à huit années de taux négatifs. Ce changement historique a envoyé un signal fort : la BCE est déterminée à lutter contre l’inflation, en se tenant aux côtés de la Fed.
Avec l’ajustement progressif des approvisionnements énergétiques, les prix du gaz et du pétrole ont fortement reculé dans la seconde moitié de l’année, atténuant la crise énergétique et réduisant le risque de récession. L’euro a alors amorcé une tendance de rebond.
La nouvelle perspective pour 2026 : l’état actuel de la tendance de l’euro
Au début de 2026, la tendance de l’euro s’est stabilisée dans une nouvelle zone d’équilibre. Comparée aux fluctuations spectaculaires des 20 dernières années, la marché cherche désormais un nouveau point d’équilibre.
La divergence des politiques monétaires : après le début du cycle de baisse des taux par la Fed fin 2023, la BCE maintient une politique prudente, avec des taux relativement élevés pour lutter contre l’inflation structurelle. Cette divergence profite à l’euro à court terme, car la baisse des taux américains dans 3 à 5 ans pourrait entraîner une baisse du dollar, ce qui serait favorable à l’euro.
Les défis fondamentaux : la croissance économique de la zone euro reste faible, le PMI manufacturier oscille sous le seuil de croissance, témoignant d’un manque de dynamisme. Par ailleurs, l’incertitude géopolitique est devenue une norme — guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, divergences politiques transatlantiques — ces facteurs impactent régulièrement la confiance du marché.
Les problèmes structurels non résolus : vieillissement démographique, pénurie de main-d’œuvre, faible croissance de la productivité, ces enjeux profonds limitent le potentiel de hausse à long terme de l’euro.
Perspectives pour les cinq prochaines années : qui dominera la tendance de l’euro ?
Facteurs favorables à l’euro
1. La normalisation progressive de la politique monétaire : avec la Fed qui pourrait continuer à assouplir sa politique, la BCE, en maintenant des taux plus élevés, attirera des capitaux en quête de rendement, soutenant l’euro.
2. Supports techniques à la baisse : l’euro, autour de 0,95, bénéficie de plusieurs niveaux de support techniques, rendant une chute brutale peu probable à court terme.
3. La reprise du risque global : si le risque de récession mondiale diminue, les capitaux de refuge reviendront vers les actifs à forte croissance, ce qui profitera aux exportations européennes et soutiendra l’euro.
Facteurs limitant l’euro
1. La faiblesse de la croissance intrinsèque : l’Europe ne dispose pas d’un moteur de croissance comparable à celui des marchés émergents, ce qui limite l’attractivité des flux de capitaux.
2. La volatilité géopolitique : toute nouvelle crise pourrait faire revenir les capitaux vers les États-Unis, inversant rapidement la tendance de l’euro.
3. Les divisions politiques internes : divergences accrues entre les membres de la zone euro sur la politique fiscale, l’immigration, ou la relation avec la Chine, peuvent devenir des risques politiques.
La scénarisation probable
En intégrant ces facteurs, la tendance de l’euro sur cinq ans pourrait osciller dans une fourchette « latérale, avec une légère tendance à la hausse ». En scénario optimiste (atterrissage en douceur de l’économie mondiale, dollar faible), l’euro pourrait atteindre 1,15-1,20. En scénario pessimiste (nouvelle crise financière, aggravation des tensions géopolitiques), il pourrait retomber vers 0,90.
Mais la tendance la plus probable est une oscillation étroite entre 1,00 et 1,10, avec des tentatives ponctuelles de dépasser 1,15, mais sans persistance au-delà de 1,20.
Cinq stratégies d’investissement en euro : comparaison
Pour ceux qui souhaitent investir dans l’euro, voici les principales options actuelles :
Option 1 : Comptes de change bancaires
Ouvrir un compte en devises dans une banque taïwanaise ou une banque internationale, pour acheter ou vendre des euros. Avantages : sécurité, régulation transparente. Inconvénients : options limitées (souvent achat seul, pas vente à découvert), effet de levier limité, spreads larges. Convient aux investisseurs prudents, avec un capital important.
Option 2 : Plateformes CFD
Trader via un courtier en devises proposant des CFD. Avantages : levier flexible, possibilité de vendre ou acheter, coûts faibles. Inconvénients : risque élevé, choix de plateforme crucial. Adapté aux investisseurs ayant une connaissance de base du marché des devises.
Option 3 : Services de change via courtiers en valeurs mobilières
Certains courtiers taïwanais proposent des services de change, via des plateformes dédiées. Avantages : régulation claire, canaux officiels. Inconvénients : gamme limitée, horaires de trading restreints.
Option 4 : Contrats à terme (futures)
Trader des contrats à terme sur devises sur une bourse spécialisée. Avantages : standardisation, transparence, levier fixe. Inconvénients : flexibilité limitée, liquidité parfois faible. Réservé aux investisseurs expérimentés en futures.
Option 5 : Achat d’espèces ou chèques de voyage en euros
Solution la plus conservatrice, pour une détention à long terme ou en cas d’urgence. Inconvénients : coûts élevés (frais de change, de stockage), rendement nul.
Conseils finaux
En rétrospective des 20 ans de l’évolution de l’euro, trois enseignements clés méritent d’être retenus :
Premier : la macroéconomie ne fait pas tout. En 2008, l’euro a atteint un sommet alors que le marché anticipait une croissance solide en Europe, mais la décennie suivante a été marquée par une chute prolongée. À l’inverse, en janvier 2017, lors du creux, beaucoup pensaient que l’Europe était condamnée, mais l’euro a rebondi.
Deuxième : les changements de politique monétaire précèdent souvent les attentes du marché. La hausse des taux par la BCE en fin 2022 a été un signal fort que l’euro était en train de se stabiliser. Il faut suivre attentivement le ton des banques centrales, plutôt que de se laisser guider par le pessimisme ambiant.
Troisième : la géopolitique est devenue une norme. Depuis deux décennies, crises financières, crises de la dette, guerre en Ukraine, tout cela influence fortement la valeur de l’euro. Dans les cinq prochaines années, il est essentiel d’intégrer ces risques dans la prise de décision.
Pour un investissement à moyen terme, il peut être judicieux de constituer une position en euro dans la fourchette 1,00-1,10, avec un objectif autour de 1,15-1,20, tout en fixant un stop-loss à 0,95 pour faire face à d’éventuels événements géopolitiques imprévus.
L’investissement en euro ne consiste pas à prévoir précisément le sommet ou le creux, mais à comprendre les forces motrices et à saisir les opportunités cycliques dans une gestion des risques maîtrisée.
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Perspectives sur l'évolution du taux de change euro en 20 ans pour saisir les opportunités d'investissement : comment trois tournants ont remodelé le paysage du marché
L’euro, en tant que deuxième réserve mondiale après le dollar américain, est en circulation depuis plus de 20 ans, ayant traversé plusieurs cycles économiques. De la volatilité extrême lors de la crise financière de 2008, aux impacts persistants de la crise de la dette souveraine européenne, puis aux chocs récents liés à la guerre russo-ukrainienne et à la crise énergétique, la trajectoire de l’euro reflète les fluctuations de l’économie mondiale. Cet article analysera l’évolution de la tendance de l’euro à travers trois points de basculement clés, afin d’offrir une référence pour les investissements des cinq prochaines années.
La première décennie : d’une longue chute après la crise financière à la crise de la dette souveraine
Le sommet historique de juillet 2008 — le point culminant de la tendance de l’euro
En juillet 2008, le taux de change euro/dollar atteignait un sommet historique de 1,6038. À cette époque, la crise des prêts subprimes aux États-Unis éclatait pleinement, provoquant une forte turbulence sur les marchés financiers mondiaux.
Pourquoi le sommet coïncide-t-il avec la crise ? À cette période, l’économie européenne était relativement stable, et les investisseurs étaient optimistes quant aux perspectives économiques de la zone euro, ce qui a entraîné un afflux de capitaux vers l’euro. Cependant, ce pic marquait en réalité le point critique avant la tempête.
Comment la crise a-t-elle balayé la zone euro :
L’impact de la crise financière sur l’euro a été bien plus profond que ce que l’on pensait. D’abord, le système bancaire européen était largement exposé aux dérivés de prêts subprimes américains, avec des actifs de grandes banques transnationales fortement dévalués, ce qui a rapidement rompu la chaîne de crédit. Ensuite, la confiance mondiale s’est effondrée, les banques ont resserré leur crédit, rendant le financement des entreprises et des consommateurs en zone euro difficile, ce qui a freiné la croissance économique.
Pour faire face, la BCE a lancé à l’automne 2008 une politique historique de baisse des taux et de quantitative easing. Si ces mesures ont stabilisé les marchés, elles ont aussi exercé une pression à la baisse sur l’euro — un environnement de faibles taux attirant les capitaux vers les États-Unis pour des rendements plus élevés.
Une menace plus profonde venait de l’intérieur de l’Europe. Après la crise, les déficits publics ont explosé, la dette souveraine s’est rapidement accumulée. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie ont connu des crises de dette souveraine successives, ce qui a commencé à éroder la confiance dans la pérennité de l’euro. La tendance de l’euro est alors entrée dans une phase de dépréciation prolongée.
La deuxième décennie : inversion du creux et recherche d’un nouvel équilibre
Le point bas de janvier 2017 — la fin d’une baisse de près de dix ans
Après près de neuf ans de déclin continu, le taux de change euro/dollar a atteint 1,034 en janvier 2017, son niveau le plus bas depuis le début du siècle. Par rapport au sommet de 2008, l’euro s’était déprécié de plus de 35 %.
Mais c’est justement ce point bas qui marque une étape cruciale.
Premièrement, la menace de la crise de la dette souveraine s’était largement atténuée. La Grèce, après plusieurs plans de sauvetage, avait retrouvé une capacité de financement ; l’Espagne, le Portugal montraient des signes de reprise. La politique accommodante de la BCE commençait à porter ses fruits — l’indice PMI manufacturier dépassait 55, le taux de chômage dans la zone euro était retombé sous 10 %, et les indicateurs économiques s’amélioraient globalement.
Deuxièmement, l’incertitude politique s’était apaisée. En début 2017, le Brexit était lancé, mais les deux parties cherchaient un accord, ce qui a réduit la crainte d’un Brexit désordonné. Par ailleurs, la France et l’Allemagne s’apprêtaient à tenir des élections majeures, avec une majorité pro-européenne attendue, renforçant la confiance dans la zone euro.
Plus important encore, l’arrivée du nouveau gouvernement américain a accru l’incertitude politique, poussant une partie des capitaux vers des actifs perçus comme plus sûrs, notamment l’euro.
Le sommet de février 2018 — un rebond temporaire
En février 2018, l’euro/dollar atteignait 1,2556, un sommet de près de trois ans, traduisant un regain de confiance dans l’économie européenne.
Mais cette hausse a été de courte durée. Les raisons :
Changement de politique aux États-Unis : la Fed a accéléré la hausse des taux en 2018, renforçant le dollar, ce qui a exercé une pression à la baisse sur l’euro.
Ralentissement de la croissance en Europe : après un pic à 3,1 % au T4 2017, la croissance a commencé à ralentir, le PMI manufacturier a reculé de ses niveaux élevés, traduisant une perte de dynamisme.
Risques politiques : la formation du gouvernement populiste en Italie, avec le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord, a suscité des inquiétudes sur la stabilité fiscale de l’Italie, troisième économie de la zone euro, ce qui a pesé sur la confiance des investisseurs.
Depuis, l’euro a entamé une phase de consolidation.
La nouvelle faiblesse de septembre 2022 — choc énergétique et guerre russo-ukrainienne
En septembre 2022, l’euro/dollar a chuté à 0,9536, un plus bas de 20 ans. Ce déclin a été provoqué par des facteurs très différents.
Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’approvisionnement énergétique de l’Europe a été gravement perturbé. Les prix du gaz naturel et du pétrole ont explosé, atteignant des sommets historiques, ce qui a lourdement pesé sur l’industrie et le coût de la vie. La crise énergétique a directement alimenté l’inflation, forçant la BCE à faire face à un dilemme : relever les taux pour maîtriser l’inflation, au risque de plonger l’économie dans la récession, ou ne pas relever et laisser l’inflation s’envoler.
Le marché a renforcé ses positions de précaution, les capitaux se sont massivement tournés vers le dollar, considéré comme refuge.
Mais une lueur d’espoir est apparue :
En juillet et septembre 2022, la BCE a relevé ses taux, mettant fin à huit années de taux négatifs. Ce changement historique a envoyé un signal fort : la BCE est déterminée à lutter contre l’inflation, en se tenant aux côtés de la Fed.
Avec l’ajustement progressif des approvisionnements énergétiques, les prix du gaz et du pétrole ont fortement reculé dans la seconde moitié de l’année, atténuant la crise énergétique et réduisant le risque de récession. L’euro a alors amorcé une tendance de rebond.
La nouvelle perspective pour 2026 : l’état actuel de la tendance de l’euro
Au début de 2026, la tendance de l’euro s’est stabilisée dans une nouvelle zone d’équilibre. Comparée aux fluctuations spectaculaires des 20 dernières années, la marché cherche désormais un nouveau point d’équilibre.
La divergence des politiques monétaires : après le début du cycle de baisse des taux par la Fed fin 2023, la BCE maintient une politique prudente, avec des taux relativement élevés pour lutter contre l’inflation structurelle. Cette divergence profite à l’euro à court terme, car la baisse des taux américains dans 3 à 5 ans pourrait entraîner une baisse du dollar, ce qui serait favorable à l’euro.
Les défis fondamentaux : la croissance économique de la zone euro reste faible, le PMI manufacturier oscille sous le seuil de croissance, témoignant d’un manque de dynamisme. Par ailleurs, l’incertitude géopolitique est devenue une norme — guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, divergences politiques transatlantiques — ces facteurs impactent régulièrement la confiance du marché.
Les problèmes structurels non résolus : vieillissement démographique, pénurie de main-d’œuvre, faible croissance de la productivité, ces enjeux profonds limitent le potentiel de hausse à long terme de l’euro.
Perspectives pour les cinq prochaines années : qui dominera la tendance de l’euro ?
Facteurs favorables à l’euro
1. La normalisation progressive de la politique monétaire : avec la Fed qui pourrait continuer à assouplir sa politique, la BCE, en maintenant des taux plus élevés, attirera des capitaux en quête de rendement, soutenant l’euro.
2. Supports techniques à la baisse : l’euro, autour de 0,95, bénéficie de plusieurs niveaux de support techniques, rendant une chute brutale peu probable à court terme.
3. La reprise du risque global : si le risque de récession mondiale diminue, les capitaux de refuge reviendront vers les actifs à forte croissance, ce qui profitera aux exportations européennes et soutiendra l’euro.
Facteurs limitant l’euro
1. La faiblesse de la croissance intrinsèque : l’Europe ne dispose pas d’un moteur de croissance comparable à celui des marchés émergents, ce qui limite l’attractivité des flux de capitaux.
2. La volatilité géopolitique : toute nouvelle crise pourrait faire revenir les capitaux vers les États-Unis, inversant rapidement la tendance de l’euro.
3. Les divisions politiques internes : divergences accrues entre les membres de la zone euro sur la politique fiscale, l’immigration, ou la relation avec la Chine, peuvent devenir des risques politiques.
La scénarisation probable
En intégrant ces facteurs, la tendance de l’euro sur cinq ans pourrait osciller dans une fourchette « latérale, avec une légère tendance à la hausse ». En scénario optimiste (atterrissage en douceur de l’économie mondiale, dollar faible), l’euro pourrait atteindre 1,15-1,20. En scénario pessimiste (nouvelle crise financière, aggravation des tensions géopolitiques), il pourrait retomber vers 0,90.
Mais la tendance la plus probable est une oscillation étroite entre 1,00 et 1,10, avec des tentatives ponctuelles de dépasser 1,15, mais sans persistance au-delà de 1,20.
Cinq stratégies d’investissement en euro : comparaison
Pour ceux qui souhaitent investir dans l’euro, voici les principales options actuelles :
Option 1 : Comptes de change bancaires
Ouvrir un compte en devises dans une banque taïwanaise ou une banque internationale, pour acheter ou vendre des euros. Avantages : sécurité, régulation transparente. Inconvénients : options limitées (souvent achat seul, pas vente à découvert), effet de levier limité, spreads larges. Convient aux investisseurs prudents, avec un capital important.
Option 2 : Plateformes CFD
Trader via un courtier en devises proposant des CFD. Avantages : levier flexible, possibilité de vendre ou acheter, coûts faibles. Inconvénients : risque élevé, choix de plateforme crucial. Adapté aux investisseurs ayant une connaissance de base du marché des devises.
Option 3 : Services de change via courtiers en valeurs mobilières
Certains courtiers taïwanais proposent des services de change, via des plateformes dédiées. Avantages : régulation claire, canaux officiels. Inconvénients : gamme limitée, horaires de trading restreints.
Option 4 : Contrats à terme (futures)
Trader des contrats à terme sur devises sur une bourse spécialisée. Avantages : standardisation, transparence, levier fixe. Inconvénients : flexibilité limitée, liquidité parfois faible. Réservé aux investisseurs expérimentés en futures.
Option 5 : Achat d’espèces ou chèques de voyage en euros
Solution la plus conservatrice, pour une détention à long terme ou en cas d’urgence. Inconvénients : coûts élevés (frais de change, de stockage), rendement nul.
Conseils finaux
En rétrospective des 20 ans de l’évolution de l’euro, trois enseignements clés méritent d’être retenus :
Premier : la macroéconomie ne fait pas tout. En 2008, l’euro a atteint un sommet alors que le marché anticipait une croissance solide en Europe, mais la décennie suivante a été marquée par une chute prolongée. À l’inverse, en janvier 2017, lors du creux, beaucoup pensaient que l’Europe était condamnée, mais l’euro a rebondi.
Deuxième : les changements de politique monétaire précèdent souvent les attentes du marché. La hausse des taux par la BCE en fin 2022 a été un signal fort que l’euro était en train de se stabiliser. Il faut suivre attentivement le ton des banques centrales, plutôt que de se laisser guider par le pessimisme ambiant.
Troisième : la géopolitique est devenue une norme. Depuis deux décennies, crises financières, crises de la dette, guerre en Ukraine, tout cela influence fortement la valeur de l’euro. Dans les cinq prochaines années, il est essentiel d’intégrer ces risques dans la prise de décision.
Pour un investissement à moyen terme, il peut être judicieux de constituer une position en euro dans la fourchette 1,00-1,10, avec un objectif autour de 1,15-1,20, tout en fixant un stop-loss à 0,95 pour faire face à d’éventuels événements géopolitiques imprévus.
L’investissement en euro ne consiste pas à prévoir précisément le sommet ou le creux, mais à comprendre les forces motrices et à saisir les opportunités cycliques dans une gestion des risques maîtrisée.