L’AUD a autrefois été synonyme de monnaie à haut rendement, attirant les flux de capitaux mondiaux et les traders de carry trade. Cependant, à long terme, cette devise autrefois prospère n’a pas réussi à retrouver ses sommets historiques. Depuis le pic de 1,05 en début 2013, l’AUD face au dollar a perdu plus de 35 % en dix ans, tandis que l’indice dollar américain a augmenté de 28,35 %. Ce n’est pas seulement une anomalie de l’AUD, mais une tendance mondiale de dollar fort qui écrase tous ses concurrents.
Le déclin de l’AUD n’est pas une correction temporaire, mais reflète des changements structurels profonds. Même si en 2025 l’AUD s’est apprécié de 5-7 %, atteignant brièvement 0,6636, cette reprise semble insuffisante pour inverser la tendance de fond. À chaque fois que l’AUD approche de ses anciens sommets, la pression vendeuse s’intensifie, témoignant du manque de confiance durable des investisseurs dans cette devise.
Plus de 35 % de dépréciation en dix ans : pourquoi même en rebond, l’AUD peine à se stabiliser
La faiblesse de l’AUD ne résulte pas d’un seul facteur, mais d’une combinaison de plusieurs difficultés. Premièrement, l’écart de taux entre la RBA et la Fed n’est plus aussi attractif. Autrefois, les taux australiens étaient nettement supérieurs à ceux des États-Unis, ce qui attirait les carry traders. Aujourd’hui, cet avantage s’est considérablement réduit, et la convergence des écarts de taux est en cours.
Deuxièmement, le soutien apporté par les prix des matières premières a changé. En tant que principal exportateur de minerai de fer, charbon et énergie, l’économie australienne dépend fortement des prix des commodités. Cependant, la croissance chinoise ralentit, réduisant la demande pour ces matières. Bien que les prix du minerai de fer et de l’or aient rebondi en 2025, cette reprise est insuffisante pour compenser la faiblesse structurelle de la demande à moyen et long terme.
Enfin, la supériorité structurelle du dollar américain demeure. Avec des taux plus élevés, une économie relativement robuste et une pression sur les actifs risqués, le dollar continue de s’apprécier. Dans ce contexte, même si les fondamentaux de l’AUD ne se dégradent pas, la devise reste vulnérable aux fluctuations du sentiment mondial de risque. En d’autres termes, la chute de l’AUD n’est pas due à une faiblesse intrinsèque, mais à la force du dollar.
Disparition de l’écart de taux, déboires des matières premières, domination du dollar : le triple défi de l’AUD
Pour comprendre pourquoi l’AUD « ne peut pas revenir », il faut analyser les trois forces majeures qui ont façonné sa trajectoire, ainsi que leur évolution actuelle :
Premier défi : la disparition de l’avantage de l’écart de taux
Le taux cash de la RBA est d’environ 3,60 %, avec des prévisions pour 2026 d’une nouvelle hausse possible, la Fed ayant également laissé entendre une possible pause ou une nouvelle hausse. Bien que cela maintienne l’écart de taux élevé, l’incertitude demeure. Si l’économie américaine résiste mieux que prévu, la Fed pourrait suspendre ou reprendre la hausse des taux, réduisant ainsi l’écart avec l’Australie. Pour les traders basés sur le carry, cela diminuerait l’attractivité de l’AUD.
Deuxième défi : la dégradation structurelle du statut de monnaie de matières premières
L’économie australienne est trop concentrée sur l’exportation de matières premières, ce qui aurait pu être un avantage. Mais dans un contexte de commerce mondial dégradé, cela devient un handicap. La politique protectionniste américaine, le ralentissement de la croissance mondiale, notamment en Chine, impactent directement les perspectives d’exportation de l’Australie. La hausse à court terme des prix du minerai de fer peut se produire, mais la tendance à long terme reste sous pression en raison d’une demande industrielle mondiale faible. La dynamique de l’AUD en tant que monnaie de matières premières s’affaiblit.
Troisième défi : la persistance de l’aversion au risque mondiale
Dans un environnement de risque accru, les investisseurs privilégient le dollar et autres actifs refuges plutôt que l’AUD. La faiblesse des prix de l’énergie, les perspectives économiques incertaines, alimentent la fuite vers la sécurité du dollar. Même avec des taux d’intérêt attractifs, l’AUD peine à attirer à nouveau les capitaux refuges.
La question de 2026 : l’AUD peut-elle se redresser ? Divergences entre prévisions optimistes et prudentes
Les analystes sont divisés quant à l’avenir de l’AUD, ce qui reflète l’incertitude de sa trajectoire.
Optimistes :
Morgan Stanley prévoit que l’AUD face au dollar pourrait atteindre 0,72 fin 2025, en se basant sur une politique monétaire australienne hawkish et le soutien des prix des matières premières. Selon le modèle de Traders Union, la moyenne pour fin 2026 serait d’environ 0,6875 (intervalle 0,6738-0,7012), avec une hypothèse d’atteindre 0,725 fin 2027. Ces prévisions optimistes supposent un atterrissage en douceur de l’économie américaine, une baisse du dollar index, permettant à l’AUD de profiter d’un contexte favorable.
Prudents :
UBS adopte une position plus prudente. Malgré la résilience de l’économie australienne, l’incertitude mondiale et la possible évolution de la politique de la Fed pourraient limiter la hausse de l’AUD, qui resterait autour de 0,68 fin 2025. La FSA australienne pense que la reprise de l’AUD sera probablement éphémère, avec un sommet en mars 2026, puis une nouvelle baisse d’ici la fin de l’année. Certains analystes de Wall Street avertissent que si la Fed évite la récession mais que le dollar reste très fort, l’AUD aura du mal à dépasser 0,67.
Synthèse :
En combinant ces perspectives, il est probable que l’AUD fluctue entre 0,68 et 0,70 au premier semestre 2026, influencé par les données chinoises et américaines. La devise ne s’effondrera pas, car ses fondamentaux restent solides, mais elle ne pourra pas atteindre ses sommets historiques, la supériorité du dollar étant toujours présente. La pression à court terme vient des incertitudes chinoises, tandis que le potentiel à long terme réside dans la reprise des ressources australiennes et du cycle des matières premières.
Perspectives d’investissement et risques liés à l’AUD
L’AUD face au dollar, étant l’une des cinq principales devises mondiales en volume de transactions, bénéficie d’une forte liquidité et d’une volatilité relativement prévisible. Beaucoup de traders utilisent le trading à marge pour profiter des fluctuations, avec des leviers de 1 à 200, pour tenter de tirer profit des marchés haussiers ou baissiers.
Cependant, le principal risque d’investir dans l’AUD est la présence de plusieurs plafonds limitant sa hausse. Même en cas de rebond à court terme, l’absence de fondamentaux solides pourrait conduire à une consolidation ou une baisse plutôt qu’à une hausse durable. Les carry traders doivent se méfier de la convergence des écarts de taux, tandis que les investisseurs liés aux matières premières doivent surveiller la demande chinoise. Les traders de cycle doivent rester vigilants face à une hausse du sentiment de risque global, qui pourrait faire chuter rapidement l’AUD.
Pour les investisseurs avec des moyens limités, la forte liquidité facilite l’accès au marché, mais le trading comporte des risques élevés de pertes totales. Il est conseillé de bien connaître sa tolérance au risque avant de s’engager dans des opérations sur l’AUD.
L’AUD ne peut pas revenir, mais l’opportunité d’investissement subsiste
Le déclin de l’AUD sur dix ans reflète une réalité structurelle profonde : le cycle du dollar fort n’est pas terminé, l’ère des monnaies de matières premières est révolue, et l’attractivité des devises à haut rendement s’érode face à la concurrence mondiale des taux. Pour qu’un véritable rallye à moyen ou long terme se produise, trois conditions doivent être réunies simultanément : un tournant hawkish de la RBA, une amélioration concrète de la demande chinoise, et un affaiblissement structurel du dollar. Si une seule ou deux de ces conditions manquent, l’AUD restera probablement dans une fourchette de fluctuation, sans inversion majeure.
Cela ne signifie pas que l’AUD n’a aucune valeur d’investissement. Pour les traders, sa volatilité régulière et sa liquidité importante offrent des opportunités de gains dans un cadre contrôlé. Cependant, il faut ajuster ses attentes : l’AUD ne reviendra pas à 1,05, mais pourrait osciller entre 0,65 et 0,70 sur le moyen terme. En adoptant une analyse technique et une gestion rigoureuse des risques, il reste possible de tirer parti des mouvements à court terme. Les investisseurs cherchant une forte appréciation devront revoir leur stratégie.
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L'AUD ne peut pas revenir : une dépréciation de dix ans difficile à inverser, une crise structurelle qui s'aggrave
L’AUD a autrefois été synonyme de monnaie à haut rendement, attirant les flux de capitaux mondiaux et les traders de carry trade. Cependant, à long terme, cette devise autrefois prospère n’a pas réussi à retrouver ses sommets historiques. Depuis le pic de 1,05 en début 2013, l’AUD face au dollar a perdu plus de 35 % en dix ans, tandis que l’indice dollar américain a augmenté de 28,35 %. Ce n’est pas seulement une anomalie de l’AUD, mais une tendance mondiale de dollar fort qui écrase tous ses concurrents.
Le déclin de l’AUD n’est pas une correction temporaire, mais reflète des changements structurels profonds. Même si en 2025 l’AUD s’est apprécié de 5-7 %, atteignant brièvement 0,6636, cette reprise semble insuffisante pour inverser la tendance de fond. À chaque fois que l’AUD approche de ses anciens sommets, la pression vendeuse s’intensifie, témoignant du manque de confiance durable des investisseurs dans cette devise.
Plus de 35 % de dépréciation en dix ans : pourquoi même en rebond, l’AUD peine à se stabiliser
La faiblesse de l’AUD ne résulte pas d’un seul facteur, mais d’une combinaison de plusieurs difficultés. Premièrement, l’écart de taux entre la RBA et la Fed n’est plus aussi attractif. Autrefois, les taux australiens étaient nettement supérieurs à ceux des États-Unis, ce qui attirait les carry traders. Aujourd’hui, cet avantage s’est considérablement réduit, et la convergence des écarts de taux est en cours.
Deuxièmement, le soutien apporté par les prix des matières premières a changé. En tant que principal exportateur de minerai de fer, charbon et énergie, l’économie australienne dépend fortement des prix des commodités. Cependant, la croissance chinoise ralentit, réduisant la demande pour ces matières. Bien que les prix du minerai de fer et de l’or aient rebondi en 2025, cette reprise est insuffisante pour compenser la faiblesse structurelle de la demande à moyen et long terme.
Enfin, la supériorité structurelle du dollar américain demeure. Avec des taux plus élevés, une économie relativement robuste et une pression sur les actifs risqués, le dollar continue de s’apprécier. Dans ce contexte, même si les fondamentaux de l’AUD ne se dégradent pas, la devise reste vulnérable aux fluctuations du sentiment mondial de risque. En d’autres termes, la chute de l’AUD n’est pas due à une faiblesse intrinsèque, mais à la force du dollar.
Disparition de l’écart de taux, déboires des matières premières, domination du dollar : le triple défi de l’AUD
Pour comprendre pourquoi l’AUD « ne peut pas revenir », il faut analyser les trois forces majeures qui ont façonné sa trajectoire, ainsi que leur évolution actuelle :
Premier défi : la disparition de l’avantage de l’écart de taux
Le taux cash de la RBA est d’environ 3,60 %, avec des prévisions pour 2026 d’une nouvelle hausse possible, la Fed ayant également laissé entendre une possible pause ou une nouvelle hausse. Bien que cela maintienne l’écart de taux élevé, l’incertitude demeure. Si l’économie américaine résiste mieux que prévu, la Fed pourrait suspendre ou reprendre la hausse des taux, réduisant ainsi l’écart avec l’Australie. Pour les traders basés sur le carry, cela diminuerait l’attractivité de l’AUD.
Deuxième défi : la dégradation structurelle du statut de monnaie de matières premières
L’économie australienne est trop concentrée sur l’exportation de matières premières, ce qui aurait pu être un avantage. Mais dans un contexte de commerce mondial dégradé, cela devient un handicap. La politique protectionniste américaine, le ralentissement de la croissance mondiale, notamment en Chine, impactent directement les perspectives d’exportation de l’Australie. La hausse à court terme des prix du minerai de fer peut se produire, mais la tendance à long terme reste sous pression en raison d’une demande industrielle mondiale faible. La dynamique de l’AUD en tant que monnaie de matières premières s’affaiblit.
Troisième défi : la persistance de l’aversion au risque mondiale
Dans un environnement de risque accru, les investisseurs privilégient le dollar et autres actifs refuges plutôt que l’AUD. La faiblesse des prix de l’énergie, les perspectives économiques incertaines, alimentent la fuite vers la sécurité du dollar. Même avec des taux d’intérêt attractifs, l’AUD peine à attirer à nouveau les capitaux refuges.
La question de 2026 : l’AUD peut-elle se redresser ? Divergences entre prévisions optimistes et prudentes
Les analystes sont divisés quant à l’avenir de l’AUD, ce qui reflète l’incertitude de sa trajectoire.
Optimistes :
Morgan Stanley prévoit que l’AUD face au dollar pourrait atteindre 0,72 fin 2025, en se basant sur une politique monétaire australienne hawkish et le soutien des prix des matières premières. Selon le modèle de Traders Union, la moyenne pour fin 2026 serait d’environ 0,6875 (intervalle 0,6738-0,7012), avec une hypothèse d’atteindre 0,725 fin 2027. Ces prévisions optimistes supposent un atterrissage en douceur de l’économie américaine, une baisse du dollar index, permettant à l’AUD de profiter d’un contexte favorable.
Prudents :
UBS adopte une position plus prudente. Malgré la résilience de l’économie australienne, l’incertitude mondiale et la possible évolution de la politique de la Fed pourraient limiter la hausse de l’AUD, qui resterait autour de 0,68 fin 2025. La FSA australienne pense que la reprise de l’AUD sera probablement éphémère, avec un sommet en mars 2026, puis une nouvelle baisse d’ici la fin de l’année. Certains analystes de Wall Street avertissent que si la Fed évite la récession mais que le dollar reste très fort, l’AUD aura du mal à dépasser 0,67.
Synthèse :
En combinant ces perspectives, il est probable que l’AUD fluctue entre 0,68 et 0,70 au premier semestre 2026, influencé par les données chinoises et américaines. La devise ne s’effondrera pas, car ses fondamentaux restent solides, mais elle ne pourra pas atteindre ses sommets historiques, la supériorité du dollar étant toujours présente. La pression à court terme vient des incertitudes chinoises, tandis que le potentiel à long terme réside dans la reprise des ressources australiennes et du cycle des matières premières.
Perspectives d’investissement et risques liés à l’AUD
L’AUD face au dollar, étant l’une des cinq principales devises mondiales en volume de transactions, bénéficie d’une forte liquidité et d’une volatilité relativement prévisible. Beaucoup de traders utilisent le trading à marge pour profiter des fluctuations, avec des leviers de 1 à 200, pour tenter de tirer profit des marchés haussiers ou baissiers.
Cependant, le principal risque d’investir dans l’AUD est la présence de plusieurs plafonds limitant sa hausse. Même en cas de rebond à court terme, l’absence de fondamentaux solides pourrait conduire à une consolidation ou une baisse plutôt qu’à une hausse durable. Les carry traders doivent se méfier de la convergence des écarts de taux, tandis que les investisseurs liés aux matières premières doivent surveiller la demande chinoise. Les traders de cycle doivent rester vigilants face à une hausse du sentiment de risque global, qui pourrait faire chuter rapidement l’AUD.
Pour les investisseurs avec des moyens limités, la forte liquidité facilite l’accès au marché, mais le trading comporte des risques élevés de pertes totales. Il est conseillé de bien connaître sa tolérance au risque avant de s’engager dans des opérations sur l’AUD.
L’AUD ne peut pas revenir, mais l’opportunité d’investissement subsiste
Le déclin de l’AUD sur dix ans reflète une réalité structurelle profonde : le cycle du dollar fort n’est pas terminé, l’ère des monnaies de matières premières est révolue, et l’attractivité des devises à haut rendement s’érode face à la concurrence mondiale des taux. Pour qu’un véritable rallye à moyen ou long terme se produise, trois conditions doivent être réunies simultanément : un tournant hawkish de la RBA, une amélioration concrète de la demande chinoise, et un affaiblissement structurel du dollar. Si une seule ou deux de ces conditions manquent, l’AUD restera probablement dans une fourchette de fluctuation, sans inversion majeure.
Cela ne signifie pas que l’AUD n’a aucune valeur d’investissement. Pour les traders, sa volatilité régulière et sa liquidité importante offrent des opportunités de gains dans un cadre contrôlé. Cependant, il faut ajuster ses attentes : l’AUD ne reviendra pas à 1,05, mais pourrait osciller entre 0,65 et 0,70 sur le moyen terme. En adoptant une analyse technique et une gestion rigoureuse des risques, il reste possible de tirer parti des mouvements à court terme. Les investisseurs cherchant une forte appréciation devront revoir leur stratégie.