Trajectoire historique du prix de l'or sur 50 ans : de 35 dollars à la légende haussière de 5000 dollars

Au cours du dernier demi-siècle, le prix de l’or a connu un parcours palpitant à la hausse. Passant de 35 dollars l’once lors de l’effondrement du système de Bretton Woods en 1971, à plus de 5000 dollars aujourd’hui, l’histoire de 50 ans du prix de l’or témoigne des profondes transformations du système monétaire mondial. Quel est le schéma derrière cette tendance haussière de plus de 145 fois ? L’or pourra-t-il continuer à briller à l’avenir ?

Le mystère du prix de l’or sur un demi-siècle : pourquoi a-t-il explosé de 35 dollars à plus de 145 fois ?

Le 15 août 1971, le président américain Nixon annonce la fin de la convertibilité du dollar en or, marquant la fin officielle du système de Bretton Woods. Avant cela, les monnaies nationales étaient fixées au dollar, lui-même lié à l’or à raison de 35 dollars l’once. Avec la croissance du commerce international, l’extraction d’or ne suivait pas la demande, et les États-Unis faisaient face à une fuite massive d’or, ce qui les a contraints à couper le lien entre dollar et or.

Depuis ce moment, l’or a entamé une ère de fixation libre par le marché. En 55 ans, son prix est passé de 35 dollars l’once à plus de 5000 dollars, avec des prévisions pour atteindre 5500-6000 dollars d’ici la fin de l’année. Cela représente une hausse de plus de 145 fois en 50 ans.

Notons particulièrement que ces deux dernières années ont été exceptionnelles : depuis début 2024, passant d’environ 2000 dollars, le prix a doublé en moins de deux ans, avec une hausse cumulée de plus de 150 %, surpassant largement la performance de la plupart des actifs traditionnels. Cette hausse est alimentée par la dédollarisation mondiale, l’accroissement des réserves d’or par les banques centrales, les tensions géopolitiques, l’inflation persistante, etc.

Décryptage des trois cycles haussiers : crise de crédit et cycle monétaire accommodant

Les grands mouvements haussiers de l’or ne se sont pas déroulés sans heurts, mais en trois cycles distincts, chacun lié à des événements économiques ou politiques majeurs.

● Premier cycle (1971-1980) : crise de confiance monétaire, hausse de 24 fois

Après la rupture du lien dollar-or, le marché s’est effrayé : si le dollar n’est plus convertible en or, vaut-il encore quelque chose ? La perte de confiance a poussé les investisseurs mondiaux à acheter massivement de l’or pour préserver leur capital. Parallèlement, la crise pétrolière, la révolution iranienne, l’invasion soviétique de l’Afghanistan ont encore fait grimper le prix de l’or. En 1980, le prix a atteint brièvement 850 dollars l’once.

Mais la tendance s’est inversée. Après 1980, la Fed a lancé une politique de hausse des taux d’intérêt (au-delà de 20 %), maîtrisant enfin l’inflation, ce qui a fait chuter le prix de l’or de 80 %. Pendant deux décennies, l’or a oscillé entre 200 et 300 dollars l’once, offrant peu de gains aux investisseurs.

● Deuxième cycle (2001-2011) : crise financière et politique monétaire expansionniste, hausse de 7,6 fois

Après l’éclatement de la bulle Internet en 2001, l’or a rebondi à partir de 250 dollars, atteignant 1921 dollars en 2011. La crise du 11 septembre a profondément modifié la perception de la sécurité mondiale. La décennie suivante, la guerre contre le terrorisme, les dépenses militaires massives, la politique de baisse des taux et de quantitative easing (QE) de la Fed ont dévalué le dollar et inondé le marché de liquidités, faisant monter le prix de l’or.

La crise financière de 2008 a renforcé cette tendance : la Fed a lancé un nouveau cycle massif de QE, propulsant l’or à de nouveaux sommets. Ce n’est qu’en 2011, lors de la crise de la dette européenne et de l’intervention du FMI, que la Fed a annoncé la fin du QE, ce qui a refroidi les anticipations inflationnistes. Ensuite, l’or a connu un marché baissier de 8 ans, avec une chute de plus de 45 %.

● Troisième cycle (2019 à aujourd’hui) : vague d’achat par les banques centrales et tensions géopolitiques, hausse de plus de 300 %

En 2019, l’or a rebondi à partir de 1200 dollars, amorçant un nouveau cycle haussier. La complexité de cette phase est accrue : les banques centrales du monde entier ont massivement accru leurs réserves d’or, la pandémie de Covid-19 a provoqué une politique de QE sans précédent, la guerre russo-ukrainienne a éclaté en 2022, suivie par le conflit israélo-palestinien et la crise du canal de Suez en 2023, sans parler de l’instabilité au Moyen-Orient. Chaque événement a renforcé la demande de sécurité de l’or.

Depuis 2024, cette tendance s’est transformée en une hausse épique : l’incertitude économique, la poursuite de l’accumulation par les banques centrales, la faiblesse du dollar, tout cela a alimenté la montée des prix. La majorité des analystes pensent que tant que les tensions géopolitiques et la dette mondiale resteront élevées, l’or conservera son aura de refuge.

Analyse approfondie des cycles haussiers : pourquoi chaque cycle se ressemble-t-il autant ?

En examinant ces trois grands cycles, on peut dégager une logique récurrente :

Le déclencheur commun : crise de crédit + politique monétaire accommodante

Chacune des phases haussières commence par une perte de confiance dans le système monétaire — effondrement du système de Bretton Woods en 1971, baisse des taux en 2001, politique de relâchement monétaire en 2019. Quand les banques centrales injectent massivement de la monnaie, et que la confiance dans la monnaie s’effrite, la demande d’or explose.

Le schéma de progression : hausse lente → accélération → surchauffe

Au début, la hausse est modérée, le marché accumule lentement. Ensuite, la crise catalyse une accélération, attirant de plus en plus de capitaux. Enfin, la phase finale est souvent caractérisée par une spéculation excessive, avec des signes de surchauffe. La durée moyenne de ces cycles est de 8 à 10 ans, avec des gains de 7 à 24 fois.

Les conditions de fin de cycle : resserrement monétaire brutal + maîtrise de l’inflation

Les deux premiers cycles se sont terminés par une hausse brutale des taux (1980) ou la fin du QE (2011). La situation actuelle est différente : la dette publique mondiale est à des niveaux records, et les banques centrales ont du mal à relever les taux sans provoquer une crise de la dette.

Cela suggère que le cycle de resserrement monétaire « classique » pourrait ne pas se produire. Au lieu de cela, l’or pourrait osciller dans une fourchette haute pendant plusieurs années — ce qu’on appelle une « consolidation en zone haute ». La véritable fin de cycle nécessiterait une reconstruction crédible du système monétaire mondial, ce qui ne se produira que lorsque la confiance globale dans la monnaie sera réellement restaurée. Jusqu’à ce moment, l’or restera un refuge.

Performance de l’investissement en or : la vérité derrière 50 ans de données

Pour juger si l’or vaut l’investissement, regardons les chiffres.

Sur 50 ans, l’investissement en or a rapporté environ 120 fois la mise initiale — de 1971 à aujourd’hui. En parallèle, le Dow Jones a progressé d’environ 51 fois, passant de 900 à 46 000 points. À première vue, l’or semble surpasser les actions. Mais cette conclusion masque une réalité essentielle : la croissance de l’or n’a pas été régulière.

Après 1980, l’or a stagné entre 200 et 300 dollars pendant 20 ans. Investir à cette période signifiait souvent ne rien gagner pendant deux décennies, voire subir une perte d’opportunité. La différence fondamentale avec les actions, c’est que même si celles-ci connaissent des baisses à court terme, elles créent de la valeur par la croissance des entreprises, ce qui n’est pas le cas de l’or.

L’or est un excellent outil de couverture, mais pas un investissement à long terme en soi. Les cycles haussiers sont souvent liés à des crises macroéconomiques (inflation, guerre, politique monétaire expansionniste), et les phases baissières peuvent durer longtemps. La clé est de bien repérer ces cycles : profiter des hausses pour réaliser des gains, éviter de rester passif lors des phases de stagnation.

Une autre règle importante : en raison de l’augmentation progressive des coûts d’extraction, même après une correction, le prix de l’or ne revient jamais en dessous du précédent creux de marché baissier. Cela signifie que, sur le long terme, le prix plancher de l’or tend à s’élever, évitant qu’il devienne sans valeur.

Comparaison des performances : or vs actions vs obligations

Les trois classes d’actifs offrent des modes de rendement très différents :

  • Or : profit par la différence de prix, sans intérêts ni dividendes. La réussite dépend du timing d’achat et de vente.
  • Obligations : rendement par les coupons, nécessitant d’augmenter la position pour faire croître le revenu, tout en surveillant la politique de la Fed.
  • Actions : croissance par la valorisation des entreprises, basée sur leur profitabilité à long terme.

De la difficulté d’investissement : obligations (plus simple), or (intermédiaire), actions (plus difficile).

De la rentabilité sur 30 ans : actions en tête, puis or, enfin obligations.

Pour réussir en or, il faut savoir repérer les tendances : souvent, le cycle se présente comme « longue tendance haussière → chute brutale → consolidation → reprise ». Savoir profiter des phases de hausse ou de baisse permet d’obtenir des rendements supérieurs à ceux des obligations ou des actions.

Une stratégie efficace consiste à « investir en actions lors de la croissance économique, en or lors de récessions ». En période de croissance, les actions profitent, l’or est moins attractif. En période de crise, la chute des profits et l’attractivité de l’or comme valeur refuge, ainsi que des obligations à rendement fixe, renforcent leur rôle.

L’approche la plus sûre est d’adapter la répartition entre actions, obligations et or selon votre profil de risque et vos objectifs. La diversification permet de réduire la volatilité et d’assurer une meilleure résilience face aux événements géopolitiques ou économiques (guerre, inflation, crises).

Cinq grands types d’instruments pour investir dans l’or

Voici les principales options pour investir dans l’or :

1. Or physique

Achat direct de lingots ou de bijoux. Avantages : confidentialité, double usage (valeur patrimoniale et ornement). Inconvénients : faible liquidité, difficulté de revente.

2. Certificat d’or / Or en compte

Un certificat de dépôt ou un compte d’or, qui sert de preuve de détention. Facile à acheter/ vendre, mais pas d’intérêts versés, et souvent avec des écarts importants entre prix d’achat et de vente.

3. ETF or

Fonds négociés en bourse, très liquides, qui suivent le prix de l’or. Permettent une exposition simple, mais avec des frais de gestion. Sur le long terme, si le prix stagne, la valeur peut diminuer.

4. Contrats à terme et CFD

Outils très populaires pour les traders : effet de levier, faibles coûts, possibilité de spéculer à la hausse ou à la baisse. Le CFD (Contrat pour différence) permet une flexibilité maximale, avec un levier pouvant aller jusqu’à 1:100, et des ordres T+0 pour entrer ou sortir rapidement.

5. Actions de sociétés minières

Investir dans des entreprises extractrices d’or, qui profitent de la hausse du prix tout en versant des dividendes. Plus risqué, mais aussi potentiellement plus rémunérateur.

Leçons à tirer de 50 ans d’histoire de l’or

L’histoire du prix de l’or sur un demi-siècle montre que ce n’est pas un simple « acheter et laisser dormir ». Sa valeur réelle réside dans sa fonction de refuge en période de crise, et dans sa capacité à générer du capital lors de cycles favorables.

Principaux conseils d’investissement :

  1. Respecter les cycles : l’or n’est pas un achat à long terme, mais un actif à exploiter par cycles. Identifier les points de retournement est crucial.

  2. Diversifier : intégrer l’or dans un portefeuille équilibré (5-30 %) plutôt que de tout miser.

  3. Choisir les bons outils : pour le court terme, privilégier CFD ou contrats à terme ; pour le long terme, ETF ou or physique.

  4. Gérer les risques : utiliser stop-loss et take-profit, surtout si on utilise de l’effet de levier.

  5. Surveiller l’actualité macroéconomique : suivre les décisions des banques centrales, les tensions géopolitiques, l’inflation, qui précèdent souvent les mouvements du prix de l’or.

Dans un avenir proche, l’or conservera son rôle de valeur refuge. Tant que l’incertitude mondiale persistera, il restera une option d’allocation. Mais pour en tirer profit, il faut une gestion active, une analyse précise et une opération opportuniste.

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