Standard Chartered publie un rapport majeur : la demande croissante de stablecoins pourrait remodeler la structure du marché des obligations américaines
Ces dernières années, l’intégration des actifs cryptographiques dans la finance traditionnelle entre dans une phase d’approfondissement sans précédent. Récemment, la longue histoire de la banque multinationale britannique Standard Chartered a publié un rapport de recherche très prospectif, soulignant qu’avec l’expansion continue du marché des stablecoins, la demande pour les obligations américaines, en particulier les T-bills à court terme, va fortement augmenter. Cette tendance pourrait non seulement modifier la structure d’émission des obligations américaines, mais aussi conduire le Département du Trésor américain à suspendre l’émission de dettes à 30 ans dans les trois prochaines années. Cet article vous offre une analyse approfondie de cette transformation susceptible de remodeler le paysage financier mondial.
Montée des stablecoins : du rôle marginal à celui de « grand acheteur » de la dette américaine
L’équipe d’analystes de Standard Chartered, dirigée par Geoff Kendrick, responsable de la recherche sur les actifs numériques mondiaux, indique que les émetteurs de stablecoins, pour assurer la stabilité et la liquidité de leurs actifs, allouent généralement d’importantes réserves en obligations américaines à court terme, très liquides. Avec l’augmentation de l’adoption des monnaies numériques, cette demande passe d’une simple croissance quantitative à une transformation qualitative.
Selon les prévisions les plus récentes de Standard Chartered, d’ici la fin 2028, la capitalisation mondiale des stablecoins pourrait passer d’environ 304 milliards de dollars à 2 000 milliards de dollars. Cette croissance explosive générera une demande supplémentaire comprise entre 800 milliards et 1 000 milliards de dollars pour le marché des obligations américaines. En intégrant également les achats de réserves par la Réserve fédérale (RMPs) et le remplacement des MBS arrivant à échéance, la demande totale pour les obligations à court terme pourrait atteindre 2,2 trillions de dollars dans les années à venir.
Prévision de la capitalisation des stablecoins par Standard Chartered, source : Standard Chartered
La « révolution du siècle » dans la structure d’émission des obligations américaines : le marché des obligations à 30 ans pourrait faire une pause
Une demande aussi massive à court terme offre au Département du Trésor américain une « opportunité historique » de réajuster la structure de la dette. Le rapport propose une hypothèse audacieuse : les émetteurs d’obligations américaines pourraient profiter de la demande excédentaire générée par les stablecoins pour augmenter considérablement l’émission de T-bills à court terme, tout en réduisant, voire suspendant, l’émission de dettes à long terme.
L’analyse indique qu’au cours des trois prochaines années, un excès de demande d’environ 900 milliards de dollars pour les obligations à court terme pourrait apparaître. Pour équilibrer cette offre et maîtriser le coût du financement à long terme, le Département du Trésor n’aurait qu’à augmenter la part des T-bills dans la dette totale de 2,5 %, ce qui libérerait une offre équivalente. Dans le scénario extrême, avec la taille actuelle des enchères, le Département du Trésor pourrait « légitimement » suspendre toute émission d’obligations à 30 ans, pour une période pouvant aller jusqu’à trois ans.
Ce n’est pas une première. Entre 2002 et 2006, la suspension des enchères de dettes à 30 ans avait déjà été expérimentée, à l’époque dans un contexte de surplus budgétaire. Standard Chartered souligne que, dans le contexte actuel de déficit fédéral élevé (environ 5-6 % du PIB), une nouvelle suspension de l’émission à long terme aurait des effets plus complexes sur la courbe des rendements à long terme.
Marchés émergents : moteur central de la demande pour la dette américaine
Il est important de noter que, selon Standard Chartered, la demande accrue pour la dette américaine générée par cette vague de stablecoins ne provient pas principalement des marchés développés, mais des marchés émergents.
Le rapport prévoit qu’en 2028, environ deux tiers de la croissance des stablecoins seront issus des marchés émergents. Cela signifie qu’une grande partie des capitaux, qui pourraient autrement rester dans le système bancaire local ou dans l’économie informelle, seront indirectement injectés dans le marché obligataire américain via l’achat de stablecoins. Il ne s’agit pas simplement d’un échange de capitaux internes aux marchés développés, mais d’un flux de capitaux « net nouveau ». Cela renforce le rôle des stablecoins comme pont entre les capitaux des marchés émergents et les actifs en dollars, consolidant la position du dollar dans le système financier mondial.
Pistes réglementaires : la loi GENIUS ouvre la voie à une politique favorable
L’impact croissant des stablecoins sur le marché des obligations américaines est étroitement lié à un cadre réglementaire clair. La loi GENIUS, adoptée en juillet 2025 aux États-Unis, établit des normes de régulation fédérales pour les émetteurs de stablecoins, exigeant qu’ils détiennent des réserves de haute qualité et très liquides, parmi lesquelles figurent principalement des obligations américaines à court terme.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a récemment déclaré que la loi GENIUS pourrait devenir « un outil important pour le financement du gouvernement américain ». Cela montre que les décideurs ont déjà perçu la valeur potentielle des stablecoins dans la gestion de la dette. Bien que la croissance du marché des stablecoins soit actuellement ralentie par le cycle du marché crypto et la mise en œuvre réglementaire, Standard Chartered considère que ce n’est qu’un obstacle cyclique, non structurel.
Impact sur le marché et risques : la « tendance haussière » de la courbe des rendements
Pour les acteurs du marché, cette transformation structurelle aura un impact direct sur la courbe des rendements obligataires. Selon Standard Chartered, si une forte afflux de capitaux se concentre sur le court terme, tandis que l’offre à long terme diminue, la courbe des rendements pourrait connaître un « bull flattening » — c’est-à-dire une baisse plus rapide des taux longs par rapport aux taux courts.
Cependant, à long terme, cette stratégie comporte aussi des risques. Une dépendance excessive aux financements à court terme augmente le risque de rollover (renouvellement de la dette) et rend le département du Trésor plus vulnérable face aux fluctuations des taux d’intérêt. De plus, si les inquiétudes concernant le déficit budgétaire s’intensifient, la prime de terme (term premia) sur les obligations à long terme pourrait ne pas diminuer, voire augmenter, ce qui alourdirait encore le coût du financement à long terme.
Actualités du marché cryptographique
Alors que le paysage macrofinancier évolue discrètement, le marché des cryptomonnaies connaît également une correction rationnelle des prix. Au 24 février 2026, selon les données de Gate, le prix du Bitcoin (BTC) a chuté de 1,78 % en 24 heures, pour s’établir à 63 842,1 dollars. Son volume de transactions sur 24 heures s’élève à 1,12 milliard de dollars. Malgré un recul par rapport à son sommet historique de 126 080 dollars, sa position de leader reste solide, avec une capitalisation de 1,31 trillion de dollars, représentant 55,37 % du marché.
Données sur le prix du BTC
Valeur
Données sur le prix de l’ETH
Valeur
Prix actuel
63 842,1 $
Prix actuel
1 838,95 $
Variation 24h
-1,78 %
Variation 24h
-1,58 %
Volume 24h
1,12 milliards $
Volume 24h
435,39 millions $
Capitalisation
1,31 trillions $
Capitalisation
231,09 milliards $
Part de marché
55,37 %
Part de marché
9,70 %
Par ailleurs, l’Ethereum (ETH) se négocie aujourd’hui à 1 838,95 dollars, en baisse de 1,58 % en 24 heures. Bien que le sentiment général du marché soit plutôt neutre ou même à court terme pessimiste, la logique d’expansion des réserves des stablecoins, en tant que pont entre la finance traditionnelle et le monde crypto, demeure intacte, et leur rôle stratégique devient de plus en plus important à l’échelle macroéconomique.
Conclusion
Le rapport de Standard Chartered nous dévoile une vision d’avenir totalement nouvelle : les stablecoins ne sont plus de simples outils marginaux dans l’univers crypto, mais deviennent une « main invisible » influençant la configuration de la plus importante classe d’actifs mondiale — la dette américaine. Pour les investisseurs, comprendre cette tendance permet non seulement de saisir la valeur intrinsèque des stablecoins, mais aussi d’anticiper, d’un point de vue macroéconomique, la direction future des flux de capitaux mondiaux. Chez Gate, nous continuerons à suivre cette transformation de près, pour vous apporter les analyses les plus récentes et approfondies.
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Standard Chartered publie un rapport majeur : la demande croissante de stablecoins pourrait remodeler la structure du marché des obligations américaines
Ces dernières années, l’intégration des actifs cryptographiques dans la finance traditionnelle entre dans une phase d’approfondissement sans précédent. Récemment, la longue histoire de la banque multinationale britannique Standard Chartered a publié un rapport de recherche très prospectif, soulignant qu’avec l’expansion continue du marché des stablecoins, la demande pour les obligations américaines, en particulier les T-bills à court terme, va fortement augmenter. Cette tendance pourrait non seulement modifier la structure d’émission des obligations américaines, mais aussi conduire le Département du Trésor américain à suspendre l’émission de dettes à 30 ans dans les trois prochaines années. Cet article vous offre une analyse approfondie de cette transformation susceptible de remodeler le paysage financier mondial.
Montée des stablecoins : du rôle marginal à celui de « grand acheteur » de la dette américaine
L’équipe d’analystes de Standard Chartered, dirigée par Geoff Kendrick, responsable de la recherche sur les actifs numériques mondiaux, indique que les émetteurs de stablecoins, pour assurer la stabilité et la liquidité de leurs actifs, allouent généralement d’importantes réserves en obligations américaines à court terme, très liquides. Avec l’augmentation de l’adoption des monnaies numériques, cette demande passe d’une simple croissance quantitative à une transformation qualitative.
Selon les prévisions les plus récentes de Standard Chartered, d’ici la fin 2028, la capitalisation mondiale des stablecoins pourrait passer d’environ 304 milliards de dollars à 2 000 milliards de dollars. Cette croissance explosive générera une demande supplémentaire comprise entre 800 milliards et 1 000 milliards de dollars pour le marché des obligations américaines. En intégrant également les achats de réserves par la Réserve fédérale (RMPs) et le remplacement des MBS arrivant à échéance, la demande totale pour les obligations à court terme pourrait atteindre 2,2 trillions de dollars dans les années à venir.
La « révolution du siècle » dans la structure d’émission des obligations américaines : le marché des obligations à 30 ans pourrait faire une pause
Une demande aussi massive à court terme offre au Département du Trésor américain une « opportunité historique » de réajuster la structure de la dette. Le rapport propose une hypothèse audacieuse : les émetteurs d’obligations américaines pourraient profiter de la demande excédentaire générée par les stablecoins pour augmenter considérablement l’émission de T-bills à court terme, tout en réduisant, voire suspendant, l’émission de dettes à long terme.
L’analyse indique qu’au cours des trois prochaines années, un excès de demande d’environ 900 milliards de dollars pour les obligations à court terme pourrait apparaître. Pour équilibrer cette offre et maîtriser le coût du financement à long terme, le Département du Trésor n’aurait qu’à augmenter la part des T-bills dans la dette totale de 2,5 %, ce qui libérerait une offre équivalente. Dans le scénario extrême, avec la taille actuelle des enchères, le Département du Trésor pourrait « légitimement » suspendre toute émission d’obligations à 30 ans, pour une période pouvant aller jusqu’à trois ans.
Ce n’est pas une première. Entre 2002 et 2006, la suspension des enchères de dettes à 30 ans avait déjà été expérimentée, à l’époque dans un contexte de surplus budgétaire. Standard Chartered souligne que, dans le contexte actuel de déficit fédéral élevé (environ 5-6 % du PIB), une nouvelle suspension de l’émission à long terme aurait des effets plus complexes sur la courbe des rendements à long terme.
Marchés émergents : moteur central de la demande pour la dette américaine
Il est important de noter que, selon Standard Chartered, la demande accrue pour la dette américaine générée par cette vague de stablecoins ne provient pas principalement des marchés développés, mais des marchés émergents.
Le rapport prévoit qu’en 2028, environ deux tiers de la croissance des stablecoins seront issus des marchés émergents. Cela signifie qu’une grande partie des capitaux, qui pourraient autrement rester dans le système bancaire local ou dans l’économie informelle, seront indirectement injectés dans le marché obligataire américain via l’achat de stablecoins. Il ne s’agit pas simplement d’un échange de capitaux internes aux marchés développés, mais d’un flux de capitaux « net nouveau ». Cela renforce le rôle des stablecoins comme pont entre les capitaux des marchés émergents et les actifs en dollars, consolidant la position du dollar dans le système financier mondial.
Pistes réglementaires : la loi GENIUS ouvre la voie à une politique favorable
L’impact croissant des stablecoins sur le marché des obligations américaines est étroitement lié à un cadre réglementaire clair. La loi GENIUS, adoptée en juillet 2025 aux États-Unis, établit des normes de régulation fédérales pour les émetteurs de stablecoins, exigeant qu’ils détiennent des réserves de haute qualité et très liquides, parmi lesquelles figurent principalement des obligations américaines à court terme.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a récemment déclaré que la loi GENIUS pourrait devenir « un outil important pour le financement du gouvernement américain ». Cela montre que les décideurs ont déjà perçu la valeur potentielle des stablecoins dans la gestion de la dette. Bien que la croissance du marché des stablecoins soit actuellement ralentie par le cycle du marché crypto et la mise en œuvre réglementaire, Standard Chartered considère que ce n’est qu’un obstacle cyclique, non structurel.
Impact sur le marché et risques : la « tendance haussière » de la courbe des rendements
Pour les acteurs du marché, cette transformation structurelle aura un impact direct sur la courbe des rendements obligataires. Selon Standard Chartered, si une forte afflux de capitaux se concentre sur le court terme, tandis que l’offre à long terme diminue, la courbe des rendements pourrait connaître un « bull flattening » — c’est-à-dire une baisse plus rapide des taux longs par rapport aux taux courts.
Cependant, à long terme, cette stratégie comporte aussi des risques. Une dépendance excessive aux financements à court terme augmente le risque de rollover (renouvellement de la dette) et rend le département du Trésor plus vulnérable face aux fluctuations des taux d’intérêt. De plus, si les inquiétudes concernant le déficit budgétaire s’intensifient, la prime de terme (term premia) sur les obligations à long terme pourrait ne pas diminuer, voire augmenter, ce qui alourdirait encore le coût du financement à long terme.
Actualités du marché cryptographique
Alors que le paysage macrofinancier évolue discrètement, le marché des cryptomonnaies connaît également une correction rationnelle des prix. Au 24 février 2026, selon les données de Gate, le prix du Bitcoin (BTC) a chuté de 1,78 % en 24 heures, pour s’établir à 63 842,1 dollars. Son volume de transactions sur 24 heures s’élève à 1,12 milliard de dollars. Malgré un recul par rapport à son sommet historique de 126 080 dollars, sa position de leader reste solide, avec une capitalisation de 1,31 trillion de dollars, représentant 55,37 % du marché.
Par ailleurs, l’Ethereum (ETH) se négocie aujourd’hui à 1 838,95 dollars, en baisse de 1,58 % en 24 heures. Bien que le sentiment général du marché soit plutôt neutre ou même à court terme pessimiste, la logique d’expansion des réserves des stablecoins, en tant que pont entre la finance traditionnelle et le monde crypto, demeure intacte, et leur rôle stratégique devient de plus en plus important à l’échelle macroéconomique.
Conclusion
Le rapport de Standard Chartered nous dévoile une vision d’avenir totalement nouvelle : les stablecoins ne sont plus de simples outils marginaux dans l’univers crypto, mais deviennent une « main invisible » influençant la configuration de la plus importante classe d’actifs mondiale — la dette américaine. Pour les investisseurs, comprendre cette tendance permet non seulement de saisir la valeur intrinsèque des stablecoins, mais aussi d’anticiper, d’un point de vue macroéconomique, la direction future des flux de capitaux mondiaux. Chez Gate, nous continuerons à suivre cette transformation de près, pour vous apporter les analyses les plus récentes et approfondies.