CMB International Securities : Perspectives sur la politique américaine, les élections de mi-mandat de 2026 et les relations bilatérales sino-américaines
I. Situation fondamentale de la politique américaine et des élections de mi-mandat en 2026
Les élections de mi-mandat sont les élections des membres du Congrès américain, à la Chambre des représentants et au Sénat, prévues pour le 3 novembre 2026. La Chambre compte 435 sièges, avec un mandat de deux ans, tous renouvelés tous les deux ans ; le Sénat compte 100 sièges, avec un mandat de six ans, renouvelés par tiers tous les deux ans. En raison du système de circonscriptions uninominales, le pays est divisé en 435 circonscriptions, chacune élisant un seul représentant. Les sièges du Sénat sont répartis équitablement entre les 50 États, chaque État disposant de deux sièges.
(一) Chambre des représentants : les sondages actuels et l’histoire électorale indiquent une tendance à la hausse pour le Parti démocrate
Actuellement, la majorité à la Chambre est détenue par le Parti républicain avec 220 sièges contre 213 pour le Parti démocrate, ce qui signifie qu’un léger gain de quelques sièges suffirait aux démocrates pour inverser la tendance. Le cycle politique national influence donc davantage leur situation. Selon les sondages actuels et la « malédiction du mi-mandat », qui veut que l’opposition politique ait souvent un avantage à la Chambre, le Parti démocrate pourrait être en phase de progression.
Influence du soutien partisan sur les élections de mi-mandat
Bien que ces élections soient locales, le soutien partisan reste un facteur déterminant. La synchronisation des cycles politiques à l’échelle nationale est forte, et le taux de soutien à Trump ainsi que la situation politique précédente orientent directement les résultats. Premièrement, ces élections sont perçues comme un vote de confiance envers le parti au pouvoir, et la popularité de Trump sert d’indicateur direct. Deuxièmement, la polarisation politique domine la scène américaine actuelle : dans les zones très conservatrices, les électeurs principaux votent souvent pour leur camp lors des élections municipales, étatiques, fédérales ou présidentielles. Enfin, le taux de participation aux élections locales étant plus faible, les candidats ont souvent besoin du soutien de figures politiques de Washington, renforçant ainsi le lien entre la participation électorale, le soutien partisan et la popularité du président.
Les sondages montrent que la satisfaction à l’égard de la première année de mandat de Trump est faible. En 2025, l’économie reste la priorité des électeurs, mais la mise en œuvre de politiques tarifaires et anti-immigration, ainsi que la division économique en « K-shaped », ont terni l’image économique de Trump. Son soutien net a reculé tout au long de l’année. Par États, des États très conservateurs comme le Nebraska, le Kansas, le Dakota du Nord ou l’Arkansas ont vu leur soutien à Trump diminuer en fin d’année. Par groupes démographiques, le soutien à Trump varie fortement selon le sexe, le niveau d’éducation, l’origine ethnique ou l’affiliation partisane. Seuls les républicains et les Blancs peu éduqués ont un soutien net positif, tous les autres groupes ayant un soutien net négatif.
Influence de la narration médiatique sur les élections de mi-mandat
La corrélation entre la contexte national et les élections régionales est forte, principalement sous l’effet des « chambres à information » médiatiques. Au cours des 50 dernières années, la confiance dans les médias traditionnels a diminué. La confiance des électeurs républicains dans ces médias est encore plus faible, avec seulement 8 %, contre 51 % pour les démocrates, atteignant des niveaux historiquement bas. La stratification de la confiance au sein des médias est également évidente entre les électeurs des deux camps.
Influence des lois statistiques sur les élections de mi-mandat
Les lois statistiques montrent que l’opposition a souvent un avantage à la Chambre. Depuis 1946 jusqu’en 2022, le parti au pouvoir n’a vu ses sièges à la Chambre augmenter qu’en 1998 et 2002. Dans toutes les autres années, il a perdu des sièges. Sur 39 élections de mi-mandat depuis la guerre de Sécession, le parti au pouvoir a perdu la majorité à la Chambre dans 36 cas, soit 92 %.
(二) Sénat : la majorité républicaine devrait être maintenue, le Parti démocrate doit conquérir des circonscriptions peu favorables pour inverser la tendance
La majorité républicaine au Sénat est en bonne voie, avec 51 sièges sur 100
Actuellement, le Sénat est composé de 53 républicains et 47 démocrates. Pour devenir majoritaire, le Parti démocrate doit gagner au moins 4 sièges nets. En 2026, 33 sièges seront renouvelés, dont deux sièges vacants suite à l’entrée de Vance et Rubio au gouvernement, portant le total à 35 sièges renouvelés. Sur les 65 sièges non renouvelés, 34 sont détenus par les démocrates et 31 par les républicains. Parmi les 35 sièges renouvelés, les démocrates ont l’avantage dans 11 circonscriptions, les républicains dans 20. En situation de référence, cela signifie que les républicains obtiendraient au moins 51 sièges (31 « réélus » + 20 circonscriptions favorables), et les démocrates au moins 45 (34 « réélus » + 11 circonscriptions favorables). Pour que les démocrates prennent la majorité, ils doivent inverser au moins 6 circonscriptions où les républicains ont une avance.
La possibilité pour le Parti démocrate de renverser la majorité au Sénat est faible mais envisageable
Parmi les 35 circonscriptions renouvelées, seules quatre sont considérées comme très disputées : Géorgie (Ossoff), Michigan (ouvert), Maine (Collins) et Caroline du Nord (ouvert). Pour inverser la majorité, les démocrates doivent non seulement conquérir ces quatre circonscriptions, mais aussi en gagner deux autres où les républicains ont une avance. Par exemple, dans les circonscriptions de Husted (Ohio), l’ouverture dans l’Iowa, et celle de Cornyn (Texas), ces circonscriptions ont massivement voté pour Trump lors des présidentielles de 2020 et 2024. Gagner deux de ces trois circonscriptions nécessite une forte avance dans l’opinion publique et la sympathie de l’électorat. En outre, la majorité des 17 autres sièges conservateurs en jeu sont dans des circonscriptions fortement polarisées, rendant leur inversion encore plus difficile. La circonscription d’Ohio-Husted, avec une avance de 53,3 % contre 45,2 % en 2020 et 55,1 % contre 43,9 % en 2024, reste la plus proche.
二、Variables clés pour la suite de la politique américaine et des élections de mi-mandat en 2026
(一)La question de la santé continue d’être le centre des luttes bipartites, avec une domination croissante du Parti républicain
La réforme de l’Obamacare (ACA) : la santé devient une question fiscale
Le conflit actuel sur la santé trouve ses origines dans la réforme de 2014, connue sous le nom d’ACA ou « Obamacare ». Son objectif principal est d’étendre la couverture santé à plus d’Américains, tout en provoquant une inflation des primes d’assurance.
Pour élargir la couverture, l’ACA a intégré dans Medicaid les adultes à faibles revenus gagnant moins de 138 % du seuil de pauvreté fédéral (FPL), permis aux jeunes de moins de 26 ans de rester sur l’assurance de leurs parents, et imposé aux entreprises de plus de 50 employés de fournir une assurance à leurs salariés à temps plein. Après cette extension, le nombre de non-assurés a fortement diminué, passant d’environ 16 % avant 2010 à environ 7-8 %, un niveau historiquement bas.
Pour élargir la couverture, les compagnies d’assurance ne peuvent plus refuser une couverture ou augmenter les primes en raison de maladies antérieures. Tous les plans doivent couvrir 10 services essentiels : soins ambulatoires, urgences, hospitalisation, accouchement, santé mentale, médicaments sur ordonnance, réadaptation, laboratoires, prévention et soins pédiatriques. La prévention doit être gratuite, notamment vaccins et dépistages.
La clause clé de l’ACA : le crédit d’impôt pour primes (PTC)
L’ACA propose des options d’assurance standardisées (bronze, argent, or, platine) et met en place un crédit d’impôt (PTC) pour aider les familles dont le revenu est compris entre 100 % et 400 % du FPL, en leur versant une subvention mensuelle proportionnelle à leurs dépenses de primes. Lors de la période d’inscription annuelle, les demandeurs estiment leur revenu familial pour l’année suivante, souvent avec l’aide d’un courtier ou d’un agent. La subvention est directement versée aux compagnies d’assurance via la déclaration d’impôt du contribuable. Ce mode de paiement, qui implique une subvention directe, bénéficie aux hôpitaux, assureurs et gestionnaires de médicaments, mais alourdit aussi le budget fédéral.
L’ePTC : augmentation du fardeau fiscal, suppression aggravant la charge des ménages
Pendant la pandémie, le gouvernement Biden a lancé une extension temporaire du crédit d’impôt pour primes (ePTC), permettant à des ménages à revenu moyen de bénéficier de subventions accrues. Cependant, cela a aussi fait grimper les primes, augmentant la dépense publique. La règle initiale de l’ACA excluait de toute subvention ceux dont le revenu dépassait 400 % du FPL, ce qu’on appelle la « falaise des subventions ». En 2021, la loi américaine de relance (American Rescue Plan) a introduit une version renforcée du crédit, permettant aux ménages à 100-150 % du FPL de bénéficier gratuitement d’un plan argent standard, et aux revenus supérieurs de recevoir des subventions si la prime dépasse 8,5 % du revenu familial.
À l’avenir, si la hausse des primes et la suppression de l’ePTC se cumulent, la dépense des ménages en assurance pourrait augmenter considérablement. La suppression de l’ePTC pourrait faire augmenter la prime moyenne de plus de 75 %, aggravant la charge réelle. De plus, 312 compagnies d’assurance ont proposé des taux moyens d’augmentation de 18 % pour 2026, soit plus du double de la moyenne de 7 % de l’année précédente.
Ainsi, la prolongation de l’ePTC bénéficie d’un large soutien bipartisan. Plus de 84 % des assurés y sont favorables. Même parmi les républicains, 72 % des partisans du MAGA souhaitent sa prolongation, et 75 % des autres républicains aussi. Cela oblige le parti républicain à proposer des alternatives crédibles, financièrement soutenables et politiquement attractives. Face à l’habitude de subventions prolongées, la population américaine ne peut plus supporter de supporter à nouveau le coût de l’assurance après plusieurs hausses. La responsabilité financière ne peut plus revenir aux citoyens, et les deux partis devront, pour préserver leur électorat, répartir ces coûts dans le budget fédéral, puis, en fonction de la conjoncture, recourir à des solutions de crise ou à des avancées technologiques.
(二)Malgré la baisse de l’inflation, le « coût de la vie » reste le thème central de la campagne
Trump a remporté la présidentielle en se présentant comme un expert économique, mais la « crise du coût de la vie » est devenue un fardeau pour sa popularité. La perception de l’inflation dans le logement, les primes, les prêts étudiants, l’énergie et l’alimentation est très forte.
Concernant l’économie, la stratégie de Trump — « libéralisme pour une croissance stable, intervention administrative pour contenir l’inflation » — commence à porter ses fruits. Cette approche, mêlant « libéralisme de droite » et « interventionnisme de gauche », est caractéristique : d’un côté, Trump favorise la déréglementation et la baisse d’impôts ; de l’autre, il signe des décrets pour faire pression sur les prix des médicaments et de l’alimentation, en négociant directement avec les entreprises ou en utilisant des exemptions tarifaires.
Sur la question des prix, les solutions des deux camps diffèrent. Les démocrates privilégient les subventions aux revenus faibles, tandis que Trump mise sur l’effet de richesse. Les deux camps ont conscience de la détérioration de la situation financière des électeurs et de l’importance de maîtriser l’inflation pour leur campagne. Les démocrates proposent d’augmenter les impôts des riches et des grandes entreprises pour financer la santé, tandis que Trump insiste sur la valeur d’investissement du marché boursier. La majorité des Américains anticipent une baisse de l’activité économique dans l’année, mais une hausse de leur richesse, ce qui correspond à la stratégie de Trump visant à stimuler l’économie via la bourse et la cryptomonnaie.
(三)La compétition acharnée autour de la redéfinition des circonscriptions, avec des conséquences majeures pour la majorité à la Chambre
La redéfinition des circonscriptions peut favoriser de manière déloyale certains partis
La polarisation politique a réduit le nombre de circonscriptions compétitives, rendant la redéfinition des districts cruciale pour la compétition à la Chambre. La polarisation a renforcé les bases partisanes, réduisant à environ 40 le nombre de circonscriptions réellement contestables, ce qui fait que le résultat de la redéfinition influence directement la majorité. La redéfinition des circonscriptions mobilise toutes les forces politiques, y compris la Cour suprême, les gouverneurs et les leaders parlementaires. Pour reprendre la majorité, le Parti démocrate doit concentrer ses ressources sur les districts réellement disputés, tandis que le Parti républicain cherche à renforcer ses positions par des stratégies de « packing » (concentrer les électeurs adverses dans peu de districts) ou de « cracking » (disperser ses propres électeurs pour diluer leur influence).
La proximité des sièges entre les deux partis rend la redéfinition des circonscriptions déterminante pour la suite
Dans les six États où la nouvelle carte électorale a été publiée, le Parti républicain a gagné 3 sièges nets, tandis que dans ceux où la carte n’est pas encore fixée, le Parti démocrate pourrait en gagner plus de 3. Parmi ces États, la majorité des gains républicains concerne le Texas (+5), le Missouri (+1), la Caroline du Nord (+1) et l’Ohio (+2). La majorité des gains démocrates concerne la Californie (+5) et l’Utah (+1). Dans les États où la carte n’est pas encore arrêtée, la tendance est favorable aux démocrates, notamment en Maryland, en Virginie et en Illinois. La contestation judiciaire des cartes électorales, notamment en Floride, en Californie et au Texas, montre la forte compétition juridique et politique autour de la redéfinition des districts.
La volonté de Trump d’étendre son pouvoir exécutif pourrait intensifier la lutte entre le gouvernement fédéral et les États
La fréquence d’utilisation des décrets exécutifs par Trump a dépassé celle de son premier mandat. Il a signé 220 décrets lors de sa première présidence, et à la date du 18 décembre 2025, il en a déjà signé 225, avec 55 mémorandums et 114 annonces. En 2025, il a atteint ses principaux objectifs législatifs via la loi « Build Back Better » et la loi de financement continu pour 2026, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la défense et des retraites. D’autres mesures, comme les politiques tarifaires ou la déréglementation, sont aussi mises en œuvre par décrets.
Le gouvernement Trump agit de manière « rapide mais lente » : il adopte rapidement des mesures comme les décrets sur le fentanyl ou les tarifs réciproques, mais ces actions peuvent faire l’objet de recours judiciaires, notamment devant la Cour suprême, qui pourrait éventuellement annuler ces décrets. En dehors des questions tarifaires, d’autres politiques majeures (fiscalité, immigration, règles électorales, droits fondamentaux) doivent encore passer par le Congrès. La stratégie de Trump consiste à créer rapidement des faits accomplis par une série de décrets, puis à faire évoluer la situation par des recours ou des ajustements législatifs.
En plus des décrets, Trump utilise fréquemment des « mémorandums » et des « annonces » pour orienter la politique. Ces documents, qui ne nécessitent pas de procédure législative formelle, permettent d’affirmer la position de l’administration sans passer par le processus de promulgation. En 2025, Trump a utilisé 55 mémorandums pour promouvoir la déréglementation énergétique, la réduction des politiques DEI (diversité, équité, inclusion), la politique migratoire et la priorité américaine en commerce et investissement. La présidence Trump a ainsi souvent dépassé les limites de l’autorité exécutive, ce qui pourrait se renforcer si une majorité des deux chambres lui échappe après les élections.
La « surutilisation » des décrets et autres instruments exécutifs pourrait, après les élections, limiter davantage le pouvoir présidentiel. Si certains pouvoirs, comme celui de fixer les tarifs douaniers, sont rétrocédés au Congrès, cela réduirait la marge d’action de l’exécutif. La Cour suprême pourrait également renforcer la restriction de l’interprétation de la loi par l’administration, notamment en rejetant la doctrine Chevron, qui autorise une certaine déférence à l’interprétation administrative. La contestation judiciaire des décrets tarifaires, notamment, pourrait s’intensifier, ce qui limiterait la capacité de Trump à agir par décrets.
En outre, Trump pourrait recourir à des « mémorandums » et des « annonces » pour continuer à orienter la politique, mais leur légalité pourrait être remise en question si le pouvoir judiciaire limite leur usage. La possibilité d’un resserrement des pouvoirs exécutifs, notamment en matière tarifaire ou migratoire, pourrait alors se renforcer, réduisant la marge de manœuvre présidentielle.
Enfin, si Trump perd une ou deux chambres après les élections, ses pouvoirs exécutifs pourraient être encore davantage limités, notamment par la restriction du recours aux décrets et par un renforcement du contrôle judiciaire. La possibilité d’un « retour à la normale » constitutionnelle dépendra alors de la composition du Congrès et des juges.
三、Impact de la politique et des élections de mi-mandat américaines sur la relation bilatérale sino-américaine
(一)Jugement global : la compétition sino-américaine est à l’équilibre, la relation bilatérale devrait rester relativement stable en 2026
La Chine doit continuer à maintenir une politique stable des États-Unis dans les domaines des semi-conducteurs, des machines de haute technologie et de la finance
Dans le domaine des semi-conducteurs, le rapport du Conseil stratégique sino-américain indique que la Chine a importé près de 38 milliards de dollars d’équipements avancés en 2024, et recommande de renforcer la coopération multilatérale pour contrôler les exportations et la surveillance des équipements.
Dans le secteur biopharmaceutique, des lois sur la biosécurité ont été proposées à plusieurs reprises par des parlementaires américains, sans succès. Le 18 décembre, une loi sur la biosécurité a été intégrée dans le NDAA 2026 (article 851).
Dans la finance, les sanctions américaines contre la Chine affectent la déconnexion des investissements bilatéraux et menacent le système de règlement en dollars. D’une part, elles limitent les investissements bilatéraux en private equity, capital-risque, investissements verts et en actions cotées, impactant notamment les fonds de pension et les universités américaines en Chine. D’autre part, elles menacent le système de règlement en dollars, en pouvant sanctionner directement les banques chinoises ou en empêchant les institutions financières américaines de traiter leurs transactions en dollars pour ces banques, ce qui pourrait exclure ces dernières du système de paiement en dollars. Cependant, couper la Chine du système de règlement en dollars reviendrait à renoncer à la domination du dollar, ce qui est peu probable dans l’immédiat.
Pour éviter que ces tensions nuisent au développement chinois, la Chine souhaite stabiliser ses relations avec les États-Unis.
Trump doit aussi coordonner l’impact des politiques américaines sur l’exportation chinoise, la lutte antitrust, etc.
Concernant l’exportation, la Chine, qui exporte notamment des terres rares, du graphite, des matériaux super-durs, des petits produits électroniques, doit gérer ses flux pour préserver ses intérêts. La Chine bénéficie d’un avantage en coûts grâce à ses chaînes d’approvisionnement, ce qui lui permet de dominer certains marchés américains. La mise en place de quotas sur des produits essentiels, comme les biens de consommation courante, peut influencer la consommation intérieure américaine et l’inflation, tout en affectant le soutien à Trump lors des élections.
En matière d’antitrust, la Chine peut utiliser sa législation pour enquêter sur les pratiques monopolistiques des entreprises américaines en Chine, créant ainsi des leviers de négociation ou accélérant la substitution locale.
En matière d’importations, la Chine détient des leviers sur certains produits américains clés, comme les films, l’énergie, le soja ou les avions. En avril 2025, l’administration du cinéma a annoncé une réduction des importations américaines, ce qui pourrait se concrétiser. La Chine peut aussi augmenter ses achats pour répondre aux besoins d’exportation américains ou réduire ses importations en représailles. La grande taille du marché aéronautique chinois lui confère un pouvoir de négociation dans l’importation de gros avions. En tant que premier consommateur et importateur mondial de soja, la Chine peut ajuster ses achats pour satisfaire la stratégie électorale de Trump.
En résumé, la relation bilatérale sino-américaine en 2026 présente plus d’éléments favorables que défavorables
La première raison est que la contrainte tarifaire s’est renforcée durant le cycle électoral. La détérioration des relations pourrait entraîner une rupture totale du commerce sino-américain, ce qui augmenterait les risques d’inflation et de ralentissement économique avant l’élection, nuisant à la campagne républicaine. Si la situation s’améliore, cela pourrait contredire la propagande de Trump sur ses « succès » et affaiblir son image. En général, il est plus probable que le gouvernement Trump maintienne le cadre tarifaire actuel, en utilisant des mesures ciblées pour faire face à la conjoncture économique et électorale. Les tarifs seront alors davantage un outil de contrainte que d’expansion.
La seconde est que l’aile dure américaine vis-à-vis de la Chine ne pourra pas empêcher Trump de choisir une politique amicale. En dehors des lois nécessitant la ratification du Sénat, le président dispose d’un pouvoir considérable pour définir la politique nationale. La volonté du Congrès, des groupes d’intérêt, des médias et de l’opinion publique limite toutefois cette marge de manœuvre. Trump, en revanche, n’est pas dépourvu d’imagination : avec une majorité claire dans les deux chambres, il pourra continuer à exercer son pouvoir de manière plus autonome. La majorité électorale et la majorité parlementaire lui offrent un environnement législatif favorable. Les démocrates, en dehors de leur rôle lors des auditions, ne peuvent que faire obstacle symboliquement. La justice et l’opinion publique sont également peu capables de limiter Trump. La stratégie de la « confrontation » avec la Chine, déjà adoptée par la classe stratégique américaine, pourrait continuer à évoluer. La vision de Trump, qui ne voit pas la Chine comme un rival géopolitique mais comme un partenaire commercial, reste dominante. Il souhaite avant tout tirer profit de la croissance chinoise, et ses déclarations publiques montrent qu’il espère que la Chine « va bien » — ce qui traduit une absence de perception de la Chine comme adversaire systémique.
二、Si la taxe douanière équivalente est jugée anticonstitutionnelle, l’augmentation de droits de douane de substitution pourrait accroître l’incertitude dans la relation sino-américaine
Si la loi IEEPA est déclarée anticonstitutionnelle, la mise en place de droits de douane de substitution pourrait à nouveau compliquer la relation bilatérale. Trump applique actuellement une politique tarifaire globale comprenant environ 10 % de droits de douane initiaux, 10 % de droits équivalents, et 10 % sur le fentanyl, totalisant 30 %. Si la loi IEEPA est invalidée, il devra suspendre ces droits, mais cherchera probablement à les remplacer par d’autres mesures, comme des droits sous la loi commerciale de 1974 (article 122) ou la loi tarifaire de 1930 (article 338).
L’article 122, qui peut être activé sans enquête préalable, permet au président d’imposer jusqu’à 15 % de droits sur toutes les importations en cas de déficit commercial important. La durée maximale est de 150 jours, renouvelable par le Congrès. L’article 338, qui peut discriminer certains pays, autorise des droits jusqu’à 50 %, mais n’a jamais été utilisé depuis la Grande Dépression. Son application est plus difficile, mais ses risques juridiques sont plus élevés.
En cas de déclaration d’illégalité, Trump pourrait adopter une combinaison de ces mesures : utiliser uniquement l’article 338, ce qui est risqué, ou combiner les deux, en privilégiant l’article 122 pour limiter le risque juridique. La stratégie consisterait alors à imposer des droits de 15 % sous l’article 122, puis 39 % sous l’article 338, en différant leur mise en œuvre. La Chine pourrait voir dans cette situation une opportunité de faire évoluer la relation tarifaire, mais si Trump insiste sur des droits de substitution, cela pourrait accroître l’incertitude en 2026.
Avertissement sur les risques
Reprise des contrôles à l’exportation ; augmentation inattendue des droits de douane ; changements majeurs dans la situation internationale.
(Article publié par Xingye Securities)
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CMB International Securities : Perspectives sur la politique américaine, les élections de mi-mandat de 2026 et les relations bilatérales sino-américaines
I. Situation fondamentale de la politique américaine et des élections de mi-mandat en 2026
Les élections de mi-mandat sont les élections des membres du Congrès américain, à la Chambre des représentants et au Sénat, prévues pour le 3 novembre 2026. La Chambre compte 435 sièges, avec un mandat de deux ans, tous renouvelés tous les deux ans ; le Sénat compte 100 sièges, avec un mandat de six ans, renouvelés par tiers tous les deux ans. En raison du système de circonscriptions uninominales, le pays est divisé en 435 circonscriptions, chacune élisant un seul représentant. Les sièges du Sénat sont répartis équitablement entre les 50 États, chaque État disposant de deux sièges.
(一) Chambre des représentants : les sondages actuels et l’histoire électorale indiquent une tendance à la hausse pour le Parti démocrate
Actuellement, la majorité à la Chambre est détenue par le Parti républicain avec 220 sièges contre 213 pour le Parti démocrate, ce qui signifie qu’un léger gain de quelques sièges suffirait aux démocrates pour inverser la tendance. Le cycle politique national influence donc davantage leur situation. Selon les sondages actuels et la « malédiction du mi-mandat », qui veut que l’opposition politique ait souvent un avantage à la Chambre, le Parti démocrate pourrait être en phase de progression.
Bien que ces élections soient locales, le soutien partisan reste un facteur déterminant. La synchronisation des cycles politiques à l’échelle nationale est forte, et le taux de soutien à Trump ainsi que la situation politique précédente orientent directement les résultats. Premièrement, ces élections sont perçues comme un vote de confiance envers le parti au pouvoir, et la popularité de Trump sert d’indicateur direct. Deuxièmement, la polarisation politique domine la scène américaine actuelle : dans les zones très conservatrices, les électeurs principaux votent souvent pour leur camp lors des élections municipales, étatiques, fédérales ou présidentielles. Enfin, le taux de participation aux élections locales étant plus faible, les candidats ont souvent besoin du soutien de figures politiques de Washington, renforçant ainsi le lien entre la participation électorale, le soutien partisan et la popularité du président.
Les sondages montrent que la satisfaction à l’égard de la première année de mandat de Trump est faible. En 2025, l’économie reste la priorité des électeurs, mais la mise en œuvre de politiques tarifaires et anti-immigration, ainsi que la division économique en « K-shaped », ont terni l’image économique de Trump. Son soutien net a reculé tout au long de l’année. Par États, des États très conservateurs comme le Nebraska, le Kansas, le Dakota du Nord ou l’Arkansas ont vu leur soutien à Trump diminuer en fin d’année. Par groupes démographiques, le soutien à Trump varie fortement selon le sexe, le niveau d’éducation, l’origine ethnique ou l’affiliation partisane. Seuls les républicains et les Blancs peu éduqués ont un soutien net positif, tous les autres groupes ayant un soutien net négatif.
La corrélation entre la contexte national et les élections régionales est forte, principalement sous l’effet des « chambres à information » médiatiques. Au cours des 50 dernières années, la confiance dans les médias traditionnels a diminué. La confiance des électeurs républicains dans ces médias est encore plus faible, avec seulement 8 %, contre 51 % pour les démocrates, atteignant des niveaux historiquement bas. La stratification de la confiance au sein des médias est également évidente entre les électeurs des deux camps.
Les lois statistiques montrent que l’opposition a souvent un avantage à la Chambre. Depuis 1946 jusqu’en 2022, le parti au pouvoir n’a vu ses sièges à la Chambre augmenter qu’en 1998 et 2002. Dans toutes les autres années, il a perdu des sièges. Sur 39 élections de mi-mandat depuis la guerre de Sécession, le parti au pouvoir a perdu la majorité à la Chambre dans 36 cas, soit 92 %.
(二) Sénat : la majorité républicaine devrait être maintenue, le Parti démocrate doit conquérir des circonscriptions peu favorables pour inverser la tendance
Actuellement, le Sénat est composé de 53 républicains et 47 démocrates. Pour devenir majoritaire, le Parti démocrate doit gagner au moins 4 sièges nets. En 2026, 33 sièges seront renouvelés, dont deux sièges vacants suite à l’entrée de Vance et Rubio au gouvernement, portant le total à 35 sièges renouvelés. Sur les 65 sièges non renouvelés, 34 sont détenus par les démocrates et 31 par les républicains. Parmi les 35 sièges renouvelés, les démocrates ont l’avantage dans 11 circonscriptions, les républicains dans 20. En situation de référence, cela signifie que les républicains obtiendraient au moins 51 sièges (31 « réélus » + 20 circonscriptions favorables), et les démocrates au moins 45 (34 « réélus » + 11 circonscriptions favorables). Pour que les démocrates prennent la majorité, ils doivent inverser au moins 6 circonscriptions où les républicains ont une avance.
Parmi les 35 circonscriptions renouvelées, seules quatre sont considérées comme très disputées : Géorgie (Ossoff), Michigan (ouvert), Maine (Collins) et Caroline du Nord (ouvert). Pour inverser la majorité, les démocrates doivent non seulement conquérir ces quatre circonscriptions, mais aussi en gagner deux autres où les républicains ont une avance. Par exemple, dans les circonscriptions de Husted (Ohio), l’ouverture dans l’Iowa, et celle de Cornyn (Texas), ces circonscriptions ont massivement voté pour Trump lors des présidentielles de 2020 et 2024. Gagner deux de ces trois circonscriptions nécessite une forte avance dans l’opinion publique et la sympathie de l’électorat. En outre, la majorité des 17 autres sièges conservateurs en jeu sont dans des circonscriptions fortement polarisées, rendant leur inversion encore plus difficile. La circonscription d’Ohio-Husted, avec une avance de 53,3 % contre 45,2 % en 2020 et 55,1 % contre 43,9 % en 2024, reste la plus proche.
二、Variables clés pour la suite de la politique américaine et des élections de mi-mandat en 2026
(一)La question de la santé continue d’être le centre des luttes bipartites, avec une domination croissante du Parti républicain
Le conflit actuel sur la santé trouve ses origines dans la réforme de 2014, connue sous le nom d’ACA ou « Obamacare ». Son objectif principal est d’étendre la couverture santé à plus d’Américains, tout en provoquant une inflation des primes d’assurance.
Pour élargir la couverture, l’ACA a intégré dans Medicaid les adultes à faibles revenus gagnant moins de 138 % du seuil de pauvreté fédéral (FPL), permis aux jeunes de moins de 26 ans de rester sur l’assurance de leurs parents, et imposé aux entreprises de plus de 50 employés de fournir une assurance à leurs salariés à temps plein. Après cette extension, le nombre de non-assurés a fortement diminué, passant d’environ 16 % avant 2010 à environ 7-8 %, un niveau historiquement bas.
Pour élargir la couverture, les compagnies d’assurance ne peuvent plus refuser une couverture ou augmenter les primes en raison de maladies antérieures. Tous les plans doivent couvrir 10 services essentiels : soins ambulatoires, urgences, hospitalisation, accouchement, santé mentale, médicaments sur ordonnance, réadaptation, laboratoires, prévention et soins pédiatriques. La prévention doit être gratuite, notamment vaccins et dépistages.
L’ACA propose des options d’assurance standardisées (bronze, argent, or, platine) et met en place un crédit d’impôt (PTC) pour aider les familles dont le revenu est compris entre 100 % et 400 % du FPL, en leur versant une subvention mensuelle proportionnelle à leurs dépenses de primes. Lors de la période d’inscription annuelle, les demandeurs estiment leur revenu familial pour l’année suivante, souvent avec l’aide d’un courtier ou d’un agent. La subvention est directement versée aux compagnies d’assurance via la déclaration d’impôt du contribuable. Ce mode de paiement, qui implique une subvention directe, bénéficie aux hôpitaux, assureurs et gestionnaires de médicaments, mais alourdit aussi le budget fédéral.
Pendant la pandémie, le gouvernement Biden a lancé une extension temporaire du crédit d’impôt pour primes (ePTC), permettant à des ménages à revenu moyen de bénéficier de subventions accrues. Cependant, cela a aussi fait grimper les primes, augmentant la dépense publique. La règle initiale de l’ACA excluait de toute subvention ceux dont le revenu dépassait 400 % du FPL, ce qu’on appelle la « falaise des subventions ». En 2021, la loi américaine de relance (American Rescue Plan) a introduit une version renforcée du crédit, permettant aux ménages à 100-150 % du FPL de bénéficier gratuitement d’un plan argent standard, et aux revenus supérieurs de recevoir des subventions si la prime dépasse 8,5 % du revenu familial.
À l’avenir, si la hausse des primes et la suppression de l’ePTC se cumulent, la dépense des ménages en assurance pourrait augmenter considérablement. La suppression de l’ePTC pourrait faire augmenter la prime moyenne de plus de 75 %, aggravant la charge réelle. De plus, 312 compagnies d’assurance ont proposé des taux moyens d’augmentation de 18 % pour 2026, soit plus du double de la moyenne de 7 % de l’année précédente.
Ainsi, la prolongation de l’ePTC bénéficie d’un large soutien bipartisan. Plus de 84 % des assurés y sont favorables. Même parmi les républicains, 72 % des partisans du MAGA souhaitent sa prolongation, et 75 % des autres républicains aussi. Cela oblige le parti républicain à proposer des alternatives crédibles, financièrement soutenables et politiquement attractives. Face à l’habitude de subventions prolongées, la population américaine ne peut plus supporter de supporter à nouveau le coût de l’assurance après plusieurs hausses. La responsabilité financière ne peut plus revenir aux citoyens, et les deux partis devront, pour préserver leur électorat, répartir ces coûts dans le budget fédéral, puis, en fonction de la conjoncture, recourir à des solutions de crise ou à des avancées technologiques.
(二)Malgré la baisse de l’inflation, le « coût de la vie » reste le thème central de la campagne
Trump a remporté la présidentielle en se présentant comme un expert économique, mais la « crise du coût de la vie » est devenue un fardeau pour sa popularité. La perception de l’inflation dans le logement, les primes, les prêts étudiants, l’énergie et l’alimentation est très forte.
Concernant l’économie, la stratégie de Trump — « libéralisme pour une croissance stable, intervention administrative pour contenir l’inflation » — commence à porter ses fruits. Cette approche, mêlant « libéralisme de droite » et « interventionnisme de gauche », est caractéristique : d’un côté, Trump favorise la déréglementation et la baisse d’impôts ; de l’autre, il signe des décrets pour faire pression sur les prix des médicaments et de l’alimentation, en négociant directement avec les entreprises ou en utilisant des exemptions tarifaires.
Sur la question des prix, les solutions des deux camps diffèrent. Les démocrates privilégient les subventions aux revenus faibles, tandis que Trump mise sur l’effet de richesse. Les deux camps ont conscience de la détérioration de la situation financière des électeurs et de l’importance de maîtriser l’inflation pour leur campagne. Les démocrates proposent d’augmenter les impôts des riches et des grandes entreprises pour financer la santé, tandis que Trump insiste sur la valeur d’investissement du marché boursier. La majorité des Américains anticipent une baisse de l’activité économique dans l’année, mais une hausse de leur richesse, ce qui correspond à la stratégie de Trump visant à stimuler l’économie via la bourse et la cryptomonnaie.
(三)La compétition acharnée autour de la redéfinition des circonscriptions, avec des conséquences majeures pour la majorité à la Chambre
La polarisation politique a réduit le nombre de circonscriptions compétitives, rendant la redéfinition des districts cruciale pour la compétition à la Chambre. La polarisation a renforcé les bases partisanes, réduisant à environ 40 le nombre de circonscriptions réellement contestables, ce qui fait que le résultat de la redéfinition influence directement la majorité. La redéfinition des circonscriptions mobilise toutes les forces politiques, y compris la Cour suprême, les gouverneurs et les leaders parlementaires. Pour reprendre la majorité, le Parti démocrate doit concentrer ses ressources sur les districts réellement disputés, tandis que le Parti républicain cherche à renforcer ses positions par des stratégies de « packing » (concentrer les électeurs adverses dans peu de districts) ou de « cracking » (disperser ses propres électeurs pour diluer leur influence).
Dans les six États où la nouvelle carte électorale a été publiée, le Parti républicain a gagné 3 sièges nets, tandis que dans ceux où la carte n’est pas encore fixée, le Parti démocrate pourrait en gagner plus de 3. Parmi ces États, la majorité des gains républicains concerne le Texas (+5), le Missouri (+1), la Caroline du Nord (+1) et l’Ohio (+2). La majorité des gains démocrates concerne la Californie (+5) et l’Utah (+1). Dans les États où la carte n’est pas encore arrêtée, la tendance est favorable aux démocrates, notamment en Maryland, en Virginie et en Illinois. La contestation judiciaire des cartes électorales, notamment en Floride, en Californie et au Texas, montre la forte compétition juridique et politique autour de la redéfinition des districts.
La fréquence d’utilisation des décrets exécutifs par Trump a dépassé celle de son premier mandat. Il a signé 220 décrets lors de sa première présidence, et à la date du 18 décembre 2025, il en a déjà signé 225, avec 55 mémorandums et 114 annonces. En 2025, il a atteint ses principaux objectifs législatifs via la loi « Build Back Better » et la loi de financement continu pour 2026, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la défense et des retraites. D’autres mesures, comme les politiques tarifaires ou la déréglementation, sont aussi mises en œuvre par décrets.
Le gouvernement Trump agit de manière « rapide mais lente » : il adopte rapidement des mesures comme les décrets sur le fentanyl ou les tarifs réciproques, mais ces actions peuvent faire l’objet de recours judiciaires, notamment devant la Cour suprême, qui pourrait éventuellement annuler ces décrets. En dehors des questions tarifaires, d’autres politiques majeures (fiscalité, immigration, règles électorales, droits fondamentaux) doivent encore passer par le Congrès. La stratégie de Trump consiste à créer rapidement des faits accomplis par une série de décrets, puis à faire évoluer la situation par des recours ou des ajustements législatifs.
En plus des décrets, Trump utilise fréquemment des « mémorandums » et des « annonces » pour orienter la politique. Ces documents, qui ne nécessitent pas de procédure législative formelle, permettent d’affirmer la position de l’administration sans passer par le processus de promulgation. En 2025, Trump a utilisé 55 mémorandums pour promouvoir la déréglementation énergétique, la réduction des politiques DEI (diversité, équité, inclusion), la politique migratoire et la priorité américaine en commerce et investissement. La présidence Trump a ainsi souvent dépassé les limites de l’autorité exécutive, ce qui pourrait se renforcer si une majorité des deux chambres lui échappe après les élections.
La « surutilisation » des décrets et autres instruments exécutifs pourrait, après les élections, limiter davantage le pouvoir présidentiel. Si certains pouvoirs, comme celui de fixer les tarifs douaniers, sont rétrocédés au Congrès, cela réduirait la marge d’action de l’exécutif. La Cour suprême pourrait également renforcer la restriction de l’interprétation de la loi par l’administration, notamment en rejetant la doctrine Chevron, qui autorise une certaine déférence à l’interprétation administrative. La contestation judiciaire des décrets tarifaires, notamment, pourrait s’intensifier, ce qui limiterait la capacité de Trump à agir par décrets.
En outre, Trump pourrait recourir à des « mémorandums » et des « annonces » pour continuer à orienter la politique, mais leur légalité pourrait être remise en question si le pouvoir judiciaire limite leur usage. La possibilité d’un resserrement des pouvoirs exécutifs, notamment en matière tarifaire ou migratoire, pourrait alors se renforcer, réduisant la marge de manœuvre présidentielle.
Enfin, si Trump perd une ou deux chambres après les élections, ses pouvoirs exécutifs pourraient être encore davantage limités, notamment par la restriction du recours aux décrets et par un renforcement du contrôle judiciaire. La possibilité d’un « retour à la normale » constitutionnelle dépendra alors de la composition du Congrès et des juges.
三、Impact de la politique et des élections de mi-mandat américaines sur la relation bilatérale sino-américaine
(一)Jugement global : la compétition sino-américaine est à l’équilibre, la relation bilatérale devrait rester relativement stable en 2026
Dans le domaine des semi-conducteurs, le rapport du Conseil stratégique sino-américain indique que la Chine a importé près de 38 milliards de dollars d’équipements avancés en 2024, et recommande de renforcer la coopération multilatérale pour contrôler les exportations et la surveillance des équipements.
Dans le secteur biopharmaceutique, des lois sur la biosécurité ont été proposées à plusieurs reprises par des parlementaires américains, sans succès. Le 18 décembre, une loi sur la biosécurité a été intégrée dans le NDAA 2026 (article 851).
Dans la finance, les sanctions américaines contre la Chine affectent la déconnexion des investissements bilatéraux et menacent le système de règlement en dollars. D’une part, elles limitent les investissements bilatéraux en private equity, capital-risque, investissements verts et en actions cotées, impactant notamment les fonds de pension et les universités américaines en Chine. D’autre part, elles menacent le système de règlement en dollars, en pouvant sanctionner directement les banques chinoises ou en empêchant les institutions financières américaines de traiter leurs transactions en dollars pour ces banques, ce qui pourrait exclure ces dernières du système de paiement en dollars. Cependant, couper la Chine du système de règlement en dollars reviendrait à renoncer à la domination du dollar, ce qui est peu probable dans l’immédiat.
Pour éviter que ces tensions nuisent au développement chinois, la Chine souhaite stabiliser ses relations avec les États-Unis.
Concernant l’exportation, la Chine, qui exporte notamment des terres rares, du graphite, des matériaux super-durs, des petits produits électroniques, doit gérer ses flux pour préserver ses intérêts. La Chine bénéficie d’un avantage en coûts grâce à ses chaînes d’approvisionnement, ce qui lui permet de dominer certains marchés américains. La mise en place de quotas sur des produits essentiels, comme les biens de consommation courante, peut influencer la consommation intérieure américaine et l’inflation, tout en affectant le soutien à Trump lors des élections.
En matière d’antitrust, la Chine peut utiliser sa législation pour enquêter sur les pratiques monopolistiques des entreprises américaines en Chine, créant ainsi des leviers de négociation ou accélérant la substitution locale.
En matière d’importations, la Chine détient des leviers sur certains produits américains clés, comme les films, l’énergie, le soja ou les avions. En avril 2025, l’administration du cinéma a annoncé une réduction des importations américaines, ce qui pourrait se concrétiser. La Chine peut aussi augmenter ses achats pour répondre aux besoins d’exportation américains ou réduire ses importations en représailles. La grande taille du marché aéronautique chinois lui confère un pouvoir de négociation dans l’importation de gros avions. En tant que premier consommateur et importateur mondial de soja, la Chine peut ajuster ses achats pour satisfaire la stratégie électorale de Trump.
La première raison est que la contrainte tarifaire s’est renforcée durant le cycle électoral. La détérioration des relations pourrait entraîner une rupture totale du commerce sino-américain, ce qui augmenterait les risques d’inflation et de ralentissement économique avant l’élection, nuisant à la campagne républicaine. Si la situation s’améliore, cela pourrait contredire la propagande de Trump sur ses « succès » et affaiblir son image. En général, il est plus probable que le gouvernement Trump maintienne le cadre tarifaire actuel, en utilisant des mesures ciblées pour faire face à la conjoncture économique et électorale. Les tarifs seront alors davantage un outil de contrainte que d’expansion.
La seconde est que l’aile dure américaine vis-à-vis de la Chine ne pourra pas empêcher Trump de choisir une politique amicale. En dehors des lois nécessitant la ratification du Sénat, le président dispose d’un pouvoir considérable pour définir la politique nationale. La volonté du Congrès, des groupes d’intérêt, des médias et de l’opinion publique limite toutefois cette marge de manœuvre. Trump, en revanche, n’est pas dépourvu d’imagination : avec une majorité claire dans les deux chambres, il pourra continuer à exercer son pouvoir de manière plus autonome. La majorité électorale et la majorité parlementaire lui offrent un environnement législatif favorable. Les démocrates, en dehors de leur rôle lors des auditions, ne peuvent que faire obstacle symboliquement. La justice et l’opinion publique sont également peu capables de limiter Trump. La stratégie de la « confrontation » avec la Chine, déjà adoptée par la classe stratégique américaine, pourrait continuer à évoluer. La vision de Trump, qui ne voit pas la Chine comme un rival géopolitique mais comme un partenaire commercial, reste dominante. Il souhaite avant tout tirer profit de la croissance chinoise, et ses déclarations publiques montrent qu’il espère que la Chine « va bien » — ce qui traduit une absence de perception de la Chine comme adversaire systémique.
二、Si la taxe douanière équivalente est jugée anticonstitutionnelle, l’augmentation de droits de douane de substitution pourrait accroître l’incertitude dans la relation sino-américaine
Si la loi IEEPA est déclarée anticonstitutionnelle, la mise en place de droits de douane de substitution pourrait à nouveau compliquer la relation bilatérale. Trump applique actuellement une politique tarifaire globale comprenant environ 10 % de droits de douane initiaux, 10 % de droits équivalents, et 10 % sur le fentanyl, totalisant 30 %. Si la loi IEEPA est invalidée, il devra suspendre ces droits, mais cherchera probablement à les remplacer par d’autres mesures, comme des droits sous la loi commerciale de 1974 (article 122) ou la loi tarifaire de 1930 (article 338).
L’article 122, qui peut être activé sans enquête préalable, permet au président d’imposer jusqu’à 15 % de droits sur toutes les importations en cas de déficit commercial important. La durée maximale est de 150 jours, renouvelable par le Congrès. L’article 338, qui peut discriminer certains pays, autorise des droits jusqu’à 50 %, mais n’a jamais été utilisé depuis la Grande Dépression. Son application est plus difficile, mais ses risques juridiques sont plus élevés.
En cas de déclaration d’illégalité, Trump pourrait adopter une combinaison de ces mesures : utiliser uniquement l’article 338, ce qui est risqué, ou combiner les deux, en privilégiant l’article 122 pour limiter le risque juridique. La stratégie consisterait alors à imposer des droits de 15 % sous l’article 122, puis 39 % sous l’article 338, en différant leur mise en œuvre. La Chine pourrait voir dans cette situation une opportunité de faire évoluer la relation tarifaire, mais si Trump insiste sur des droits de substitution, cela pourrait accroître l’incertitude en 2026.
Avertissement sur les risques
Reprise des contrôles à l’exportation ; augmentation inattendue des droits de douane ; changements majeurs dans la situation internationale.
(Article publié par Xingye Securities)