Depuis les débuts d’Internet dans les années 1990, nous avons connu deux grandes phases : un internet de consultation passive, puis un internet de partage et d’interaction. Aujourd’hui, une troisième vague se dessine avec le web 3.0, prometteuse de transformer en profondeur la manière dont nous gérons nos données et interagissons en ligne. Contrairement aux modèles précédents dominés par quelques géants technologiques, le web 3.0 propose un internet où les utilisateurs retrouvent la maîtrise totale de leurs actifs numériques et de leurs données personnelles.
De l’internet de lecture à l’internet de possession : comprendre l’évolution
Comprendre le web 3.0 nécessite de revenir sur ses prédécesseurs et d’examiner comment chaque génération a transformé nos usages.
La première génération : le Web 1.0 (1989-2004)
Lors de son lancement au début des années 1990, Internet était essentiellement un média de consultation. Les entreprises publiaient des informations statiques sur leurs pages web, et les utilisateurs y accédaient en tant que lecteurs passifs. Il n’existait aucune interaction véritable – pas de commentaires, pas de partage, pas de participation. Cette phase, qui s’est prolongée jusqu’en 2004, représentait une révolution en termes d’accès à l’information, mais restait profondément unilatérale.
La deuxième génération : le Web 2.0 (2004-aujourd’hui)
À partir de 2004, l’émergence des réseaux sociaux a fondamentalement changé la donne. Facebook, Instagram, Twitter et bien d’autres plateformes ont transformé les utilisateurs de simples consommateurs en producteurs de contenu. C’est devenu l’ère de la lecture-écriture : chacun pouvait partager ses pensées, publier des photos, converser avec d’autres. Cette démocratisation de la parole en ligne semblait progressiste.
Cependant, cette liberté apparente a eu un prix souvent invisible. Les géants technologiques qui hébergent ces plateformes centralisées ont accumuleul les données personnelles massives, les monétisant via la publicité ciblée et vendant ces informations à des tiers. Les utilisateurs avaient gagné en liberté d’expression, mais perdu la propriété de leurs données. Les scandales de confidentialité se sont multipliés, révélant que les consommateurs n’avaient jamais réellement contrôlé leurs informations.
La troisième génération : web 3.0 (2014-présent)
En 2014, Gavin Wood, cofondateur d’Ethereum et fondateur de Polkadot, a formalisé le concept de web 3.0 en réponse précisément à ces failles du Web 2.0. Il l’a envisagé comme une réponse à la dépendance excessive vis-à-vis des entreprises privées. Le web 3.0 s’inscrit dans la phase lecture-écriture-possession : les utilisateurs ne se contentent plus de lire et d’écrire, ils possèdent directement leurs actifs numériques.
Fondamentalement différent des générations précédentes, le web 3.0 repose sur la technologie blockchain et les applications décentralisées (dApps). Plutôt que de confier leurs données à une entité centrale, les utilisateurs interagissent au sein d’écosystèmes distribués où la confiance repose sur des protocoles mathématiques plutôt que sur la bonne volonté d’une entreprise. Après plusieurs années d’innovation depuis 2014, web 3.0 est progressivement passé du stade de concept théorique à celui de réalité fonctionnelle.
Les avantages structurels de web 3.0 face à la centralisation
Web 3.0 ne se limite pas à un changement cosmétique – il représente une réingénierie fondamentale d’Internet. Voici comment il surmonte les limitations des modèles précédents :
Décentralisation et propriété des données
Les applications construites sur blockchain, contrairement aux services Web 2.0, ne concentrent pas les données entre les mains d’une autorité centrale. Au lieu de cela, les données restent distribuées et contrôlées par les utilisateurs eux-mêmes. Cette architecture élimine la possibilité qu’une entité unique ne survende vos informations ou n’en abuse sans votre consentement explicite.
Accès démocratisé sans permission
Dans les systèmes web 3.0, personne n’a besoin de permission pour créer une application, offrir un service ou participer à un écosystème. Créateurs, entreprises et utilisateurs disposent tous des mêmes droits pour construire, monétiser et bénéficier des protocoles. Cette égalité de traitement contraste radicalement avec le Web 2.0, où les grandes plateformes agissaient comme gardiens d’accès.
Transparence et confiance intrinsèque
Plutôt que de devoir faire confiance aveuglément à une entreprise, les utilisateurs de web 3.0 interagissent via des contrats intelligents – du code programmé transparemment visible et vérifié par tous. Les incitations économiques sont intégrées directement dans les protocoles via des tokens, récompensant les comportements bénéfiques pour l’écosystème entier. Cela crée une confiance systémique où l’honnêteté découle de la conception même, pas de la bonne foi corporative.
Transactions financières accélérées et décentralisées
Web 3.0 s’appuie sur les cryptomonnaies comme infrastructure financière native. Les paiements deviennent directs de pair à pair, sans intermédiaires bancaires, réduisant les frais et les délais de transaction. Particulièrement pour les milliards de personnes non bancarisées mondialement, cela offre une porte d’accès jusqu’alors fermée à des services financiers véritables.
Sécurité cryptographique et immuabilité
La technologie blockchain sous-jacente confère à web 3.0 une sécurité mathématique basée sur la cryptographie. Une fois enregistrée sur la blockchain, une transaction ne peut pas être falsifiée ou supprimée. Cette immuabilité, combinée à la transparence du code des contrats intelligents, offre des niveaux de vérifiabilité impossibles à atteindre avec les applications Web 2.0 propriétaires.
Interopérabilité et évolutivité naturelle
Conçu dès le départ pour que plusieurs systèmes fonctionnent ensemble, web 3.0 offre une interopérabilité fluide entre différentes plateformes et technologiques. Cela facilite non seulement les migrations depuis les technologies héritées, mais permet aussi l’intégration d’innovations émergentes comme l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et le traitement du langage naturel, des capacités que les architectures Web 2.0 intègrent difficilement.
Où se concrétise web 3.0 : DeFi, NFTs et applications blockchain
Le web 3.0 n’est pas qu’une abstraction théorique – il s’incarne déjà dans des applications tangibles qui transforment des secteurs entiers.
Finance décentralisée : quand les utilisateurs deviennent leurs propres banquiers
La finance décentralisée (DeFi) représente le cas d’usage web 3.0 le plus mature. Des protocoles comme Uniswap et Aave fonctionnent sur des blockchains publiques, permettant aux utilisateurs de trader, prêter, emprunter et investir directement sans intermédiaire bancaire. Pour des millions de personnes exclues du système financier formel, la DeFi a ouvert l’accès à des outils autrefois réservés aux privilégiés – emprunter, générer des rendements, trader sur les marchés de cryptomonnaies.
Tokens non fongibles : redéfinir la propriété numériques
Bien que les NFTs aient connu une vague de spéculation en 2021, leur potentiel s’étend bien au-delà des images numériques tendance. La tokenisation d’actifs du monde réel – propriétés immobilières, certificats d’authenticité, droits d’auteur – transforme la manière dont nous prouvons la propriété et échangeons les actifs. Les créateurs peuvent maintenant conserver une plus grande part de la valeur qu’ils génèrent, sans dépendre de plateformes centralisées prenant des commissions exorbitantes.
GameFi et Play-to-Earn : le gaming devient une activité économique
L’arrivée du Play-to-Earn en 2021 a révolutionné le secteur du jeu vidéo. Contrairement aux jeux traditionnels où les entreprises captent toute la valeur, les jeux blockchain comme Axie Infinity et STEPN récompensent les joueurs pour leur participation. L’infrastructure décentralisée de web 3.0 aligne les intérêts des développeurs et des joueurs, transformant le gaming en activité économiquement viable plutôt qu’en simple divertissement.
Métavers : construire des mondes virtuels sans propriétaires uniques
Bien que le métavers soit devenu un terme marketing galvaudé, sa concrétisation web 3.0 via des projets comme The Sandbox et Decentraland offre véritablement quelque chose de différent. Les utilisateurs peuvent posséder leurs terres virtuelles, leurs actifs et leurs expériences sans dépendre d’une entreprise unique qui pourrait modifier les règles à sa guise. Intégré avec des technologies émergentes comme la réalité augmentée et virtuelle, le métavers web 3.0 promet de transformer nos interactions numériques.
Réseaux sociaux décentralisés : reprendre le contrôle de nos données
Contrairement à Facebook, Instagram ou Twitter qui centralisent nos données et nos interactions pour les monétiser, les réseaux sociaux décentralisés construits sur web 3.0 – comme Mastodon, Audius et Steem – garantissent que vos données vous appartiennent. Pas de profilage massif, pas de vente silencieuse à des annonceurs, pas d’algorithmes opaques dictant ce que vous voyez.
Stockage décentralisé : une alternative sécurisée au cloud centralisé
Le cloud computing dominé par AWS a consolidé le contrôle sur nos données numériques. Web 3.0 propose une alternative : des réseaux de stockage distribués comme Filecoin et Storj, alimentés par IPFS (Interplanetary File System). Les données demeurent chiffrées, distribuées entre plusieurs nœuds indépendants, plus résilientes et moins coûteuses que les solutions centralisées tout en restant aisément accessibles.
Identités décentralisées : un seul compte pour mille applications
Avec l’expansion de web 3.0, les identités décentralisées éliminent le besoin de créer des comptes séparés pour chaque service en ligne. Un seul portefeuille web 3.0 – MetaMask ou Halo Wallet, par exemple – peut authentifier l’utilisateur sur des centaines de dApps différentes. Cela offre non seulement une commodité accrue, mais aussi une confidentialité supérieure comparée aux systèmes centralisés qui épient chaque action.
Web 3.0 et l’économie numérique : pourquoi cela importe
Pour les participants à l’écosystème des cryptomonnaies et des actifs numériques, web 3.0 n’est pas une curiosité technologique – c’est l’infrastructure fondamentale de l’économie numérique de demain.
Cryptomonnaies et tokens : les briques de la nouvelle économie
Web 3.0 repose intrinsèquement sur les cryptomonnaies et les tokens comme carburant économique. Ces actifs numériques font bien plus que faciliter les transactions – ils incarnent la propriété, les droits de gouvernance et les incitations économiques. Les détenteurs de tokens ne sont pas de simples consommateurs, mais des participants à la gouvernance démocratique des protocoles.
Gouvernance décentralisée et organisations autonomes
Contrairement aux sociétés où quelques actionnaires décident de tout, les protocoles web 3.0 utilisent des DAO (organisations autonomes décentralisées) pour distribuer le pouvoir décisionnel. Les détenteurs de tokens votent sur l’évolution du protocole, l’allocation des ressources et les politiques. Cette gouvernance distribuée rend la prise de décision bien plus transparente et responsable qu’un modèle centralisé.
Décentralisation de la propriété et distribution de la valeur
Contrairement aux entités Web 2.0 qui concentrent la propriété entre les mains de quelques investisseurs, les protocoles web 3.0 permettent la propriété distribuée. Les utilisateurs, créateurs et contributeurs peuvent tous posséder une part du protocole qu’ils construisent et utilisent, créant un alignement naturel des intérêts. Cette propriété s’établit via l’émission et la gestion de tokens natifs.
Conclusion : web 3.0, l’internet du prochain chapitre
La prochaine décennie d’Internet tournera autour d’une question centrale : qui possède et contrôle la valeur numérique créée chaque jour ? Web 2.0 y a répondu : quelques géants technologiques. Web 3.0 propose une réponse radicalement différente : vous.
Grâce à la blockchain, aux cryptomonnaies et aux protocoles décentralisés, web 3.0 crée un internet où la création de valeur est récompensée directement, où la propriété est vérifiable, où la gouvernance est transparente et où le censure devient techniquement difficile. Ce n’est pas simplement une évolution technique – c’est un changement civilisationnel dans notre rapport au numérique.
Chaque jour, la frustration envers le Web 2.0 centralisé s’accroît. Les scandales de confidentialité, la surveillance massive, la monétisation de nos données, l’absence de contrôle sur nos contenus – tous ces griefs trouvent une réponse dans web 3.0. Les consommateurs n’acceptent plus d’être les produits ; avec web 3.0, ils deviennent les propriétaires.
De la DeFi qui démocratise la finance, aux métavers qui réinventent les interactions virtuelles, aux identités décentralisées qui restaurent la confidentialité, les applications de web 3.0 se multiplient. Bien qu’il en soit encore à ses débuts relatifs, le potentiel transformateur est indéniable.
La question n’est plus « qu’est-ce que web 3.0 ? » mais « êtes-vous prêt pour l’internet que web 3.0 promet de construire ? »
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Web 3.0 : L'internet décentralisé qui redéfinit notre rapport au numérique
Depuis les débuts d’Internet dans les années 1990, nous avons connu deux grandes phases : un internet de consultation passive, puis un internet de partage et d’interaction. Aujourd’hui, une troisième vague se dessine avec le web 3.0, prometteuse de transformer en profondeur la manière dont nous gérons nos données et interagissons en ligne. Contrairement aux modèles précédents dominés par quelques géants technologiques, le web 3.0 propose un internet où les utilisateurs retrouvent la maîtrise totale de leurs actifs numériques et de leurs données personnelles.
De l’internet de lecture à l’internet de possession : comprendre l’évolution
Comprendre le web 3.0 nécessite de revenir sur ses prédécesseurs et d’examiner comment chaque génération a transformé nos usages.
La première génération : le Web 1.0 (1989-2004)
Lors de son lancement au début des années 1990, Internet était essentiellement un média de consultation. Les entreprises publiaient des informations statiques sur leurs pages web, et les utilisateurs y accédaient en tant que lecteurs passifs. Il n’existait aucune interaction véritable – pas de commentaires, pas de partage, pas de participation. Cette phase, qui s’est prolongée jusqu’en 2004, représentait une révolution en termes d’accès à l’information, mais restait profondément unilatérale.
La deuxième génération : le Web 2.0 (2004-aujourd’hui)
À partir de 2004, l’émergence des réseaux sociaux a fondamentalement changé la donne. Facebook, Instagram, Twitter et bien d’autres plateformes ont transformé les utilisateurs de simples consommateurs en producteurs de contenu. C’est devenu l’ère de la lecture-écriture : chacun pouvait partager ses pensées, publier des photos, converser avec d’autres. Cette démocratisation de la parole en ligne semblait progressiste.
Cependant, cette liberté apparente a eu un prix souvent invisible. Les géants technologiques qui hébergent ces plateformes centralisées ont accumuleul les données personnelles massives, les monétisant via la publicité ciblée et vendant ces informations à des tiers. Les utilisateurs avaient gagné en liberté d’expression, mais perdu la propriété de leurs données. Les scandales de confidentialité se sont multipliés, révélant que les consommateurs n’avaient jamais réellement contrôlé leurs informations.
La troisième génération : web 3.0 (2014-présent)
En 2014, Gavin Wood, cofondateur d’Ethereum et fondateur de Polkadot, a formalisé le concept de web 3.0 en réponse précisément à ces failles du Web 2.0. Il l’a envisagé comme une réponse à la dépendance excessive vis-à-vis des entreprises privées. Le web 3.0 s’inscrit dans la phase lecture-écriture-possession : les utilisateurs ne se contentent plus de lire et d’écrire, ils possèdent directement leurs actifs numériques.
Fondamentalement différent des générations précédentes, le web 3.0 repose sur la technologie blockchain et les applications décentralisées (dApps). Plutôt que de confier leurs données à une entité centrale, les utilisateurs interagissent au sein d’écosystèmes distribués où la confiance repose sur des protocoles mathématiques plutôt que sur la bonne volonté d’une entreprise. Après plusieurs années d’innovation depuis 2014, web 3.0 est progressivement passé du stade de concept théorique à celui de réalité fonctionnelle.
Les avantages structurels de web 3.0 face à la centralisation
Web 3.0 ne se limite pas à un changement cosmétique – il représente une réingénierie fondamentale d’Internet. Voici comment il surmonte les limitations des modèles précédents :
Décentralisation et propriété des données
Les applications construites sur blockchain, contrairement aux services Web 2.0, ne concentrent pas les données entre les mains d’une autorité centrale. Au lieu de cela, les données restent distribuées et contrôlées par les utilisateurs eux-mêmes. Cette architecture élimine la possibilité qu’une entité unique ne survende vos informations ou n’en abuse sans votre consentement explicite.
Accès démocratisé sans permission
Dans les systèmes web 3.0, personne n’a besoin de permission pour créer une application, offrir un service ou participer à un écosystème. Créateurs, entreprises et utilisateurs disposent tous des mêmes droits pour construire, monétiser et bénéficier des protocoles. Cette égalité de traitement contraste radicalement avec le Web 2.0, où les grandes plateformes agissaient comme gardiens d’accès.
Transparence et confiance intrinsèque
Plutôt que de devoir faire confiance aveuglément à une entreprise, les utilisateurs de web 3.0 interagissent via des contrats intelligents – du code programmé transparemment visible et vérifié par tous. Les incitations économiques sont intégrées directement dans les protocoles via des tokens, récompensant les comportements bénéfiques pour l’écosystème entier. Cela crée une confiance systémique où l’honnêteté découle de la conception même, pas de la bonne foi corporative.
Transactions financières accélérées et décentralisées
Web 3.0 s’appuie sur les cryptomonnaies comme infrastructure financière native. Les paiements deviennent directs de pair à pair, sans intermédiaires bancaires, réduisant les frais et les délais de transaction. Particulièrement pour les milliards de personnes non bancarisées mondialement, cela offre une porte d’accès jusqu’alors fermée à des services financiers véritables.
Sécurité cryptographique et immuabilité
La technologie blockchain sous-jacente confère à web 3.0 une sécurité mathématique basée sur la cryptographie. Une fois enregistrée sur la blockchain, une transaction ne peut pas être falsifiée ou supprimée. Cette immuabilité, combinée à la transparence du code des contrats intelligents, offre des niveaux de vérifiabilité impossibles à atteindre avec les applications Web 2.0 propriétaires.
Interopérabilité et évolutivité naturelle
Conçu dès le départ pour que plusieurs systèmes fonctionnent ensemble, web 3.0 offre une interopérabilité fluide entre différentes plateformes et technologiques. Cela facilite non seulement les migrations depuis les technologies héritées, mais permet aussi l’intégration d’innovations émergentes comme l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et le traitement du langage naturel, des capacités que les architectures Web 2.0 intègrent difficilement.
Où se concrétise web 3.0 : DeFi, NFTs et applications blockchain
Le web 3.0 n’est pas qu’une abstraction théorique – il s’incarne déjà dans des applications tangibles qui transforment des secteurs entiers.
Finance décentralisée : quand les utilisateurs deviennent leurs propres banquiers
La finance décentralisée (DeFi) représente le cas d’usage web 3.0 le plus mature. Des protocoles comme Uniswap et Aave fonctionnent sur des blockchains publiques, permettant aux utilisateurs de trader, prêter, emprunter et investir directement sans intermédiaire bancaire. Pour des millions de personnes exclues du système financier formel, la DeFi a ouvert l’accès à des outils autrefois réservés aux privilégiés – emprunter, générer des rendements, trader sur les marchés de cryptomonnaies.
Tokens non fongibles : redéfinir la propriété numériques
Bien que les NFTs aient connu une vague de spéculation en 2021, leur potentiel s’étend bien au-delà des images numériques tendance. La tokenisation d’actifs du monde réel – propriétés immobilières, certificats d’authenticité, droits d’auteur – transforme la manière dont nous prouvons la propriété et échangeons les actifs. Les créateurs peuvent maintenant conserver une plus grande part de la valeur qu’ils génèrent, sans dépendre de plateformes centralisées prenant des commissions exorbitantes.
GameFi et Play-to-Earn : le gaming devient une activité économique
L’arrivée du Play-to-Earn en 2021 a révolutionné le secteur du jeu vidéo. Contrairement aux jeux traditionnels où les entreprises captent toute la valeur, les jeux blockchain comme Axie Infinity et STEPN récompensent les joueurs pour leur participation. L’infrastructure décentralisée de web 3.0 aligne les intérêts des développeurs et des joueurs, transformant le gaming en activité économiquement viable plutôt qu’en simple divertissement.
Métavers : construire des mondes virtuels sans propriétaires uniques
Bien que le métavers soit devenu un terme marketing galvaudé, sa concrétisation web 3.0 via des projets comme The Sandbox et Decentraland offre véritablement quelque chose de différent. Les utilisateurs peuvent posséder leurs terres virtuelles, leurs actifs et leurs expériences sans dépendre d’une entreprise unique qui pourrait modifier les règles à sa guise. Intégré avec des technologies émergentes comme la réalité augmentée et virtuelle, le métavers web 3.0 promet de transformer nos interactions numériques.
Réseaux sociaux décentralisés : reprendre le contrôle de nos données
Contrairement à Facebook, Instagram ou Twitter qui centralisent nos données et nos interactions pour les monétiser, les réseaux sociaux décentralisés construits sur web 3.0 – comme Mastodon, Audius et Steem – garantissent que vos données vous appartiennent. Pas de profilage massif, pas de vente silencieuse à des annonceurs, pas d’algorithmes opaques dictant ce que vous voyez.
Stockage décentralisé : une alternative sécurisée au cloud centralisé
Le cloud computing dominé par AWS a consolidé le contrôle sur nos données numériques. Web 3.0 propose une alternative : des réseaux de stockage distribués comme Filecoin et Storj, alimentés par IPFS (Interplanetary File System). Les données demeurent chiffrées, distribuées entre plusieurs nœuds indépendants, plus résilientes et moins coûteuses que les solutions centralisées tout en restant aisément accessibles.
Identités décentralisées : un seul compte pour mille applications
Avec l’expansion de web 3.0, les identités décentralisées éliminent le besoin de créer des comptes séparés pour chaque service en ligne. Un seul portefeuille web 3.0 – MetaMask ou Halo Wallet, par exemple – peut authentifier l’utilisateur sur des centaines de dApps différentes. Cela offre non seulement une commodité accrue, mais aussi une confidentialité supérieure comparée aux systèmes centralisés qui épient chaque action.
Web 3.0 et l’économie numérique : pourquoi cela importe
Pour les participants à l’écosystème des cryptomonnaies et des actifs numériques, web 3.0 n’est pas une curiosité technologique – c’est l’infrastructure fondamentale de l’économie numérique de demain.
Cryptomonnaies et tokens : les briques de la nouvelle économie
Web 3.0 repose intrinsèquement sur les cryptomonnaies et les tokens comme carburant économique. Ces actifs numériques font bien plus que faciliter les transactions – ils incarnent la propriété, les droits de gouvernance et les incitations économiques. Les détenteurs de tokens ne sont pas de simples consommateurs, mais des participants à la gouvernance démocratique des protocoles.
Gouvernance décentralisée et organisations autonomes
Contrairement aux sociétés où quelques actionnaires décident de tout, les protocoles web 3.0 utilisent des DAO (organisations autonomes décentralisées) pour distribuer le pouvoir décisionnel. Les détenteurs de tokens votent sur l’évolution du protocole, l’allocation des ressources et les politiques. Cette gouvernance distribuée rend la prise de décision bien plus transparente et responsable qu’un modèle centralisé.
Décentralisation de la propriété et distribution de la valeur
Contrairement aux entités Web 2.0 qui concentrent la propriété entre les mains de quelques investisseurs, les protocoles web 3.0 permettent la propriété distribuée. Les utilisateurs, créateurs et contributeurs peuvent tous posséder une part du protocole qu’ils construisent et utilisent, créant un alignement naturel des intérêts. Cette propriété s’établit via l’émission et la gestion de tokens natifs.
Conclusion : web 3.0, l’internet du prochain chapitre
La prochaine décennie d’Internet tournera autour d’une question centrale : qui possède et contrôle la valeur numérique créée chaque jour ? Web 2.0 y a répondu : quelques géants technologiques. Web 3.0 propose une réponse radicalement différente : vous.
Grâce à la blockchain, aux cryptomonnaies et aux protocoles décentralisés, web 3.0 crée un internet où la création de valeur est récompensée directement, où la propriété est vérifiable, où la gouvernance est transparente et où le censure devient techniquement difficile. Ce n’est pas simplement une évolution technique – c’est un changement civilisationnel dans notre rapport au numérique.
Chaque jour, la frustration envers le Web 2.0 centralisé s’accroît. Les scandales de confidentialité, la surveillance massive, la monétisation de nos données, l’absence de contrôle sur nos contenus – tous ces griefs trouvent une réponse dans web 3.0. Les consommateurs n’acceptent plus d’être les produits ; avec web 3.0, ils deviennent les propriétaires.
De la DeFi qui démocratise la finance, aux métavers qui réinventent les interactions virtuelles, aux identités décentralisées qui restaurent la confidentialité, les applications de web 3.0 se multiplient. Bien qu’il en soit encore à ses débuts relatifs, le potentiel transformateur est indéniable.
La question n’est plus « qu’est-ce que web 3.0 ? » mais « êtes-vous prêt pour l’internet que web 3.0 promet de construire ? »