Le 9 mars, alors que le prix du pétrole dépassait 100 dollars le baril et que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifiait, les inquiétudes du marché concernant une récession économique aux États-Unis en 2026 ont fortement augmenté. Polymarket indique une probabilité d’environ 40 % d’une récession d’ici la fin de l’année, tandis que la plateforme Kalshi évalue ce risque à 36 %, reflétant une réévaluation des perspectives économiques par le marché.
Récemment, le marché du travail américain montre des signes de faiblesse. Selon le Bureau américain du travail, en février, le nombre d’emplois non agricoles a diminué de 92 000, et le taux de chômage a augmenté à 4,4 %, ce qui constitue la troisième baisse de l’emploi en cinq mois. L’analyste Henrik Zeberg a souligné que l’indicateur synchronisé de son modèle de cycle économique a lancé une alerte de « récession imminente », indiquant que l’économie fait face à une pression à court terme.
La tension croissante sur le marché de l’énergie accentue encore l’incertitude économique. La réduction de la production par les principaux pays producteurs du Moyen-Orient, la fermeture du détroit d’Hormuz et les inquiétudes liées aux conflits en cours ont entraîné une hausse des prix du pétrole. L’économiste Peter Schiff a déclaré que la flambée des prix du pétrole ne provoquerait pas directement l’inflation, mais exercerait une pression à la baisse sur la croissance économique.
Le marché du crédit privé est également sous pression. BlackRock a limité les rachats de son fonds de crédit privé de 26 milliards de dollars, et le fonds Blue Owl a suspendu ses rachats trimestriels, optant pour un arrangement de paiements périodiques liés à la vente d’actifs. Par ailleurs, les activités de couverture ont explosé, avec un record de 11,5 millions de contrats d’options de vente sur quatre principaux ETF de crédit américain ce mois-ci, et la skewness des options de vente/achat sur le S&P 500 à un mois a atteint 0,53, son niveau le plus élevé depuis le marché baissier de 2022.
La faiblesse de l’emploi, la volatilité des indicateurs macroéconomiques et la pression du marché se combinent pour poser un défi majeur aux décideurs politiques. Alors que les marchés de prédiction ajustent continuellement la probabilité d’une récession, les prochains mois seront cruciaux pour voir si ces signaux d’alerte se traduiront par une contraction économique réelle, ce qui aura un impact significatif sur les investisseurs et les stratégies de marché.